L'Union Indienne à partir de 1947 - Histoire Géographie- Terminale STMG

L'Union Indienne à partir de 1947 - Histoire Géographie- Terminale STMG

digiSchool Bac STMG vous propose ce cours d'Histoire niveau Terminale, rédigé par un professeur, consacré à l'Union Indienne à partir de 1947.
Ce cours gratuit d'Histoire est composé de 5 grandes parties. La première porte sur la difficulté qu'à eu l'Inde à accéder à l'indépendance. Vous étudierez dans la seconde partie pourquoi l'Inde est une grande démocratie imparfaite, puis vous verrez l'environnement sécuritaire interne et externe instable dans la troisième partie. Enfin, vous aborderez la question du positionnement international de l'Inde depuis 1947, puis l'émergence économique confrontée à de grandes inégalités.
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L'Union Indienne à partir de 1947 - Histoire Géographie- Terminale STMG

Le contenu du document

 

LA DIFFICILE ACCESSION A L’INDEPENDANCE DE L’INDE

L’Inde est une colonie britannique depuis le XVIIIème siècle. Une partie du pays est soumise à une administration directe de la part de la métropole tandis que l’autre est gouvernée de façon indirecte avec le maintien de principautés qui sont toutefois contrôlées par le pouvoir colonial. Il existe également des comptoirs (villes sur les côtes) qui appartiennent au Portugal ou à la France. La première détient les comptoirs de Diu, Daman et Goa tandis que la seconde détient les comptoirs de Mahé, Karikal, Pondichéry, Yanaon et Chandernagor. 

Les Indes britanniques connaissent néanmoins plusieurs révoltes au XIXème siècle et dans la première moitié du XXème siècle. En 1885, le parti du Congrès est créé. D’abord loyaliste et réformiste, il milite avec l’autorisation des Anglais pour des réformes sans remettre en cause le pouvoir colonial. Mais peu à peu, ses revendications se portent sur l’indépendance du pays. Par la suite un autre parti, la Ligue musulmane est créée en 1906 à la suite d’émeutes sanglantes entre hindous et musulmans à Calcutta. 

Durant l’entre-deux guerres et même la seconde guerre mondiale, Gandhi, par le biais d’actions non violentes exige le départ des Anglais. En 1945, Clement Attlee, le nouveau premier ministre anglais est résolu à accorder l’indépendance à l’Inde. Mais des divergences  apparaissent très vite entre les leaders indiens. En effet, le parti du Congrès dirigé par Gandhi et Nehru réclame l’indépendance du pays sous une forme unifié et laïque tandis que le leader de la Ligue musulmane, Ali Jinnah, réclame la formation de deux Etats distincts avec un Pakistan musulman.

Un plan de partage du pays est finalement élaboré entre les protagonistes et l’indépendance est proclamée le 15 août 1947. Dès lors, des transferts de population ont lieu, les hindouistes rejoignant l’Inde et les musulmans le Pakistan occidental (actuel Pakistan) ou le Pakistan oriental (actuel Bangladesh). Ces déplacements s’accompagnent de massacres qui causent la mort de plusieurs centaines de milliers de personnes. Quant aux comptoirs français, ils sont restitués à l’Inde par accord commun dans les années qui suivent l’indépendance. Les comptoirs portugais sont conquis par la force en 1961 après le refus du Portugal de toute négociation en vue de leur cession. 

 

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L'indépendance et la partition de l'Inde (1947-1948).

Source : http://www.atlas-historique.net/1945-1989/cartes_popups/Inde1948GF.html. 

 

L’INDE, UNE GRANDE DEMOCRATIE IMPARFAITE

L’INSTAURATION D’INSTITUTIONS DEMOCRATIQUES AU LENDEMAIN DE L’INDEPENDANCE

Dès l’indépendance, l’Inde est confrontée au défi d’établir des institutions solides pour assurer l’unité et la stabilité d’un pays de 300 millions d’habitants. Gandhi ayant été assassiné par un extrémiste hindou en janvier 1948, c’est l’autre leader du parti du Congrès, Nehru, qui devient le premier ministre de l’Inde. Celle-ci est d’abord une monarchie constitutionnelle durant les 3 années qui suivent l’indépendance puis à partir de 1950 elle devient une république fédérale composée de 28 Etats et de 7 territoires avec 14 langues constitutionnelles mais seulement 2 langues officielles, l’anglais et l’hindi. 

La constitution indienne promulguée en 1950 garantit à tous les citoyens indiens dans son préambule « la justice sociale, économique et politique, la liberté de pensée, d’expression, de croyance, de foi et de culte, l’égalité des statuts et des chances (…) ». Des élections libres sont organisées dès l’indépendance, elles sont remportées par le Congrès national indien. 

 

UN CLIMAT POLITIQUE ENTACHE PAR LE NEPOTISME ET LA VIOLENCE

Malgré cette apparence parfaitement démocratique, le pouvoir indien est profondément entaché par le népotisme. En effet, le parti du Congrès national domine la vie politique indienne depuis 1947 et est constamment réélu par la suite mais ses dirigeants successifs (et donc les premiers ministres) sont tous des membres de la famille de Nehru. Aujourd’hui même, le dirigeant du parti du Congrès est Sonia Gandhi, la petite fille de Nehru. 

