Corrigé de Philosophie : Sujet 2 - Bac STMG Pondichéry 2016

Corrigé de Philosophie : Sujet 2 - Bac STMG Pondichéry 2016

Nous mettons à votre disposition le corrigé du sujet de Philosophie du bac STMG de Pondichéry 2016. Ce document est la correction du sujet 2 : Est-on d'autant plus heureux que l'on est plus cultivé ?

Ce sujet fait écho au chapitre sur « le bonheur » et au chapitre sur « la raison ». Il se demande s'il y a une interdépendance entre le bonheur et la culture, c'est-à-dire si le degré de possession de connaissances va de pair avec l'état de complétude définie par le bonheur (comme forme aboutie du fait d'être heureux). Ce corrigé, rédigé par notre professeur de philosophie, n'est pas un "corrigé type" mais bien un exemple de réponse plausible à ce sujet.

Téléchargez gratuitement ci-dessous le corrigé du sujet 2 de Philosophie du bac STMG 2016 de Pondichéry !

Corrigé de Philosophie : Sujet 2 - Bac STMG Pondichéry 2016

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CORRIGE DU SUJET N° 2 DISSERTATION

EST-ON D’AUTANT PLUS HEUREUX QUE L’ON EST PLUS CULTIVE ?

Ce sujet fait écho au chapitre sur « le bonheur » et au chapitre sur « la raison ». Il se demande s'il y a une interdépendance entre le bonheur et la culture, c'est-à-dire si le degré de possession de connaissances va de pair avec l'état de complétude définie par le bonheur (comme forme aboutie du fait d'être heureux).


Notions à mobiliser : Savoir, complétude, misère, sagesse, plaisir, réflexion, béatitude, jugement, action, théorie, joie, bonheur.


INTRODUCTION

La question est de savoir si « être heureux » est corrélatif (fonctionne en rapport avec) le fait « d'être cultivé ».

Il faut d'abord réduire le champ sémantique du sujet et définir les termes.

Etre heureux : c'est un état qui permet de se sentir bien, être dans la complétude, ne manquer de rien, vivre selon le plaisir. Mais on peut aussi dire qu'être heureux, c'est avoir atteint le bonheur. Il faudra donc construire l'idée de bonheur et voir à quoi cette dernière correspond exactement.

Etre cultivé : être cultivé signifie posséder des savoirs au sens large. Dans la langue française, l'expression « être cultivé » fait référence à l'apprentissage de contenus. On n'utiliserait pas cette expression pour définir quelqu'un qui participe à une culture. On peut donc écarter l'idée qu'être cultivé signifie participer à une culture particulière, même si cette dimension est intéressante pour la question du bonheur. En revanche, rien ne nous interdit de penser la culture en rupture avec la nature et d'évaluer la possibilité du bonheur dans un état naturel où les connaissances sont rudimentaires.


On peut commencer par une expression populaire : on parle d'un « imbécile heureux ». Et c'est vrai que les connaissances permettent de se rendre compte de ce qui ne va pas, des difficultés et, plus radicalement, de la condition humaine. Les connaissances permettent une distance réflexive et, en cela, elles peuvent rendre malheureux. Celui qui ne sait pas, ne se rend pas compte des choses. Mais est-ce une définition convaincante du fait d'être heureux, être heureux ne serait-il pas atteindre le bonheur (en ce sens, d'atteindre un état qui correspond à autre chose que le simple plaisir éphémère) ?

Nous prendrons bonheur comme être le plus heureux possible.


PROBLEMATIQUE

Se rendre compte des choses et pouvoir les juger, est-ce un gage de bonheur ?


LA CONSCIENCE DE NOTRE DESTINATION PEUT NOUS RENDRE MALHEUREUX

Il faut faire référence ici à l'expérience commune : les savants ont tendance à se rendre la vie compliquée alors que certains ignorants semblent trouver les choses simples et agréables. Lorsqu'on réfléchit, on est amené à comprendre ses propres limites et cette expérience est d'abord douloureuse. Etre cultivé demande un effort et tout effort est coûteux. Il semblerait donc que choisir des occupations qui ne font qu'appel au plaisir serait plus sûr pour être heureux (au sens de se sentir bien).


Pascal décrit ce processus dans les Pensées : la misère de l'homme se situe dans sa capacité à posséder des connaissances sur sa propre destination. Plus il apprend, plus il se rend compte qu'il est misérable : il se rend compte qu'il est mortel, que ses savoirs sont partiels, que son existence est une perpétuelle diversion de l'essentiel. Mais c'est en même temps ce qui fait qu'il est grand. Mais cette grandeur n'a pas d'incidence positif sur le bonheur même si l'augmentation des connaissances permet de rendre la vie plus simple. L'accumulation des connaissances est une forme de divertissement selon l'auteur.


