L'invention de la citoyenneté dans le monde antique : Citoyenneté et empire à Rome - Histoire Géographie - Seconde

L'invention de la citoyenneté dans le monde antique : Citoyenneté et empire à Rome - Histoire Géographie - Seconde

Voici un cours d'Histoire Géographie de Seconde à propos du chapitre : L'invention de la citoyenneté dans le monde antique, et sur le thème Citoyenneté et empire à Rome, du Ier au IIIème siècle.

Dans un premier temps vous découvrirez le contexte général de l'époque, puis vous aurez une définition de l'Empire, sa composition, ses nouvelles provinces. Enfin vous verrez les institutions de Rome et ses citoyens.

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L'invention de la citoyenneté dans le monde antique : Citoyenneté et empire à Rome - Histoire Géographie - Seconde

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LE CONTEXTE GENERAL

LA CHRONOLOGIE

 

753 av.J-C : Fondation de Rome par Romulus et Rémus.

46 av. J-C – 44 av.J-C : Dictature de Jules César, jusqu'à sa mort.

14 – 235 : Haut-Empire.

 

→ Dynastie des Julio-Claudiens 

27 av. J-C - 14 ap. J-C : Règne du fils adoptif de César, Octave devenu Auguste.

41 – 54 : Règne de Claude.

54 – 68 : Règne de Néron.

 

→ Dynastie des Flaviens

69-79 : Règne de Vespasien.

79-81 : Règne de Titus.

 

→ Dynastie des Antonins

98 – 117 : Règne de Trajan.

161 – 180 : Règne de Marc Aurèle.

 

→ Dynastie des Sévères

211 – 217 : Règne de Caracalla.

212 : Édit de Caracalla.

 

DEFINITIONS

 

République : Régime politique basé sur une loi commune, sur le peuple et sur les citoyens, avec un chef élu. Dans le cas de Rome, la République se transforme rapidement en oligarchie.

 

Empire : Régime politique dans lequel le chef de l’État, fonction héréditaire, possède tous les pouvoirs, avec un statut divin.

 

Sénat : Institution républicaine : c'est une assemblée des citoyens votant, proposant les lois... Sous l'Empire, elle ne conserve qu'un rôle symbolique.

 

Magistrats : Ceux qui remplissent une charge politique, économique ou culturelle pour la cité.

 

Édit de Caracalla : Édit proclamé par l'Empereur Caracalla en 212 qui accorde la citoyenneté à tous les hommes libres, et uniquement eux, de l'Empire.

 

Pax Romana : Période de paix et de prospérité culturelle et économique, aux Ier et IIème siècle de notre ère.

 

Limes : Un large réseau de fortifications lourdes romaines sur les frontières de l'Empire. Le plus proche est celui contre la Germanie, ou le fameux mur d'Hadrien, entre l'actuelle Angleterre et Écosse.

 

Provinces impériales / sénatoriales : définitions à la suite de cette fiche.

 

Tria Nomina : La nomination réglementaire de chaque citoyen romain : avec un prénom, un nom et un surnom : ex : Caius Julius Caesar.

 

Forum : lieu principal de vie à Rome et dans chaque grande ville de l'Empire, où sont concentrées les activités économiques, politiques, religieuses – par la présence de temples – ou culturelles.

 

Culte impérial : divinisation de l'empereur à sa mort, à travers une propagande constante à Rome et dans les provinces conquises autour du statut divin de celui-ci.

 

L'EMPIRE : SA COMPOSITION, L'INTEGRATION DES NOUVELLES PROVINCES

LES DIFFERENTES PROVINCES

 

- La cité de Rome, créée au VIIIème siècle av. J-C, étend progressivement son territoire sur l'Italie, puis sur le bassin méditerranéen tout au long de la République romaine. Ce dernier est un régime oligarchique, aboli suite à un coup d’État de César, puis transformé par Auguste en un Empire. Dès lors, la capitale de l'Empire reste Rome, tandis que chaque province a une capitale régionale désignée. Par exemple, Lugdunum est celle de la Gaule Lyonnaise, tandis que Narbonne a ce statut pour la province de Gaule Narbonnaise.

 

- Dans le monde romain impérial, il existe deux types de provinces différentes :

1. Les provinces impériales : des légats nommés par l'Empereur lui-même s'occupent de pacifier des régions instables et peu pacifiques, grâce à l'appui et à la présence de légions romaines.

 

2. Les provinces sénatoriales : elles sont administrées par des proconsuls, c'est-à-dire des représentants du Sénat. Ce sont des provinces pacifiées qui comptent parmi les plus anciennes et les plus éloignées des fronts divers.

 

- De fait, chaque province impériale est censée devenir, au fur et à mesure de la pacification, une province sénatoriale, soumise au contrôle du Sénat. Mais l'Empereur conserve en réalité ses prérogatives sur celles-ci, tout en s'étendant sur les autres.

