La raison et la croyance - Philosophie - Terminale STMG

La raison et la croyance - Philosophie - Terminale STMG

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La raison et la croyance - Philosophie - Terminale STMG

Le contenu du document

Dans ce cours sur raison et croyance, il va s’agir de questionner la magistrale antinomie (opposition) qui semble caractériser ces deux notions. La raison en effet semble bien être du côté de la logique, du fondé, de la science, de la vérité, du savoir et de la connaissance. La croyance quant à elle serait un balbutiement de connaissance seulement, sinon une connaissance erronée, illusoire et trompeuse. 

Dans un sens plus noble, la croyance existe au-delà du champ épistémologique de la connaissance et des sciences, à savoir le champ religieux, où la raison se révèle parfaitement incompétente pour penser les choses. La raison ne peut pas connaître Dieu, ne peut fournir les preuves de son existence. Aussi l’antinomie de la raison et de la croyance semble assumée par leur autonomie. 

Néanmoins, en regardant de plus près, il n’est pas si évident que cela que la raison ait la suprématie en matière de connaissance. Et si toute vérité n’était finalement qu’une croyance ? Alors il n’y aurait pas autonomie de la raison et de la croyance, mais suprématie de la croyance sur la raison, en tous points !

PRÉREQUIS

Aucun prérequis, c’est un cours de débutant en philosophie, aucune crainte ! Il faut juste être vigilant quant aux distinctions conceptuelles employées et au vocabulaire spécifique utilisé.

OBJECTIFS

Les définitions contradictoires et opposées de la croyance et de la religion ; La logique, le fondé, le certain ; Le sentiment, l’intuition, la foi ; Dépasser les apparences et les opinions pour fonder le savoir ; Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point (Pascal) ; Les deux mondes sensible et intelligible (Platon) ; L’analogie de la ligne de la connaissance (Platon) ; Les faits et les interprétations (Nietzsche) ; Les certitudes (Wittgenstein) ; La falsifiabilité (Popper) ; Le morceau de cire et le bâton brisé (Descartes).

Introduction

A.  Définition

L’homme est un être doué de savoir. La raison et la croyance sont, chez lui, deux manières ou deux voies d’atteindre la connaissance. 

Cependant, celles-ci présentent des procédés radicalement différents ; c’est pourquoi leur rapport, dont il est question ici, se traduit souvent par une opposition, voire une incompossibilité, c’est-à-dire qu’ils ne semblent pas pouvoir exister ensemble : entre la raison et la croyance, il faudrait choisir.

La raison en effet procède de la logique, de la théorie, de l’explicatif, du démontrable. Les sciences sont rationnelles par exemple.

La croyance quant à elle provient de la foi, du sentiment, de l’adhésion fervente, du cœur. La religion est du domaine de la croyance.

B.   Problématique

La raison et la croyance s’opposent-elles vraiment ? Doit-on valider par une opposition massive leurs différences ou peut-on les comprendre ensemble ? 

Sont-elles véritablement séparables et ne se cofondent-elles pas finalement l’une l’autre, dans le champ de la connaissance, comme peut-être même dans le champ de la religion ? L’une détient-elle un degré de réalisme, de connaissance, de vérité supérieure ?

En bref, comment comprendre ce qu’elles sont et leurs rapports ? Croire est-ce vraiment le contraire de savoir ?

REPÈRE. À priori, on oppose magistralement la raison, du domaine du sensé et du rationnel, de la théorie pure, de la croyance, bien souvent rejetée du côté de l’infondé, du sentiment.

I. UNE OPPOSITION À PRIORI MAGISTRALE –
RAISON ET CROYANCE, DEUX ENNEMIES DANS LE CHAMPS DE LA CONNAISSANCE ?

A.  La raison, domaine de la logique, du refus de l’adhésion infondée

On dit que les productions de la raison sont rationnelles, c’est-à-dire qu’elles répondent précisément aux critères de la raison. Ce que fait la raison, c’est mettre de l’ordre dans nos idées, dans nos sensations (les données sensibles), en les agençant suivant un raisonnement logique et par là valide. La raison construit et démontre son savoir : elle donne la preuve de ce qu’elle avance. 

Les démonstrations rationnelles sont vraies en tant qu’elles s’accordent ou se confondent avec la réalité. En outre, la raison est un moyen de communication de savoir sans commune mesure : si on dit qu’elle est objective, c’est qu’elle repose sur une logique universelle, partagée par tous les individus doués de raison.

