Corrigé de Philosophie (1/3) Bac STMG Pondichéry 2018

Corrigé de Philosophie (1/3) Bac STMG Pondichéry 2018

Retrouvez sur digiSchool le corrigé du sujet 1 de Philo du Bac STMG Pondichéry 2018, rédigé par un professeur de l'Éducation nationale. Le sujet 1 de cette année était "Douter, est-ce renoncer à la vérité ?".

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Corrigé de Philosophie (1/3) Bac STMG Pondichéry 2018

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SUJET 1 : DOUTER, EST-CE RENONCER À LA VÉRITÉ ?

ACCROCHE : Dans l’antiquité grecque, les Sophistes, professeurs de grammaire et de rhétorique, commencent à diffuser un courant de pensée nommé scepticisme. Ce courant considère que l’homme n’a pas accès à la vérité, qu’au fond l’homme ne peut que douter car il ne peut savoir ce qui est vrai et ce qui n’est l’est pas.

OBJECTION : Socrate, leur grand adversaire, disait « je sais que je ne sais rien ». Mais ce qu’il voulait dire c’est que le monde est complexe et le réel difficile à connaitre. Car Socrate n’était pas sceptique, il ne considérait pas que le doute était la seule réponse possible face à cette complexité du monde, même s’il s’ingéniait à le faire naitre chez ses interlocuteurs pour les obliger à se débarrasser de leurs croyances fausses. REPRISE DU SUJET : donc, douter est-ce toujours renoncer à la vérité ?

ANNONCE DE LA PROBLEMATIQUE : L’enjeu de la question sera de savoir si l’on peut réellement considérer que douter, c’est renoncer à la vérité ; si l’on peut dire qu’en doutant j’admets, je reconnais que la vérité est inexistante ou du moins inaccessible. Ou alors si, au contraire, je peux affirmer que le doute peut justement être un moyen de parvenir à la connaissance de la vérité.

ANNONCE DU PLAN : Nous définirons le terme de « douter » dans une première partie. Ensuite nous verrons en quoi le doute peut, parfois, mener à renoncer à la vérité, notamment à travers le courant des Sceptiques. Enfin nous verrons qu’il semble plus judicieux de prendre le doute comme un moment nécessaire mais passager dans la recherche de la vérité.

PARTIE 1 : QU’EST-CE QUE LE DOUTE ? EN QUOI CONSISTE LE FAIT DE DOUTER ?

A. Douter consiste à suspendre son jugement. C’est un état intérieur qui induit l’incertitude par rapport une proposition (il fera beau demain) ou l’hésitation sur la conduite à tenir. Juger c’est attribuer une qualité à quelque chose, par exemple la qualité « blanc » à l’objet table quand je dis « cette table est blanche ».

Mais cela peut-être aussi attribuer la qualité « vraie » à une proposition telle que « la terre est ronde ». Donc douter c’est justement être dans l’impossibilité de reconnaitre qu’une chose est «vraie» ou autre. C’est aussi implicitement reconnaitre que connaitre la vérité n’est pas évident, que cela nécessite un savoir, une recherche.

B. Il est intéressant de noter que le doute est un mouvement naturel : il n’y a pas d’apprentissage au doute et pourtant nous doutons souvent et même pour des choses sans importance capitale ! Pourtant si le doute est un mouvement naturel, il peut être aussi utilisé artificiellement.

C’est le cas des enquêteurs par exemple qui remettent en doute même ce qui leur parait cohérent et vrai (le témoignage ou la sincérité d’une personne par exemple) dans l’optique de connaitre ce qu’il s’est réellement passé lors de l’évènement sur lequel ils enquêtent. Dans un tout autre domaine, le philosophe utilise le doute également.

En effet le doute parait-être un moment important dans notre quête de vérité puisque c’est lui qui nous permet de prendre du recul, de rechercher, de connaitre avant d’admettre quelque chose pour vraie. Le doute semble ainsi être le meilleur antidote à la « doxa » ou opinion ; et c’est pourquoi il a accompagné toute l’histoire de la philosophie. Ainsi, si le doute est un mouvement naturel de l’homme, il apparait aussi qu’il est souvent utilisé artificiellement comme un moyen de rechercher la vérité.

PARTIE 2 : POURTANT DOUTE ET VÉRITÉ SEMBLE PARFOIS INCOMPATIBLE ET AINSI CHOISIR L’UN SERAIT RENONCER À L’AUTRE

A. Il s’agit tout d’abord de définir le terme vérité et de comprendre comment y parvenir. Qu’est-ce que la vérité ? Aristote est un Grec du IVème siècle avant Jésus-Christ. Tout l’intéresse : l’astrologie, les animaux, les mathématiques, la physique etc...Et, en fin observateur du monde, il va écrire que la vérité c’est l’adéquation entre l’intelligence et le réel. Autrement dit, je suis dans le vrai quand ce que je dis et ce que je pense correspond à ce qui est, ce qui existe réellement.

Si le projet semble simple, caler son intelligence sur la réalité, il ne l’est pas vraiment. Car le réel ne se laisse pas connaitre de manière évidente. Même si je vois un éclair ou la foudre tomber quelque part, que pour moi cela sera évident que c’est un éclair, en réalité je ne saurai pas forcément expliquer pourquoi il y a un éclair, ce qui le provoque car ce n’est pas évident.