 

- Des provinces demeurent privilégiées parmi d'autres, comme celles d'Italie, les plus anciennes, au point de vue des impôts, des tributs, des aménagements routiers... Mais nous pouvons aussi distinguer les provinces qui sont le plus sous influence romaine – mode de vie méditerranéen, parler latin ou grec, culture de l'olivier et de la vigne... - comme celles de Grèce ; ou des provinces plus éloignées comme les Trois Gaules, avec une tradition, une culture et une religion différentes et surtout plus proches des Celtes, grand peuple du nord de l'Europe.

 

LES CITES DANS LE MONDE ROMAIN

 

- Tout comme dans le monde grec, le territoire de l'Empire est composé de cités, que l'on appelle une civitas, qui ne sont pas libres, mais qui forment une fédération de cités sous emprise romaine. Chaque cité se subdivise en un centre-ville plus ou moins peuplé, organisé autour d'un forum ; d'un territoire défini, avec des espaces cultivables ; d'une série d'institutions précises, importées par la conquête romaine ou conservées de traditions d'avant la conquête.

 

- Selon le même modèle que les provinces, trois catégories de cités sont à distinguer :

1. Cité de droit romain : au sein de celles-ci, les habitants possèdent la citoyenneté romaine de plein droit, et copient les institutions de Rome à l'échelle de la civitas.

 

2. Cités de droit latin : les habitants ne possèdent que la citoyenneté de leur cité, et non celle romaine. Il existe cependant des voies de promotions sociales très ancrées, à travers les magistratures dans les institutions locales : le pouvoir romain accorde progressivement la citoyenneté à ceux ayant exercé des fonctions honorable dans leur cité, de manière systématique. C'est ce qu'on appelle une promotion civique, qui existe encore aujourd'hui, en France, après un fait considéré comme extraordinaire accompli par un étranger.

 

3. Cités de droit pérégrin : elles sont peuplées d'habitants n'ayant que la citoyenneté locale, et non romaine. Elles sont étrangères pour le pouvoir central romain, et peuvent donc conserver leurs lois et institutions d'avant la conquête. Cependant, elles doivent payer un lourd tribut sous forme d'impôt à Rome.

 

L'INTEGRATION DES NOUVELLES PROVINCES

 

- Avec la puissance militaire romaine, le territoire de l'Empire est en croissance jusqu'à la fin du IIème siècle. La question se pose alors sur l'intégration des nouvelles provinces avec celles déjà existantes. Les nouvelles populations proviennent de cultures très différentes – comme en Gaule, ou en Palestine, de par leur croyance au judaïsme – et l'unification des terres autour de Rome n'est pas forcément aisée.

 

- Tout d'abord, Rome souhaite créer de nouvelles grandes cités dans ces ensembles territoriaux, formant des relais au pouvoir, au commerce, mais aussi à l'armée en campagne. Ces créations ex nihilo se déroule suivant le même schéma que lors de la création de Rome, autour de rites de fondations, d'une délimitation des limites de la nouvelle civitas ainsi que de la mise en place du cardo, du decumanus (ce sont les deux routes principales dans chaque ville romaine, l'une est d'axe nord-sud tandis que l'autre est orienté ouest-est) et du forum. Auguste est à l'initiative de nombreuses fondations, comme celle d'Augustodunum – l'actuelle ville d'Autun – en -16. Lugdunum a été créée aussi ex nihilo par Plancus, général romain, sous ordre du Sénat, en -44.

 

- Le pouvoir central doit, ensuite, disposer d'un réseau routier efficace dans le but d'assurer le transport des troupes et le commerce dans les nouvelles provinces fraîchement conquises entre les différentes civitates de l'Empire. C'est ainsi qu'il procède en Gaule, par la mise en place d'un réseau dense et à grande échelle, avec la Via Agrippa, reliant les villes principales des Trois Gaules.

 

- Enfin, certaines provinces acquièrent des statuts privilégiés, comme celles de Gaule : la Table Claudienne, retranscrivant le discours de Claude de 47-48, donne aux habitants hommes des cités gauloises la citoyenneté romaine, ainsi que tous les droits alors exclusifs aux Romains, comme celui de siéger au Sénat.

 

LES INSTITUTIONS DE ROME ET SES CITOYENS

DES INSTITUTIONS IMPERIALES

 

- Dans le monde romain impérial, donc après la conquête du pouvoir par Auguste en -27, c'est bien l'Imperator – l'Empereur – qui détient la majorité des pouvoirs : il dirige les armées, soumet les lois, préside les événements religieux... Il est donc omniprésent à Rome mais aussi dans tout l'Empire, puisqu'il décide de mener la guerre ou non. Par exemple, Auguste lance des légions romaines et un général – l'Empereur peut lui-même mener les combats toutefois – contre les Germains, autour de l'an 9, contre l'avis de certains sénateurs.

