Corrigé de Philosophie : Sujet 3, Explication de texte - Bac STMG Pondichéry 2016

Corrigé de Philosophie : Sujet 3, Explication de texte - Bac STMG Pondichéry 2016

Consultez gratuitement le corrigé de l'épreuve de Philosophie du Bac STMG de Pondichéry 2016 ! Nous vous proposons une correction du sujet 3, l'explication du texte de Diderot, Réfutation d'Helvétius.

Dans ce corrigé de l'explication de texte de l'épreuve de Philosophie du Bac STMG de Pondichéry 2016, notre professeur vous donne toutes les idées à dégager et les explications nécessaires pour réussir cette épreuve.

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Corrigé de Philosophie : Sujet 3, Explication de texte - Bac STMG Pondichéry 2016

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CORRIGE DU SUJET N° 3 

ETUDE DE TEXTE DE DIDEROT, REFUTATION D'HELVETIUS

Pourquoi l’homme est-il perfectible et pourquoi l’animal ne l'est-il pas ? L’animal ne l’est pas, parce que sa raison, s’il en a une, est dominée par un sens despote qui la subjugue. Toute l’âme du chien est au bout de son nez, et il va toujours flairant.

Toute l’âme de l’aigle est dans son œil, et l’aigle va toujours regardant. Toute l’âme de la taupe est dans son oreille, et elle va toujours écoutant.

Mais il n’en est pas ainsi de l’homme. Il est entre ses sens une telle harmonie qu’aucun ne prédomine assez sur les autres pour donner la loi à son entendement ; c'est son entendement au contraire, ou l’organe de sa raison qui est le plus fort.

C'est un juge qui n'est ni corrompu ni subjugué par aucun des témoins ; il conserve toute son autorité, et il en use pour se perfectionner : il combine toutes sortes d’idées et de sensations, parce qu’il ne sent rien fortement.

DIDEROT, Réfutation d’Helvétius (1786)


DEGAGER L’IDEE PRINCIPALE DE CE TEXTE ET LES ETAPES DE SON ARGUMENTATION

La différence entre l'homme et l'animal se trouve dans la place de l'entendement. L'animal est dominé par ses sens qui laissent peu de place à l'entendement, c'est ce qui explique qu'il n'est pas perfectible. 1) Gouverner par ses sens, l'animal n'a pas la possibilité d'avoir du recul sur les choses et d'améliorer son rapport aux choses. 2) L'homme possède une harmonie de ses sens qui permet d'éviter la domination de l'un d'entre eux. 3) Il peut donc utiliser de sa raison sans être influencé par sa sensation, il est souverain sur son jugement.


EXPLIQUER LES EXPRESSIONS SUIVANTES 

a) L’homme est « perfectible » 

C'est une expression qui est empruntée à Rousseau dans son second discours (contemporain de Diderot). En effet, la perfectibilité est cette qualité selon laquelle l'humain peut s'améliorer au fil du temps, il peut apprendre de son expérience et, en puissance au moins, faire mieux. La perfectibilité est rendue possible par l'usage souverain de l'entendement.


b) « Toute l’âme de l’aigle est dans son œil, et l’aigle va toujours regardant » 

L'aigle est un animal qui possède une vue particulièrement performante. La domination de ce sens fait que toute son activité est guidée par la vue. Son rapport au monde est fixé par la vue, il ne peut donc pas développer de recul sur le monde.


c) « C'est un juge qui n'est ni corrompu ni subjugué par aucun des témoins ».

L'homme est capable d'avoir un recul critique sur les choses, de les analyser et de les comprendre justement parce qu'il n'est pas dominé par sa sensation. Les témoins correspondent aux sens ici, ces derniers ne le subjuguent pas, ce qui veut dire qu'ils ne lui imposent leur pouvoir. Le jugement peut être altéré par la sensation qui est trop immédiate, trop directe et empêche de prendre de la distance. Les sens n'ont pas ce pouvoir chez l'humain.


LA RAISON EST-ELLE INDEPENDANTE DES SENS ?

La question fait référence à la partie consacrée à l'expérience. Dans la logique du texte, elle se demande quelle est la place de la sensibilité par rapport à la raison. Est-ce que la raison a besoin des sens ou est-ce qu'elle peut agir seule ?

