Correction Explication de texte - Philosophie Bac STMG 2017

Correction Explication de texte - Philosophie Bac STMG 2017

Notre professeur a rédigé ce corrigé de l'explication de texte de Philosophie du Bac STMG 2017, aussi valable pour les autres séries technologiques du Bac 2017.
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Notre professeur de Philo vous propose son corrigé pour l'explication de texte. Ce n'est pas un corrigé type, il montre simplement comment repérer les grands moments argumentatifs du texte proposé pour en saisir l'enjeu.

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EXPLICATION DE TEXTE

THESE

Ce qui différencie fondamentalement l’homme de l’animal c’est d’une part sa capacité de progrès et d’autre part le fait qu’il vit en société (ce que Durkheim appelle le « fait social »), on peut résumer les deux idées puisqu’elles sont interdépendantes : le progrès au sein de la société et grâce à elle. 

On a un petit indice avec le titre de l’ouvrage : le texte parle d’éducation, de transmission de génération en génération, de tradition et de culture. L’objet de la sociologie c’est la société, ses structures et son fonctionnement donc cette notion est au cœur du texte de Durkheim


PLAN

On peut distinguer trois moments dans l’argumentation en s’aidant des thèmes, du champ lexical et des connecteurs logiques. 

- « On voit à quoi » … « l’activité de chacun » : C’est le fait de vivre en société qui distingue l’homme de l’animal, ce que Durkheim appelle « le fait social ». L’homme ne vit pas en autarcie, il est toujours déjà lié à un contexte social, c’est son milieu naturel.

- « C’est ensuite »… « à la tradition orale, etc » : le fait de la transmission de génération en génération, le rapport de l’homme à l’histoire alors que les animaux n’ont pas d’histoire. 

- « Le sol de la nature »… « par la société » : la logique du progrès -> accumulation et infini; le rapport du progrès à la société. 


PROBLEMATIQUE / ENJEU

Le progrès semble indissociable chez Durkheim de la société mais est-elle un facteur de progrès ? 


1ER ARGUMENT

- Dans cette première partie du texte, Durkheim va à l’encontre d’un préjugé évolutionniste commun d’inspiration darwinienne consistant à placer l’homme au sommet de la hiérarchie des êtres vivants du fait d’une supériorité naturelle. Il s’inscrit dans le débat portant sur la différence anthropologique, c’est-à-dire ce qui constitue la spécificité de l’homme. 


- A cette question Durkheim répond : la société. Les animaux eux, même s’ils vivent en troupeaux parfois, ou bien en meute, ne constituent pas une société. Une société est une communauté d’individus organisée, régie par des lois, dotée d’un ordre politique. 


- Durkheim conçoit d’une part la société comme un fait indissociable de la nature humaine même si elle est culturellement produite, et comme un processus qu’il appelle « socialisation », on verra ça davantage dans la deuxième partie mais ce processus désigne la transmission des valeurs et des normes pour un individu. Elle est liée à la vie individuelle qui est toujours une vie en société. 


- Il n’est pas « réduit au seul fruit de ses efforts » parce qu’il n’est pas autosuffisant, il ne vit pas de façon autarcique, il a besoin de « coopérer » avec ses « semblables », il a besoin des autres individus pour vivre. Il y a un besoin naturel de société. Par ailleurs, la coopération, l’organisation commune du travail et le partage des fruits de ce travail est un facteur d’efficacité. Les hommes s’alimentent mutuellement, travaillent mieux et plus vite. 


- Il fait de l’évolution un processus de développement avec plusieurs stades, les animaux en sont à un stade inférieur par rapport aux hommes. Il s’agit d’un « rang » dans l’échelle des espèces.


2EME ARGUMENT

- Le « fait social » est la première source de différenciation entre les animaux et les hommes. La deuxième introduite par « ensuite » c’est la transmission : les « produits du travail » que ce soit de objets utilitaires, des œuvres au sens large de travail, des inventions techniques, ont une certaine durabilité parce qu’elles sont conservées une fois produites. 


