Correction Philosophie (sujet 1) Bac STMG Pondichéry 2017

Correction Philosophie (sujet 1) Bac STMG Pondichéry 2017

Voici la correction de Philosophie du Bac STMG Pondichéry 2017 !

Le sujet 1 de l'épreuve de Philosophie du Bac Pondichéry 2017 STMG portait sur : Y a-t-il des techniques pour être heureux ?

Téléchargez gratuitement cette correction du sujet 1, et retrouvez aussi le sujet de Philosophie STMG Pondichéry 2017, le corrigé du sujet 2 et le corrigé de l'explication de texte.

Correction Philosophie (sujet 1) Bac STMG Pondichéry 2017

Le contenu du document

 

Sujet n° 1 : Y a-t-il des techniques pour être heureux ?

Notion en jeu : le bonheur.

 

 

AVANT-PROPOS

 

Il est avant tout primordial de comprendre que ces éléments de corrigé ne constituent en aucun cas un “corrigé type”, mais seulement des exemples de traitement possible de ce sujet de dissertation. 

En philosophie la démarche de pensée individuelle et la logique de l’argumentation est ce qui rendra un travail bon le jour de l’épreuve. 

Il n’y a pas un plan possible mais plusieurs. Ce corrigé se veut donc avant tout une explication du sujet et de ses attentes, et non un corrigé type comme on pourrait en trouver en sciences dures : mathématiques…

 

PRESENTATION DU SUJET 

 

Ce sujet, « Y a-t-il des techniques pour être heureux », a trait à une notion classique du programme de terminale techno, le bonheur, faisant partie du grand domaine ‟La liberté”, il s’agit donc d’un intitulé à portée existentielle, c’est-à-dire qui concerne notre manière d’être au monde, les enjeux de notre vie d’homme, ici spécifiquement un des buts de notre existence : le bonheur.

Or, puisque le bonheur est une quête, un idéal recherché par tous (qui ne voudrait pas être heureux ?), il convient de se demander s’il y a un mode d’emploi, donc des techniques, pour atteindre ce dernier. Mais attention, car le mot “technique” n’est pas aussi simple qu’il y paraît, il renferme une grande rigueur, tout un protocole de règles à suivre. Le bonheur dépendrait-il donc de règles ? Serait-il alors le même pour tous ? Qu’est-ce que le bonheur s’il est issu d’un mode d’emploi ?

 

ANALYSE DU SUJET 

 

Ce travail d’analyse correspond à ce que vous devez faire au brouillon pour vous approprier le sujet dans toute sa dimension. Ce travail est absolument indispensable pour vous permettre de cibler le sujet et de ne pas faire de hors-sujet.

 

DEFINITION DES TERMES.

 

• y a t-il : ce verbe est synonyme d’existence, d’exister. Se poser la question “Y a-t-il des techniques pour être heureux ?” revient à se demander s’il existe des techniques au bonheur, donc si c’est à la fois envisageable et possible de penser le bonheur sous ces termes ou si cela ne tient pas de l’illusion.

 

• des techniques : ce mot recouvre un ensemble de règles à appliquer pour parvenir à un résultat visé. Il y a des techniques pour réviser, des techniques pour bien disserter... mais y a-t-il des techniques pour cette chose aussi immatérielle voire évanescente que le bonheur ?

 

• pour : ce petit mot marque la finalité, et serait ici synonyme d’ “afin”, d’ “en vue”.

 

• être heureux : la notion qui se cache derrière l’adjectif “heureux” est bien sûr le bonheur. Et le bonheur se définit comme un état de satisfaction continue, une sorte de plénitude et de béatitude durable, ce qui va à l’encontre avec le monde si changeant et les aléas que nous impose notre vie. Comment donc être heureux dans ces conditions ? Faut-il adopter une attitude précise, et donc mettre en place des techniques particulières ? 

