L'élection présidentielle, enjeu majeur de la vie politique française - Histoire Géographie - Bac STMG

L'élection présidentielle, enjeu majeur de la vie politique française - Histoire Géographie - Bac STMG

Découvrez ce cours d'histoire niveau terminale STMG, consacré aux élections présidentielles. Cette leçon, qui a été rédigée par notre professeur, fait partie du programme de terminale STMG.

Dans un premier temps, notre professeur revient sur le référendum du 28 octobre 1962. Ensuite, vous verrez l'évolution du comportement électoral. Enfin, ce cours se termine par la présentation des principaux partis politiques, et le poids des médias dans les élections.

Téléchargez gratuitement ce cours d'histoire consacré aux élections présidentielles.

Document rédigé par un prof L'élection présidentielle, enjeu majeur de la vie politique française - Histoire Géographie - Bac STMG

Le contenu du document


 

LE REFERENDUM DU 28 OCTOBRE 1962 ETABLISSANT L’ELECTION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE AU SUFFRAGE UNIVERSEL DIRECT. 

 

LA REFORME CONSTITUTIONNELLE.

La constitution du 4 octobre 1958 définit le mode d’élection du président de la République à son article 6 : « Le président de la République est élu pour sept ans par un collège électoral comprenant les membres du Parlement, des conseils généraux et des assemblées des Territoires d'Outre-Mer, ainsi que les représentants élus des conseils municipaux ». Le président est alors élu au suffrage universel indirect. 

La guerre d’Algérie vient placer le président au cœur du processus décisionnel et consacre sa nouvelle importance par rapport au régime précédent. Le putsch militaire d’avril 1961 entraîne l’utilisation de l’article 16 de la constitution qui accorde les pleins pouvoirs (ou de très larges pouvoirs) au président de la République afin de résoudre cette crise. L’attentat perpétré en août 1962 par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) contre le général de Gaulle en réponse à sa politique algérienne fait naître chez lui la volonté de renforcer sa légitimité démocratique à l’aide du scrutin universel direct. 

Le général de Gaulle étudie alors les modalités de cette très importante réforme constitutionnelle. L’article 89 permet de modifier la constitution mais avec l’accord des deux assemblées qui sont hostiles à cette réforme qui renforce le pouvoir exécutif. Le 12 septembre 1962, le président décide donc de recourir au référendum prévu par l’article 11 de la constitution. Tous les partis se dressent contre ce choix (à l’exception des gaullistes) et parviennent même à renverser le gouvernement de Georges Pompidou par une motion de censure le 5 octobre 1962. En réponse, le président dissout l’assemblée nationale. 

Le référendum organisé le 28 octobre 1962 voit la victoire du « oui » qui l’emporte à 62,2%. L’adoption de cette réforme et donc le désaveu des partis qui l’ont combattu ainsi que la dissolution de l’assemblée nationale marquent la fin définitive de la logique « politicienne » qui régnait lors des IIIème et IVème République et la manifestation de la prédominance du pouvoir exécutif sur le pouvoir législatif.

 

LE RENFORCEMENT DU POUVOIR PRESIDENTIEL.

Cette nouvelle légitimité accordée par le peuple au chef de l’Etat par le biais du suffrage universel direct ne fait que consacrer un peu plus la prééminence du chef de l’Etat dans les institutions de la Vème République. De Gaulle déclarait d’ailleurs en 1965 dans une conférence de presse : « D'ailleurs, qui a jamais cru que le général de Gaulle étant appelé à la barre devrait se contenter d'inaugurer les chrysanthèmes... ». Le président est donc désormais le représentant direct de la nation car il est élu, contrairement aux députés, directement par l’ensemble du pays. L’assemblée nationale n’est donc plus la seule institution représentant directement le peuple. L’équilibre institutionnel du régime est donc profondément modifié en faveur d’une lecture présidentialiste des institutions. 

L’ELECTION PRESIDENTIELLE, ELEMENT CENTRAL DE LA VIE POLITIQUE FRANÇAISE.

La réforme constitutionnelle de 1962 place de ce fait l’élection présidentielle au cœur de la vie politique française.

 

L’ELECTION TOTALISANT LE TAUX DE PARTICIPATION LE PLUS ELEVE.

Depuis la première élection présidentielle au suffrage universel direct en 1965 jusqu’à celle de 2012, on constate un taux de participation élevé comparé à d’autres élections comme les élections européennes qui totalisaient en 2014 une abstention de 57,57 % ou encore plus récemment au premier tour des élections départementales de mars 2015 qui comptaient une abstention de 49,83%. On remarquera également que le second tour a plutôt tendance à plus intéresser les électeurs que le premier. Ainsi le taux d’abstention au premier tour de l’élection présidentielle de 2012 s’élevait à 20,52 % contre 19,65 % au second tour. 

