Corrigé Sujet 3 Philosophie - Bac STMG Métropole 2016

Corrigé Sujet 3 Philosophie - Bac STMG Métropole 2016

Voici le corrigé du sujet 3 de Philosophie du Bac STMG 2016. Cette correction, rédigée par notre professeur, est valable pour tous les Bac Technologiques.

Corrigé Sujet 3 Philosophie - Bac STMG Métropole 2016

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Sujet 3 : explication de texte 

Texte de Merleau-Ponty sur l'art 

Notion en jeu : l’art.

 

Avant-propos 

Il est avant tout primordial de comprendre que ces éléments de corrigé ne constituent en aucun cas un “corrigé type”, mais seulement des exemples de traitement possible de ce sujet d’explication de texte.

En philosophie la démarche de pensée individuelle et la logique de l’argumentation est ce qui rendra un travail bon le jour de l’épreuve.

 

Ce corrigé se veut donc avant tout une explication d’un texte et des attentes que suppose cette épreuve différente de la dissertation, et non un corrigé type comme on pourrait en trouver en sciences dures : mathématiques...

 

Texte à expliquer 

Expliquer le texte suivant :

« Même quand les peintres travaillent sur des objets réels, leur but n’est jamais d’évoquer l’objet même, mais de fabriquer sur la toile un spectacle qui se suffit. La distinction souvent faite entre le sujet du tableau et la manière du peintre n’est pas légitime parce que, pour l’expérience esthétique, tout le sujet est dans la manière dont le raisin, la pipe ou le paquet de tabac est constitué par le peintre sur la toile. Voulons-nous dire qu’en art la forme seule importe, et non ce qu’on dit ? Nullement. Nous voulons dire que la forme et le fond, ce qu’on dit et la manière dont on le dit ne sauraient exister à part. Nous nous bornons en somme à constater cette évidence que, si je peux me représenter d’une manière suffisante, d’après sa fonction, un objet ou un outil que je n’ai jamais vu, au moins dans ses traits généraux, par contre lesmeilleures analyses ne peuvent me donner le soupçon de ce qu’est une peinturedont je n’ai jamais vu aucun exemplaire. Il ne s’agit donc pas, en présence d’un tableau, de multiplier les références au sujet, à la circonstance historique, s’il en est une, qui est à l’origine du tableau. »

MERLEAU-PONTY, Causeries, 1948.

 

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

1. Dégager l'idée principale du texte et les étapes de sa construction.

2. Expliquer :

a) « le savant sait bien que ses découvertes seront vraisemblablement susceptibles d’être utilisées »

b) « pressent qu’elles seront ainsi plus profitables » c) « il se désintéresse des conséquences pratiques. »

3. Peut-on rechercher la vérité seulement pour elle-même ?

 

Présentation du sujet 

Ce texte de Durkheim a trait à l’art, notion fondamentale du programme de terminale techno, que l’on peut retrouver dans le grand domaine de ‟la culture”. Il s’agit plus précisément pour l’auteur de se questionner quant à la différence de l’art et de la théorie, quant à la spécificité de l’art, ce qu’il apporte d’essentiel et d’inouï : notamment un rapport à l’objet différent.

Il s’agit donc d’un texte à dimension esthétique, questionnant les tenants et aboutissants du geste artistique.

 

Analyse du texte 

• Une explication de texte doit répondre à des attentes précises : lorsque j’explique un texte je dois montrer quelle est la thèse de l’auteur sur un sujet précis (son point de vue) et quelle stratégie argumentative il met en place pour donner sa thèse (de quelle manière il s’y prend ? Quel type d’argumentation il choisit ? Quels procédés sont les siens ? etc.).

• Il faut aussi voir si la position défendue par l’auteur est originale ou pas, et qu’est-ce que cela nous apprend sur le sujet. En effet, si la connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise, chaque extrait à expliquer fait partie d’un thème au programme de philosophie, qu’on est censé connaître. Ainsi, on peut faire dialoguer la position de l’auteur avec nos connaissances sur la question, afin de voir si sa thèse est subversive ou classique, originale ou non.

• L’idéal serait aussi de mettre en évidence un enjeu : manière par exemple que le texte a de faire résonner une question plus générale.

