Sociétés et cultures de l'Europe médiévale du XI au XIIIème siècle : La chrétienté médiévale - Histoire Géographie - Seconde

Sociétés et cultures de l'Europe médiévale du XI au XIIIème siècle : La chrétienté médiévale - Histoire Géographie - Seconde

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Vous verrez dans une première partie le contexte général, puis vous aurez une partie sur l'église. Ensuite, vous verrez qu'il y a eu une christianisation des sociétés européennes.

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Sociétés et cultures de l'Europe médiévale du XI au XIIIème siècle : La chrétienté médiévale - Histoire Géographie - Seconde

Le contenu du document

 

LE CONTEXTE GENERAL

LA CHRONOLOGIE

 

Xème – XIIIème siècle : Art roman

 

1054 : Séparation des Églises d'Occident et d'Orient

 

XIème : Réformes grégoriennes

 

1095 : 1ère croisade après l'appel d'Urbain II

 

DEFINITIONS

 

Clergé : Ceux qui sont salariés par l’Église, tout poste confondu.

 

Laïc : Ceux qui ne sont pas apparentés à l’Église. Ils sont toutefois croyants dans le cas de l'Europe médiévale.

 

Cardinal : Un des principaux conseillers du Pape, qui compose le groupe de ceux qui élisent le nouveau Pape.

 

Évêque : Membre du clergé, il est à la tête du diocèse, et donc un échelon important du contrôle des territoires.

 

Abbé : Il est à la tête d'une communauté de moines.

 

Diocèse : Une parcelle de territoire de taille diverse organisée autour d'une église principale.

 

Règle : L'ensemble des concepts de la vie monastique d'un ordre en particulier.

 

Ordre : Groupe de moines ou de personnes s'étant engagé à travers un vœu de fidélité et obéissant à une règle préétablie.

 

Hérésie : Un homme qui refuse d'accepter les croyances, les dogmes et les préceptes de l’Église catholique.

 

Inquisition : Institution mise en place par l’Église qui cherche les hérétiques pour les juger.

 

POURQUOI CES DATES ?

 

- Le XIème siècle est un tournant pour l’Église catholique. En effet, après une période tendue avec l'Empire carolingien, celle-ci s'intègre directement dans le jeu géopolitique européen, non seulement en tant que chef religieux – pouvoir spirituel – et en tant que chef d’État – pouvoir temporel. Le pape possède, à la suite de conquêtes militaires, un territoire étendu, autour de l'an mille, de Venise à Rome.

 

- De plus, l’Église reporte son emprise dans les paysages urbains, par la création de nombreuses églises romanes, gloire à la religion ; le pouvoir local des évêques devient de plus en plus primordial ; le Pape contrôle massivement les Chrétiens, comme l'illustre les Croisades, mouvements de conquêtes des Terres Saintes – avec les lieux importants du catholicisme, comme Jérusalem, Bethléem, etc.

 

L'EGLISE : SA COMPOSITION, LES REFORMES

COMPOSITION DU CLERGE

 

- Tout d'abord, il faut bien comprendre que le clergé se veut indépendant des puissances politiques et royales du Moyen-âge : le prêtre du royaume de France ne doit pas obéir au roi de France. Cependant, ce religieux est soumis à l'évêque de son diocèse (cf définitions dans la première partie) mais aussi directement au Pape et à ses cardinaux.

 

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Ainsi, le Pape est à la tête de toute la hiérarchie catholique : il a des intermédiaires et des conseillers pour lui permettre de faire dicter son pouvoir temporel et spirituel.

 

L’EGLISE CATHOLIQUE ET SES LIMITES

 

- L'institution religieuse connaît de nombreuses problématiques concernant aussi bien les dogmes –  la base de la religion catholique – que son personnel, dont les membres du clergé séculier, c'est-à-dire ceux vivants au sein de la population locale et à son contact, saisissant ses problèmes, ses préoccupations, etc. En effet, ces derniers sont accusés de ne pas respecter les préceptes du Pape, surtout à propos du célibat, ou même à se prêter aux commerces de reliques saintes. Ces agissements font que notamment les prêtres n'incarnent pas ce que la religion souhaite montrer aux fidèles. Enfin, le haut-clergé (les personnes membres de l’Église et situées à de hauts niveaux hiérarchiques) profite de sa position pour s'enrichir, et corrompre des princes ou des rois pour obtenir un poste d'évêque ou de cardinal.

 

- De plus, les femmes connaissent un affaiblissement clair de leur position au sein de la communauté des croyants. De fait, elles ne peuvent intégrer le clergé, réservé aux hommes, hormis dans les monastères, et ne travaillent pas, pour les classes les plus aisées des croyants. L'image que renvoie la Bible est très dépréciatif au sujet des femmes, responsables, à travers Eve, de la chute du Jardin d'Eden, lieu idéal, d'où Adam et Eve ont été bannis comme punition pour avoir mangé le fruit interdit, la fameuse pomme.