Lorsqu’on dit de la raison qu’elle ordonne de nos sensations, cela veut dire que par la force de mon intellect, je peux dépasser le domaine confus des sens. Par exemple, l’illusion optique me fait voir le soleil plus ou moins grand selon sa luminosité. 

Je sais recadrer les choses par mon intellect. Je peux aussi penser qu’un bâton plongé dans l’eau forme un angle, alors que par la raison je vais admettre qu’il est droit et que c’est seulement son reflet dans l’eau qui le courbe. Cet exemple fut donné par Descartes dans les Méditations métaphysiques

Autre exemple de Descartes, qui fait figure de classique en philosophie, celui du morceau de cire : mes sens seuls, sans ma raison, ne peuvent savoir que la cire liquéfiée parce que réchauffée est tout autant de la cire que la cire froide, dure ! 

Seul le détour par la raison, qui explique le phénomène de liquéfaction de la cire, me le fait comprendre. Ainsi la raison dépasse les sensations infondées, elle va plus loin que l’apparence et nous demande de ne pas faire confiance à nos croyances premières.

B. La croyance, domaine du sentiment, de l’infondé rationnellement

La croyance s’oppose à la raison sur l’ensemble de ces points. Elle est d’abord subjective, ne s’applique qu’à l’individu concerné : le cas de la foi religieuse en est un exemple fort éloquent, et ne paraît pas, faute de démonstration et de preuve, pouvoir être communiquée à autrui : je peux prouver un résultat mathématique, mais pas faire croire en dieu à quelqu’un. 

À l’image de la foi, une croyance est révélée, et non produite par logique. En ce sens, une croyance demeure ambiguë : elle tient du préjugé ou du pronostic. C’est une sorte de conclusion sans raisonnement. C’est pourquoi Spinoza dans son ouvrage L’Éthique insiste sur l’importance de connaître les causes des phénomènes, l’ignorance des causes renvoyant à l’absence de raisonnement logique. 

Et c’est pourquoi les athées, comme Marx par exemple, pensent que la religion est un opium du peuple (Capital) c’est-à-dire quelque chose de trompeur, une croyance malsaine tout comme une drogue. Mais dit autrement, la croyance, en un sens plus noble qui caractérise la religion, est une affaire de cœur, de sentiment, à laquelle la raison n’aurait pas accès. 

« Les voies du Seigneur sont impénétrables », car nous sommes trop limités pour y avoir accès. Ou encore comme le dit Pascal dans ses Pensées, « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point ». Attention, cette phrase a souvent été reprise par nombre de romantiques éperdus, mais c’est là une erreur, le cœur ici n’est pas l’amour amoureux, il renvoie à Dieu. 

Ce que veut dire Pascal ici, ce n’est absolument pas que si je suis amoureux d’untel ou untel c’est irrationnel et inexplicable, c’est que la croyance en dieu appartient à un domaine d’intuition (le cœur) qui échappe absolument à notre rationalité, notre esprit logique.

C. Le défi de la raison : vaincre la croyance et tout fonder en raison – La croyance comme plus bas degré de connaissance

À priori donc, tout oppose magistralement la croyance et la raison... À tel point que le but avoué de toute recherche rationnelle de la vérité, scientifique en matière de connaissance, ou même philosophique, est classiquement à entendre comme dépassement de la croyance.

Si la philosophie a, historiquement, préféré investir le domaine de la raison, c’est que celle-ci lui semblait la plus à même de rendre compte de la vérité. Ce n’est pas tant qu’une croyance est toujours ou nécessairement fausse, mais qu’on ne peut avoir la certitude de sa véracité, la croyance relevant de la conviction, et ne pouvant ainsi prétendre à la certitude qu’apporte la raison.

Platon à cet égard, met en place un dualisme qui persistera des siècles durant, jusqu’à aujourd’hui encore. Il oppose en effet massivement le monde sensible, celui des images, des choses matérielles, du corps et de ses confusions, des illusions, de la superficialité … ; au monde intelligible, celui des Idées, des choses telles qu’elles sont dans leur essence même. 

Le monde sensible est celui des croyances, des opinions, de ces balbutiements de connaissance absolument infondées, relativement fausses. Le monde intelligible est celui de la vérité, des choses dénuées de leurs représentations faussées. 