• Dans une première lecture du texte, afin de vous assurer que vous l’avez bien compris (et que vous pouvez donc commencer l’explication), il faut pouvoir répondre aux six attentes classiques d’une Introduction telles que les séries générales doivent le faire (vous, vous n’avez qu’à répondre aux questions, mais pour le faire bien, vous ne pouvez négliger cette étape, qui fondera votre réponse à la question n°1), ce que nous allons donc faire ici :

• Situation du texte

Dans ce texte, extrait du livre Causeries, Merleau-Ponty...

• Thème du texte (de quoi cela parle, quel est le domaine général auquel il a trait)

... traite de l’art et de sa spécificité.  Problème du texte

Qu’est-ce qui fait de l’art un domaine tout à fait particulier et le distingue notamment de la théorie ?

• Thèse du texte (point de vue défendu par Merleau-Ponty) (à reprendre dans la question 1)

Merleau-Ponty défend l’idée selon laquelle l’art, contrairement à la théorie, n’est pas un miroir du réel, il n’a pas pour finalité de représenter la réalité.

• Enjeu

Redonner tout son sens à l’art et le déporter d’une conception réaliste des choses : on ne peut

pas pour peindre un objet mais pour donner une vision du monde, un regard sur ledit objet.

• Annonce du plan (étapes par lesquelles Merleau-Ponty procède). (à reprendre dans la question 1)

Pour mener à bien son argumentation, Merleau-Ponty procède en trois temps. Son idée de base est que l’œuvre d’art n’a pas pour but de représenter la réalité (c’est ce que dit la première phrase du texte). Pour démontrer cela, dans un premier temps Merleau-Ponty explique qu’en art, il n’y a pas de distinction entre le sujet du tableau et la manière de peindre : les deux se confondant en un seul acte esthétique. Dans un second temps, il en vient à se demander si ce refus du débat du fond et de la forme en art aboutit à un monisme de la forme, ce à quoi il répond par la négative : les deux coexistent et sont indissociables. Dans un dernier temps, il procède à une justification de sa conception en ayant recours à une opposition entre la représentation théorique d’une chose et sa représentation artistique.

 

Bases pour les questions et 1 et 2 plan explicatif du texte 

I. En art, pas de distinction entre sujet du tableau et manière de peindre : les deux se confondent en un seul acte esthétique

« Même quand les peintres travaillent sur des objets réels, leur but n’est jamais d’évoquer l’objet même, mais de fabriquer sur la toile un spectacle qui se suffit. »

↳ Qu’un peintre soit réaliste ou non ne change rien à la donne : la finalité d’une peinture n’est pas de reproduire le réel, de créer un simulacre de l’objet référent, mais de créer un spectacle, de mettre en œuvre donc une esthétique particulière, inspirée par l’objet certes, mais qui comme le dit Merleau-Ponty se suffit à elle-même.

« La distinction souvent faite entre le sujet du tableau et la manière du peintre n’est pas légitime parce que, pour l’expérience esthétique, tout le sujet est dans la manière dont le raisin, la pipe ou le paquet de tabac est constitué par le peintre sur la toile. »

↳ Ainsi il ne faut pas (importance du mot ‟légitime” ici) aborder une vision dualiste distinguant le fond et la forme, soit « le sujet du tableau » et « la manière du peintre », selon Merleau- Ponty. Pourquoi ? Parce que dans une expérience esthétique, le sujet même de l’œuvre n’est pas  l’objet peint ou mis en scène, mais la manière même dont il est peint. Le sujet est donc déjà esthétique, alors que l’objet référent, lui, ne l’est absolument pas dans la réalité.

II. Refuser le débat du fond et de la forme pour un monisme de la forme ? Non

« Voulons-nous dire qu’en art la forme seule importe, et non ce qu’on dit ? Nullement. »

↳ Merleau-Ponty précise de suite que cela ne signifie absolument pas que seule la forme importe, et exit le discours. Non, le discours, le message qu’il y a derrière l’œuvre (si tant est qu’il y en a un) n’est pas négligé.

« Nous voulons dire que la forme et le fond, ce qu’on dit et la manière dont on le dit ne sauraient exister à part. »

↳ Pourquoi pas de primauté de la forme ? Parce que Merleau-Ponty refuse la distinction entre fond et forme, il refuse, comme montré avant, un quelconque dualisme à l’œuvre dans l’art. « Ne sauraient exister à part », signifie qu’ils ne sauraient exister séparément, indépendamment l’un de l’autre, comme deux choses distinctes. Ils n’existent qu’ensemble, de manière indissociable.

