Corrigé de Philosophie : Sujet 1 - Bac STMG Pondichéry 2016

Corrigé de Philosophie : Sujet 1 - Bac STMG Pondichéry 2016

Découvrez le corrigé de Philosophie du Bac STMG de Pondichéry 2016 ! Notre professeur a rédigé pour vous la correction du sujet 1 : Tous les échanges sont-ils profitables ?

C'est le chapitre sur les échanges qui était à connaître pour cette épreuve de Philosophie. La correction de ce sujet par notre professeur n'est pas un "corrigé type" mais bien un exemple de réponse possible et valable.

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Corrigé de Philosophie : Sujet 1 - Bac STMG Pondichéry 2016

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CORRIGE DU SUJET N° 1 DISSERTATION

TOUS LES ECHANGES SONT-ILS PROFITABLES ?

Ce sujet fait référence au chapitre sur « les échanges », il se demande ce qu'on peut retirer des échanges et si l'échange en lui-même est synonyme de gain. Il faudra donc se demander quelle est la nature de l'échange lui-même (qu'est-ce qu'un échange) et quelle est la nature de ce qui est échangé pour savoir s'il y a, à coup sûr, un gain. La question est aussi de savoir pour qui ils sont profitables et si les échanges qui ne profitent qu'à une partie peuvent être réellement profitables.


INTRODUCTION

Echanges = Rapport avec autrui, être en lien, partager des choses, donner quelque chose et recevoir autre chose en retour.

Types d'échange = on pense tout de suite à l'échange économique mais il existe deux autres types d'échange dans une société : échange symbolique qui définit les échanges de valeurs, de traditions, d'affection... et les échanges de parenté qui désigne les échanges au niveau des mariages (exogamie : on va se marier en dehors du groupe, et d'autres personnes intègrent notre groupe)


Profitables : Qui rapporte quelque chose, qui permet de faire un gain. Ce gain peut être pécuniaire mais aussi un gain en bien être, en paix, en amitié... Ne serait pas profitable ce qui apporterait plus de perte que de gain.


Il faut donc se demander quelle est la nature des échanges et si parmi ces différents échanges on en retire toujours un gain supérieur à une perte. S'ils ne sont pas profitables alors soit ils peuvent faire perdre quelque chose, soit ils n'apportent rien de plus ou rien de moins.


PROBLEMATIQUE

L'échange est-il toujours synonyme de gain pour toutes les parties ? Y a-t-il des échanges inéquitables ?


En effet, si l'on dit que l'échange est profitable, il l'est entièrement et pour toutes les parties. Sinon, on serait contraint de dire : d'un certain point de vue il est profitable, de l'autre, il ne l'est pas. Aussi, profitable signifie à la fois qu'il y a un gain mais que ce gain est équitable et juste. Partant de ce présupposé, on peut interroger la nature même de l'échange et faire évoluer sa définition :


L'ECHANGE EST PAR NATURE PROFITABLE : LE LIEN QU'IL CREE PERMET DE PACIFIER LES RELATIONS

Le commerce structure les relations entre les différents pays. Si l'on considère l'échange du point de vue simplement économique, on peut remarquer que ce dernier a favorisé le dialogue entre les différents pays car il y a des enjeux de gain de toute part. Dans tous les cas, l'ensemble de ces échanges sont profitables en ce sens où ils sont favorables à l'institution d'une paix durable.


Kant, Vers la paix perpétuelle

« C'est l'esprit de commerce, qui est incompatible avec la guerre, et qui s'empare tôt ou tard de chaque peuple. Car comme parmi tous les pouvoirs (moyens) subordonnés au pouvoir de l'État, le pouvoir de l'argent semble devoir être le plus sûr, les États (dont la moralité n'est certes pas précisément le mobile) se voient poussés à promouvoir la noble paix, et partout où la guerre menace d'éclater dans le monde, de la repousser par des médiations, comme s'ils étaient en état d'alliance permanente à cette fin. »


Cette analyse doit être étendue à l'ensemble des échanges, et notamment à une forme d'échange qui n'en serait pas une en apparence : le don. Le don appelle nécessairement à un contre-don (et donc à un échange) et il est le gage d'un bon fonctionnement social.


L'échange est le ciment de la société, c'est ce qui fait que les humains ne vivent pas isolés les uns des autres. Cette entrée en relation avec l'altérité peut se caractériser par la forme du don.


