L'Algérie de 1954 à 1962 - Histoire - Terminale STMG

L'Algérie de 1954 à 1962 - Histoire - Terminale STMG

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Cette fiche est consacrée à la seconde question au choix du thème 2 du programme d’histoire. Le programme officiel précise que le professeur doit étudier le processus de décolonisation de l’Algérie, dont le statut est singulier au sein de l’empire colonial français. L’analyse des conditions de l’accès de l’Algérie à l’indépendance doit ensuite permettre de comprendre les relations diplomatiques actuelles complexes avec la France.

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L'Algérie de 1954 à 1962 - Histoire - Terminale STMG

Le contenu du document

Cette fiche est consacrée à la seconde question au choix du thème 2 du programme d’histoire. Le programme officiel précise que le professeur doit étudier le processus de décolonisation de l’Algérie, dont le statut est singulier au sein de l’empire colonial français. L’analyse des conditions de l’accès de l’Algérie à l’indépendance doit ensuite permettre de comprendre les relations diplomatiques actuelles complexes avec la France.

PRÉREQUIS

La décolonisation se réalise pour l’essentiel durant les années 1950-1970. Elle est étroitement liée au contexte international du lendemain de la Seconde Guerre mondiale puis à la guerre froide. Il convient donc de connaître les grandes phases de ces relations internationales (thème 1 du programme d’histoire).

L’étude de l’indépendance de l’Algérie (1954-1962) s’inscrit dans le processus de décolonisation et illustre la violence des conflits qui ont parfois permis aux colonies de devenir de nouveaux États indépendants.

OBJECTIFS

Après la lecture de cette fiche, vous devez avoir renforcé votre maîtrise des notions suivantes : anticolonialisme, décolonisation, développement, Tiers-monde.

Vous devez pouvoir caractériser la situation de l’Algérie à la veille de la guerre d’indépendance, puis identifier les grandes phases de la guerre d’Algérie, et finalement expliquer les impacts de cette guerre sur la diplomatie actuelle entre la France et l’Algérie.

Introduction

L’Algérie est progressivement conquise de 1830 à 1900. La première expédition est lancée par le roi Charles X en 1830. Les différents régimes politiques qui se succèdent en France agrandissent les possessions françaises qui se limitent au départ aux villes côtières (Oran, Alger, Bougie). Cette conquête rencontre des oppositions, notamment celle de l’émir Abdel Kader qui prend la tête d’un mouvement insurrectionnel contre la présence française. Le pays ne sera définitivement pacifié qu’à la fin des années 1890.

Le 8 mai 1945, alors que des réjouissances populaires sont organisées de partout dans le pays pour célébrer la victoire des Alliés sur le nazisme, des manifestants brandissent des drapeaux algériens à Sétif et Guelma. La répression française est très dure et la France montre fermement qu’elle n’accepte pas d’évolution pour le territoire. Cet évènement marque la première grosse contestation de la présence française en Algérie.

Problématique

  • Quels sont les différents aspects de la guerre d’Algérie entre 1954 et 1962 ? 
  • Quelles sont les répercussions de cette guerre sur les relations actuelles entre la France et l’Algérie ?

Nous étudierons dans un premier temps pourquoi débute une guerre en Algérie, puis comment se déroulent les conflits entre l’Algérie et la France et finalement quels sont les impacts de cette guerre sur les relations entre les deux pays.

I. LA SITUATION DE L’ALGÉRIE EST SINGULIÈRE AU SEIN DE L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS

A. L’Algérie est une colonie de peuplement

DÉFINITION : Colonie de peuplement. Territoire vers lequel un pays envoie des personnes qui s’y installent durablement.

L’Algérie attire de nombreux Européens. On retrouve des Français, des Espagnols, des Suisses, des Italiens, entre autres. Cette population augmente et représente une part importante de la population locale avec 1 million de personnes en 1936 pour 8 millions de musulmans. 

Le peuplement européen se fait avec des confiscations de terres qui sont redistribuées aux colons européens. Les colons européens sont présents essentiellement sur le littoral et dans les villes. Cette forte présence de colons fait de l’Algérie une possession française singulière.

B. L’Algérie est intégrée au territoire français

L’Algérie n’a pas le statut de colonie. En 1848, le territoire algérien est annexé au territoire français et d’abord divisé en trois départements français : Alger, Oran et Constantine. Le territoire algérien est ensuite découpé en nouveaux départements, également divisés en arrondissements. Les départements sont sous l’autorité d’un gouverneur général, lui-même rattaché au ministre de l’Intérieur.