III. Justification de cette conception par l’opposition de la théorie et de l’artistique

« Nous nous bornons en somme à constater cette évidence que, si je peux me représenter d’une manière suffisante, d’après sa fonction, un objet ou un outil que je n’ai jamais vu, au moins dans ses traits généraux, par contre les meilleures analyses ne peuvent me donner le soupçon de ce qu’est une peinture dont je n’ai jamais vu aucun exemplaire. »

↳ Distinction ici faite par Merleau-Ponty entre la représentation théorique ou utilitaire que l’on peut se faire d’un objet, il est facile de s’imaginer une table, parce qu’elle a une fonction bien précise donc aura toujours des pieds et un plateau, et la représentation artistique inspirée sans doute d’un objet : je ne peux m’imaginer à l’avance la façon dont un peintre va représenter cette table (peut-être de manière symbolique, ou expressionniste, ou pointilliste).

« Il ne s’agit donc pas, en présence d’un tableau, de multiplier les références au sujet, à la circonstance historique, s’il en est une, qui est à l’origine du tableau. »

↳ Conclusion de Merleau-Ponty : le sujet du tableau n’est pas ce qui doit compter... si tant est d’ailleurs qu’il y en ait un ! (certains tableaux en effet ne s’inspirent pas d’un sujet réel et concret).

 

Bases pour la question 3

Lors de la question 3, il est attendu des candidats de faire une mini-dissertation qui consiste à discuter la thèse de l’auteur. Le sujet est la thèse de l’auteur mise en question. Ici, la thèse de Merleau-Ponty est qu’un œuvre d’art ne peut avoir pour but de représenter la réalité, le sujet est donc : une œuvre d’art a-t-elle pour but de représenter la réalité ?

Comment procéder ? Dans une première partie, nous allons défendre la thèse de l’auteur, dans une deuxième partie nous allons la réfuter, et dans une troisième partie (indispensable, comme dans toutes les dissertations), nous allons dépasser cette opposition.

Voiici donc le travail de base pour mener à bien cette mini-dissertation.

Problématique : la finalité de l’œuvre d’art est-elle d’exprimer la réalité, ou sa finalité n’est-elle pas autre ? Comme par exemple retranscrire la réalité par un regard particulier, donc offrir finalement une vision du monde, une manière de voir les choses.

Grand I. Défendre la thèse de l’auteur = une œuvre d’art n’a pas pour but de représenter la réalité.

↳ on part ici donc du point de vue de Merleau-Ponty que l’on cite et que l’on développe. Le but de l’art n’est pas de faire une photographie du réel, mais d’offrir un point de vue particulier et esthétique du réel en question (si tant est que le réel soit ce qui inspire l’œuvre).

Grand II. Réfutation de la thèse de l’auteur, ou nuancement de cette thèse = en fait oui, l’œuvre d’art a pour but de représenter la réalité, telle qu’on ne la voit pas de manière ordinaire.

↳ on réfute la thèse de Merleau-Ponty, en pointant du doigt l’idée que montrer la réalité n’est pas forcément théorique, ce n’est pas simplement la faire miroiter de manière réaliste, mais ça peut être de la montrer sous un autre jour, ou dans un sens plus authentique. Cf. l’interprétation que Heidegger fait du tableau Les souliers de Van Gogh, ou le but de l’art est de montrer l’essence de la réalité, essence cachée par les mensonges de la science ou la dénaturation que la technique fait subir aux choses : on ne voit plus les choses qu’au travers de leurs fonctions et non pas ce qu’elles sont réellement.

 

Grand III. Dépassement du grand I et du grand II. Sans doute ne devons-nous pas comprendre l’art dans un rapport aussi manifeste à la réalité, ce sans quoi on perdrait le sens même de l’art, on n’en ferait qu’un medium et non une fin en soi. L’art ne doit pas servir à quelque chose, mais doit être gratuit, juste être une « activité intentionnelle dont la finalité est de produire une satisfaction esthétique » (Genette, L’œuvre de l’art). Et finalement, le plaisir, l’émotion, le sentiment de beau jaillissant face au spectacle d’une œuvre n’ont aucunement besoin d’un quelconque rapport à la réalité.

Fin de l'extrait

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