 

MISE EN TENSION DU SUJET ET PROBLEMATISATION

 

Mettre en tension le sujet, c’est trouver deux réponses qui font faire un grand écart au sujet, qui le tirent dans un sens et dans l’autre comme on peut étirer un élastique vers deux extrémités. Sans mettre en tension le sujet, on ne peut pas le problématiser, c’est-à-dire voir le problème sous-jacent au sujet, le problème que pose la question même du sujet. Et si on ne voit pas ce problème, on se contente de répondre à la question posée, ou de reformuler le sujet, mais sans le problématiser. Alors on ne répond pas aux attentes de la dissertation de philosophie, qui suppose une aptitude à problématiser.

 

Pour mettre en tension le sujet, on va proposer deux réponses a priori opposées, l’une évidente, qui nous vient à l’esprit le plus spontanément, l’autre qui vient la réfuter ou en montrer les limites.

 

- Sujet : y a-t-il des techniques pour être heureux ? 

 

- Réponse évidente : il ne semble pas, à première vue, qu’il existe des techniques pour être heureux, tant le bonheur semble incompatible avec l’idée de règles ou de protocole à respecter, pour la simple raison que le bonheur a trait en grande partie au hasard et ne dépend pas de moi et de ce que je mets en place pour être heureux. Il peut m’arriver des tas de choses horribles dans la vie qui défont d’un coup du sort tout ce que j’aurais bien pu mettre en place pour être heureux.

 

- Réponse opposée qui réfute la première réponse ou en montre les limites  : pourtant, une certaine orientation de la volonté ne permet-elle pas de mieux résister aux aléas de la vie et de ne pas s’effondrer quoiqu’il arrive ? Est-ce pour autant, là, un ensemble de techniques pour accéder au bonheur, ou simplement un art de vivre pour vivre du mieux que nous le pouvons dans une vie contingente et difficile ?

La tension est ici sensible : soit il y a des techniques pour être heureux, et dans ce cas le bonheur serait facile d’accès et descendrait de son piédestal d’idéal inaccessible, soit il n’y a pas de techniques pour être heureux et on abandonne le bonheur au hasard, à la fortune d’une vie meilleure que d’autres. Ou alors il y a une troisième voie permettant de nuancer le tout : ni une technique en bonne et due forme, ni un bonheur totalement hasardeux, mais peut-être un art de vivre, plus souple, et laissant au bonheur sa part de spontanéité et de fragilité aussi.

 

Cela amène alors la problématique : s’il y a des techniques pour être heureux, le bonheur n’est-il pas accessible à tous ? Mais alors pourquoi tout le monde n’est pas heureux et pourquoi ce sentiment semble si difficile d’accès, s’il relève d’un apprentissage calculé et sûr ? Penser des techniques du bonheur, n’est-ce pas totalement illusoire ?

 

PROPOSITION DE PLAN

 

Non, il ne semble pas qu’il puisse exister des techniques du bonheur, puisque par définition ce dernier semble contingent et hasardeux.

 

1. Le bonheur, à la bonne heure, le hasard avant toute chose.

 

Par définition, et on le retrouve dans tout dictionnaire digne de ce nom, le bonheur signifie à la bonne heure et englobe en son sein un caractère contingent et hasardeux. Autrement dit, il ne dépend absolument pas de moi d’être heureux, je ne peux choisir, comme je choisis ce que je mange ou ma façon de m’habiller, d’être heureux. Si le bonheur est hasardeux, c’est qu’il dépend des circonstances, or les circonstances me dépassent et je ne peux influer sur ces dernières, elles sont contingentes elles aussi et dépendent de quelque chose de bien plus grand que moi : l’ordre du monde, notamment. La mort de mes proches, les accidents de la vie, en sont un excellent exemple, et constituent là des antidotes au bonheur. Quelles techniques pourraient bien nous empêcher d’être malheureux face à de tels phénomènes ? À moins de devenir complètement insensibles, cela semble impossible. Cf. le film Equilibrium, où les gens prennent des pilules pour éviter d’être malheureux, pour ne ressentir aucune émotion. Mais sans émotion, il est également impossible de ressentir le bonheur...