Le décret Crémieux de 1870 accorde la nationalité française aux juifs d’Algérie ainsi qu’aux musulmans qui le demandent. Mais peu d’autochtones la demandent car cela les conduirait à renoncer à certaines de leurs pratiques traditionnelles (polygamie, pratiques traditionnelles musulmanes…). 

Les habitants d’Algérie auront tous la citoyenneté française en 1947, mais celle-ci n’est que formelle. Mais le statut de 1947 n’entérine aucune égalité des droits entre les citoyens venus de France et ceux algériens. Ainsi, pour les élections, sont distingués deux collèges électoraux : le premier constitué de 900 000 Européens élit 60 représentants à l’Assemblée algérienne, tandis que le second collège qui réunit 9 millions de musulmans élit également 60 représentants à cette assemblée.

II. LA GUERRE D’INDÉPENDANCE (1954-1962)

A. Les revendications pour l’indépendance s’intensifient au lendemain de la Seconde Guerre mondiale

Outre leur désir d’indépendance, les Algériens ne supportent plus les inégalités de conditions de vie. Le revenu annuel moyen par habitant est 12 fois moins élevé pour les musulmans. Le taux de mortalité infantile est 4 fois plus élevé chez les populations indigènes, le taux de scolarisation de leurs enfants dans le primaire est 7 fois moins élevé.

DÉFINITION : Mortalité infantile. Statistique qui rend compte du nombre d’enfants morts avant l’âge d’un an par rapport au nombre de naissances (chiffres donnés pour 1000 naissances par an).

Les musulmans possèdent certes la majorité des terres, mais ont été repoussés sur les moins favorables à l’agriculture et à l’élevage, tandis que la majorité des Européens vit en ville où ils exercent des postes de salariés, d’artisans, de commerçants, de fonctionnaires ou des professions libérales. Les postes de responsabilités sont tous réservés aux Européens et à quelques notables locaux.

B. Du début de la guerre à la fin de la IVe République (1954-1958)

En 1949, un évènement à priori banal a lieu : il s’agit du braquage de la poste d’Oran. Mais l’argent de ce braquage permet de financer l’achat d’armes pour les indépendantistes algériens. Ceux-ci organisent une multitude d’attentats le 1er novembre 1954 : c’est le début de la guerre d’Algérie

Les autorités françaises croient avoir affaire à de simples révoltes mais se rendent rapidement compte que c’est le début d’une rébellion généralisée. Cette guerre que l’on appelle « les évènements d’Algérie » du côté français devient une guerre meurtrière qui met en difficulté la France, qui engage le contingent (les conscrits) à partir de 1956. 

Malgré la présence de centaines de milliers d’hommes, la France peine à maintenir l’ordre et les forces rebelles gagnent de l’influence dans la population musulmane qui se joint progressivement au FLN (Front de Libération Nationale) par conviction ou par crainte de représailles des rebelles. La torture est utilisée des deux côtés et la haine entre les deux camps est forte.

DÉFINITION : FLN. Le Front de Libération Nationale est un parti politique algérien créé en 1954, qui prône alors la lutte contre la présence française en Algérie.

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Mais la guerre tourne mal sur le plan militaire pour le FLN dont les forces armées sont très inférieures aux forces françaises. La bataille d’Alger en 1957 permet aux forces françaises d’éradiquer les cellules du FLN qui faisaient régner la terreur avec des attentats à la bombe à Alger. Les pouvoirs de police sont remis entre les mains de l’armée (en l’occurrence les parachutistes) qui utilisent tous les moyens pour démanteler les réseaux de poseurs de bombes et d’activistes rebelles.

Malgré le fait que le conflit tourne à l’avantage de la France qui élimine peu à peu les rebelles sur le plan militaire, sur le plan politique les choses ne sont pas aussi positives. En effet, les partisans d’une solution politique à l’Algérie se font chaque jour plus nombreux en métropole. C’est dans ce contexte qu’arrive à la tête de la présidence du Conseil un homme politique réputé favorable à une autonomie politique pour l’Algérie.

Le 13 Mai 1958, un putsch militaire a lieu en Algérie. Les forces armées d’Algérie s’y rallient en masse et prennent le contrôle de l’Algérie entière. Les militaires n’acceptent pas que l’Algérie, terre française, puisse être abandonnée, ce qui mettrait la population française « de souche » et les musulmans favorables à la France en danger de mort à l’indépendance.

