Corrigé de Philosophie (3/3) Bac STMG Pondichéry 2018

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Corrigé de Philosophie (3/3) Bac STMG Pondichéry 2018

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SUJET 3 : « LA CRISE DE LA CULTURE », HANNAH ARENDT

1. Dégager l’idée principale du texte et les étapes du raisonnement

L’idée principale du texte consiste à dire que l’exercice de la vraie liberté individuelle n’est possible qu’au sein d’une société organisée, et donc harmonisée, qui permet justement à chacun d’y participer par sa pensée et ses actions. L’auteur construit son raisonnement de la manière suivante :

  • Un constat de départ : l’auteur commence par expliquer que nous prenons conscience de notre faculté intérieure à poser des choix à travers l’expérimentation concrète que nous pouvons faire de cette faculté. De fait, poser des choix au quotidien, dans la vie pratique, et souvent en interaction avec les autres, permet à l’homme de poser l’existence en lui d’un libre-arbitre, d’une capacité au choix.
  • L’auteur retrace ensuite l’histoire du concept de liberté et explique qu’avant d’être pensée en terme métaphysique, la liberté a d’abord été comprise comme un statut particulier, un état où les hommes pouvaient agir à leur guise et interagir librement avec d’autres. Dans la Grèce antique, ce statut est justement réservé au citoyen, c’est-à-dire celui qui n’est ni un esclave ni un étranger dans la cité.
  • S’ensuit une distinction conceptuelle entre liberté et libération, la seconde permettant la première mais pas toujours de façon systématique.
  • Ce qui permet à l’auteur d’en arriver à sa thèse : la liberté ne peut s’exercer qu’au sein d’une société organisée politiquement.

2. Expliquer

A. « Nous prenons conscience de la liberté ou de son contraire dans notre commerce avec les autres, non dans le commerce avec nous-mêmes ».

En effet très tôt l’enfant prend conscience qu’il y a des limites à sa liberté et qu’elles sont imposées par d’autres que lui-même à savoir ses parents. C’est une première expérience de la liberté, souvent accompagnée de frustration d’ailleurs pour le jeune enfant. Mais l’auteur précise que ce n’est pas dans le commerce avec soi-même que l’on prend conscience de sa liberté. Cette précision est importante car, en effet, on peut être dupe de soi-même, des motivations qui nous font agir. On peut même devenir esclave de ses passions tout en se pensant libre. Et là encore c’est le regard extérieur et objectif d’autrui qui peut nous faire prendre conscience de cela.

B. « Pour être libre, l’homme doit s’être libéré des nécessités de la vie ».

Arendt a distingué intentionnellement dans ce texte liberté et libération. La pleine liberté s’exerce à un autre niveau que celui de la vie matérielle et concrète. Subvenir à ses besoins vitaux tels que boire, manger, dormir ou se vêtir, consiste à survivre. Ce n’est vivre au sens où l’homme est en mesure de faire s’épanouir les facultés qui lui sont propres : la faculté de connaitre, la sociabilité, le besoin de relations harmonieuses avec autrui, la connaissance de soi, la recherche d’un sens à l’existence, l’aspiration au bonheur.

Et ce sont en ces choses que réside la vraie liberté. Or il est vrai qu’avant de se poser la question du sens que l’on veut donner à son existence, il faut savoir que l’on aura de quoi manger et se vêtir pour les jours à venir. C’est pourquoi Arendt dit que l’homme doit se libérer des nécessités de la vie pour exercer vraiment sa liberté.

C. «Être libre(...)demandait un espace public où les rencontrer»

Pour Arendt, la vraie liberté s’exerce au sein de la société. Pas seulement dans l’espace privé, au sein de sa famille ou de son foyer. Il s’agit, pour exercer pleinement sa liberté, de pouvoir interagir avec autrui dans un espace public c’est-à-dire commun. Car l’espace public est à tous sans être spécifiquement à personne. Il est le lieu de rencontre et d’interaction, et c’est en ce sens qu’Arendt dit que cet espace est nécessaire à l’homme pour exercer sa liberté.

3. La liberté suppose-t-elle des échanges avec autrui ?

La liberté est un terme général qui désigne la capacité de se mouvoir par soi-même, de choisir. Elle touche tous les aspects de la vie humaine : physique, civile, intellectuelle, politique... Elle est une faculté inhérente à la nature humaine et l’homme ne pourra pas être heureux sans l’exercer. Aristote dit même que le bonheur réside dans le fait d’exercer librement son talent. Alors que les animaux sont déterminés par leurs instincts, l’homme possède un pouvoir de choix et de décision. Pour Sartre elle est même l’essence de l’homme qui est « condamné à être libre ».

Ce pouvoir, cette liberté se fonde sur la capacité d’intelligence et la capacité de volonté de l’homme. En effet quand je ne sais pas ce qu’implique une chose ou une autre, je ne peux pas choisir librement.

De même quand je n’ai pas les moyens de vouloir (sous la menace par exemple) ou quand ma volonté est « endormie » (coma, ivresse, ...), je ne suis plus pleinement libre. Pour être libre, il faut en avoir les moyens. Un jeune enfant n’est pas aussi libre qu’un adulte car il n’a pas développé toutes ses capacités intellectuelles et morales, et donc certains choix lui échappent.

On peut dire que l’enfant (comme la personne dans le coma ou celle qui doit, par exemple, se soumettre à une dictature) possède la liberté en puissance mais pas en acte. La liberté humaine n’est pas un état, une faculté figée, mais un dynamisme, un devenir, une croissance, une puissance appelée à devenir acte.

Mais cette faculté suppose-t-elle nécessairement des échanges avec autrui ? En effet on pourrait d’abord penser qu’autrui nuit à ma liberté, au sens où je ne peux pas faire forcément tout ce que je veux à cause de lui.

Mais il faut dépasser cette objection pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce que l’homme aspire à vivre en société, il a besoin d’échanger avec les autres pour être heureux. Ensuite parce que la liberté est une puissance qui doit devenir acte. Nous naissons tous avec la capacité d’être libre mais exercer cette capacité nécessite un apprentissage.

Et cet apprentissage est rendu possible par la présence d’autres que nous-mêmes et notamment nos parents et éducateurs. De même, nous l’avons souligné, la liberté est une faculté qui repose sur l’intelligence et sur la volonté. L’intelligence doit être développée, nourrie et amenée à maturité pour que l’homme puisse poser des actes pleinement libres. En ce sens, les échanges avec autrui sont indispensables pour être libre.

Enfin il est évident que, même à l’âge adulte, on peut être dupe de soi-même, s’aveugler sur ses propres motivations ou se rendre esclave d’une passion. Et là encore les échanges avec autrui sont nécessaires. Des échanges d’ordre relationnels bien sûr car c’est dans la relation à autrui qu’il peut me proposer un regard extérieur et objectif sur moi-même, un regard qui me permette de voir ce dont je ne suis pas conscient, ou de m’alerter sur ce que je peux pas ou ne veux pas voir.

Ainsi il est évident que la liberté suppose d’échanger avec autrui. Parce que la relation à autrui est indispensable dans un premier temps pour apprendre à être libre, et parce qu’échanger avec autrui, s’il est bien sûr bien intentionné à mon égard, me permet de continuer à rester libre en me proposant un regard extérieur à moi-même.

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