Le Moyen Orient et le pétrole - Histoire Géographie - Bac STMG

Le Moyen Orient et le pétrole - Histoire Géographie - Bac STMG

digiSchool vous propose de télécharger gratuitement ce cours de géographie, consacré au moyen-orient et au pétrole. Cette leçon a été écrite par un professeur de géographie.

Ce cours commence par une présentation du moyen-orient. Ensuite, notre professeur d'histoire géographie vous décrit le moyen-orient et vous explique en détail pourquoi cette région est tant convoitée.

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Le Moyen Orient et le pétrole - Histoire Géographie - Bac  STMG

Le contenu du document

 

 

LE MOYEN-ORIENT, REGION CLE DANS LE JEU ENERGETIQUE MONDIAL DEPUIS LE MILIEU DU XXEME SIECLE

 

La découverte progressive des très importantes ressources pétrolières du Moyen-Orient à partir du début du XXème siècle et les évolutions technologiques dépendantes du pétrole permettent à la région de très vite apparaître comme une zone stratégique primordiale pour les grandes puissances. 

Les premiers gisements de pétrole sont découverts dans la région au début du XXème siècle. Les européens s’investissent dans l’exploitation de cette ressource par le biais de la Turkish Petroleum Company dès 1912. Les premiers gisements exploitables sont découverts dans la région de Mossoul en 1927. Le premier oléoduc est alors construit vers les ports de la Méditerranée pour acheminer le pétrole jusqu’à l’Europe et l’Amérique. Des gisements sont également découverts près des côtes iraniennes dans le Golfe Persique mais surtout en Arabie Saoudite où des compagnies américaines s’attèlent à l’exploitation de ces ressources. Le pétrole du Moyen-Orient révèle très vite ses atouts qui le destinent à l’exportation : facilité d’extraction, bonne qualité et abondance.

Le développement de l’automobile et du transport maritime qui s’accentue après la seconde guerre mondiale dans ce qu’on a appelé « la civilisation de l’automobile » nécessite de plus en plus de pétrole et consacre le rôle énergétique majeur du Moyen-Orient. Ainsi dans les pays industrialisés, 54% du pétrole importé est utilisé pour les transports. La place primordiale de l’or noir dans l’économie mondiale est toujours d’actualité  aujourd’hui même si on peut nuancer quelque peu cette affirmation.

Concernant la production, en 2002 les principaux pays producteurs de pétrole au Moyen-Orient étaient l’Arabie Saoudite (13% de la production mondiale), le Koweït (9 %), l’Iran (5%), l’Irak (4%) et les Emirats Arabes Unis (3%). Les pays de la région totalisent donc environ 34 % de la production mondiale. Concernant les réserves, les chiffres sont encore plus impressionnants avec 66 % des réserves mondiales détenues par les pays de la région. En 2010, ce pourcentage est en légère baisse et vient s’établir à 61,1 %. 

Le pétrole tend également à remplacer son principal rival, le charbon. Si l’on observe le bilan énergétique mondial en 1950, le pétrole représentait 27 % des énergies utilisées, le charbon 62 % et le gaz 10 %. En 1970, le pétrole représentait 48 %, et le gaz 18 % tandis que le charbon tombait à 31 %. Les prévisions pour 2020 tendent à accorder au pétrole 40 % de la part des énergies utilisées. Quant au charbon, il ne représenterait plus que 24 % et le gaz continuerait sa progression en venant à s’établir à 26 %. 

Ces statistiques illustrent bien le besoin pour les grandes puissances de s’assurer le contrôle de ces zones qui recèlent une matière indispensable à leur économie et à leur développement. L’or noir devient alors la cause de nombreux conflits au Moyen-Orient et y entraîne l’intervention de nombreux acteurs qui défendent chacun leurs propres intérêts. 

 

LE MOYEN-ORIENT, UNE REGION CONVOITEE ET INSTABLE

UNE REGION CONVOITEE

Une zone dominée par les puissances occidentales jusqu’aux années 1960.

 

La présence des puissances occidentales dans la région remonte à Napoléon 1er à la fin des années 1790 mais il faudra encore attendre le milieu du siècle suivant pour y voir une réelle domination des occidentaux. 

En effet, l’accentuation de la déliquescence de l’Empire ottoman au XIXème siècle permet aux Britanniques puis aux Français de prendre pied dans la région. Le Royaume-Uni établit un protectorat sur l’Egypte en 1882 puis s’empare des côtes de la péninsule arabique du Yémen au Koweït en passant par Bahreïn, le Qatar et Oman. La dissolution de l’Empire ottoman après la première guerre mondiale permet aux Anglais d’établir leur mandat sur la Palestine, la Transjordanie (actuelle Jordanie) et l’Irak. Quant aux Français, ils obtiennent un mandat sur le Liban et sur la Syrie.  

