Une région en Europe : la région du lycée - Histoire Géographie - Première STMG

Une région en Europe : la région du lycée - Histoire Géographie - Première STMG

digiSchool présente ce cours de géographie gratuit, consacré à la région Rhône-Alpes. Cette leçon a été écrite par un professeur de géographie.

Dans un premier temps, ce cours revient sur le poids économique de la région Rhône-Alpes. Ensuite, vous verrez l'importance stratégique de la ville de Lyon dans la région Rhône-Alpes. Enfin, ce cours se termine par l'importance de la région Rhône-Alpes en Europe.

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Une région en Europe : la région du lycée - Histoire Géographie - Première STMG

Le contenu du document

 

 

Les 13 nouvelles régions françaises à partir de 2017

(voir pdf)

 

I. Introduction

On compte actuellement 27 régions en France : 22 en France métropolitaine et 5 DROM (Guyane, Martinique, Réunion, Guadeloupe et Mayotte). Inégalement riches et peuplées, les régions s’organisent autour d’une métropole régionale qui concentre les principaux pouvoirs économiques et services. La réforme qui est en cours à la fin de l’année 2014, doit être votée au Parlement, la France ne devrait plus compter que 13 régions, après fusion de certaines d’entre elles, à compter de 2017 : voir carte.

Créées en 1955 afin de mieux gérer les territoires et de se rapprocher des citoyens, les régions françaises se sont vues attribuer une existence administrative avec le statut de collectivité territoriale obtenu en 1982 associé à des compétences élargies. Ce sont des entités dotées d’une assemblée élue au suffrage universel direct (le conseil régional) et d’un pouvoir exécutif  Le Conseil régional définit les politiques régionales et vote le budget. Ces entités disposent de leurs propres budgets ce qui leur confère une certaine autonomie financière. Ces budgets sont toutefois très inférieurs à ce qui existe généralement chez nos voisins européens, cela a été un des arguments avancés pour la réforme en cours.

Les régions  interviennent directement sur des sujets qui intéressent les citoyens et leur vie quotidienne : transport, éducation, aménagement du territoire, développement économique, culture, formations professionnelles. Elles dépensent en moyenne 439 euros par habitant et par an en 2012 (source collectivités locales gouv.fr).

Depuis trois décennies, la région a gagné en popularité et à tendance à s’affirmer derrière la commune mais devant le département.

Quels sont les rôles et la place des régions, notamment de la région Rhône-Alpes, en France et dans l’Union Européenne ?

 

 

II. Rhône-Alpes : la deuxième région économique française, de plus en plus ouverte sur l’Europe

1. Une assemblée d’élus…

Rhône-Alpes est  une des 27 régions françaises actuelles – en incluant les DROM-  qui réunit huit départements : Ain, Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie. Sa superficie est équivalente à celle de la Belgique et correspond à 8% du territoire national.

(Voir carte sur pdf)

La région est composée du conseil régional et du CESER (Conseil économique social et environnemental régional).

156 conseillers régionaux élus par les Rhônalpins au suffrage universel direct. Les prochaines élections auront lieu fin 2015 (en mars 2015 pour les départementales). Les conseillers régionaux se réunissent souvent en assemblées dites « plénières » (regroupement de l’ensemble des conseillers pour voter les décisions) ou commissions (portant sur un thème précis tel que le transport, l’environnement…).

Le conseil régional élit le président, actuellement il s’agit de Jean Jacques Queyranne, président socialiste élu une 1ère fois en 2004, réélu en 2010.  Le mandat de président de région est passé de 6 à 5 ans en 2010.

 

2. … qui gèrent un territoire aux identités naturelles variées

La région Rhône-Alpes ne repose pas sur une identité naturelle puisqu’elle englobe une partie du sillon rhodanien (la vallée du Rhône) mais aussi une partie du Massif Central (Monts du Forez, Vivarais), du Jura et des Alpes : la diversité des milieux est donc  grande. De part et d’autre de la vallée du Rhône se trouvent les Alpes à l’Est et le plus haut sommet d’Europe : le Mont Blanc avec 4807 mètres, et une partie du Massif Central à l’Ouest.