Le climat politique indien est également marqué par la violence. L’assassinat de Gandhi en 1948 est le premier mais pas le dernier assassinat politique dans le pays. Indira Gandhi, premier ministre de l’Inde sera assassinée en 1984 et son fils qui a été élu pour lui succéder est également assassiné en 1991. 

L’Inde est donc bien « la plus grande démocratie du monde » malgré un système démocratique au fonctionnement imparfait. 

 

UN ENVIRONNEMENT SECURITAIRE INTERNE ET EXTERNE INSTABLE

DE PROFONDES ET ANCIENNES TENSIONS RELIGIEUSES

Dès l’indépendance et la partition du pays, des affrontements inter-religieux entre les communautés musulmane et  hindoue avaient fait plusieurs centaines de milliers de morts. Ces tensions perdurent par la suite dans un pays multiconfessionnel (les 2 religions majoritaires étant l’hindouisme avec 81% des individus et l’islam avec 13 %). Ainsi en 1984, des violences provoquent la mort de plusieurs dizaines de milliers de sikhs (communauté religieuse représentant 2% de la population indienne). En 1992, la destruction d’une mosquée par des hindous provoque la mort de 2000 personnes dans le pays. Dans les années 2000, de nombreux attentats ont encore lieu opposant principalement les hindous aux musulmans. 

 

DES CONFLITS FRONTALIERS QUI PERDURENT

L’indépendance de l’Inde marque le début de nombreux conflits frontaliers. Le premier d’entre eux a lieu au Cachemire. En effet, le maharadjah hindou de cette province à majorité musulmane demande son rattachement à l’Inde mais le Pakistan s’y oppose. Un conflit éclate alors en octobre 1947 entre les deux Etats. La guerre se termine en décembre 1948 mais 2 autres conflits éclateront par la suite pour le contrôle de cette province en 1965 et en 1971. Malgré un « processus de paix » débuté en 2003 entre l’Inde et le Pakistan, le conflit du Cachemire semble encore loin d’être réglé. 

L’Inde entretient également des contentieux territoriaux avec la Chine, celle-ci revendiquant des régions montagneuses au Nord du pays près de la province du Cachemire. Ces désaccords ont abouti en 1962 à une guerre qui s’est conclue par la victoire militaire de la Chine et l’annexion par celle-ci de la province d’Aksaï Chin dans l’extrême nord du pays. On remarquera également que la Chine revendique la région du Nefa dans l’est du pays. De récentes et fréquentes incursions de l’armée chinoise ces dernières années dans les zones montagneuses disputées y maintiennent un état de tension élevé. 

 

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Partition et problèmes territoriaux du sous-continent indien (1949-1975).

Source : http://www.atlas-historique.net/1945-1989/cartes_popups/Inde1949-75GF.html.

 

LE POSITIONNEMENT INTERNATIONAL DE L’INDE DEPUIS 1947

 

Après son indépendance, l’Inde se déclare non alignée et participe à la conférence de Bandung en 1955. Dans les faits, Nehru choisit de se rapprocher de l’URSS et du bloc socialiste sans rejeter toute influence occidentale. La défaite militaire de l’Inde face à la Chine en 1962 constitue toutefois un tournant car elle la conduit dans le contexte de la rupture sino-soviétique à se détacher de la Chine afin d’entretenir de plus étroites relations avec Moscou. Pour tenter de contrecarrer la Chine qui a obtenu l’arme nucléaire en 1962, l’URSS apporte une aide technologique significative à l’Inde afin qu’elle aussi devienne une puissance nucléaire. C’est chose faite en 1974.

Quant au Pakistan, il entretient des relations tendues avec l’Inde depuis 1947 et la première guerre indo-pakistanaise. La question du Pakistan oriental explique aussi les mauvaises relations entre les deux pays. Celui-ci faisait partie du Pakistan depuis l’indépendance lorsqu’un mouvement insurrectionnel s’y développe au début de l’année 1971 et réclame la sécession du territoire. Après quelques mois de combat entre les forces gouvernementales et les rebelles, l’Inde envahit le pays et aide ces derniers à proclamer l’indépendance qui est reconnue à la fin de l’année 1971. Afin de contrer l’influence soviétique dans la région et d’instituer un équilibre régional entre les belligérants, les Etats-Unis aident le Pakistan à se doter de l’arme nucléaire en 1998. 

La question du Cachemire reste aujourd’hui une question épineuse entre les trois puissances locales (Chine, Inde, Pakistan), chacune revendiquant une partie de la province. Mais l’arme nucléaire semble pour l’instant dissuader les trois pays de se lancer dans un conflit ouvert. Celle-ci joue également un rôle primordial dans la politique étrangère indienne, permettant au pays d’entrer dans le « club » très fermé des puissances nucléaires en plus d’assurer une sanctuarisation de son territoire grâce à la dissuasion. De plus, son arsenal stratégique symbolise la continuité de sa politique d’indépendance nationale et de non alignement menée depuis 1947. 