 

2. Des techniques durables ne semblent pas possibles non plus.

 

Pascal (Pensées) et Schopenhauer (Le monde comme volonté et représentation) parlent du divertissement pour lutter contre l’ennui et l’effroi d’une vie mortelle, mais le divertissement ne dure qu’un temps et n’est finalement qu’un cache-misère, et lorsque nous revenons à la réalité, elle est d’autant plus dure à accepter. Freud quant à lui (L’avenir d’une illusion) évoque l’usage de narcotiques et psychotropes, qui permettent durant un temps d’atteindre un sentiment d’euphorie, mais là encore, ce remède n’est pas durable, il ne tient qu’un temps et le retour à la réalité se fait d’autant plus difficile. Alors non, quelles qu’elles soient, les techniques pour être heureux ne semblent pas possibles et paraissent même contraires à la définition du bonheur.

 

Changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde, la question de l’orientation de la volonté comme potentiel moyen d’accéder au bonheur ?

 

1. L’optimisme, le stoïcisme, des attitudes de vie

 

Voir le verre plutôt plein que vide, voir la vie en couleurs plutôt qu’en gris, considérer le positif plutôt que le négatif... N’est-ce pas là une attitude qui change la donne radicalement quant à notre manière d’appréhender le monde et de réagir aux aléas de l’existence ? L’optimiste n’a-t-il pas plus de chances d’être heureux que celui qui voit toujours tout en noir, ou que l’éternel insatisfait ? Que penser également de la figure du stoïcien, qui, quoiqu’il arrive, reste droit et s’efforce de lutter contre ses émotions négatives, à l’image du roc imperturbable de Marc Aurèle, qui s’efforce de résister aux frappes destructrices et perpétuelles des vagues à son encontre ? Lisons donc Marc Aurèle : « Sois semblable à un roc contre lequel les vagues se brisent sans répit : il reste debout et autour de lui viennent mourir les bouillonnements des flots. Comme je suis malheureux de subir ce malheur ! Mais non ! Au contraire : comme je suis heureux, ayant subi ce malheur de résister à la peine sans être brisé par le présent, ni effrayé par l’avenir ». Ce que nous dit le stoïcisme, c’est que relativiser les événements, tenir bon malgré les coups de la vie, cela permet de ne pas considérer le malheur comme inévitable, et cela permet d’ouvrir une voie d’accès au bonheur, malgré les aléas. Ainsi Marc Aurèle conclut-il : « pourquoi serait-il un malheur plutôt qu’un bonheur, puisque nous l’avons supporté ? ».

 

2. Tout est question de volonté.

 

Ainsi donc, il semble bien que si nous ne maîtrisons pas le cours de la vie et tous ses aléas, nous pouvons néanmoins faire un travail quant à l’orientation de notre volonté, afin, comme le disait Descartes dans le Discours de la méthode, de changer ses désirs puisque le cours du monde lui n’est pas changeable. En orientant différemment notre volonté, force est de constater que les événements ne nous impactent pas de la même manière. « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts », clamait à cet égard Nietzsche. Une technique pour être heureux se trouverait alors là, dans une résolution ferme de notre esprit, dans une certaine acceptation du monde et de notre destinée, quelle qu’elle soit (l’Amor fati des Stoïciens), qui mène à l’ataraxie, la paix de l’âme.

Tout comme Epicure, avec son tetrapharmakon, son quadruple remède pour éviter d’être malheureux, le stoïcisme et l’optimisme sont de véritables méthodes pour accéder au bonheur, ou tout du moins pour faire en sorte que l’âme ne soit pas en proie au malheur.

Mais éviter le malheur, est-ce vraiment une technique pour être heureux ? Suffit-il de ne pas être malheureux, d’être en paix intérieure, pour nager dans le bonheur ? Et puis cette technique en est-elle vraiment une, ou n’est-ce pas plutôt un art de vivre au sens large ?

