Corrigé de Philosophie (1/3) Bac STMG 2018

Corrigé de Philosophie (1/3) Bac STMG 2018

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Corrigé de Philosophie (1/3) Bac STMG 2018

Le contenu du document

SUJET 1 : L’expérience peut-elle être trompeuse ?

PRESENTATION DU SUJET

3 pièges à éviter :

1/ Reprendre son cours… ce sujet demande de bien traiter les notions proposées, sans tomber dans la récitation

2/ Répondre tout simplement « oui » ou « non »

3/ Définir « l’expérience » de façon trop restreinte, seulement comme celle de l’ « homme d’expérience », le sujet demande de questionner l’expérience sensible comme source de connaissance, par rapport à la théorie

LES NOTIONS AU PROGRAMME :

Ce sujet, assez classique, porte sur la notion d’ « expérience », au programme de philosophie de terminale STMG. Cette notion appartient plus largement au domaine de « la vérité » qui comprend aussi les notions « raison et croyance ». Le sujet a donc trait à la philosophie de la connaissance, qu’on appelle aussi épistémologie. Le but est de questionner la valeur scientifique de l’expérience, par rapport à la notion clé de vérité. Les repères : absolu/relatif abstrait/concret objectif/subjectif contingent/nécessaire/possible

ANALYSE DU SUJET :

« L’expérience » :

L’expérience est un fait vécu, un certain rapport avec le monde. Cette notion est couramment utilisée dans le sens « avoir de l’expérience », c’est à dire l’instruction acquise par l’usage de la vie. On dit parfois de quelqu’un qu’il est « un homme d’expérience » lorsqu’il a acquis un savoir par la pratique et l’habitude. Plus philosophiquement, l’expérience est une forme de connaissance acquise par la sensibilité. Elle s’oppose par la connaissance innée, acquise par la pure théorie et la raison seule. La connaissance liée à l’expérience implique nécessairement un contact avec le réel. On peut dégager un troisième sens, scientifique. L’expérience ou l’expérimentation est une étape de la connaissance scientifique. C’est une épreuve destinée à vérifier une hypothèse ou à étudier des phénomènes, soit par l’observation de faits naturels, soit par l’observation de faits provoqués et répétés.

« Peut-elle être » :

Faites toujours attention aux verbes employés dans les sujets proposés. Ils ne sont pas anodins et recèlent d’indices pour problématiser le sujet. Ici, on questionne la possibilité, la potentialité que l’expérience soit trompeuse, c’est à dire à quel degré l’expérience peut être, ou non considérée comme une source de connaissance et mener à un véritable savoir.

« Trompeuse » :

ce terme est justement un peu trompeur, il paraît simple, et peu « philosophique », il faut donc l’expliquer et le conceptualiser un peu plus afin d’arriver à une problématique. Ce qui est trompeur fait obstacle à la connaissance, induit des erreurs, relève du domaine de l’opinion, de la croyance. Cela mène à penser que l’expérience n’est pas nécessairement source de certitude, car elle est subjective. Peuton donc se fier à l’expérience sensible ?

PROBLÉMATISATION :

Le grand problème de l’expérience est son rapport à la théorie, à la connaissance liée à la raison seule. La question est ici de savoir si l’expérience peut être féconde cognitivement et scientifiquement parlant, ou si, pour atteindre la vérité, on doit plutôt chercher à s’éloigner de ce rapport sensible vis à vis du réel. On peut proposer la problématique suivante : l’expérience permet-elle la connaissance ?

PLAN DETAILLÉ :

I. L’EXPERIENCE EST SOURCE D’OPINION ET S’OPPOSE A LA CONNAISSANCE

A. L’expérience a trait à la subjectivité, à la sensibilité et s’oppose ainsi à la connaissance objective

B. L’expérience sensible, une forme de savoir « faible »

cf. Platon, La République

L’expérience se situe bas dans la hiérarchie des savoirs, elle est du domaine de l’opinion et ne peut constituer une source de connaissance véritable. On pouvait ici utiliser la philosophie platonicienne, soit l’allégorie de la caverne, soit la ligne épistémologique. L’idée centrale chez Platon est qu’il y a une hiérarchie des savoirs. Il oppose opinion et science, qui correspondent respectivement au monde visible et au monde intelligible. Au plus bas de l’échelle, correspondant au monde sensible on trouve l’illusion, la représentation et croyance. Le domaine de la science est lié à l’intellect, et permettent d’y arriver la pensée discursive et plus encore l’intellection pure, la noésis. Ainsi, selon Platon, l’expérience est trompeuse, source d’illusion, et il faut s’en détacher pour parvenir à la connaissance.