Après s'être emparées de l'Algérie, les forces rebelles françaises s'emparent de la Corse. Les putschistes prévoient de larguer des parachutistes sur Paris pour s'emparer de la ville et prendre le pouvoir. À Paris, c'est la panique au gouvernement et au Parlement. Face à la menace des combats dans Paris même, le gouvernement essaye de négocier avec les putschistes mais sans succès.

A. Du début de la Ve République au cessez-le-feu (octobre 1958-mars 1962)

Le général de Gaulle se dit prêt à revenir au pouvoir. René Coty, le président de la République, se décide à l’appeler au pouvoir le 1er Juin 1958. De Gaulle devient président du Conseil et bénéfice des pleins pouvoirs pour mettre fin à la rébellion des putschistes et élaborer une nouvelle constitution. 

La Ve République est proclamée le 4 octobre 1958. En Algérie, le calme revient. Beaucoup de musulmans se détournent du FLN et on assiste à des scènes de fraternité entre musulmans et français d’Algérie.

DÉFINITION : Constitution. Ensemble des lois qui définissent l’organisation des pouvoirs et les droits fondamentaux des citoyens dans un pays.

De Gaulle semble être attaché au maintien de l’Algérie française dans le giron français, mais change d’avis dès 1959 et commence à essayer de chercher une solution pour l’Algérie. Des négociations sont entamées secrètement avec le FLN, ce qui attise le mécontentement des pieds noirs (les Français d’Algérie non musulmans). En 1960, ceux-ci se révoltent à Alger et organisent pendant une semaine des barricades. On a appelé cet épisode « la semaine des barricades ».

En avril 1961, 4 généraux organisent un putsch en Algérie. Les putschistes exigent le maintien de l’Algérie française et l’arrêt des négociations avec les rebelles algériens. Le général de Gaulle dresse un tableau noir de la situation pour pouvoir utiliser l’article 16 de la constitution qui donne les pleins pouvoirs au Président de la République en temps de crise. 

Les putschistes sont en réalité peu suivis en Algérie par des conscrits qui ne se considèrent pas ou peu concernés par cette guerre. L’attitude dominante est l’attentisme. Mais après le discours de de Gaulle qui condamne fermement les généraux putschistes, la situation tourne mal pour eux. Ceux-ci décident de se rendre et le putsch échoue rapidement. De Gaulle conservera les pleins pouvoirs jusqu’en septembre 1961.

Les négociations se poursuivent et le 19 mars 1962, les accords d'Evian mettent fin à la guerre d'Algérie par un cessez-le-feu. En avril, un référendum fut organisé en France métropolitaine pour l'approbation de ce sessez le feu : celui-ci fut approuvé à 91%. 

On remarquera cependant que les départements d’Algérie furent exclus de ce vote. La politique menée par le général de Gaulle est très contestée en métropole et le premier ministre Michel Debré démissionne en avril 1962.

B. Du cessez-le-feu à l’indépendance (mars 1962-juillet 1962)

Le cessez le feu en Algérie marque en réalité l’apogée des massacres. L’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) composée de pieds noirs prêts à tout pour défendre l’Algérie française et combattue par le gouvernement de Gaulle, organise des attentats en métropole et en Algérie qui font de nombreux morts et tente même d’assassiner le président de la République lors de l’attentat du Petit-Clamart du 22 août 1962. 

Quant au FLN, il ne respecte pas ses engagements et multiplie les enlèvements de pieds-noirs, massacre des musulmans favorables à la France et exécute des centaines de Français. Les soldats français qui respectent le cessez-le-feu ont reçu l’ordre de rester dans leur caserne alors que de nombreux civils français se font massacrés en pleine rue. Cette période est donc celle non pas de la paix mais d’une recrudescence des violences du FLN et de l’OAS.

DÉFINITION : OAS. Organisation Armée Secrète, organisation créée en 1961 pour maintenir la présence française en Algérie, par opposition à la politique de de Gaulle, si besoin par la force (y compris par des attentats).

C. Une indépendance précipitée et sanglante (juillet 1962)

 Un autre référendum fut organisé en Algérie le 1er juillet 1962 sur son éventuelle indépendance. L'indépendance fut approuvée à plus de 99% de la population. Elle fut accordée précipitamment, ce qui accentua le chaos sur place. Les Européens d’Algérie quittent pour la plupart le pays. On a résumé cet exode par « la valise ou le cercueil ». 

Les Européens quittent donc l’Algérie dans des conditions extrêmes en laissant toute leur vie derrière eux et en abandonnant tout ce que leurs ancêtres avaient construit en 132 ans d’histoire.