 

- Enfin, l’Église se militarise en profondeur : chaque homme politique ou religieux important possède sa propre armée, pour se défendre mais aussi pour accroître ses possessions terrestres. Ce pouvoir temporel est très régulièrement employé par le Pape, mais aussi par ses représentants, ce qui est mal accepté par les populations locales, qui subissent les pillages, les destructions, et les morts, cause de pauvreté et de famine.

 

LES REFORMES

 

- Dès le XI ème siècle, la Papauté vise à multiplier les réformes pour combler ces difficultés, et renforcer l'appareil religieux. L’Église est la seule à pouvoir intervenir dans la vie religieuse catholique, se voulant indépendante et non régie aux considérations des personnes laïques. Avant l'an mille, les églises locales étaient dirigées par les grands seigneurs, ou les rois et empereurs des États puissants, comme le Saint Empire Germanique, ce que les papes refusent. Cette réforme est parfois difficile à être acceptée.

 

- De plus, le chef spirituel et politique se place au centre d'une structure complexe et moderne, dans laquelle il possède toute autorité, tout en sachant s'encadrer d'un personnel intermédiaire, qui sont les cardinaux, mis en place au cours du XI ème siècle. Ces institutions permettent d'assurer une légitimité autant religieuse que politique avec les rois et empereurs, mais aussi avec son clergé, devant lui obéir plutôt qu'au roi du pays d'où ils sont.

 

- Enfin, des réformes concernant le clergé sont entreprises par les papes de la période pour rendre ses membres respectueux pour la population, et cela passe par le célibat obligatoire de ceux-ci, ainsi qu'un niveau d'instruction élevé. Cette dernière donnée permet, pour les catégories sociales assez basses au Moyen-âge des possibilités de promotions sociales.

 

LE MOUVEMENT MONASTIQUE : UN RENOUVEAU SALVATEUR

 

- Le mouvement monastique, qui se compose d'une multiplication du nombre d'abbayes et de moines, et d'une influence grandissante du mouvement dans la société, est créé très tôt, autour du IIIème siècle selon les historiens et théologiens, mais renaît avec l'an mille, avec l'influence de grandes abbayes. Cluny est celle qui caractérise au mieux cette période, fondée au Xème siècle, et qui parvient à tisser des liens forts avec d'autres monastères sur une large zone géographique, depuis l'Angleterre à la Castille, jusqu'en Hongrie.

 

- Les clunisiens – ceux appartenant au mouvement insufflé par Cluny – appliquent la règle bénédictine, promulguée par Saint Benoît au VIème siècle. Elle consiste à définir le rôle de moines dans la société, et au sein de cette communauté. De fait, ils doivent vivre à l'écart des hommes, pauvrement, et prier, lire la Bible, ainsi que d'effectuer des travaux manuels. Ces éléments incarnent la volonté bénédictine de sortir de la société afin de se consacrer uniquement à la religion. L'abbaye même de Cluny est créée au Xème siècle, et s'organise autour d'une basilique, d'une bibliothèque, et de lieux de vie pour les moines – le dortoir, et gère un vaste espace économique, composé de terres agricoles, de bois, de ponts – fournissant des ressources financières – et aussi de voies fluviales, qui permettent l'établissement de péages.

 

- Cependant, certains trouvent que Cluny profite très vite d'un enrichissement dû aux dons des fidèles chrétiens, et ne pratiquent plus de travaux manuels, ce qui dénature la règle de Saint Benoît. Ils composent alors de nouveaux monastères suivant strictement celle-ci, comme l'ordre des chartreux, prônant aussi la solitude. D'autres ordres sont créés, comme celui des Templiers, communautés de soldats-moines, qui se constituent pour défendre des lieux saints.

 

- L'abbaye de Citeaux, fondée en 1098, suit aussi les préceptes de Saint Benoît, mais en accentuant les points principaux : extrême pauvreté, travail intellectuel et manuel, isolement complet du monde, etc. Cet établissement crée alors l'ordre cistercien, via Saint Bernard, qui développe massivement l'ordre, pour atteindre, au XIVème siècle, plus de 650 abbayes.