- La transmission d’une génération à l’autre témoigne de l’inscription de l’homme dans une histoire qui le dépasse. Les animaux ne produisent rien, ils peuvent construire des abris mais ceux-ci sont voués à disparaître. Les produits du travail humain peuvent aussi disparaître mais il reste toujours quelque chose. Un animal, qui apprend au cours de sa vie, ce qui peut le menacer, ce qu’il faut qu’il mange pour survivre, ne tire aucune leçon de son expérience. Alors que l’homme est capable de tirer des conclusions des événements, il peut faire le bilan. 


- Ceci est vrai à l’échelle individuelle comme à l’échelle de « l’expérience humaine » : il y a une conservation de l’expérience, et en plus cette conservation est totale : Durkheim énumère les moyens et décrit ainsi le phénomène de la culture (« livres », « monuments », « instruments », « tradition orale ». Les traditions écrites et orales sont transmises, les monuments continuent d’exister, les savoirs sont enseignés. 


- Parce que la voie majeure de transmission c’est justement l’éducation. La culture est un héritage transmis à la génération suivante : logique linéaire de l’histoire humaine et non pas successive comme dans la vie biologique. Le patrimoine témoigne de l’existence d’une communauté humaine même si elle a disparu (les Mayas par exemple).


3EME ARGUMENT

- La croissance infinie d’œuvres, de savoirs, de techniques au cours de l’histoire s’appelle le progrès, ce que Durkheim décrit par une métaphore naturelle alors même qu’il parle de la culture. Le progrès désigne une croissance, une amélioration des conditions de vie par exemple, une égalisation des conditions sociales si on parle de progrès social, une plus grande sophistication des objets techniques si on parle de progrès technique, etc… 


- Le progrès se décline en fonction des champs de l’activité humaine mais il consiste toujours dans une croissance et dans une accumulation. D’où la métaphore du fleuve ou du cours d’eau qui nourrit le terrain sur lequel il coule parce qu’il apporte avec lui de la nourriture qui s’est déposé sur sa surface par exemple. Le fleuve est une image mobile parce que le progrès ne cesse pas : « la sagesse humaine s’accumule sans terme ». La connaissance est toujours progressive, elle vise à résoudre de nouveaux problèmes qui se posent, à apporter des solutions, à proposer des modèles explicatifs aux phénomènes quitte à ce que ces modèles soient ensuite invalidés. 


- Cet éloge du progrès fait penser au texte de Pascal sur le même sujet dans La Préface au Traité sur le vide : 

« […] chacun des hommes s'avance de jour en jour dans les sciences, mais que tous les hommes ensemble y font un continuel progrès à mesure que l'univers vieillit, parce que la même chose arrive dans la succession des hommes que dans les âges différents d'un particulier. De sorte que toute la suite des hommes, pendant le cours de tant de siècles, doit être considérée comme un même homme qui subsiste toujours et qui apprend continuellement. » Raison de l’homme / Instinct des animaux


- Cette accumulation est aussi une élévation spirituelle : l’homme surpasse ainsi l’animal et cherche en même temps à toujours se dépasser lui-même, il ne se contente jamais de ce qu’il a (la libido sciendi dont parle Saint-Augustin). L’homme a quelque chose à voir avec l’infini tandis que l’animal est fini. Finitude / Infini


La phrase finale revient au fait social avec lequel Durkheim avait introduit le texte -> la société est le terreau du progrès et aussi un facteur de progrès. On ne peut pas concevoir de culture, de travail, d’humanité sans société. Et la mise en commun des compétences de chacun, des savoirs individuels favorise le progrès.


CONCLUSION

Ce texte a le mérite de s’inscrire hors de l’opposition classique entre nature et culture pour penser une nature humaine culturelle et sociale. L’individu vit toujours en société, c’est ce qu’on appelle en sociologie, « la socialisation primaire ». En fait la société est l’environnement de n’importe quel être humain. L’autre propriété essentielle de l’humanité c’est le progrès, soutenu par le fait de la transmission d’une génération à une autre par le biais de la culture et de l’éducation. Durkheim considère que les deux notions, société et progrès, sont indissociables, mais il n’est pas certain que la société favorise toujours le progrès, au contraire, elle peut adopter une attitude rétrograde, conservatrice, s’opposer à des lois, résister à un mouvement artistique trop avant-gardiste etc.

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par - le 16/06/2017

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