Le monde des Idées c’est celui des vérités immuables et universelles ; le monde du sensible quant à lui se trouve aux antipodes de celui-ci, il en est une illusion, un simple reflet, c’est le domaine des apparences qu’il faut dépasser à tout prix pour parvenir à une connaissance vraie et pure des choses dans leur réalité même.

REPÈRE. La distinction monde sensible/monde intelligible est classique en philosophie. Elle est due à Platon et elle équivaut à départager les choses du corps, vouées à l’apparence et à l’illusion en matière de connaissance, et les choses de l’esprit, de l’intellect, seules dignes d’intérêt car portes d’accès à la vérité et à la connaissance objective.

Le but même de la philosophie pour Platon est d’accéder à la connaissance en laissant de côté les croyances. Un tel dualisme est extrêmement bien mis en perspective dans l’analogie de la ligne de la connaissance, au livre VII de La République, il s’agit en fait de degrés croissants de connaissance :

  • 1ère étape, le domaine de l’opinion et de l’interprétation, plus bas degré de la connaissance, car sensible, subdivisé en deux : a) le domaine de l’illusion, de la représentation, qui a trait aux ombres et reflets des choses ; b) le domaine de la croyance quant aux choses matérielles, pas encore fondé en vérité. Ce domaine de l’interprétation doit être relevé par l’intellect.
  • 2ème étape, le domaine de la connaissance, où l’intellect entre en jeu et dépasse les appréhensions sensibles des choses, lui-même subdivisé en deux : a) le domaine de la pensée logique, qui a trait notamment aux formes intermédiaires (mathématiques, hypothèses) ; b) le domaine de l’intellect pur, qui a trait au formes pures, les choses telles qu’elles sont, objectives et dénuées d’interprétation.

REPÈRE. L’analogie de la ligne de la connaissance est un excellent point de repère pour comprendre l’ascension vers la vérité chez Platon. D’abord, les ombres et les reflets et leur représentation, ensuite les choses matérielles et la croyance, puis les réalités mathématiques et la pensée discursive, enfin les réalités formelles et l’intellect pur.

Ainsi donc, assez classiquement, on a pensé la raison et la croyance en sous-évaluant, en dégradant considérablement les potentialités de la croyance en matière de connaissance : cette dernière ne serait que de l’ordre de l’opinion, à abattre pour fonder une connaissance digne de ce nom. 

Descartes est ainsi l’héritier de Platon, quand, dans tout son projet (Méditations métaphysiques) il prétend tout devoir refonder de zéro pour atteindre la certitude dans ses connaissances, en se défaisant petit à petit de toutes ses opinions, précisément celles dont il ne doute pas, celles dont il ne peut avoir la vérification, celles qui lui ont été transmises par l’éducation.

II. UNE OPPOSITION À PRIORI NUANCÉE, ET SI LA CROYANCE N’ÉTAIT PAS SI INDIGNE QUE CELA ? ET SI LA SUPRÉMATIE DE LA RAISON ÉTAIT À REMETTRE EN CAUSE ? –
DE L’AUTONOMIE DE LA CROYANCE ET DE LA RAISON, À LA RAISON QUI PEUT-ÊTRE NE POURRAIT S’EMPÊCHER DE CROIRE …

La réponse à la question de savoir si la raison doit supplanter définitivement la croyance (et la science supplanter la religion) dans la connaissance du monde reste en suspens : l’histoire montre une persistance, ou une résistance des croyances malgré le progrès des savoirs rationnels apportés par les sciences. Pourquoi donc ?

A. L’autonomie de la croyance, un champ d’action propre et étranger à la raison : la religion

La religion, c’est bien une affaire de croyance, et non de raison. On ne peut pas prouver par A + B l’existence de Dieu, c’est une histoire de ressenti, de conviction, de for intérieur. La religion est bien ce domaine propre à la croyance que la raison ne peut remettre en question. Il y a ainsi 90% de croyants dans le monde, contre 10% d’athées qui préfèrent rationaliser les choses et ne pas faire confiance au reste. 

C’est que, comme le propose Pascal, dans les Pensées, raison et croyance sont autonomes : non seulement elles n’ont pas le même objet, mais surtout elles ont leur propre mode d’accès à la vérité. 

La croyance permet d’atteindre les principes premiers, inaccessibles à la raison parce qu’indémontrables (Dieu) : elle le fait par le cœur, qui a la faculté de sentir immédiatement les choses (l’existence de la religion). La raison, par sa logique, quant à elle, doit permettre de comprendre et d’argumenter le savoir, sur des choses tout autres.