 Les deux tiers de son territoire dont la totalité fait 43 700 km²,  sont situé en zones de moyenne ou haute montagne. Avec ses plaines, plateaux, montagnes, nombreux fleuves, rivières et lacs,  Rhône-Alpes se distingue par la richesse de ses paysages et toutes les caractéristiques géologiques.

Deux parcs nationaux (Parc de la Vanoise, Parc des Ecrins) et 6 parcs naturels régionaux en 2014 (Pilat, Vercors, Chartreuse, Bauges, monts d’Ardèche et Livradois-Forez) sont entièrement situés sur son territoire.

Le Rhône traverse sept départements sur 8, évitant la Savoie, apportant ainsi un semblant d’unité naturelle. Ce fleuve de 812 km prend sa source dans les lacs suisses et la région des glaciers du Rhône et se jette dans la mer Méditerranée.

 

3. Un poids démographique et des activités économiques diversifiées

Rhône-Alpes englobe des territoires anciennement industrialisés (autour de Lyon, Saint Etienne) et des territoires dévolus à l’agriculture (Ain, Ardèche, Drôme, Haute-Savoie principalement).

L’identité actuelle de la région repose sur des éléments démographiques. En 2013, il s’agit de la deuxième région la plus peuplée de France avec 6,3 millions d’habitants, après l’Ile-de-France (12 millions environ) soit 9.2 % de la population française englobant la deuxième ville la plus peuplée du pays avec Lyon (445 000 habitants pour la ville en elle-même, 1.6 million pour l’agglomération).

Les densités sont légèrement supérieures à la moyenne française ainsi que le nombre de moins de 25 ans ce qui en fait une région dynamique. Le taux de croissance démographique est un des plus forts en (+0,8% contre +0,5% au niveau national). 25,7% de la population en Rhône-Alpes a moins de 20 ans et 32% moins de 25 ans. En effet, son taux d’accroissement est positif (solde naturel et solde migratoire) ce qui explique l’augmentation de la population. Rhône-Alpes est plus peuplé que le Danemark, la Norvège ou la Finlande.

On note également le poids économique de cette région : le taux de chômage  à 9%, inférieur d’un point à la moyenne nationale ainsi que la diversité des activités en font une région dynamique. Ainsi, la région contribue à environ 10% de la richesse française et ce, dans plusieurs secteurs :

 

a. Industrie et innovation

Marquée par une tradition industrielle forte, et malgré la perte de 90 000 emplois sur ces vingt dernières années, Rhône-Alpes reste la seconde région industrielle française, derrière l'Ile-de-France, avec 450 000 salariés. L'industrie rhônalpine, bien que diversifiée, se caractérise par des spécialisations sectorielles fortes comme les équipements mécaniques, la transformation des métaux, la chimie-caoutchouc-plastique et les industries agro-alimentaires. Cette diversité est également une réalité géographique. La région détient le leadership national en matière de pôles de compétitivité : elle en compte 15 parmi les 71 projets labellisés en France en 2007 ; trois sont de niveau mondial ou à vocation mondiale. Ces pôles recouvrent des domaines vastes et divers tels que les nanotechnologies qui intéressent la chimie, l’optique, la microchirurgie… que l’on retrouve dans le pôle Minalogic à Grenoble par exemple, ou encore  la santé, les activités pharmaceutiques et les biotechnologies à Lyon Biopôle dans le quartier de Gerland.

Le tissu industriel régional a su s'adapter donc face aux crises des industries traditionnelles. Les activités de la mécanique, de la plasturgie, du textile demeurent compétitives sur des marchés clés tel que celui de l'automobile. Rhône-Alpes est la première région française productrice d’énergie. 15% de sa production est issue  des énergies renouvelables.

La région est attractive pour les activités les plus innovantes, elle se place au 9 ème rang de l'Union européenne pour les demandes de brevets (14 % des ingénieurs français sont formés en Rhône-Alpes).

L'économie régionale est très ouverte sur l'international et le nombre d'entreprises étrangères implantées en Rhône-Alpes ne cesse de croître. Les PMI se sont également fortement tournées vers les marchés étrangers ces dernières années. L'offre de services aux entreprises est importante et complète, avec notamment les services informatiques, l'ingénierie, le travail temporaire ou encore le traitement des déchets.

