Dissertation : Une vérité peut-elle être définitive ? - Philosophie - Terminale STMG

Dissertation : Une vérité peut-elle être définitive ? - Philosophie - Terminale STMG

Retrouvez un exemple de corrigé de dissertation de Philosophie pour le Bac STMG.

Le sujet de cette dissertationest : Une vérité peut-elle être définitive ? La notion étudiée est donc la vérité. Voici des éléments de réponse pour cette dissertation de Philosophie.

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Dissertation : Une vérité peut-elle être définitive ? - Philosophie - Terminale STMG

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UNE VÉRITÉ PEUT-ELLE ÊTRE DÉFINITIVE ?

 

Ce cours se veut comme un corrigé de dissertation, dissertation dont ce sujet précis est tombé lors du bac de 2014 pour les séries technologiques.

 

Il est avant tout primordial de comprendre que ces éléments de corrigés ne constituent en aucun cas un “corrigé type”, mais seulement des exemples de dissertations possibles. En philosophie la démarche de pensée individuelle et la logique de l’argumentation est ce qui rendra un travail bon le jour de l’épreuve. Il n’y a pas un plan possible mais plusieurs. Ce corrigé se veut donc avant tout une explication du sujet et de ses attentes, et non un corrigé type comme on pourrait en trouver en sciences dures : mathématiques…

 

Mais surtout une application d’un contenu de cours au sujet de la vérité conçue en ces domaines épistémologiques et anthropologiques.

 

INTRODUCTION

 

La difficulté du sujet tient en deux points de problématisation bien précis. En effet, avant que de tenter de répondre au sujet :

 

il faut tout d’abord bien définir ici le verbe pouvoir, qui revêt trois dimensions : 1/ capacité, 2/ légitimité, 3/ devoir

il faut ensuite passer d’une définition générale de la vérité, à des définitions particulières : toute vérité n’est pas la même, il y a des vérités mathématiques, des vérités indémontrables axiomatiques, des vérités admises, des opinions tenues pour vraies, etc. Ne pas les distinguer laisserait le propos dans une abstraction et une généralité qui enfermerait le sujet dans une piste de réflexion trop étroite.

Qu’est-ce qu’une vérité ? Il ne faut pas confondre cette question avec une question similaire : “qu’est-ce que la vérité ?”. Une vérité, donc, c’est un énoncé qui est assimilé comme étant véridique, juste, certain. Quelque chose dont en principe on ne doute pas et dont on imagine mal qu’il sera un jour faux. Exemple : la Terre tourne autour du Soleil. Cette vérité, précisément parce qu’elle est vraie, semble définitive, inéluctable, irréprochable. Il y aurait donc au sein même de la notion de vérité l’idée qu’elle serait intemporelle. Et pourtant...

 

Notre exemple de la circonvolution de la Terre autour du Soleil n’a pas toujours été considéré comme une vérité, mais bien plutôt comme une hérésie. En effet, nombre de penseurs avant-gardistes défendant cette idée ont fini sur le bûcher : jusqu’à la Renaissance il allait de soi que le Soleil tournait autour de la Terre et qu’il ne pouvait en être autrement. Qu’est-ce qui a permis de défaire cette vérité-là pour en admettre une autre ? L’évolution scientifique, le progrès de la pensée.

À ce niveau donc de notre analyse, il apparaît qu’en fait, en dépit de ce qu’il semblait naturel de penser, eh bien non, une vérité pourrait bien ne pas être définitive. Et du coup, un soupçon advient : s’il suffit à la science de progresser pour défaire, certes sur de longues périodes, une vérité, ne peut-on pas en devenir presque sceptique et penser qu’une vérité, finalement, n’a que peu de chances d’être définitive ? Mais encore : ne seraient-ce pas que les vérités de type scientifiques qui se trouvent marquées du sceau de l’éphémère ?

Quoiqu’il en soit, l’enjeu de notre raisonnement semble de taille : si la vérité se trouve frappée par une fragilité de durée, si elle n’est pas intangible, comment du coup fonder nos raisonnements et notre compréhension des choses sans toujours craindre qu’au final, cela peut ne pas être légitime ou véridique ?