La forte audience des débats télévisés précédant l’élection présidentielle est révélatrice de cet intérêt que portent les français à cette élection. Le débat du second tour est particulièrement plébiscité : il s’agit pour les citoyens de regarder le candidat qu’ils ont choisi et qu’ils soutiennent écraser son adversaire, ce qui n’arrive jamais en pratique. Ce débat est donc le rendez-vous majeur de l’élection présidentielle et symbolise la vigueur et la force de l’affrontement démocratique.

 

histoire-geo-election-presidentielle-stmg

 

Source : http://www.rtl.fr/actu/politique/hollande-elu-revivez-la-premiere-journee-d-apres-second-tour-7747870759. 

 

UNE ELECTION AUX ENJEUX DETERMINANTS.

Ce fort taux de participation comparé aux autres élections françaises s’explique par la hauteur des enjeux. En effet, le choix du président de la République conditionne la nature des orientations politiques qui seront menées dans les 5 années suivantes. Les programmes des candidats sont alors scrutés par les électeurs. Ceux-ci examinent les solutions proposées aux problèmes qu’ils traversent ainsi que plus largement aux choix d’avenirs qui engageront le pays. 

 

L’EVOLUTION DU COMPORTEMENT ELECTORAL.

 

Le comportement électoral a beaucoup évolué depuis les débuts de la cinquième République. On avait alors un vote dit « de classes » qui faisait que l’on votait constamment pour le même parti dans le respect de la tradition familiale. C’était par exemple le cas du vote communiste qui se « transmettait » de père en fils. La condition de l’individu déterminait son vote. Ainsi les ouvriers votaient majoritairement pour le Parti communiste français tandis que les agriculteurs étaient plutôt à droite. Ce type de schéma sociologique permettait une relative stabilité de l’assise électorale des partis. 

Toutefois le comportement électoral a radicalement changé à partir des années 1990. En effet, on remarque une nouvelle dynamique à partir de cette période qui privilégie une logique que l’on pourrait qualifier d’individuelle avec un vote flexible qui s’adapte aux enjeux et aux candidats au détriment du vote de classe d’antan. Pour exemple, une personne votant à droite pour une élection peut très voter à gauche pour l’élection d’après et inversement. Un sondage effectué en janvier 2012 révélait que le vote au premier tour de l’élection présidentielle dépendait à 56 % du programme du candidat, à 19 % de sa personnalité, à 18 % de son parti et à 7 % d’autres raisons. 

Cette profonde mutation du comportement des électeurs qui rationnalisent progressivement leurs votes induit plus d’incertitudes qu’auparavant et n’assure pas une victoire programmée aux partis qui doivent davantage se mobiliser pour les élections, notamment la plus importante, l’élection présidentielle.

 

LES PARTIS AU CŒUR DE L’ELECTION PRESIDENTIELLE.

 

L’EVOLUTION DU ROLE DES PARTIS.

En janvier 1946, Charles de Gaulle démissionnait de son poste de président de la République afin de contester la mainmise du système des partis sur le pouvoir. Ces derniers se partageront en effet le pouvoir durant toute la quatrième République renversant les gouvernements successifs au gré des alliances et des tractations politiques. On comptera ainsi 24 gouvernements de 1947 à 1958 du fait de ces « jeux de partis ». 

La donne change sous la cinquième République. Les « magouilles politiciennes » laissent la place à des partis disciplinés. De plus, le scrutin majoritaire à deux tours permet une meilleure stabilité des gouvernements successifs. Ainsi, de 1958 à aujourd’hui on ne compte que 1 motion de censure ayant aboutie, celle qui renversa le premier ministre Pompidou en 1962. 

Le rôle des partis évolue aussi profondément. Ceux-ci avaient auparavant 3 fonctions principales : la définition des programmes politiques, l’intégration sociale des militants et la sélection des candidats. La transformation interne des partis qui ne sont plus des organes de militants mais des organes d’élus met au second plan la définition de nouvelles idées qui sont désormais de plus en plus définies en externe par des experts dans des « laboratoires d’idées » appelés aussi communément think-tanks. 

Quant à la sélection des candidats pour l’élection présidentielle, elle diffère selon les partis et selon leurs traditions démocratiques mais la tendance est de plus en plus marquée en faveur des primaires. Au sein du Parti socialiste, le candidat était désigné par le parti jusqu’en 2002. En 2007, des primaires internes ont été organisées et en 2012 ces primaires ont été élargies à tous les sympathisants de la gauche (primaires ouvertes). Concernant l’UMP, le candidat est désigné par le parti.

 

UN DUEL DE PARTIS.