Pascal, Pensées

« Sans le divertissement, il n'y a pas de joie, avec le divertissement, il n'y a pas de peine » Pensée 126

Pour oublier la condition humaine, les humains s'agitent. Cette ruse leur permet d'éviter de souffrir mais ce n'est pas ce qui leur permet d'atteindre une joie authentique.


En fait, pour ce philosophe le vrai bonheur, c'est-à-dire être heureux au sens fort est justement la capacité à sortir du plaisir offert par les agitations et à considérer la vocation de l'existence terrestre : se vouer à Dieu. Le bonheur démarre donc au moment de l'abêtissement, c'est ce moment où l'on abandonne sa raison pour entrer dans la croyance.


Rousseau dans le Discours sur l'origine et les fondements des inégalités parmi les hommes imagine un état de nature où les humains sont parfaitement heureux, c'est la culture qui va faire se corrompre la bonté naturelle dans laquelle ils se trouvent. Mais en même temps, ce n'est pas vraiment la culture comme savoir mais plutôt les mauvaises raisons pour lesquelles il choisit de se mettre en société (assurer la propriété).


MAIS CE MALHEUR PEUT ETRE DEPASSE PAR UNE JUSTE CONSIDERATION DES CHOSES

Certes être cultivé, c'est d'abord et fondamentalement faire l'expérience de sa condition d'existence. Mais la dynamique de connaissance permet de dépasser ce premier constat. En effet, chercher à obtenir plus de connaissances est un gage d'une meilleure clairvoyance et savoir ce qui nous convient.  

Se cultiver, s'est d'abord se connaître soi-même, comprendre le principe de son fonctionnement en tant qu'humain. C'est l'idée de Platon lorsqu'il reprend l'oracle de Delphes.


"N'est-il pas évident, cher Xénophon, dit Socrate, que les hommes ne sont jamais plus heureux que lorsqu'ils se connaissent eux-mêmes, ni plus malheureux que lorsqu'ils se connaissent, sont instruits de ce qui leur convient et distinguent les choses dont ils sont capables ou non. Ils se bornent à parler de ce qu'ils savent, cherchent à acquérir ce qui leur manque et s'abstiennent complètement de ce qui est au-dessus de leurs capacités ; ils évitent ainsi les erreurs et les fautes. »


Descartes va même plus loin, l'augmentation des connaissances favorise un bon jugement et bien juger permet de bien faire. Bien faire = atteindre le bonheur


Descartes, Discours de la méthode

« Notre volonté ne se portant à suivre ni à fuir aucune chose, que selon que notre entendement la lui représente comme bonne ou mauvaise, il suffit de bien juger pour bien faire, et de juger le mieux que l'on puisse, pour faire aussi tout de son mieux, c'est-à-dire pour acquérir toutes les vertus. »

Et l'acquisition de toutes les vertus pour Descartes = le bonheur


LE BONHEUR NE DEPEND PAS QUE DE LA CONNAISSANCE MAIS CETTE DERNIERE EST UNE CONDITION NECESSAIRE POUR L'ATTEINDRE

On ne peut pas être vraiment heureux si l'on s'en tient à ressentir du plaisir dans les choses que l'on expérimente. Ce bonheur là est précaire, si les choses changent le plaisir peut se transformer en malheur. Il faut, pour être authentiquement heureux, être capable de réagir à la fortune (le hasard) et avoir des armes pour choisir les bonnes actions.


Pour Aristote, le bonheur authentique est distribué en deux pôles : d'une part, la nature de la personne, son inclination propre (si elle est disposée à être sage ou non) sur laquelle, effectivement l'accroissement des connaissances n'a pas beaucoup de pouvoir et d'autre part, la capacité à expérimenter des actions et à déterminer un moyen-terme grâce à une bonne délibération.

On peut être très savant et peu sage. Il faut donc que la connaissance soit au service de la réflexion et du jugement et qu'elle s'accorde avec une bonne nature.

Aristote, Ethique à Nicomaque


CONCLUSION

La culture définit la possibilité de la réflexion et réfléchir sur le monde peut entraîner des désagréments car la prise de conscience n'est pas toujours agréable. En ce sens, elle n'assure pas toujours le confort des plaisirs innocents. Mais être authentiquement heureux demande de dépasser l'expérience première et d'atteindre le bonheur. La condition pour être heureux au sens fort est d'être capable de prendre les bonnes décisions. Pour ce faire, il faut augmenter toujours ses connaissances. C'est donc une dynamique, la quête du bonheur va de pair avec la quête du savoir. Ce dernier n'est pas une condition suffisante (il faut aussi avoir un bon caractère) mais c'est une condition nécessaire pour atteindre le bonheur, la forme la plus stable du « être heureux ».

Fin de l'extrait

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