Explication de texte : Les structures élémentaires de la parenté, Claure Lévi Strauss - Philosophie- Terminale STMG

Explication de texte : Les structures élémentaires de la parenté, Claure Lévi Strauss - Philosophie- Terminale STMG

Découvrez cet exemple d'explication de texte de Philosophie, qui porte sur un extrait des structures élémentaires de la parenté, de Claude Lévi-Strauss. Cette explication de texte entre dans le thème "Nature et Culture" au programme de Philosophie des séries technologiques du Bac.

Notre professeur vous propose un explication de texte détaillée pour que vous puissez bien comprendre la méthodologie, mais aussi le sens de ce texte.

Téléchargez gratuitement ci-dessous l'explication de texte de Lévi-Strauss, Les structures élémentaires de la parenté.

Explication de texte : Les structures élémentaires de la parenté, Claure Lévi Strauss - Philosophie- Terminale STMG

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EXPLIQUER LE TEXTE SUIVANT

Cette absence de règles semble apporter le critère le plus sûr qui permette de distinguer un processus naturel d’un processus culturel. Rien de plus suggestif, à cet égard, que l’opposition entre l’attitude de l’enfant, même très jeune, pour qui tous les problèmes sont réglés par de nettes distinctions, plus nettes et plus impératives, parfois, que chez l’adulte, et les relations entre les membres d’un groupe simien, tout entières abandonnées au hasard et à la rencontre, où le comportement d’un sujet n’apprend rien sur celui de son congénère, où la conduite du même individu aujourd’hui ne garantit en rien sa conduite du lendemain. C’est, en effet, qu’il y a un cercle vicieux à chercher dans la nature l’origine de règles institutionnelles qui supposent – bien plus, qui sont déjà – la culture, et dont l’instauration au sein d’un groupe peut difficilement se concevoir sans l’intervention du langage. La constance et la régularité existent, à vrai dire, aussi bien dans la nature que dans la culture. Mais au sein de la première, elles se manifestent le plus faiblement, et inversement. Dans un cas, c’est le domaine de l’hérédité biologique, dans l’autre celui de la tradition externe. On ne saurait demander à une illusoire continuité entre les deux ordres de rendre compte des points par lesquels ils s’opposent. 

Claude Lévi-Strauss, Les structures élémentaires de la parenté (1949)

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question. 


PRESENTATION

Texte de Claude Lévi-Strauss, anthropologue français du XXe siècle. 

L’extrait porte sur le rapport entre nature et culture (les différences, la question de la continuité, etc.). Il s’agit d’un texte simple, bien structuré, mais assez fin pour réclamer une analyse précise. 


INTRODUCTION

Dans ce texte, extrait de l’ouvrage Les structures élémentaires de la parenté, l’anthropologue C. Lévi-Strauss aborde le rapport entre nature et culture. 

Plus précisément, il s’interroge sur la question de la continuité entre les deux notions, à travers une comparaison entre les comportements animaliers et les comportements humains. 

Pour Lévi-Strauss, si l’on peut relever une analogie, sous la forme d’une répétition ou d’une constance, il n’existe pas, à proprement parler, de continuité entre les domaines naturel et culturel. La culture ne s’explique pas par la nature. 

Si l’auteur, par sa thèse, affirme une certaine autonomie de l’homme à travers la constitution de la culture, il ne faut pas se méprendre sur ses propos : affirmer un changement de nature dans le passage du « stade » naturel au « stade » culturel n’interdit pas pour autant de penser tout lien entre l’homme et l’animal. Cependant, celui-ci n’est pas à chercher par une traduction, dans des termes naturels, de la culture élaborée par l’homme. 

Après avoir montré, dans un premier temps, que la culture s’oppose à la nature par l’instauration de règles institutionnelles, Lévi-Strauss explique, dans un second temps, que les manifestations de constances dans le domaine naturel ne sont pas comparables à celles qui régissent les règles culturelles. 


PARTIE 1

Cette absence de règles semble apporter le critère le plus sûr qui permette de distinguer un processus naturel d’un processus culturel.


Selon Levi-Strauss, les domaines naturel et culturel s’excluent. Autrement dit, il faut distinguer les productions immédiates de la nature de celles qui relèvent d’une intervention humaine (par sa pensée, sa volonté, ses choix, sa technique, etc.). Ces dernières, que l’on peut qualifier d’artificielles, ne sont donc pas de la même nature que les productions de la nature elle-même. Mais comment, ou selon quel critère les distinguer ? Si la question se pose, c’est parce que l’homme fait partie de la nature (il est lui-même une production « naturelle »). Pour l’auteur donc, le véritable critère de distinction est le fait que la culture s’accompagne de règles qui sont absentes à l’état naturel. 



  

Rien de plus suggestif, à cet égard, que l’opposition entre l’attitude de l’enfant […]et les relations entre les membres d’un groupe simien […]. 