C'est le débat entre rationalisme et empirisme qui est soulevée ici. Si l'on radicalise les réponses, et que l'on se dit :


a) La raison est dépendante de la sensation

Cela peut vouloir dire plusieurs choses : elle ne peut pas fonctionner sans la sensation, et elle en est corrompue, transformée autrement dit elle ne parvient pas à de réelles réflexions. Ou alors, le matériau de la raison, ce qui lui donne son objet est la sensation (comme contenu offert par le sens). La raison construit ses raisonnements à partir de l'expérience sensible.


b) La raison est indépendante de la sensation

Au sens radical, cela signifie qu'elle peut fonctionner seule sans la sensation et construire des modèles théoriques qu'elle n'emprunte pas à la réalité sensible. Mais, on peut aussi comprendre qu'elle n'est pas influencée ou conditionnée par la sensation. Ce qui peut vouloir dire qu'elle utilise les sens pour se nourrir mais peut ensuite s'en détacher pour produire une nouvelle connaissance.


Le sujet se demande si la raison est indépendante par rapport aux sens eu égard à son but. Or le but de la raison est de produire des connaissances et des réflexions. Est-ce qu'elle peut le faire sans le monde qui l'entoure ? Est-ce qu'elle peut penser seule à partir de rien ?


Aussi, la problématique est la suivante : La raison peut-elle produire des connaissances qu'elle n'emprunte pas à l'expérience ?


Le débat entre rationaliste et empiriste n'est pas aussi caricatural qu'on le pense et les solutions du le rapport entre sensation et raison sont toujours relativement subtiles.


Descartes (rationaliste)

A la source de la connaissance se trouve des idées innées et l'évidence qui se passe de toute réflexion et qui existent en dehors de toute sensibilité. Il était intéressant d'analyser le morceau de cire des Médiations métaphysiques. La sensation n'est pas une bonne source de connaissance parce qu'elle ne voit pas les qualités essentielles. C'est le jugement qui est capable de redresser ses constats et de dire qu'il s'agit bien de la même cire une fois celle-ci fondue. Dans son expérience de doute hyperbolique, Descartes abandonne le monde de la sensation : les sens sont trompeurs, un malin génie vient me faire croire à un monde qui n'existe pas en fait. La première chose qu'il retrouve, c'est l'existence du moi. Ce fondement de la connaissance se passe totalement de la sensibilité. La base de la raison est donc radicalement indépendante du contenu perceptif. De plus, la reconstitution de la science se fait selon un modèle déductif qui se passe de l'expérience.


Locke (empiriste)

Pour cet auteur, la base de la connaissance est la sensation. La raison peut produire des idées à partir du moment où elle est entrée en contact avec le monde sensible. Les sens ont donc une place essentielle dans le processus de connaissance.

Les idées qui viennent des sens s'appellent les idées de sensation. Les idées qui viennent du mécanisme de l'esprit lui-même sont des idées de réflexion. A la base, il y a la sensibilité mais, ensuite, l'esprit peut composer les idées entre elles et devenir indépendant des sens. Il y a donc une dépendance aux sens à l'origine du processus de connaissance mais l'esprit est capable de s'en émanciper pour parvenir à l'abstraction.


Locke, Essai sur l'entendement humain

« C'est l'observation appliquée soit aux objets sensibles externes, soit aux opérations internes de l'esprit (…) qui fournit à l'entendement tout le matériau de la pensée. »

Voir ci-dessus


Kant (voie alternative : criticisme)

Le philosophe met en évidence les deux insuffisances des positions soit radicalement rationaliste (indépendance parfaite) soit radicalement empiriste (dépendance complète), l'empiriste est conduit au scepticisme car la matière donnée par les sens est instable et imprévisible, la rationaliste est conduite au dogmatisme parce qu'il s'invente des mondes imaginaires qui n'ont plus rien à voir avec celui qui rend possible son expérience.

 

Kant, Critique de la raison pure

« Des expériences sans concept sont aveugles, des concepts sans expérience sont vides. »

Pour Kant, la théorie toute seule manque de matière, elle est nourrie par de la spéculation et des inventions, elle a donc besoin de l'expérience. Et l'expérience toute seule ne veut rien dire ou elle dit tout et n'importe quoi, elle est donc aveugle si elle n'est pas structurée par de la théorie (des concepts plus exactement).


CONCLUSION

La raison peut produire des connaissances sans le secours immédiat de l'expérience mais elle a besoin de l'expérience pour développer sa faculté de connaître. Elle ne doit pas s'en remettre à la matière immédiate de ses sens qui est souvent variable, imprécise et de l'ordre de l'illusion. Sa dépendance doit se limiter à la vérification de l'adéquation entre les théories qu'elle fonde et le monde dans lequel elle évolue. Sa dépendance se limite donc à la nécessité d'une vérification pour éviter de tomber dans le dogmatisme. Elle ne doit pas être dépendante au sens où elle est serait subjuguée (texte de Diderot) et totalement soumise à la perception des sens.

Fin de l'extrait

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