C. Seule la raison est source de connaissance

cf. Descartes, Discours de la Méthode Transition :Cependant, peut-on réellement s’émanciper de l’expérience pour arriver à la connaissance ? Le rapport au réel n’est-il pas indispensable pour comprendre le monde ?

II. TOUTE CONNAISSANCE EST LE FRUIT DE L’EXPERIENCE

A. Les théories seules ne peuvent mener qu’à un savoir abstrait et détaché du monde

Les philosophes empiristes comme Locke et Hume considèrent l’expérience comme absolument nécessaire à la connaissance, ils critiquent l’innéisme et l’idée du rationalisme dogmatique selon lequel les principes naissent à priori dans notre esprit. Pour eux, toute connaissance dérive directement ou indirectement de l’expérience, aussi ils n’attribuent à l’esprit aucune activité propre. Ce sont des stimuli extérieurs qui permettent à l’esprit d’atteindre la connaissance et nos idées ne sont élaborées qu’à rapport de nos impressions sensibles.

cf. Hume, Enquête sur l’entendement humain

B. L’expérience, une étape du savoir

C’est l’expérience des faits qui permet d’atteindre la connaissance, notamment celle de la causalité. Comme l’explique Hume dans l’Enquête sur l’entendement humain, le rapport causal est chronologique, ainsi lorsque nous constatons une corrélation constante, c’est l’accoutumance qui nous fait déduire un rapport de causalité. L’expérience n’est donc pas toujours trompeuse, elle est une étape pour connaître le monde, notamment les phénomènes physiques. Reste qu’elle ne permet pas de déterminer si les phénomènes sont contingents ou nécessaires, et elle n’est pas indispensable à toutes les sciences, puisque les mathématiques, sciences abstraites s’en émancipent.

Transition : L’empirisme pourrait mener, d’une certaine manière, au relativisme, c’est à dire à ce qu’on ne puisse formuler des principes qui valent universellement. Il faudrait donc diriger l’expérience pour qu’elle ne soit pas trompeuse, et permette d’arriver à la connaissance.

III. DIRIGER L’EXPERIENCE POUR ARRIVER A LA CONNAISSANCE

A. Diriger l’expérience par l’entendement

cf. Kant, Critique de la raison pure

Pour Kant, la science est expérimentale et mathématique. L’expérience n’est rien sans la raison qui vient mettre en ordre, mettre en forme le donné sensible. L’expérience est la source de la matière mais il faut la juger avec la raison pour pouvoir atteindre la connaissance. Tout savoir est donc dual, fruit de l’expérience et de l’entendement, et l’expérience, aidée par l’entendement, n’est pas trompeuse. D’un autre côté, Kant critique la raison pure, car pour lui, l’expérience détermine aussi la limite la connaissance. Seulement ce qui peut être expérimenté peut être connu, le reste ne peut être que pensé, est de l’ordre des « Idées ».

B. Diriger l’expérience par l’expérimentation scientifique

cf. Karl Popper, Conjectures et réfutations

Dans le domaine scientifique, l’expérience n’est pas trompeuse mais elle est source de savoir. Elle est réglée selon une méthode et un processus prédéterminé et permet de tester des hypothèses. Comme l’explique Karl Popper, dans Conjectures et réfutations, l’expérience permet de falsifier des théories. L’expérience est donc une épreuve pour mesurer la validité de la connaissance acquise par la raison.

Conclusion

L’expérience ordinaire apparaît comme trompeuse. Mais toutefois, la connaissance ne peut se détacher d’un rapport au monde. Les sens doivent donc être dirigés par l’entendement, comme le fait la science, pour faire de l’expérience un moyen d’accès à la vérité.

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