Et Pascal va même plus loin, si la foi et l’accès au divin sont avant tout l’affaire d’amour et d’intuition, de ce qu’il appelle le cœur, ceux-là ne répudient pas pour autant la raison. Pour Pascal il s’agit ainsi d’attenter aux angoisses de la raison qui font obstacle à l’appel de Dieu, mais ce au moyen même de la raison. 

Le projet pascalien opère à l’attention des incrédules, et c’est sur le terrain même de leur logique qu’il entend opérer. Tel est le « pari pascalien ». L’argument de Pascal montre que rationnellement, l’homme même athée a tout intérêt à croire en Dieu, il n’a rien à y perdre. Pourquoi ? Car il n’y a rien à perdre à croire en Dieu, mais il y a tout à perdre à ne pas y croire. 

Si Dieu n’existe pas, le croyant se sera juste trompé et n’aura rien perdu, au contraire il aura été moins angoissé et aura trouvé un repère... Par contre si Dieu existe, l’athée qui ne pratique pas ou blasphème, ce dernier risque ni plus ni moins que de se retrouver en enfer ! Donc pour Pascal, un esprit rationnel doit faire le pari de l’existence de Dieu. 

Il faut être sacrément audacieux à l’époque de Pascal pour oser parier sur l’existence de Dieu..., déjà cela pourrait être contraire à l’idée même de religion, ensuite la croyance en Dieu ne peut sans doute pas se commander de façon aussi volontaire... Reste que pour Pascal, c’est le moyen de montrer que la raison et la religion ne sont pas incompatibles, et qu’il n’est pas du tout irrationnel de croire en Dieu. 

Au pire, ce serait donc une preuve par défaut. Ainsi Pascal démontre que la position de l’incrédule consiste paradoxalement à rejeter la raison, puisqu’il est contraire à la raison de parier la perte quand cela ne coûte rien de croire et que le risque est de tout gagner ! 

Une raison lucide selon Pascal s’accorde à la condition humaine, à sa vulnérabilité, au fait qu’elle ne peut en aucun cas tout connaître ou être omnisciente, la raison lucide reconnait ses propres limites dans l’existence des intuitions sensibles et morales données par les croyances du cœur sur lesquelles elle décide alors de se fonder, en toute humilité. 

C’est la raison du croyant qui explique encore une fois que « le cœur a ses raisons que la raison ignore ».

REPÈRE. Le cœur a ses raisons que la raison ignore est une phrase souvent comprise à contresens, dans une version romantisée et ainsi dénaturée de la position de Pascal. Elle signifie que ce sont là deux facultés autonomes, l’une étant réservée à la religion (le cœur), l’autre aux affaires plus scientifiques (la raison).

B. Et si la raison elle-même, dans ce qu’elle a de plus scientifique, de plus rationnel, ne pouvait s’empêcher de croire ? - Le cas de la démonstration et de ses prémisses indémontrables

Il est un domaine privilégié de la raison et de sa toute puissance, c’est la démonstration. La démonstration consiste à justifier absolument toute connaissance, à la fonder, à la légitimer pour la porter à la certitude. C’est a priori le contraire absolu d’une croyance ou d’une conviction ! Les choses sont démontrées, fixées, fondées, prouvées. 

Et pourtant, dans la démonstration même, acte rationnel par excellence, il y a une part de croyance. Cette part de croyance se trouve à la base, aux origines de la démonstration, qui part toujours de prémisses qui eux sont souvent indémontrables. 

Qu’un triangle ait trois côtés c’est indémontrable, c’est une idée admise, qu’un angle droit ait un angle à 90° est tout autant indémontrable, on l’a postulé et admis. Ainsi on peut penser que cette impossibilité de rendre compte de certaines vérités premières est la marque d’un échec radical du projet scientifique lui-même et donc de la raison. 

Et c’est justement ce que pense Pascal. Dans De l’esprit géométrique, il vante les vertus de la méthode démonstrative, mais tout en étant parfaitement conscient de ses limites. 

Ainsi écrit-il que : « Certainement cette méthode serait belle mais elle est absolument impossible car il est évident que les premiers termes qu’on voudrait définir en supposerait de précédents pour servir à leur explication et que de même les premières propositions qu’on voudrait prouver en supposeraient d’autres qui les précédassent ; et ainsi il est clair qu’on n’arriverait jamais aux premières. [...] 