 

Par nature, ce n'est pas qu'une vérité peut-être définitive, c'est plutôt qu'elle le doit

 

Une vérité, par définition, ce qui est universel et admis en tout lieu et tout temps

 

Pour le sens commun, un énoncé vrai, donc une vérité, a pour critère de base d’être universel,  c’est-à-dire de valoir pour tout un chacun, ou qu’il soit et en tout temps. En effet, que serait donc une vérité si elle n’était pas consensuelle, partagée par tous les individus, et si elle ne traversait pas le temps et l’espace sans rester indemne ? Sur quels fondements adosser la connaissance des choses ou ne serait-ce que l’interprétation des faits qui nous entourent, s’il n’y avait pas de points fixes, ces vérités dont on parle ?

 

En fait, si un tel jugement tenu pour vrai changeait rapidement avec le temps ou n’était admis que par quelques individus seulement, il ne s’agirait pas d’une vérité, mais d’une opinion, vraisemblable pour ceux qui en sont les défenseurs, mais intenables pour d’autres.

 

On le voit donc d’emblée, et ce quels que soient les domaines d’étude, une vérité digne de ce nom doit prétendre à être définitive, ce sans quoi elle perdrait précisément ce qui fonde son caractère véridique.

 

Nous pouvons donc nous étonner qu’une telle question puisse se poser puisque le fait qu’elle soit définitive nous paraît impliqué par la définition même de la vérité.

 

Le cas des vérités axiomatiques ou premières

 

Les vérités premières et axiomatiques sont ces énoncés tenus pour vrais qui sont au fondement même de nos connaissances et certitudes, aussi diverses qu’elles soient. Ce type de vérités est comme un socle commun sur lequel la connaissance se construit, les démonstrations découlent et les déductions se font. On les trouve de manière privilégiée en mathématiques : que serait un théorème, celui de Pythagore par exemple, sans axiomes ? C’est-à-dire s’il n’était pas admis qu’un angle à 90 degrés est un angle droit et que donc il est vrai qu’un angle droit a toujours 90 degrés ? Ou encore, dans un champ différent, social ou politique, comment la société se trouverait équilibrée et même possible si ses actes fondateurs se trouvaient dénués de véridicité, si, par exemple, le premier article de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen n’était pas valable pour tout citoyen, n’était pas une vérité, mais une opinion ? Comment le droit se fonderait-il donc ? De même, et cette fois-ci quelles que soient les sciences : comment s’établiraient ces dernières, comment progresseraient-elles, comment les scientifiques mais aussi les chercheurs en médecine, en géologie, etc., pourraient-ils avancer ensemble et créer de nouveaux remèdes ou exposer des explications de plus en plus précises quant aux phénomènes terrestres, s’il n’y avait pas de vérités premières, un énoncé vrai d’où partir ?

 

Or, on le voit peut-être encore mieux dans le cas de ces vérités premières ou axiomatiques : celles-ci ne sauraient changer dans le temps, sans mettre en péril toute la science constituée à partir d’elles depuis la nuit des temps. Ainsi, le théorème de Pythagore n’a jamais été remis en question, parce qu’il est vrai et fondé sur des axiomes vrais. De même, les vaccins sont rendus possibles parce qu’on sait qu’il existe des cellules mères qui fonctionnent de telle et de telle manière, etc. 

 

Pourtant, quelle valeur aurait une vérité qui ne se vérifierait pas dans le temps ? 

 

Une vérité ne peut pas être définitive, elle peut seulement résister au temps

 

Si par nature, une vérité semble devoir prétendre à la durabilité, des scientifiques sont revenus sur cette prétention et pensent plutôt que la vérité, en pratique, ne doit pas échapper à l’érosion du temps si jamais celle-ci doit advenir. Il s’agit même là, selon Popper (Logique de la découverte scientifique) d’un principe méthodologique appelé la “falsifiabilité ” ou encore la “réfutabilité”.

 

C’est-à-dire que pour Popper, une vérité doit toujours se vérifier par l’épreuve du temps, sans cesse. Il faut tenter de la réfuter, de montrer qu’en réalité elle est fausse, pour que petit à petit elle atteigne une assise véridique de plus en plus solide. La vérité scientifique, si elle n’a plus pour critère de devoir être définitive, n’est pas pour autant provisoire : il s’agit simplement de les interroger de manière permanente pour toujours les tester. On part donc toujours de l’idée selon laquelle une vérité scientifique peut-être fausse et doit se vérifier en se confrontant à de nouvelles expériences.