 

 

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La domination occidentale au Moyen-Orient après le démembrement de l’Empire Ottoman en 1920.

Source : Atlas historique :

http://www.atlas-historique.net/1914-1945/cartes_popups/EmpireOttoman1920GF.html 

 

Une fois implantées dans la région, l’Angleterre et la France découvrent progressivement ses immenses réserves en pétrole (et en gaz) et créent des compagnies pour les exploiter. Ces grosses entreprises naissantes sont rejointes ensuite par des entreprises américaines qui s’implantent fortement dans la région, principalement en Arabie Saoudite où elles y bénéficient en 1945 du monopole de l’exploitation du pétrole grâce au pacte du Quincy entre le président Roosevelt et le roi Ibn Saoud. Cet accord marque le début de la prédominance des Etats-Unis sur la région.

Durant les années 1950 et même 1960, de grandes compagnies, essentiellement anglaises et américaines dominent le marché pétrolier mondial et en contrôlent la production. Ces 7 entreprises (5 américaines et 2 anglaises) sont appelées les Majors. Elles peuvent s’appuyer sur la présence de bases américaines, sur les britanniques qui possèdent encore des protectorats dans la région et sur des gouvernements mis en place aux indépendances qui sont le plus souvent proches des occidentaux comme la monarchie irakienne ou encore l’Iran du Shah.

 

Le renversement des rapports de force en faveur des pays producteurs de pétrole à partir des années 1970. 

Néanmoins la donne change à partir des années 1960. Les premiers gouvernements des pays arabes issus des indépendances sont renversés par des leaders se réclamant le plus souvent du nationalisme et du panarabisme comme le démontre l’arrivée du parti Baas au pouvoir en Irak en 1958 de même qu’en Syrie en 1963. Ces nouvelles élites, à l’image de l’Egypte de Nasser, mettent en place un socialisme arabe qui tente de défendre un non alignement vis-à-vis des deux blocs ; cela induit donc une prise de distance avec les anciennes puissances coloniales. Par ailleurs, les derniers pays de la région encore colonisés accèdent à l’indépendance tels que le Koweït en 1961, le Yémen en 1967, Oman en 1970 ou encore le Qatar, Bahreïn et les Emirats Arabes Unis en 1971, y supprimant ainsi les derniers point d’appui britanniques. 

Les monarchies conservatrices du Golfe (Arabie Saoudite, Qatar, EAU …), de même que les pays arabes progressistes (Syrie, Egypte, Irak …) tentent alors de prendre le contrôle de leurs richesses naturelles au premier rang desquelles figure le pétrole. En 1960, l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) est créée. Elle regroupe progressivement les pays producteurs de pétrole au Moyen Orient plus le Venezuela. A la fin des années 1960, ces pays nationalisent les entreprises pétrolières étrangères présentes sur leur sol et grâce à l’OPEP mettent en place des mesures (quotas) leur permettant de contrôler l’offre sur le marché mondial et donc de faire monter les prix en ajustant la production à la demande mondiale.

 

 

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Source : http://www.les-crises.fr/images/2000-petrole/2000-meteo-petroliere/02-petrole-prix-baril-long.jpg 

 

En raison d’un fort accroissement de la demande de pétrole due à une croissance soutenue des pays occidentaux et communistes, les prix augmentent, accordant ainsi aux pays producteurs une importante rente pétrolière qu’ils investissent dans le développement de leur propre économie. Mais ces pays prennent conscience que le pétrole peut également être une arme politique ; ainsi lors de la guerre du Kippour de 1973 entre Israël et ses voisins arabes, l’embargo de l’OPEP imposé aux pays occidentaux accusés de soutenir l’Etat hébreu provoque une flambée des prix et entraîne le premier choc pétrolier. Les revenus du pétrole augmentent encore et le second choc pétrolier en réaction à la révolution islamique iranienne de 1979 vient une fois de plus rappeler la dépendance du marché mondial aux aléas des évènements géopolitiques de la région. 

L’argent du pétrole permet également une forte augmentation du niveau de vie dans les pays producteurs et particulièrement dans les monarchies du Golfe où un Etat providence généreux permet d’instaurer la paix sociale et d’assurer la pérennité de ces régimes autoritaires.

 

UNE REGION INSTABLE TRAVERSEE PAR DE MULTIPLES CONFLITS AUX ENJEUX DECISIFS

Si le pétrole peut apparaître comme un atout inespéré pour des pays désertiques qui ne disposaient quasiment d’aucune autre ressource, il provoque néanmoins de nombreux conflits. 

 

Durant la guerre froide 

La guerre froide est une période marquée par de très nombreux conflits dans le monde arabe. Le premier d’entre eux est bien sûr le conflit israélo-arabe qui aboutit à 4 guerres (1948, 1956, 1967, 1973) toutes gagnées par les armées israéliennes. Mais on peut également constater l’existence d’une « guerre froide arabe » opposant dans des pays en guerre civile (Yémen, Liban, Oman) des monarchies conservatrices arabes alliées aux occidentaux à des régimes nationalistes et progressistes (Egypte, Syrie, Irak) alliés à l’URSS. 

