Europe, Europes, un continent entre unité et diversité - Histoire Géographie - Première STMG

Europe, Europes, un continent entre unité et diversité - Histoire Géographie - Première STMG

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Europe, Europes, un continent entre unité et diversité - Histoire Géographie - Première STMG

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Ce cours gratuit est divisé en 4 grandes parties : la première est consacrée à la délimitation et à la caractérisation de l'Europe; la seconde partie pose la question des cultures en Europe; la troisième partie porte sur les différents niveaux de développement des Etats Européens; enfin, la dernière partie est dédiée à la faible lisibilité géopolitique de l'Europe.

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Une Europe géographique à délimiter et à caractériser

L’Europe n’est pas à proprement parler un continent, il s’agit en fait de l’Eurasie : vaste étendue de terres, entourée d’eau. Cependant, l’expression de « continent européen » est largement utilisée, il faut en préciser le sens en indiquant quelles sont les limites de cet espace.

L’Europe apparaît d’abord comme une péninsule bordée de mers et un océan à l’Ouest. Ses 40 000 km de littoraux ont favorisé l’implantation de ports anciens lorsque les sites étaient favorables : dans la baie de Naples par exemple, d’autres ports plus jeunes ont bâti progressivement leur puissance : Rotterdam dans l’estuaire du Rhin.

Si les limites de l’Europe sont nettes à l’Ouest et au Sud, elles sont à l’Est la conséquence de choix humains. Les limites les plus traditionnellement reconnues remontent au XVIIIe siècle et sont imposées progressivement par le Tsar Pierre le Grand. Cet amoureux de la culture européenne, charge ses géographes de tracer des limites de l’Europe qui intégreraient Moscou. L’Oural, chaîne de montagne assez peu élevée, orientée Nord-Sud est alors proposée comme une « frontière naturelle ». Il suffit ensuite de poursuivre le tracé en direction du Sud. Au vu des circonvolutions de ces lignes, on comprend que ces frontières sont le choix des hommes. Elles ont parfois été contestées comme étant assez arbitraires.

Le continent européen appartient à la zone tempérée, bien que les situations puissent être assez différentes d’un territoire à l’autre. Au-delà du 50ème degré de latitude nord (voir carte), c’est plutôt un climat continental avec des hivers froids et enneigés qui prédominent. Sur les littoraux de l’Ouest, le climat à tendance océanique se développe, les hivers sont frais, l’amplitude thermique entre les saisons est la moins élevée. Ce climat perd de son influence en pénétrant dans les terres. Au sud du 43ème degré de latitude le climat méditerranéen s’impose sauf dans les zones de montagnes, les étés sont chauds et orageux, les hivers assez doux.

L’Europe est un foyer de population ancien, ce qui explique l’importance des réseaux de communication et le maillage des villes sur les territoires, qui se sont progressivement constitués. Les paysages ruraux ne sont pas non plus « naturels », ils sont le résultat de travaux qu’ont menés les hommes depuis des siècles : cultures, labours, élevages ont façonné et aménagé les territoires européens.

Aujourd’hui, ces territoires doivent poursuivre leur aménagement en relevant les défis de l’accessibilité tout en prenant en compte le développement durable.

http://aurelienloriau.free.fr/quatri%E8me/geographie/l'europe/images/limites.jpg

 

Une ou des Europes culturelles ?

Le terme d’Europe apparaît à la fin de la Renaissance, au XVIe siècle. Jusqu’alors, on utilise le terme de « chrétienté » qui correspond grosso modo à l’espace précédemment défini. Alors que les Ottomans menacent les chrétiens d’invasion en cette fin de Moyen Age, ceux-ci prennent conscience de leur identité et de l’espace qui y est associé.

Pourtant, des divisions existent déjà au sein de la chrétienté depuis le XIIème siècle. A l’Ouest, les catholiques sont très majoritaires. A l’est et au sud des Balkans ce sont les orthodoxes. Depuis le XVI siècle, les protestants sont présents au centre et au nord du continent. Les minorités juives, musulmanes sont très peu importantes, sauf en Albanie, en Macédoine et en Bosnie pour l’islam.