 

Une vérité est un amoncellement de strates, une construction temporelle

 

Toujours dans cette idée que la vérité ne devrait pas, coûte que coûte, être définitive pour être tout à fait véridique ou même valable, et dans la continuité de Popper, on pourrait penser qu’une vérité se fabrique avec le temps, et se modifie, se précise, au fil du temps. Ainsi, une vérité serait moins définitive que toujours adaptée et sans cesse précisée, eu égard aux évolutions scientifiques et aux avancées techniques. Evidemment, les types de vérités concernées sont les vérités scientifiques, celles qui peuvent évoluer et s’affiner, se construire au travers du temps. Nous pourrions même allés jusqu’à dire, comme Duhem (La théorie physique, son objet, sa structure) qu’une vérité n’est pas simple, mais complexe, qu’elle a plusieurs dimensions, selon l’époque à laquelle on la considère. Ainsi, une vérité est faite de « strates » qui se chevauchent les unes les autres, parce qu’elle s’affine au cours du temps ou évolue. Comme un rocher qui s’érode et dont on voit à l’œil nu les différentes couches.

 

Toujours est-il qu’à la lumière de la pensée scientifique sur ce sujet, il semble bien que la recherche de la vérité, pour être toujours au point et légitime, interdise que l’on considère les vérités comme définitives, comme donc des dogmes intouchables. Procéder de cette manière dogmatique serait au final contre-productif et pourrait être compris comme un frein dans la recherche de la vérité, puisque cela empêcherait la progression du savoir au nom d’une connaissance admise une fois pour toutes.

 

De la durabilité de la vérité : une illusion et un besoin anthropologiques

 

Une vérité c’est un outil social ou de communication

 

La vérité donc, alors que par définition, elle appelle à être définitive, dans la pratique, elle ne peut pas l’être et ne doit pas l’être, sans quoi sa légitimité se trouve remise en question. Mais l’important n’est peut-être pas tant dans la véridicité d’une vérité, que dans ce qu’elle permet au niveau anthropologique, au niveau de la vie des hommes en communauté. Dans Vérité et mensonge au sens extra-moral, Nietzsche explique ainsi que toutes les vérités sont des illusions, des mensonges, des inventions créées par les hommes et admises par tous pour qu’une vie ensemble soit rendue possible. Les mots mêmes, selon Nietzsche, sont faux. Il est impossible pour lui que le mot désigne tout à fait la chose (or la vérité est bien l’adéquation d’une idée à une chose), parce que le mot vient de l’homme et non la chose. Mais le fait de mettre en œuvre des semblants de vérité est ce qui permet aux hommes de fonder une société, avec des règles de vie éthiques, mais aussi de fonder un monde vivable où l’homme, par les vérités scientifiques qu’ils croient détenir, peut agir sur le monde et comprendre au minimum la nature qui l’entoure. Une vérité, quelle qu’elle soit, qu’elle soit fausse ou vraie, aurait finalement pour but, au travers sa durabilité, d’être un outil social. En ce sens elle doit être définitive pour que les hommes s’entendent entre eux et fondent un monde vivable.

 

La vérité définitive : une nécessité régulatrice

 

On peut également penser qu’une vérité doit, dans l’idéal, être définitive, ne serait-ce que pour apporter du crédit aux démarches de la connaissance qui sans cesse ont pour but d’approfondir le savoir et de s’approcher de ce que pourrait être le vrai. Kant, dans la Critique de la raison pure, explique ainsi que certaines choses peuvent être des « idéaux régulateurs » dans la mesure où leur existence permet d’aller toujours plus loin dans l’effort de l’homme pour atteindre cet idéal peut-être inaccessible, mais régulateur au sens où l’homme ne se satisfera pas de ce qu’il a déjà mais cherchera toujours à se perfectionner.

 

Conclusion

 

Une vérité peut-elle être définitive ?

 

La difficulté du sujet, nous l’avons vu, se trouvait sans doute dans le grand écart qu’il y avait entre ce qu’une vérité doit être par définition (définitive), et ce qu’elle doit être en pratique (non définitive car toujours à renouveler). La réponse finale serait donc négative : une vérité ne peut pas être définitive, parce qu’elle ne doit pas l’être pour être légitime et pour toujours s’adapter au progrès de la connaissance. Mais de suite il faut nuancer : si la vérité ne peut être définitive, il ne faut pas tomber dans le scepticisme ou le relativisme le plus total, qui ferait dire, comme le fait Nietzsche, qu’ « il n’y a pas de faits mais seulement des interprétations », ce sans quoi la vérité ne serait qu’une simple opinion et ne vaudrait donc pas grand-chose.

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