 

UNE PUISSANCE ECONOMIQUE EMERGENTE CONFRONTEE A DE GRANDES INEGALITES

L’EMERGENCE DE L’INDE EN TANT QUE PUISSANCE ECONOMIQUE REGIONALE ET MONDIALE

Dès son indépendance, l’Inde est face à de graves défis économiques. Il lui faut assurer son développement et surtout nourrir sa population en rapide croissance. C’est l’objectif de la « révolution verte » lancée dès 1947. La modernisation des structures, l’irrigation et l’accroissement des rendements agricoles permettent au pays d’être autosuffisant en 1975. Tout cela permet de plus d’accroître les revenus des paysans. 

Si cette initiative soutenue par l’Etat est un succès, elle provoque néanmoins des problèmes environnementaux en polluant les sols ou en accroissant fortement la demande en eau nécessaire aux cultures. Enfin, si la « révolution verte » a bénéficié aux grandes ou aux moyennes exploitations, elle a oublié les petits paysans et ceux qui ne possédaient aucune terre. 

La richesse intérieure augmente également de façon importante. Ainsi, si le PIB (Produit Intérieur Brut) était de 147 dollars par habitant en 1961, il passe à 933 dollars en 2012. Conformément au schéma traditionnel de développement, la part du secteur primaire tend à diminuer au fil du temps : elle passe ainsi de 72,5 % de la population active en 1961 à 51,1% en 2012 tandis qu’à la même période, la part du secteur secondaire passe de 11,5 % à 22,4 %, essentiellement grâce à une main d’œuvre bon marché qui attire les investisseurs internationaux et les grandes multinationales. Toutefois, c’est le secteur des services qui connaît la plus forte augmentation avec 16 % en 1961 contre 26,5 % de la population active en 2012. Celui-ci peut s’appuyer sur un taux d’analphabétisme en baisse constante qui passe de 71,1 % en 1961 à 37,7 % en 2012 et un fort savoir-faire particulièrement en informatique, qui permet à l’Inde d’apparaître comme le leader mondial dans le secteur.

Les grandes entreprises indiennes s’implantent dans de nombreux pays à l’image de Tata ou d’Arcelor Mittal. Le cinéma indien appelé Bollywood connaît une croissance annuelle de 16 % grâce notamment à la croissance intérieure et à l’émergence d’une classe moyenne de plus en plus nombreuse. 

Toutes ces avancées et ces succès économiques permettent à l’Inde de prétendre à un leadership régional et même mondial avec sa participation aux grandes instances internationales comme le G20 ou encore le groupe des « BRICS » qui rassemble les puissances émergentes du moment. La démographie indienne avec une population de 1,252 milliard de personnes en 2013 (selon la banque mondiale), donne également au pays une stature mondiale.

 

DES FAIBLESSES INTERNES DEMONTRANT LE CARACTERE INEGAL DE LA SOCIETE ET DU DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE INDIENS

L’article 50 de la constitution indienne de 1950 précise que « l’Etat n’exercera aucune discrimination à l’encontre d’un citoyen en raison de sa religion, de sa race, de sa caste, de son sexe, de son lieu de naissance » (…) en ce qui concerne les lieux publics. Dans les faits, les inégalités sociales et économiques sont très importantes au sein de la population. 

La première grande inégalité est celle touchant les femmes. En effet, celles-ci sont discriminées par rapport aux hommes et jouissent d’une considération moindre du fait principalement de leur « poids » économique car elles doivent verser une dot à la famille de leur époux quand elles se marient. Leur scolarité est moins longue que celles des hommes et elles doivent commencer à travailler plus tôt que ces derniers. Ainsi le taux d’analphabétisme pour les femmes était de 48,7 % en 2012 contre 26,5 % pour les hommes. Avoir un enfant de sexe féminin apparaît encore aujourd’hui comme un fardeau pour de nombreuses familles qui préfèrent alors l’avortement, tuant ainsi 7 % des filles avant leur naissance. Même si des progrès ont été faits dans le pays ces dernières années pour l’autonomie des femmes, les mariages arrangés représentent encore 90 % des mariages.

La seconde grande inégalité est économique et sociale avec la présence de 240 millions de pauvres. Ceux-ci sont souvent issus des castes inférieures de la société, on les appelle les « intouchables ». Malgré une loi supprimant ces anciennes hiérarchies sociales, celles-ci perdurent et empêchent tout espoir d’ascension sociale ou économique des personnes défavorisées qui appartiennent à cette caste du fait de leur naissance. De plus les pauvres représentent une partie encore importante de la population indienne et ceux-ci sont généralement entassés dans des bidonvilles au large des grandes villes, à l’image du bidonville de Dharavi dans la banlieue de Mumbai qui rassemble 600 000 personnes. 

- Pour une carte animée montrant la difficile indépendance de l’Inde voir : http://www.histoirealacarte.com/demos/tome11/04_independance_inde_pakistan.php. 

- Pour plus de cartes sur l’Inde et sur son environnement stratégique voir :

http://www.atlas-historique.net/accueil.html. 

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