Explication de texte : La phénoménologie de la perception, Maurice Merleau Ponty - Philosophie - Terminale STMG

Explication de texte : La phénoménologie de la perception, Maurice Merleau Ponty - Philosophie - Terminale STMG

Notre professeur de philosophie vous propose une explication de texte de Maurice Merleau-Ponty, La phénoménologie de la perception (1945). Cet extrait est lié au thème "Nature et Culture", au programme des terminale techno.

Vous trouverez tout d'abord une présentation rapide de ce texte philosophique, puis une explication de texte détaillée afin que vous puissiez bien comprendre non seulement le texte, mais aussi la méthodologie de l'explication de texte en philosophie.

Téléchargez gratuitement ci-dessous l'explication de texte de Merleau-Ponty, La phénoménologie de la perception.

Explication de texte : La phénoménologie de la perception, Maurice Merleau Ponty - Philosophie - Terminale STMG

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EXPLIQUER LE TEXTE SUIVANT

Il n’est pas plus naturel ou pas moins conventionnel de crier dans la colère ou d’embrasser dans l’amour que d’appeler « table » une table. Les sentiments et les conduites passionnelles sont inventés comme les mots. Même ceux qui, comme la paternité, paraissent inscrits dans le corps humain, sont en réalité des institutions. Il est impossible de superposer chez l’homme une première couche de comportements que l’on appellerait « naturels » et un monde culturel ou spirituel fabriqué. Tout est fabriqué et tout est naturel chez l’homme, comme on voudra dire, en ce sens qu’il n’est pas un mot, pas une conduite qui ne doive quelque chose à l’être simplement biologique, et qui en même temps ne se dérobe à la simplicité de la vie animale, ne détourne de leur sens les conduites vitales, par une sorte d’échappement et par un génie de l’équivoque qui pourraient servir à définir l’homme. 


Maurice Merleau-Ponty, La phénoménologie de la perception (1945).


La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question. 


PRESENTATION

Texte de Merleau-Ponty, philosophe phénoménologue français du XXe siècle. 

Dans ce texte l’auteur s’intéresse à l’opposition entre nature et culture. 

Plus précisément, il s’agit de s’interroger sur la possibilité d’une distinction entre les deux notions au sein même de l’être humain. L’extrait fait intervenir certaines notions de linguistique et de sémiologie (l’étude des signes). 


INTRODUCTION

Ce texte, du philosophe Merleau-Ponty et extrait de l’ouvrage La phénoménologie de la perception, traite du couple de notions nature et culture. 

Il s’agit ici pour l’auteur de montrer qu’au-delà de la distinction classique entre ces deux notions, il n’y a pas lieu d’opposer aussi radicalement chez l’homme ce qui relèverait de la nature et ce qui relèverait, au contraire, du domaine de la culture. Ainsi, pour Merleau-Ponty, les deux notions se confondent tant dans la vie et les manifestations de l’être humain, aussi différentes et complexes soit-elles, que tenter de les isoler serait une erreur. 

A travers ce questionnement, le philosophe pose le problème du rapport entre l’homme et le monde, son monde. En effet, selon la dualité nature/culture, cohabiterait chez l’homme une dimension naturelle et une dimension artificielle. Mais peut-on réellement penser l’homme en dehors, précisément, de son artificialité, qui n’est rien d’autre que le fruit de ses productions, quelles qu’elles soient ? Que dire alors de la nature humaine ? 

On peut distinguer deux parties dans l’explication de la thèse par l’auteur. Dans un premier temps, il affirme que l’ensemble des manifestations humaines relèvent d’une certaine forme d’artificialité. Dans un second temps, il explique que ces manifestations étant toujours une composition de faits naturels et artificiels, il n’y a pas lieu de poser la question de la distinction. 


PARTIE 1

Il n’est pas plus naturel ou pas moins conventionnel de crier dans la colère ou d’embrasser dans l’amour que d’appeler « table » une table.

C’est par cette proposition, à la fois générale et précise (de par l’utilisation d’exemples concrets), que Merleau-Ponty ouvre l’extrait. Il confronte deux domaines de l’expression humaine, l’un passionnel (les réactions sentimentales), l’autre institutionnel (les principes de linguistique) et précise sa problématique : s’il paraît plus évident que le second renvoie à un création humaine (le choix d’un mot pour désigner une chose), il serait faux de considérer que cela ne s’applique pas au premier. 


Les sentiments et les conduites passionnelles sont inventés comme les mots.