Ces conflits sont également doublés d’une querelle proprement interne au monde musulman, particulièrement après la révolution islamique iranienne de 1979 qui voit s’opposer un bloc chiite dirigé par l’Iran à un bloc sunnite dominé par l’Arabie Saoudite avec en arrière-plan une lutte pour le contrôle de régions pétrolifères. La guerre Irak-Iran de 1980-1988 s’inscrit pleinement dans ce schéma conflictuel.  

 

Durant la période post-guerre froide.

La fin de la guerre froide à partir de 1989 voit l’apparition d’un monde unipolaire dominé par la superpuissance américaine, qui s’affirme comme le vainqueur de la guerre froide et revendique la naissance d’un « nouvel ordre mondial ». Le premier conflit de cette période est la première guerre du Golfe qui voit s’opposer en 1990-1991 une coalition arabo-occidentale menée par les Etats-Unis avec le soutien de l’ONU à l’Irak qui a envahi le Koweït. Le but est double pour les américains : s’affirmer comme puissance incontestée sur la scène mondiale et empêcher que l’Irak ne mette la main sur près de 9 % des réserves mondiales de pétrole. 

Toutefois, cette domination sans égal des américains dans le monde et dans la région est de courte durée. Avec les attentats du World Trade Center de 2001 et le déclenchement de la « guerre contre le terrorisme » par le président Bush, les américains s’investissent de plus en plus dans la région. Après avoir renversé le régime des talibans en Afghanistan en 2001, ils s’en prennent à l’Irak qu’ils envahissent en 2003, plongeant le pays dans le chaos. Les « printemps arabes » des années 2011-2012 entraînent de nombreux remous au Moyen-Orient et une guerre civile se déclenche en Syrie. Les américains et les occidentaux décident de soutenir les rebelles contre le président Bachar-El-Assad, affaiblissant ainsi le gouvernement central et renforçant les groupes djihadistes, permettant l’avènement d’un « Etat Islamique » dans les régions échappant au pouvoir central des gouvernements de Bagdad et de Damas. 

Le pétrole joue également un rôle déterminant dans ces conflits en constituant le nerf de la guerre car il donne les moyens aux belligérants de poursuivre leurs opérations militaires. 

 

Une région hautement stratégique sous surveillance américaine.

La région étant considérée comme primordiale pour les intérêts et la sécurité des Etats-Unis, ceux-ci y déploient des moyens importants pour y limiter ou y éliminer les éventuelles menaces. 

 

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Source : Médiapart.

 

Un dispositif militaire américain dédié à la sécurisation des routes du pétrole et des sources d’approvisionnement.

Le budget de défense américain étant plus important que celui de tous les autres pays de la planète additionnés, les forces armées américaines ont les moyens de leurs ambitions. Deux flottes américaines assurent la sécurité des routes du pétrole, particulièrement dans le Golfe Persique, dans la Mer Rouge et à proximité d’Etats faibles qui ne parviennent pas à maintenir l’ordre et la sécurité dans leurs eaux territoriales. Ces menaces sont particulièrement présentes au large des côtes du Yémen et de la Somalie où les marines américaines et occidentales luttent contre des pirates qui y perturbent le trafic maritime. 

 

Vers une remise en cause et un désengagement du « gendarme américain » de la région ?

On observe depuis la crise économique de 2008, un relatif essoufflement de la puissance américaine qui souffre d’un déficit budgétaire de plus en plus abyssal qui commence à limiter ses moyens à l’international et qui l’incite à diminuer ses interventions extérieures comme l’illustrent le retrait américain d’Irak en décembre 2011 ou encore celui d’Afghanistan en décembre 2014. 

On remarque également une montée en puissance des pays émergents dans la région comme la Chine et la Russie qui viennent contrecarrer quelque peu les intérêts américains dans la région sans vouloir toutefois remettre en cause le rôle de garant de la sécurité des approvisionnements qu’occupent encore les Etats-Unis. 

Le « gendarme américain » qui assurait la sécurité des voies d’approvisionnement en pétrole semble donc vouloir diminuer son engagement au Moyen-Orient afin de réduire les lourdes dépenses qu’incombent cette mission. Reste à savoir si un autre acteur acceptera de prendre le relai dans la région d’ici quelques années ou quelques décennies …. . 

 

Pour aller plus loin voir les deux émissions du Dessous des cartes de Jean-Christophe Victor réalisées en 2002 : 

- Pétrole, quelle dépendance (1/2) https://www.youtube.com/watch?v=C_whJaXgoiA 

- Pétrole, la régulation (2/2) https://www.youtube.com/watch?v=t2uBAozcXXc 

Fin de l'extrait

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