Afin d’argumenter ses propos, Lévi-Strauss va comparer les attitudes de l’homme avec celles des singes. S’il choisit l’exemple d’un enfant pour représenter les hommes on devine que c’est précisément que celui-ci, par sa moindre expérience culturelle, est censé proposer un comportement plus instinctif que l’adulte aux habitudes avancées… 


[…] même très jeune, pour qui tous les problèmes sont réglés par de nettes distinctions, plus nettes et plus impératives, parfois, que chez l’adulte […]. 


… or il semble, d’après les observations de Lévi-Strauss, que l’enfant humain, davantage encore que l’adulte (et donc d’autant plus « naturellement »), articule son comportement de manière très codifiée : autrement dit, que ses attitudes correspondent à des schémas structurés et déterminés d’avance. 


[…] et les relations entre les membres d’un groupe simien, tout entières abandonnées au hasard et à la rencontre […]. 


Et c’est tout le contraire qu’il constate dans les attitudes « sociales » du singe, qui apparaissent n’obéir à aucun plan. D’où la notion importante ici de hasard. Le singe ne s’impose et n’obéit à rien. Mais ce n’est pas tout : 

[…] où le comportement d’un sujet n’apprend rien sur celui de son congénère […].


D’une part donc, là où on peut, chez l’enfant, par la connaissance des règles qu’il semble suivre (même inconsciemment), déterminer des comportements généraux, qui s’appliqueraient à l’ensemble des individus concernés, l’attitude aléatoire des singes ne le permet pas. 


[…] où la conduite du même individu aujourd’hui ne garantit en rien sa conduite du lendemain.


D’autre part, du fait toujours de cette absence manifeste de règles, on ne relève chez le singe aucune constance dans son attitude, ce qui a pour conséquence de ne pas pouvoir anticiper son comportement à venir. 


Une question se pose : d’où provient donc ces règles ? N’en relève-t-on donc aucune trace dans la nature ? Il existe bien une forme de constance dans la nature pour Lévi-Strauss, mais il faut s’intéresser à la nature de cette constance. 


PARTIE 2

C’est, en effet, qu’il y a un cercle vicieux à chercher dans la nature l’origine de règles institutionnelles qui supposent – bien plus, qui sont déjà – la culture, et dont l’instauration au sein d’un groupe peut difficilement se concevoir sans l’intervention du langage.

En plus d’affirmer que les règles institutionnelles, davantage que simplement le supposer, se confondent donc avec ce que l’on entend par culture, Lévi-Strauss explique que l’origine de ces règles ne se trouve pas dans la nature. 

En outre, il note que le passage à la culture ne peut s’envisager sans le langage. C’est très important : en effet, le langage n’est pas seulement un instrument de communication, il est aussi le lieu où le sens, les significations sont rendues possibles. C’est ce que montre la sémiologie (l’étude des signes) : inventer un mot, c’est attribuer un sens à une chose, et donc à travers cette opération, c’est mettre de l’ordre dans notre conception des choses. Et c’est donc créer une règle : il n’est plus possible d’appeler cette chose par un mot différent. 


La constance et la régularité existent, à vrai dire, aussi bien dans la nature que dans la culture.


Sans revenir sur ce qu’il a dit, Lévi-Strauss va plus loin dans ses propos, en affirmant que l’on peut relever, si ce n’est des règles institutionnelles, une forme de constance ou de régularité dans la nature. 


Mais au sein de la première, elles se manifestent le plus faiblement, et inversement.


Mais déjà l’auteur nuance : cette forme de constance s’exprime très faiblement dans la nature, tandis qu’elle est très forte dans le domaine culturel. Cela confirme l’exemple précédent de l’enfant, mais moins celui du singe, qui on le rappelle, versait dans le hasard, l’aléatoire. De qu’elle type est la constance naturelle ? 


« Dans un cas, c’est le domaine de l’hérédité biologique, dans l’autre celui de la tradition externe. »


La constance naturelle relève de l’hérédité, de la génétique, qui permettent de tracer une certaine continuité de la nature. Cependant, dans la culture, la constance qui s’exprime dans les règles intentionnelles est de nature tout à fait différente : c’est celle de la tradition. Par conséquent, ces deux types de constance ne sont en aucun cas comparables, et ne sont pas à considérer sur le même plan. A partir de ce constat, Lévi-Strauss peut conclure. 


On ne saurait demander à une illusoire continuité entre les deux ordres de rendre compte des points par lesquels ils s’opposent.


Les constances naturelle et culturelle sont radicalement différentes. Cette différence fondamentale ne permet donc pas de penser une continuité entre la nature et la culture. Et par absence de continuité ou de rapprochement, il devient complexe de penser comment s’articule le passage d’un domaine à l’autre. 


Lévi-Strauss ferme-t-il par-là la porte de la culture au reste du vivant ? Pas nécessairement. L’absence de continuité, si elle singularise le statut humain, n’interdit pas pour autant l’animal de franchir le cap nécessaire : précisément si celui-ci, finalement, ne prend pas son origine dans les dispositions naturelles. Il faudrait que le singe mette un peu d’ordre dans son monde. Et cela commence peut-être, comme l’écrit Lévi-Strauss, par un développement de sa fonction de langage. 

Fin de l'extrait

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