 

UNE CHRISTIANISATION DES SOCIETES EUROPEENNES

L’EGLISE AU CENTRE DE LA VIE QUOTIDIENNE

 

- L’Église souhaite s'intégrer au mieux dans la vie de chaque croyant, autant au point de vue religieux – comme vu précédemment, avec les réformes et le mouvement monastique – qu'économique. Ces deux espaces se retrouvent dans les commerces et les cultes consacrés aux reliques et aux saints. En effet, un saint est une personne qui a effectué quelque chose d'extraordinaire pour le bien de l’Église ou du catholicisme. Par exemple, selon la Bible, Saint Sébastien, catholique sous l'Empire romain, est condamné par le pouvoir impérial et exécuté, transpercé de flèches, avec comme seul raison sa foi chrétienne, mais il survit par l'intervention de Dieu. Il est donc canonisé pour avoir cru au catholicisme, même s'il finit exécuté quelques jours plus tard. Dès lors, l'on voit apparaître un culte envers les saints et envers les reliques – des restes de la présence du saint sur Terre, comme un tissu porté, une lampe, ou une partie de la dépouille de celui-ci – qui crée alors un commerce florissant. Pour répondre à ces nouvelles demandes des croyants, l’Église élève de nouveaux édifices de cultes.

 

- Ce nouveau phénomène crée aussi un afflux croissant des catholiques sur les routes de pèlerinages. Ainsi, Saint-Jacques de Compostelle, au nord de l'Espagne actuelle, devient le lieu de prédilection des fidèles, qui prennent, très nombreux, les routes pour la ville, qui sont des chemins sacrés et parsemés de centres d'accueil. Le symbole de ces pèlerins et la coquille Saint-Jacques, que l'on retrouve encore aujourd'hui dans les paysages des routes vers cette ville.

 

L’EGLISE AU CENTRE DES MŒURS DES POPULATIONS EUROPEENNES : LES HERETIQUES

 

- Les hérétiques (cf définitions) sont chassés très tôt par l’Église ; mais le tournant réformateur du début du XI ème siècle provoque une augmentation importante des cas d'hérésie. Cette réalité perçue par la Papauté pose problème, lui qui souhaite gouverner spirituellement sur la grande partie de l'Europe. C'est pourquoi l'institution combat fortement ces formes discordantes. Pour la France, l'exemple le plus maquant est le catharisme et son éradication. Ce mouvement religieux non-catholique est né en royaume cathare, dans le sud ouest de la France et au nord de l'Espagne, et admet l'existence de deux dieux : l'un est bon, tandis que l'autre est mauvais. Cela est contre les préceptes de l’Église, et le pape Innocent III, au début du XIIIème siècle, lance une lutte armée contre ce royaume, par l'intermédiaire de nobles du nord de la France actuelle.

- D'autres formes d'hérésies sont perçues par les responsables religieux, au sein des populations catholiques, avec l'image de la sorcière, entité maléfique perturbant les catholiques. Pour répondre à ces problèmes sociaux et religieux, l’Église met en place une institution puissante au début du XIIIème siècle en France, qui est l'Inquisition (cf définition en première partie). Elle ne représente que peu de personnes jugées de cette façon, mais marque durablement les esprits, de par son caractère universelle car atteignant toutes les catégories de population et tous les espaces, violent, provenant des ordres religieux principaux. Elle décline au fur et à mesure avec l'instauration d'administrations nationales, au cours du XVème siècle.

 

LES NOUVELLES FORMES GUERRIERES : COMBATTRE LES PAÏENS

 

- La Papauté cherche aussi à renforcer sa position en développant une idée précise, qui est celle d'une Europe unie dans le catholicisme. Dès lors, chaque territoire non-catholique est désigné comme une cible. C'est ainsi que la Péninsule Ibérique, c'est-à-dire l'Espagne et le Portugal, qui sont des possessions des différents califats musulmans, puis indépendants, sont au centre des préoccupations politiques et religieuses. Le mouvement de la Reconquista, qui signifie la reconquête par les chrétiens des terres musulmanes, de XI ème siècle au XV ème siècle. Les questions religieuses sont importantes pour comprendre ce mouvement, mais elles ne sont pas uniques : des raisons économiques – comme celles de pouvoir fournir des terres cultivables aux paysans devenus soldats – ou alors coloniales. Certains chefs de guerre restent alors dans la légende, comme Le Cid, au XI ème siècle, et d'autres peuvent s'enrichir massivement par le pillage des contrées musulmanes.

 

CONCLUSION

En conclusion, l'an mille voit l’Église multiplier les réformes, les innovations, et s'organiser en différentes composantes, autour des cardinaux, des abbés et des évêques, renforçant, de fait, le Pape à la tête du clergé. Ce dernier est renforcé par le mouvement monastique, de grande ampleur, composé de deux ordres distincts, provenant tout deux des préceptes de Saint Benoît, que sont l'ordre clunisien, ou cistercien. Il existe tout de même des ordres secondaires, comme l'ordre des chartreux, qui prennent une place primordiale dans la société médiévale. Enfin, l’Église cherche aussi à s'implanter plus durablement dans la société. Cela passe par les monastères, mais aussi par le développement des reliques et des rites envers les saints, ainsi que par l'élimination des formes protestataires, comme les hérétiques, ou les non-catholiques, à travers l'Inquisition et la Reconquista.

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