 

b. Le tertiaire et le  tourisme 

Le secteur tertiaire conforte cependant sa position de plus gros pourvoyeur d'emplois de la région avec 1,4 million de salariés dans les services et 300 000 dans le commerce. Deuxième région touristique française, après l’Île-de France et l’incontournable vitrine parisienne, Rhône-Alpes offre un cadre naturel exceptionnel aux contrastes multiples.

 Outre ses deux parcs nationaux et six parcs naturels régionaux, on y trouve le plus grand domaine skiable au monde : le domaine des Trois Vallées en Savoie.

 Pour accueillir cette population touristique importante, la région dispose de près de 2 100 hôtels et 850 campings. Les départements les plus attractifs sont la Savoie et la Haute-Savoie l'hiver, l'Ardèche et la Haute-Savoie l'été. On assiste là d’abord au développement d’un tourisme rural et vert qui a pour but de sensibiliser les touristes à de nouvelles pratiques.

 On citera également la place importante prise par le tourisme d'affaires, où des villes moins puissantes que Lyon attirent les congressistes en proposant des infrastructures complètes à des prix attractifs : c’est le cas de Saint Etienne qui affiche dès septembre 2014 « complet » pour 2015.

 Forte de sa diversité, Rhône-Alpes est ainsi une des rares régions françaises (hors Île-de-France) à connaître un apport économique touristique tout au long de l'année. Cela s’explique aussi par son riche patrimoine monumental et culturel. Le Vieux Lyon est inscrit au patrimoine de l’Unesco depuis 1999. Le tourisme urbain avec les opéras, les nombreux musées justifient cette importante fréquentation

 

III. Lyon, capitale des Gaules, est-elle la capitale de Rhône-Alpes ?

1. Un système urbain polycentrique

Le fort étalement urbain du moins en périphérie des grandes villes (Lyon, Saint Etienne et Grenoble) explique le fort pourcentage d’espaces urbanisés (49%) contre 41% pour la moyenne nationale. 77 % de la population de la région habitent dans des unités urbaines (agglomérations ou villes isolées).

Le territoire est  organisé autour de plusieurs centres urbains qui, au départ dépendaient d’un seul: Lyon. L’ancienne capitale des Gaules dispose encore de nombreux atouts pour prétendre être la capitale de la région.

 

2. Poids et atouts de l’agglomération lyonnaise

En termes de population, l’agglomération lyonnaise est à peu près équivalente à Marseille mais son poids économique est beaucoup plus important que celui de l’agglomération marseillaise, puisqu’il concentre 40% du PIB régional.

Disposant d’un centre historique prestigieux (ancienne présence romaine sur la colline de Fourvière, Vieux Lyon, place Bellecour est une ancienne place royale avec la statue équestre de Louis XIV) classé au patrimoine de l’humanité, Lyon est une ville plurifonctionnelle avec un centre administratif et commercial réaménagé (La Part-Dieu, est aussi un  centre des affaires), un centre industriel avec à l’Est, le couloir de la chimie (Raffinerie de Feyzin air liquide pour le gaz), zone située au sud du Grand Lyon. Une dizaine de complexes pétrochimiques se succèdent le long de l’A 47 puis A7. La raffinerie de Feyzin est une des raffineries les plus modernes d’Europe qui fonctionne depuis le milieu des années 1960, classée Seveso (haut risque de pollution).  Gerland, est un quartier administratif en plein développement (ENS, pôle science et vie avec  réaménagement du port Edouard Herriot). On peut ajouter aussi l’éco-quartier Lyon Confluence situé entre la gare Perrache et le point de confluence (la Saône et le Rhône se rejoignent) dont les bâtiments colorés, modernes et respectueux du développement durable traduisent le dynamisme de la métropole.

Lyon concentre aussi  des activités importantes, stratégiques et décisionnelles dans le domaine des télécommunications (Euronews, France 3 région), de la police (Interpol, police internationale, situé dans le quartier des ambassades).

Cette fonction de métropole régionale, nationale voire européenne s’appuie sur une situation de carrefour et la mise en valeur d’un réseau dense de communication polarisé par la ville.