 

- De fait, le Sénat perd la place primordiale qu'il avait sous la République : il n'est plus utile pour écrire ou voter les lois, puisque l'Empereur n'a besoin légalement de personne pour le faire. Cette institution demeure toutefois un groupe de prestige, où il faut pouvoir prouver une richesse d'au minimum 1 million de sesterces, et donc réservée aux plus riches. Pour Auguste, conserver le Sénat est nécessaire pour garder l'image d'une République toujours existante, ce qui ne se vérifie plus dans les faits.

 

- Enfin, les hommes peuvent aussi remplir des magistratures diverses, héritage de la période républicaine. Ils peuvent être élus ou désignés par le Sénat. Dans le cas de Rome, ce sont surtout des citoyens qui remplissent de telles fonctions, tandis que pour le reste de l'Empire, les magistratures sont une voie d'accès à la citoyenneté. Les fonctions possibles sont diverses : édiles – ceux chargés de l'ordre public, des approvisionnements en eau... , questeurs – pour les finances, pontife – pour les questions religieuses... Chacun de ces rôles se retrouvent dans les cités de droit latins et à Rome.

 

LES CITOYENS : QUI SONT-ILS ?

 

- Tout d'abord, deux accès sont à envisager pour intégrer la classe des citoyens romains :

1. Être un homme libre né de parents citoyens légalement mariés

2. Être naturalisé, privilège accordé par l'Empereur, pour récompenser des hauts-faits, militaires ou politiques.

 

De fait, les femmes sont exclues de ce statut, tout comme les esclaves de guerre ou les citoyens faits esclaves, à cause d'une décision judiciaire, ou de dettes. Toutefois, contrairement à Athènes, les esclaves affranchis – c'est-à-dire ceux ayant été libérés de leur service par leur maître – deviennent citoyens romains avec des droits restreints. Ce sont leurs enfants qui bénéficient largement de droits romains complets. L'affranchissement des esclaves est une pratique courante à Rome. Enfin, les étrangers sont eux-aussi exclus de ce droit,  même s'ils sont libres. Donc, la société est largement divisée entre ceux étant citoyen et fils de citoyens, et les autres, dont les étrangers, qui, par définition, ne pourront jamais l'être, sauf naturalisation, puisqu'il faut être fils de citoyens – même si la femme n'a aucun droit politique, elle reste fille de citoyen.

 

- Dès lors, les citoyens possèdent de nombreux avantages. Tout d'abord, ils appartiennent aux classes supérieures, et sont donc protégés juridiquement, en demandant directement l'aide de l'Empereur en cas de besoin ; économiquement, avec la possibilité de ne pas payer certains impôts, comme les tributs. Ils jouissent de quelques précieux privilèges, surtout au niveaux des droits civiques. En effet, ils sont les seuls à avoir le droit de propriété, comme à Athènes, l'opportunité de se présenter à des magistratures d’État, ou le droit de se marier avec une fille de citoyen. Afin de les reconnaître dans les sphères publiques, ils portent des attributs qualificatifs, avec la célèbre toge romaine, symbole de leur statut dans la société. Enfin, ils sont identifiés à travers leur tria nomina (définition au dessus).

 

- Cependant, ceux appartenant à cette classe sociale ont aussi des devoirs, surtout d'ordre financier, comme celui de payer des impôts précis, comme sur le droit d'héritage, institué par Auguste, ou sur le commerce. De plus, ils doivent fournir l'armée en soldat, dans les grandes légions de Rome, dans le but d'assurer la permanence de Rome. Enfin, les citoyens doivent participer physiquement et financièrement à la religion polythéiste de la cité, mais aussi au culte de l'empereur.

 

- Cette distinction disparaît quasiment avec l’Édit de Caracalla, en 212, qui donne la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l'Empire. De fait, la nouvelle différence sociale est basée sur la richesse et sur la liberté ou non de l'individu. Cet édit poursuit un mouvement général des naturalisations, et répond à des besoins fiscaux et militaires non négligeables (cf les devoirs de ceux-ci).

 

Donc, Rome devient un Empire avec Auguste, fils adoptif de César, qui conserve le Sénat de façade, mais qui ne possède plus aucun pouvoir, hormis celui de gérer les quelques provinces sénatoriales, et conserve son prestige social, grâce à un cens élevé, excluant de fait les catégories les moins aisées. Ce régime politique n'est pas une démocratie, au contraire.

Cependant, celui-ci subit de lourdes critiques : en effet, il est soumis au bon vouloir de l'Empereur, qui peut être profitable au développement de Rome, comme Auguste ou Hadrien (IIème siècle ap. J-C), ou qui peut déstabiliser l'ensemble, avec Néron par exemple, responsable de nombreux crimes, dont peut-être celui de l'incendie de 64. Au point de vue militaire, l'Empire souffre autant contre les Germains qu'à l'Est, contre l'Empire Sassanide, avec des défaites qui n'étaient que peu connus jusqu'alors.

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