Ce qui appartient au domaine du « passionnel » semble, aussi bien en théorie qu’en pratique (c’est-à-dire la manière dont on le vit), relever d’une forme d’instinct, en un sens incontrôlable, sur lequel, précisément, nous n’avons aucune maitrise. La colère, la tristesse, la joie, l’amour et autres sentiments de ce type semblent s’imposer à nous, comme la manifestation d’une vérité et d’une nature profonde. C’est à travers cela, et le manque d’alternative qu’il offre, que le passionnel nous fait croire à son immuabilité. Et ce n’est évidemment pas le cas des systèmes linguistiques, qui paraissent s’y opposer du tout au tout : il existe plusieurs langues, des possibilités de traduction, l’arrivée de nouveaux mots pour désigner les choses… : toutes ces choses qui rappellent que le mot est une invention, et une donnée relative. Pourtant, pour Merleau-Ponty, les sentiments comme le langage sont des inventions. 


Même ceux qui, comme la paternité, paraissent inscrits dans le corps humain, sont en réalité des institutions.

Il insiste ici sur un cas particulièrement parlant, parce qu’il fait écho, chez nous, à un investissement profond et historique de nos personnalités. Les rapports familiaux semblent inscrits dans nos gênes, et il semble si difficile de les penser autrement qu’ont en fait des artéfacts naturels. L’auteur précise une nouvelle fois qu’ils dérivent de créations humaines. Serait-ce si étonnant ? On sait pourtant, grâce aux travaux des anthropologues, qu’il existe dans d’autres civilisations des configurations familiales très différentes ; l’homme a su imaginer, dans la science-fiction par exemple, des projections toutes aussi étonnantes (voir par exemple Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley).   

Mais alors, comment penser le rapport entre nature et culture ? Et qu’est-ce que ce dernier nous apprend-il sur la nature de l’homme ? 


PARTIE 2

Il est impossible de superposer chez l’homme une première couche de comportements que l’on appellerait « naturels » et un monde culturel ou spirituel fabriqué.

Merleau-Ponty rejette l’opposition traditionnelle entre nature et culture chez l’homme, selon laquelle la première relèverait, précisément, de sa « nature » fondamentale, tandis que la seconde serait l’expression et le fruit d’une création, de productions qui n’auraient pas de « précédents » naturels. On ne peut pas, par conséquent, considérer l’être humain à la lumière de cette dualité trompeuse. Pourquoi ? 


Tout est fabriqué et tout est naturel chez l’homme, comme on voudra dire […]. 

Gabriel Tarde disait que « tout est social ou rien ne l’est ». D’une manière identique, Merleau-Ponty dépasse la dualité nature/culture en annulant la portée des deux composantes. Il revient donc au même de dire de quelque phénomène humain qu’il est culturel, institutionnel, ou au contraire qu’il provient de sa nature même. 


[…] en ce sens qu’il n’est pas un mot, pas une conduite qui ne doive quelque chose à l’être simplement biologique, et qui en même temps ne se dérobe à la simplicité de la vie animale, ne détourne de leur sens les conduites vitales […]. 

La raison de la proposition de l’auteur est la suivante : tous les phénomènes humains (des plus archaïques aux plus sophistiqués), dans leur complexité, ne sont pas seulement tributaires soit d’une origine naturelle, biologique, animale, instinctive, soit d’une surcouche élaborée artificiellement. Selon Merleau-Ponty, ces phénomènes doivent tous quelque chose à ce fond naturel, mais en même temps, simultanément, ils sont tous les symptômes d’un dépassement de ces fonctions de base. Autrement dit : chez l’homme, nature et culture se confondent en un seul et même mouvement. Ou : ce qu’il y a de naturel chez l’homme, c’est précisément ce dépassement culturel de sa naturalité. 


[…] par une sorte d’échappement et par un génie de l’équivoque qui pourraient servir à définir l’homme.

Ce dépassement est un échappement. Mais il ne faut pas en déduire qu’à travers ce dépassement que représente la culture, l’homme se détache de sa nature profonde. Car c’est précisément le contraire que nous dit Merleau-Ponty : parce qu’il est capable de complexification, d’invention, de manipulation de son fond naturel, il en propose ainsi de nouvelles choses (d’où son « génie de l’équivoque » : l’équivocité traduisant des traductions, des interprétations différentes d’une même chose).  


Ainsi, c’est dans sa dénaturalisation que l’homme montre sa véritable nature. Ce n’est ni pas son aspect naturel, ni par celui de sa culture que l’on peut définir la « nature humaine », mais par une compréhension du processus à travers lequel la culture transforme la nature. 

Fin de l'extrait

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