Les musulmans vont croître avec les vagues successives d’immigration dans la deuxième moitié du XXe siècle. L’islam est aujourd’hui la deuxième religion de grands pays européens : la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni notamment. Surtout, la montée en puissance des non-croyants et le vieillissement des populations chrétiennes font qu’au XXIème siècle il n’est plus possible ni pertinent d’associer « chrétienté » et « Europe ». Le fait que pour la 1ère fois de son histoire, la papauté ait élu un argentin comme évêque de Rome, le pape François, traduit au moins que le dynamisme chrétien n’est plus sur le « vieux continent », mais ailleurs.

L’identité européenne peut être définie à partir d’autres critères que religieux, qui caractérisent cette civilisation où l’on retrouve à la fois de l’unité et de la diversité.

Parmi les aspects qui font l’unité du continent, il faut rappeler l’héritage gréco-romain qui est celui des Européens. La Grèce antique a inspiré la démocratie qui est le système politique de tous les États européens quel que soit leur régime, les Romains ont développé le droit.

L’humanisme qui est issu de la Renaissance annonce la philosophie des Lumières et des valeurs comme la connaissance pour le progrès, les droits de l’homme, la liberté, la justice.

Quant aux langues elles peuvent apparaître diverses et nombreuses, plus d’une centaine sont parlées en Europe. Mais, elles peuvent presque toutes être regroupées en trois grandes familles : romane, germanique et slave.

Ces valeurs et caractéristiques anciennes ne suffisent pas cependant à forger une forte identité européenne aujourd’hui. D’une part parce que les cultures nationales et traditionnelles demeurent importantes et d’autre part parce que les Européens confrontés à la crise se défient aujourd’hui d’une Europe confondues ici avec l’Union européenne qu’ils associent à leurs difficultés: c’est l’euroscepticisme. L’existence d’une citoyenneté européenne, pour les ressortissants des 28 États membres de l’UE en 2015, n’a pas beaucoup fait changer les choses sur ce plan. Enfin, il faut rappeler que les Européens sont soumis aussi à d’autres influences culturelles où certains se reconnaissent davantage.

L’Europe est en effet au cœur de la mondialisation et reste à l’échelle mondiale un bassin d’immigration important. Le brassage de ses populations accentue la diversité au sein des sociétés de ce continent.

Qu’il s’agisse de l’Europe continentale avec ses 42 États, de l’Atlantique à l’Oural, ou de l’Union européenne, cet espace est majoritairement celui des citadins. Les Européens vivent en effet d’abord dans les villes, avec un taux moyen d’urbanisation de 75% contre 52% pour la moyenne mondiale actuelle. Paris et Londres sont des villes mondiales au sein de la mégalopole. Aux marges de l’Europe, Moscou et Istanbul constituent des villes de 1ère importance, même si la seconde n’est pas totalement considérée comme européenne.

Les Européens vivent majoritairement dans les grandes vallées et sur les littoraux qui sont les espaces les plus densément peuplés. L’Europe continentale compte plus de 740 millions d’habitants aujourd’hui tandis qu’au sein de l’Union européenne on trouve 508 millions de personnes en 2015. En excluant la Russie, les densités moyennes se situent autour de 100 habitants au km², ce qui est assez élevé par rapport aux autres continents.

Cependant, la vie en ville génère des nuisances quotidiennes, en matière de transports, d’environnement, de problèmes sociaux… qui apparaissent comme autant de défis à relever par des sociétés européennes vieillissantes.

En effet, les Européens ne font plus assez d’enfants, le dynamisme démographique quand il existe est le fait de population d’origine étrangère. Quelques pays comme la France, l’Irlande conserve des indices de fécondité encore assez élevés : 2 enfants par femme, mais d’autres comme l’Allemagne, l’Italie avec des taux en dessous de 1.5 sont confrontés aux problèmes de vieillissement de leur population et de baisse démographique inéluctable. Si l’Europe continue de gagner des habitants aujourd’hui, c’est grâce à son solde migratoire positif.