Mauss, Essai sur le don

Toutes les sociétés sont structurées autour du don et du contre-don. Un don n'est jamais gratuit, il attend une réponse en retour. Ce système d'échange fait intervenir des dons matériels mais aussi des dons symboliques (des politesses, des rites...). Un don sans contre-don serait de la charité et tuerait le rapport d'échange. La période qui court entre le don et le contre-don est une période de pacification des rapports.


MAIS L’ECHANGE N’EST REELLEMENT PROFITABLE QUE S'IL NE VERSE PAS DANS L'EXCES

Les échanges économiques ne sont pas toujours profitables. Il est naïf de penser que l'échange en lui-même ne produit que le gain (y compris dans le système symbolique du don), un échange peut aussi générer de la perte. Il faut donc faire le calcul entre les gains et les pertes pour savoir s'il est vraiment profitable.

L'excès dans l'échange est nuisible à l'échange. Si l'on échange pour acquérir toujours plus et accumuler ses acquisitions, ce qui a été gagné pendant l'échange sera perdu ensuite. Les échanges doivent donc être raisonnables et son unique but ne doit pas devenir la quête d'argent ou alors il perd toute sa fonction de ciment social et peut même devenir le prétexte pour abuser d'autrui, s'en servir ou l'exploiter.


Aristote, Les politiques

Il y a des échanges qui ne sont pas profitables, ce sont les échanges qui relèvent d'une dynamique d'acquisition excessive. Aristote l'appelle la mauvaise chrématistique. Cette dernière est celle qui caractérise le capitalisme et le grand commerce. Aristote approuve l'échange et pense qu'il est profitable s'il se limite aux petits négoces. L'introduction de la monnaie est le premier vice puisqu'elle est à présent recherchée pour elle-même, ce qui fait perdre sa valeur à l'échange lui-même.


TRANSITION

Les échanges économiques ne sont pas toujours profitables, lorsqu'ils versent dans l'excès et n'ont plus d'autre fin que l'argent, ils fragilisent les relations sociales et entraînent le conflit. Mais c'est sans doute ce qui détermine l'ensemble des échanges : un échange sera d'autant plus profitable qu'il sera profitable pour tout le monde, c'est-à-dire équitable.


L'ECHANGE EST PROFITABLE S'IL EST EQUITABLE

La société est caractérisée par des inégalités qui sont difficiles à résorber. L'échange permet d'entrer en contact avec l'autre, d'organiser les rapports de travail (un salaire contre la force de travail), de distribuer les honneurs et les richesses. Les échanges ne peuvent être profitables, à coup sûr, que s'ils se réalisent dans une société qui organise une certaine équitabilité. En effet, si, dès le départ, l'échange est biaisé, il ne profitera pas à tout le monde.


Rawls définit les conditions pour qu'un échange soit équitable. En effet, dans une société il doit y avoir une juste distribution des biens et des honneurs. Dans une société juste, cette dernière est à l'avantage de chacun, ce qui signifie que les échanges y sont nécessairement profitables.


Rawls, Théorie de la justice

Le philosophe tente de mettre en place une théorie de la justice comme équité. Pour cela, il fait émerger deux principes fondamentaux qui doivent réussir à faire coexister à la fois un esprit de liberté important mais aussi la possibilité pour chacun d'accéder à des places sociales variées quel que soit le milieu social d'où il provient. Ces deux principes sont les suivants : tout d'abord, il faut favoriser un maximum de libertés compatibles avec les libertés d'autrui. Ensuite, on ne peut pas éradiquer les inégalités sociales mais on peut faire en sorte de les organiser de manière équitable :  elles doivent être à l'avantage de chacun (le moins bien placé socialement est dans une meilleure situation que dans tout autre système possible) et les positions sociales doivent être ouvertes ( je peux changer de milieu social).


CONCLUSION

Un échange profitable est un échange juste. Si certains échanges semblent injustes c'est parce que ce sont des abus déguisés. Le véritable échange est un échange équitable qui distribue de manière réglée les choses reçues. Soit l'on peut dire que les échanges ne sont pas toujours profitables parce qu'ils relèvent de l'excès et sont dépourvus d'équité, soit l'on peut conclure en réaffirmant l'idée selon laquelle un échange, dans sa définition propre, implique quelque chose de profitable pour les deux parties ou alors ce n'est qu'un transfert de marchandises, de compétences, de traditions et non un échange au sens fort du terme. Pour créer de vrais échanges, il faut que les conditions socio-politiques garantes de la justice sociale soient réunies.

Fin de l'extrait

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