 

Dire non au Bonheur avec un grand b, se résoudre à abaisser notre idéal de bonheur, sans pour autant se résigner.

 

1. Le bonheur, un éternel inaccessible, nécessité d’une redéfinition…

 

Freud, Malaise dans la civilisation, dénonce le bonheur avec un grand B et explique que l’homme, de par sa constitution, ne peut y accéder. Toujours l’homme en effet se trouvera confronté à des troubles ou divers obstacles mettant en péril son idéal de satisfaction continue. L’homme ne peut pas être heureux dans ces conditions, parce qu’il vit une vie soumise à l’empirique qu’il ne choisit pas et aux aléas. A moins de vivre seul comme un ermite et de se détacher de tout, l’homme n’atteindra jamais le bonheur. Cf. Kant, qui dit que le bonheur n’est pas une réalité, mais seulement un idéal de l’imagination à jamais inatteignable. Le bonheur à tout prix nous voue à la déception, et au désastre, pour reprendre un mot de Nietzsche (Ainsi parlait Zarathoustra). Pourquoi un but aussi ambitieux pour notre existence, et finalement aussi pernicieux ? Pourquoi vouloir le bonheur avec un grand B, quand son côté si parfait le rend inaccessible et nous voue à l’échec, et donc, finalement, au malheur ? N’est-il pas nécessaire, du coup, de redéfinir nos idéaux à la baisse pour se donner les moyens de les atteindre ? Ne serait-ce pas là une technique fondamentale, et la seule de valable, finalement, pour être heureux ?

 

2. Le bonheur simplifié, le bonheur avec un petit b.

 

Finalement, pourquoi ne pas redéfinir à la baisse mais avec humilité nos objectifs, et faire du bonheur tout simple, avec un petit b, le but de notre existence ? Et c’est bien ce que proposait la formule du bonheur comme évitement du malheur des stoïciens, la paix de l’âme et la résistance aux passions que prône le sage imperturbable. Cf. aussi le seul bonheur possible évoqué par Freud, un ensemble de déceptions et de satisfactions, et pas plus, car plus, ce n’est pas un but atteignable, mais un idéal impossible et à effet vicieux : ne pas l’atteindre nous voue au malheur. Redéfinition donc du bonheur pour qu’il soit à la fois tenable et accessible : le bonheur oui, mais pas à n’importe quel prix, pas avec un grand B qui le plonge dans l’illusion et nous voue au malheur de ne pas y parvenir, le bonheur avec un petit b, plus humain, qui rend compte de la vie avec ses hauts et ses bas. Mais là encore, le mot “technique” pour définir une telle attitude semble exagérée au sens où il ne s’agit toujours pas de la mise en place d’un protocole précis avec un ensemble de règles à respecter... mais simplement d’un art de se faciliter la vie en ayant pour seule règle d’action, comme guide de tous les jours, le bon sens.

Or le bon sens serait plutôt de l’ordre là encore de la ruse, d’un art de vivre, que d’une technique au sens strict du terme. On voit donc que l’idée même d’une technique pour le bonheur est contradictoire : le bonheur doit venir de soi, être au moins un peu libre et spontané. Pas de technique, donc, pour les choses ayant trait à la liberté humaine.

Fin de l'extrait

Vous devez être connecté pour pouvoir lire la suite

Télécharger ce document gratuitement

Donne ton avis !

Rédige ton avis

Votre commentaire est en attente de validation. Il s'affichera dès qu'un membre de Bac STMG le validera.
Attention, les commentaires doivent avoir un minimum de 50 caractères !
Vous devez donner une note pour valider votre avis.

Nos infos récentes du Bac STMG

Communauté au top !

Vous devez être membre de digiSchool bac STMG

Pas encore inscrit ?

Ou identifiez-vous :

Mot de passe oublié ?