Ainsi il apparait que connaitre réellement, connaitre la vérité de quelque chose, ce qu’elle est, demande à la fois un effort de notre part et du temps pour le faire. De même, connaitre la vérité exige de ne pas être dupe de soi-même. Car je peux projeter sur le réel ce que j’ai envie d’y voir, je peux m’aveugler moi-même.

Et c’est justement parce que la vérité est complexe et demande un effort, parce que je peux également m’aveugler moi-même que le doute peut-être un outil nécessaire pour ne pas tomber dans l’erreur.

B. Mais la démarche des sceptiques va utiliser ce doute non plus comme un outil mais comme une finalité en soi parce qu’il va considérer, non pas que la vérité est difficile d’accès, mais qu’elle complètement inaccessible.

Le scepticisme est un courant de pensée qui nait dans l’antiquité grecque, et qui prendra plusieurs visages au fil de l’histoire de la philosophie. Le scepticisme à ses débuts considère donc que la vérité est inaccessible, l’homme doit alors suspendre son jugement sur toute chose car il ne peut savoir ce qui est vrai.

En effet, il y a tellement d’opinions diverses, disent les Sceptiques qu’il est de toute façon impossible de savoir lesquelles sont vraies et fausses. De même il faudrait pouvoir prouver ce que l’on dit et les preuves qui prouvent ce que l’on dit. On remonte donc à l’infini et cela s’avère impossible.

Il faut donc renoncer à la vérité et admettre qu’il n’y a que du doute. La démarche sceptique implique clairement de renoncer à la vérité.

PARTIE 3 : MAIS RENONCER A LA VÉRITÉ EST UTOPIQUE ET LE DOUTE, AU LIEU D’ÊTRE UN BUT EN SOI, PEUT AU CONTRAIRE ÊTRE UN OUTIL PRÉCIEUX POUR DÉTERMINER CE QUI EST VRAI OU CE QUI EST PROBABLEMENT VRAI.

A. D’un point de vue pratique, concret, l’homme ne peut pas renoncer à la vérité. Plus précisément il est obligé d’admettre certaines choses pour vraies mêmes s’il ne connait pas forcément les raisons qui les explique. Douter du fait qu’une voiture qui arrive à 100km/h sur nous risque de nous tuer, c’est se mettre purement et simplement en danger. Dans la vie concrète, le doute absolu des Sceptiques est impossible à tenir.

Mais on peut aussi leur répondre que si, de fait, la vérité tout entière peut se révéler difficile à connaitre (que contient l’Univers ? Ou comment expliquer certaines maladies et mille autres choses encore incomprises par l’homme) il est toutefois abusif de considérer que l’on ne peut rien connaitre. Si l’homme ne connait pas la vérité tout entière, cela ne veut pas dire pour autant qu’il ne sait rien du tout, dans un aucun domaine. Le doute absolu conduit donc à une impasse dans la vie pratique et contredit le fait que, même si l’homme ne sait pas tout, il ne sait pas rien pour autant.

Il y a plusieurs étapes sur le chemin de la vérité, qui ne se résument pas toutes à l’ignorance : le doute qui est reconnaissance de son ignorance, l’opinion qui est une croyance admise sans être critiquée, la croyance déraisonnable (les éléphants roses existent), la croyance raisonnable (ce qu’il est raisonnable de croire même si je n’ai pas de certitudes absolues : le jour de ma naissance par exemple m’est rapporté par mes parents et des papiers d’état civil.

Mais mes parents pourraient me mentir et les papiers être faux comme c’est déjà arrivé. Pourtant croire que l’on est né tel jour à telle heure est, dans la plupart des cas, une croyance raisonnable : il probablement vrai que je suis né tel jour à telle heure) et enfin la certitude.

B. Le doute apparait donc comme une étape sur le chemin de la vérité et non pas comme un renoncement à celle-ci. Et c’est exactement comme tel que Descartes va l’utiliser. Il va pratiquer un doute « hyperbolique » c’est-à-dire poussé à l’extrême et « méthodique » c’est-à-dire comme un moyen nécessaire pour construire une connaissance vraie et certaine.

La démarche cartésienne vise à obtenir une certitude égale à celle obtenue dans les opérations mathématiques mais dans tous les domaines du savoir. Pourtant Descartes est tout-à-fait conscient du danger que peut représenter ce doute absolu comme du fait que, pour ce qui est des actes que nous posons, nous avons besoin de certitudes. C’est pourquoi il proposera une morale provisoire, destinée à guider l’homme vers le bien agir, dans l’attente d’avoir pu refonder la savoir.

CONCLUSION

BILAN : Le doute, mouvement naturel de l’homme, n’a donc pas laissé l’histoire de la philosophie indifférente et il s’est trouvé considéré soit comme un simple outil soit comme une finalité en soi.

RÉPONSE DEFINITIVE : Mais il apparait cependant qu’il ne peut être considéré comme une finalité en soi et qu’il n’est pas non plus un renoncement à la vérité.

Car, même si la vérité est complexe en elle-même, si elle exige du temps, si elle exige de connaitre le monde et soi-même, elle n’est pas inaccessible à l’homme.

En ce sens le doute n’est pas un renoncement à la vérité mais plutôt un moment nécessaire sur le chemin qui y mène. Il permet de ne pas être dupe de soi ou de ses croyances et c’est précisément pourquoi Descartes le choisit comme point de départ de son projet philosophique.

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