Région assez densément peuplée et dynamique économiquement, Rhône-Alpes possède en effet des réseaux de transports très développés qui relient les principaux axes structurant (la région lyonnaise, l’agglomération grenobloise et les grandes vallées alpines). Le réseau autoroutier est concentré dans les grands couloirs : vallée intra-alpine, vallée du Rhône notamment. 

 

Système urbain et transports de la région Rhône-Alpes

(voir pdf)

 

3. Des faiblesses

Cependant, le pouvoir économique de la ville reste encore trop peu développé. En effet,  les sièges sociaux d’entreprises sont trop peu nombreux ce qui fait qu’elle ne parvient pas à concurrencer les grandes métropoles européennes,  notamment Genève, qui constitue une puissante aire urbaine concurrente et transfrontalière avec plus de 1 million d’habitants.

L’aéroport de la seconde métropole nationale Lyon Saint-Exupéry n’est pas le second aéroport français (il s’agit de Nice) et ne concurrence pas celui de Genève. A l’échelle régionale, Lyon ne polarise pas tout l’espace rhônalpin et se trouve confrontée aux aires d’influence de Saint Etienne et surtout de Grenoble qui fait figure de capitale des Alpes du Nord.

On peut aussi  nuancer l’influence de Lyon à l’échelle régionale dans la mesure où son développement ne touche qu’une partie de la région et à l’échelle nationale,  dans la mesure où le développement de cette ville n’a pu remettre en cause l’écrasante domination  de Paris.

Ainsi, Lyon donne bien son nom à une région :… la région lyonnaise qui ne doit pas être confondue avec la région Rhône-Alpes. La première couvre un espace bien moins étendue, de la vallée de la Saône à la vallée du Rhône jusqu’à Valence. Vers l’Est son influence est contrée par l’agglomération stéphanoise,  et à l’Ouest, Grenoble d’une part mais aussi Genève d’autre part contribuent à limiter son aire d’expansion. Cette dernière remarque nous rappelle que la région Rhône-Alpes s’inscrit cependant pleinement au sein des régions européennes.

 

IV. Un ancrage européen qui veut être consolidé

La région occupe une position géographique centrale en Europe, élément qui facilite son intégration. Elle est située sur le principal axe de communication entre l'Europe du nord et l'Europe du sud, transfrontalière avec l'Italie et la Suisse elle travaille en coopération avec le Val d'Aoste et le Piémont (Italie) ainsi qu'avec les cantons de Genève, Lausanne et du Valais notamment. La région est située au croisement de l’arc méditerranéen et de l’axe Rhin Rhône.

Rhône-Alpes a également tissé, dans le cadre d'accords de coopération, des liens avec d'autres régions européennes plus éloignées - communauté autonome de Catalogne (Espagne), Lombardie (Italie), Land du Bade Wurtemberg (Allemagne) –  afin de développer les potentialités de ces régions et de renforcer la cohésion européenne. La situation de carrefour facilite cet ancrage ainsi que liens historiques avec l’Italie (de la République Romaine dans l’Antiquité à la campagne d’Italie de Napoléon à la fin du XVIIIè siècle) se manifestant par un dense réseau de communications. Ainsi, l’Eurorégion Alpes-Méditerranée regroupe les régions de Ligurie, du val d’Aoste, du Piémont, de Rhône-Alpes associé à Provence-Alpes Côte d’Azur. L’ensemble compose ici un territoire de 17 millions d’habitants ouvert sur les Alpes et la Méditerranée.

Cependant, le poids économique et démographique de la région  est inférieur à celui de quelques voisines : la Lombardie en Italie, le Bade Wurtemberg en Allemagne. De plus, la région et sa métropole lyonnaise restent un peu excentrées par rapport à la mégalopole européenne. Ce corridor européen que les géographes qualifient de dorsale de l’Europe, passe plus à l’Est, suivant la vallée du Rhin. Il  concentre de fortes densités de population, des activités économiques riches et variées ainsi que des flux nombreux.

 

V. Conclusion

La région Rhône-Alpes dispose de réels atouts pour maintenir son rang de deuxième région française en termes de poids économique et démographique. Sa situation de carrefour à l’échelle de la France mais aussi de l’Europe lui permet de s’inscrire dans une véritable dynamique de région européenne. Elle doit cependant poursuivre la concrétisation de projets qui affirmeront davantage le caractère européen de son identité.

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