 

Des États au niveau de développement varié

L’Europe attire des millions de migrants chaque année, notamment les États de l’Ouest, parce que le niveau de vie de ses habitants est un des plus élevés du monde. L’Union européenne fait partie intégrante de la Triade et assure en 2012 encore 24% de la production mondiale, elle reste de loin et devant la Chine le 1er pôle commercial mondial en 2015. Ses capacités d’innovation en matière de haute technologie font de l’Europe un concurrent direct des États-Unis dans l’aéronautique par exemple entre Airbus et son rival américain Boeing.

L’Europe est aussi un pôle touristique majeur, premier bassin récepteur de touristes au monde. La France est le pays qui accueille depuis plusieurs années le plus de touristes étrangers : près de 85 millions en 2013. Tout le bassin méditerranéen européen est une zone touristique, outre l’héliotropisme – attractivité liée au soleil- les touristes du monde entier sont attirés ici par un patrimoine monumental unique au monde.

L’organisation de l’espace européen à partir de différents indicateurs montre bien les disparités entre les différents territoires. L’espace rhénan apparait comme le cœur ou le centre d’une mégalopole qui s’étend du nord de Londres à Milan, en grande partie en suivant la vallée du Rhin. En effet, les activités, les densités, les niveaux de vie sont ici plus importants qu’ailleurs. C’est là aussi que sont prises la majeure partie des décisions politiques et économiques qui vont s’appliquer au reste du continent. Cet espace est aussi celui des réseaux de transports les plus denses, ils constituent une interface majeure avec le reste du monde en même temps qu’ils relient Europe du Nord et Europe du Sud.

Les périphéries méditerranéenne – de Malaga à Athènes- et atlantique – de Lisbonne à Glasgow- constituent des zones moins développées mais qui disposent d’atouts : tourisme, agriculture, solidarité interrégionale…qui leur permettent d’apparaître comme des périphéries intégrées ou rattachées au centre. Les transports jouent à nouveau un rôle important, le développement des grands axes doit favoriser l’essor de nouvelles activités.

Au Nord, les très faibles densités caractérisent des espaces marginalisés. A l’Est, le niveau de vie bien moins élevé signale qu’on a affaire à des territoires où les déséquilibres sociaux économiques au sein d’une même population peuvent-être les plus élevés. Des États baltes à la Bulgarie l’IDH (indice de développement humain) est le plus faible de l’UE, entre 0.8 et 0.7 quand il dépasse toujours 0.85 ailleurs, pour 2012.

http://geobunnik.over-blog.fr/tag/crpe%20ajaccio/

Il faut rappeler enfin qu’il existe au sein de l’Union européenne des espaces ultrapériphériques. Il s’agit des vestiges des empires, britannique, portugais, espagnol et français: départements et régions d’outre-mer, régions autonomes… là, les niveaux de vie sont presque toujours plus faibles que sur le continent, ces territoires bénéficient de subventions importantes pour réduire des écarts qui demeurent grands.

 

Une faible lisibilité géopolitique

Le morcellement du continent européen en plus d’une quarantaine d’États a pour conséquence une absence de positions communes trop fréquente. Ainsi, même au cœur de l’Union européenne, le processus d’intégration politique n’est pas du tout achevé et il n’est pas rare de voir des États membres contester la politique que Bruxelles veut mettre en place. C’est dans la capitale belge en effet, que siège l’organe exécutif de l’UE : la commission européenne.

Plus gênant encore, dans le cadre des relations internationales, l’Union européenne et encore moins l’Europe, ne s’expriment d’une même voix. A propos de la Guerre du Golfe en 2003, certains États de l’UE ont participé à la coalition menée par les Américains, d’autres non et l’ont même critiquée. Dans ces conditions, il est difficile de promouvoir des politiques réellement communes. En matière de défense militaire, c’est l’OTAN qui se charge d’assurer la sécurité des Européens. Sur la question de l’entrée de la Turquie dans l’Union, les Européens sont aussi divisés.

Lauréate du prix Nobel de la paix en 2012, les médias se sont demandé qui l’Union européenne allait-elle envoyer à Oslo pour recevoir cette récompense ? Finalement ce furent trois personnes qui représentèrent l’ensemble des États membres.

Si la puissance économique de l’Union européenne demeure incontestable à l’heure actuelle malgré des taux de croissance assez faibles, son poids politique reste fragile à cause des divisions qui caractérisent le plus souvent les positions des États membres.

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