Aussi, en poussant les recherches de plus en plus, on arrive nécessairement à des mots primitifs qu’on ne peut plus définir, et à des principes si clairs qu’on n’en trouve plus qui le soient davantage pour servir à leur preuve. »

C. La vérité comme tension, jamais comme acquis, donc comme croyance

La vérité n’est jamais acquise, elle est toujours à comprendre de manière asymptotique comme une tension. Une chose n’est pas vraie, elle tend de plus en plus avec le temps à devenir vraie, à gagner en véridicité. Elle est donc une croyance à proprement parler puisqu’on ne peut la fonder une fois pour toutes. 

C’est pourquoi Popper, dans la Logique de la découverte scientifique, parle toujours d’un principe méthodologique propre à la vérité, celui de la “falsifiabilité ” ou encore de la “réfutabilité”. C’est-à-dire que pour Popper, une vérité doit toujours se vérifier par l’épreuve du temps, sans cesse. 

Il faut tenter de la réfuter, de montrer qu’en réalité elle est fausse, pour que petit à petit elle atteigne une assise véridique de plus en plus solide. Mais elle reste une croyance éprouvée, puisque nous n’avons pas l’omniscience et que nous pouvons assurer qu’elle sera vraie pour toujours, en tous lieux et en tout temps. Combien de temps a-t-on cru que la Terre était plate et que le Soleil tournait autour d’elle ? 

Combien d’hommes ont brûlé sur le bûcher pour avoir osé penser le contraire ?

La vérité serait donc une croyance tout à fait rationnelle, à juxtaposer aux croyances plus sentimentales que sont celles du cœur en matière de religion par exemple.

REPÈRE. La falsifiabilité c’est le concept de Popper qui recoupe le principe selon lequel toute vérité doit inlassablement être testée, éprouvée, et résister à ces tests, pour prouver sa véridicité, car la vérité n’est qu’une croyance qui se confirme, et non un état de faits acquis.

Tout cela fera d’ailleurs dire à Nietzsche qu’ « il n’y a pas de faits, mais seulement des interprétations » (Gai savoir). La vérité purement rationnelle selon lui n’est en effet pas de ce monde, nous avons un corps, qui soumet à des désirs et des pulsions notre raison et l’empêche d’atteindre l’omniscience rêvée. 

Dans Vérité et mensonge au sens extra-moral, Nietzsche va plus loin et affirme que nous devons poser des certitudes premières fondatrices d’un socle commun de savoir, de langage, de connaissances, fondatrices d’une vie ensemble possible.

Conclusion

Raison et croyance, a priori deux opposés, et pourtant loin s’en faut. Déjà, parce que la croyance a un mode d’existence dans un domaine dans lequel la raison est foncièrement absente : la religion. En effet, pour toute rationalité, Dieu demeure introuvable et caché, il faut accéder au ressenti et à la puissance du sentiment pour le trouver. 

Ensuite, alors que la philosophie, classiquement, s’était convaincue que la croyance était l’ennemie à abattre en matière de connaissance, rejetée du côté de l’opinion, de la superficialité, de l’infondé, force est de constater qu’en sciences, et dans les couloirs de la démonstration, la vérité pure n’existe pas. Toujours la vérité de la raison est relative, relativement infondée, est se fait croyance.

À la question donc de la suprématie entre croyance et raison, il apparaît dorénavant clair que la croyance l’emporte, puisque la rationalité elle-même, hormis dans ses ambitions et ses exigences, y trouve là sa finitude.

LE PETIT + DANS TA COPIE

Lorsque tu dissertes sur raison et croyance, il te faut être tout à fait clair quant aux domaines que tu évoques. Ne reste jamais abstrait, précise si tu parles de croyance religieuse ou épistémologique, et à quel type de vérité tu te confrontes (rationnelle ou de l’ordre du ressenti).

POUR ALLER PLUS LOIN …

Lire quelques pages du livre De la certitude de Wittgenstein. Dans cet ouvrage, Wittgenstein confirme notre conclusion, l’idée selon laquelle toute la connaissance se fonde sur des vérités premières qu’on appelle certitudes, et qui sont des croyances primitives sans lesquelles aucun savoir ne serait possible ni aucune vérité non plus.

PROGRAMME COMPLET DE PHILOSOPHIE

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  1. L'art et la technique
  2. Les échanges
  3. La raison et la croyance
  4. L'expérience
  5. La justice et la loi
  6. Le bonheur (1/2)
  7. Le bonheur (2/2)

 

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