Quant aux auxiliaires des forces armées qui avaient servi la France pendant la guerre, les harkis, ils furent abandonnés en Algérie par le général de Gaulle et pour la plupart massacrés par le FLN. L'indépendance est proclamée le 4 juillet 1962. Une épuration est alors orchestrée par le FLN qui élimine les partisans réputés favorables à la France.

 

DÉFINITION : Harkis. Musulmans d’Algérie qui combattent pour l’armée française durant la guerre d’Algérie.

            

Les accords d’Évian comportent une clause qui permet à la France de conserver le Sahara pendant 5 ans afin de lui permettre de continuer ses essais nucléaires et ses expériences militaires. La région saharienne sert donc de lieu d’essai à la France qui s’affirme comme puissance nucléaire et rejoint ainsi le cercle fermé des grandes puissances qui disposent de l’arme nucléaire. 

En 1967, conformément aux accords d’Evian, le Sahara est remis entre les mains du gouvernement algérien. Cela marque définitivement la fin de la présence française en Algérie.

I. LES RELATIONS ENTRE LA FRANCE ET L’ALGÉRIE DEMEURENT COMPLEXES DEPUIS L’INDÉPENDANCE

A. Une réconciliation difficile

Les plaies de la guerre d’Algérie restent ouvertes tant au sein de la population algérienne que de celle française.

Après la guerre, l’Algérie se construit en tant que nouvel État indépendant sur la base d’une Constitution (1963) qui valorise l’action du FLN, présenté comme un facteur d’unité de la Nation algérienne. Les rivalités algéro-algériennes sont ainsi tues en fédérant le peuple algérien autour de la victoire contre la France, dont les victimes sont qualifiées de martyrs. Cette vision de la guerre est cristallisée dès lors que le FLN devient parti unique à partir de 1965.

Du côté français, les violences de la guerre d’Algérie sont longtemps passées sous silence, notamment par le général de Gaulle, au nom du rétablissement de l’unité nationale. Les Pieds-Noirs rapatriés en France doivent refaire leur vie dans un pays qu’ils connaissent mal et dans lequel ils ne sont pas toujours bien accueillis. 

Les harkis, rejetés d’Algérie, sont mis au ban de la société. Ce silence ne permet pas de réparer les blessures de la guerre.

B. Une volonté récente d’apaisement

À partir des années 1980-1990, les travaux des historiens algériens et français, parfois dans le cadre de projets communs, ont permis de lever le voile de nombreux événements longtemps occultés des mémoires officielles. Depuis sont organisées des rencontres entre historiens, des colloques.

La volonté de rapprochement est également depuis peu une volonté des responsables politiques français. Ainsi, le 10 juin 1999, l’Assemblée nationale reconnaît l’existence d’une « guerre d’Algérie ». 

En 2012, François Hollande reconnaît la répression policière sanglante organisée en 1961 à Paris contre des manifestants favorables à l’indépendance de l’Algérie. 

En 2018, Emmanuel Macron officialise l’utilisation de la torture, puis le Conseil d’État reconnaît le manque de soutien de l’État français envers un harki.

Conclusion

Cette volonté de partager la mémoire de la guerre d’Algérie a également eu des répercussions sur l’enseignement de la guerre d’Algérie, qui fait son apparition dans les programmes officiels du lycée en 1983. 

La volonté fut peu à peu non seulement de raconter les grandes phases de cette guerre, mais aussi d’initier les élèves à une réflexion sur les différentes mémoires des acteurs de ce conflits : celle du peuple algérien comme celles des Pieds-Noirs, avec le souci de s’affranchir d’une vision trop dogmatique, pour favoriser l’initiation à la complexité du fait historique.

LE PETIT + DANS TA COPIE

  • Utiliser un vocabulaire précis.
  • Situer L’Algérie.
  • Savoir faire le lien avec la fiche sur la décolonisation.
  • Connaître les grandes étapes de la guerre d’Algérie et faire le lien entre le conflit et le retour au pouvoir de Charles de Gaulle, puis la mise en place de la Vème République.
  • Ne pas omettre la question des mémoires de la guerre.

POUR ALLER PLUS LOIN …

  • Un numéro de La Documentation photographique, propose de nombreux exemples précis et illustrés :
    • Raphaëlle Branche, Sylvie Thénault, « La Guerre d’Algérie », n°8022, Documentation photographique, La Documentation française, Août 2001.
Fin de l'extrait

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