L'artiste est-il un travailleur ? - Philosophie - Terminale STMG

L'artiste est-il un travailleur ? - Philosophie - Terminale STMG

Nous revoilà avec une nouvelle dissertation de philosophie produite par un professeur sur l'artiste est-il travailleur ? pour le Bac STMG.

Dans ce document, vous saurez comment réaliser une dissertation à l'aide d'une introduction, d'une ébauche de plan et d'une conclusion.

Téléchargez ce document ci-dessus sur l'artiste et le travail en philo.

L'artiste est-il un travailleur ? - Philosophie - Terminale STMG

Le contenu du document

 

Introduction

Parce que pendant longtemps, la production artistique a été considérée comme l’application d’un savoir-faire technique, rien ne semblait distinguer l’œuvre d’art des objets crées par l’artisanat. A ce titre, l’artiste et l’artisan partageaient bien plus qu’une origine étymologique commune : les deux mots avaient, jusqu’au XVIIe siècle, le même sens.

A cette période, l’artiste acquiert une autonomie sémantique qui prend racine dans une autonomie vis-à-vis du monde professionnel ou du travail. Ainsi, si le terme « artiste » se distingue de celui d’ « artisan », c’est que l’on considère que le premier pratique son art, autrement dit utilise ses différentes techniques, pour le plaisir, tandis que la définition du second reste liée à la composante commerciale de l’artisanat.

On peut considérer qu’en prenant le chemin de la culture, du plaisir ou de la distraction, le domaine de l’art se coupe des préoccupations pratiques et sérieuses de la société. Mais ce changement d’intention suffit-il pour autant à ôter à l’artiste l’étiquette du travailleur ? Les nouvelles préoccupations de l’artiste n’impliquent-elles pas, même de manière différente, une forme d’investissement qui le garde proche du travailleur ?

Pour déterminer cela, nous verrons dans un premier temps ce qui différencie l’artiste du travailleur à travers la distinction entre l’œuvre d’art et le simple objet technique, pour, dans un second temps, essayer de montrer en quoi cette distinction n’est pas aussi franche.

 

Première partie

  • Ce qui distingue principalement l’artiste de l’artisan est le fait que l’idée (ou plan) de l’objet technique du travailleur est précédée par sa réalisation. Une réalisation qui devra être fidèle à cette idée.  Autrement dit, l’artisan sait ce qu’il doit faire et comment il doit le faire. Alain explique que l’artiste, lui, découvre ce qu’il fait au fur et à mesure qu’il crée (l’artiste est spectateur de son œuvre, s’en étonne lui-même).
     
  • La technique employée elle-même est soumise, chez l’artiste, à cette contrainte. Ainsi Deleuze écrit que l’artiste, même s’il sait ce qu’il veut faire, ne sait pas comment y parvenir.
     
  • Si cela est possible, c’est que l’objet technique prend son origine dans une fonction. Ainsi, sa réalisation, comme son utilisation, sont tournées vers cette fonction (un objet technique qui ne remplirait pas sa fonction n’aurait pas lieu d’être). Ce n’est pas tant que l’œuvre d’art n’a aucune utilité : Arendt écrit que l’art prend simplement ses distances « avec la sphère des nécessités de la vie humaine ». Autrement dit, la fonction de l’art ne touche pas à la fonction de survie de l’homme, à son activité ordinaire, mais s’inscrit dans un processus culturel plus élevé.

 

Transition : l’œuvre d’art n’est pas comparable aux objets d’usages ou de consommation. C’est que sa fonction est différente : d’où le fait que sa conception, ses procédés de réalisation et son « utilisation » diffèrent. Mais cette fonction singulière permet-elle d’exclure l’artiste du domaine professionnel ?

 

Deuxième partie

  • En se dégageant de la sphère concrète et pratique de l’activité humaine, les artistes œuvrent dans un domaine dont les enjeux sont différents. C’est un fait, mais compte tenu du progrès de la civilisation, ce que l’on considère comme des nécessités ont tendances à évoluer. Quel serait notre monde sans l’art ? Sans ses inventions, ses visions singulières ? Et combien d’inventions notables dans l’histoires, qui ont eu une application technique et professionnelle, doit-on d’abord à l’imagination d’un artiste qui a précisément dépassé les limites du connu ? Aussi, le travail serait plus pénible à assurer sans les moments de détentes et de repos que l’art peut accompagner – de sorte que travail et art participent d’un processus commun.
     
  • On attribue généralement au génie artistique des facultés et des ambitions qui le séparent du commun des mortels. Chez Kant, le génie marque le fait suivant : c’est la nature elle-même qui s’exprime à travers l’homme. Mais Nietzsche tempère la notion : on attribue ainsi du génie à quelqu’un dont les productions semblent nous dépasser ou nous paraissent inaccessibles. C’est alors une manière d’ignorer précisément, plus ou moins volontairement ou consciemment, tout le travail effectué par l’artiste : un travail réalisable par tout le monde, à condition de s’y investir complètement. Si la consommation d’art est affaire de plaisir, il n’en est pas forcément de même de sa production.
     
  • Le processus de création de l’œuvre d’art, les étapes de sa réalisation, contrairement à ceux du travailleur, sont souvent ignorés par le public. Or Nietzsche explique que contempler un objet fini rend la compréhension de sa fabrication compliquée et floue.

Conclusion

Il semble évident de dire que la fonction de l’art diffère de celle du travail ordinaire. Ainsi, si l’unique fonction de ce dernier réside uniquement dans le rôle qu’il joue dans l’activité ordinaire de l’homme, alors l’artiste n’est précisément pas un travailleur ordinaire. Mais il pourrait s’agir d’un problème de définition.

D’abord, il faut peut-être revoir celle du travailleur : l’artiste invente et crée des choses que personne d’autre dans la société ne peut inventer et créer (si ce n’est en se faisant un peu artiste…). Ces choses, du domaine de l’imagination, du culturel, de l’idée, ne concernent pas directement la fonction de survie, mais font partie intégrante de la civilisation.

Ensuite, revoir la définition de l’artiste : à ignorer, quelles qu’en soit les raisons, la manière dont travaillent les artistes, on finit par les considérer comme des êtres à part, qu’ils ne sont peut-être pas. On pourrait alors se rendre compte que leur travail n’est pas si éloigné de celui des autres travailleurs.

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