Les partis politiques constituent la structure essentielle permettant de désigner le candidat à l’élection présidentielle. Ils se doivent donc d’offrir le meilleur projet possible pour faire face à la concurrence adverse. Celle-ci a changé de visage depuis quelques années. En effet, alors que le paysage politique français était façonné par le bipartisme (UMP-PS), la montée d’un troisième parti à partir de 2011, le FN, vient remettre en cause ce schéma. Les dernières élections (européennes de 2014, départementales de 2015) confirment la solidité de cette dynamique. On parle désormais de tripartisme pour qualifier la vie politique française avec 3 partis (UMP, PS, FN) qui se partagent le pouvoir. Reste à savoir si cette configuration politique sera durable ou non.

 

election-presidentielle-enjeu-majeur-en-france-terminale

 

La Une du quotidien Le monde au lendemain du 1er tour des élections départementales de mars 2015.

Ce nouveau paradigme électoral modifie les caractéristiques de l’alternance démocratique. Alors que jusqu’à récemment, le parti qui n’était pas au pouvoir était presque automatiquement assuré de le retrouver à la prochaine élection, il doit maintenant composer avec le FN qui cherche lui aussi à profiter de « l’usure » du parti au pouvoir. 

 

DES PARTIS MOBILISES POUR L’ELECTION PRESIDENTIELLE.

Les partis politiques sont progressivement devenus des « machines électorales professionnelles »  mobilisant tout leur personnel pour les évènements majeurs comme les élections présidentielles. On trouve 2 types de personnes dans un parti politique : les militants et les adhérents. Les militants sont composés des adhérents qui s’investissent le plus au service du parti (tractage, organisation des meetings, porte à porte etc…) en consacrant beaucoup de leur temps à ses activités. Les adhérents sont composés des personnes qui payent leur cotisation au parti sans participer autant que les militants à sa vie politique. Enfin, les sympathisants sont toutes les personnes en dehors du parti qui partagent ses valeurs.

Les jeunes militants sont les pivots de l’élection présidentielle. Grâce à leurs compétences et à leurs connaissances des médias sociaux, ils peuvent transmettre et retransmettre des informations en temps réel afin de suivre les résultats et d’assurer la visibilité de leur candidat sur internet. Le contrôle de l’information devient donc une caractéristique centrale de l’élection présidentielle, nécessitant des moyens techniques toujours plus performants.

On remarquera que l’Etat joue un grand rôle dans cette élection en garantissant non seulement l’égalité de parole aux candidats dans les médias mais aussi en allouant aux différents partis des subventions qui sont encadrées par des plafonds et minutieusement contrôlées par la commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques. Ces moyens financiers sont utilisés par les partis pour mener leur campagne dans les semaines qui précèdent l’élection présidentielle. Le montant de ces subventions dépend de l’importance du parti et de son score aux élections précédentes. 

 

UNE ELECTION FAÇONNEE PAR LES MEDIAS.

 

Alors que la presse écrite et la radio étaient jusqu’aux années 1960 les deux seuls médias qui structuraient la vie politique française, la télévision et surtout internet ont profondément modifié le déroulement et même la nature de l’élection présidentielle, en offrant de nouvelles perspectives aux candidats mais en provoquant aussi des dérives. 

 

DE NOUVELLES OPPORTUNITES MAIS AUSSI DE NOUVELLES CONTRAINTES POUR LES CANDIDATS.

Alors que les candidats devaient il y a quelques décennies faire campagne dans la France entière afin de se faire connaître des électeurs, les réseaux sociaux leur permettent désormais de limiter ces déplacements en organisant principalement des meetings avec les adhérents locaux. Ces meetings viennent remplacer les grands rassemblements populaires d’autrefois. La communication des candidats est ainsi devenue au fil du temps le centre des préoccupations des partis.

L’image s’avère désormais déterminante pour les candidats. L’extrême rapidité de la transmission de l’information les amène à travailler la forme plus que le fond dans un intervalle de temps de plus en plus court. L’engagement des médias s’avère également déterminant et ceux-ci n’hésitent souvent pas à prendre parti pour un candidat, influant ainsi sur le choix de ceux qui les lisent/regardent/écoutent et amenant les candidats à les ménager et à utiliser la « langue de bois ». 

Les médias contraignent également les candidats à réduire leur temps d’« efficacité » au pouvoir en raison de la distance médiatique toujours plus courte entre les élections. C’est pourquoi on dit souvent qu’une fois le président arrivé au pouvoir, il dispose de 3 ans pour faire ses réformes avant de se préparer pour la prochaine élection présidentielle.

 

LES DERIVES D’UNE MEDIATISATION EXCESSIVE ET D’UNE « DICTATURE DES SONDAGES ».

Les élections présidentielles sont depuis quelques années l’objet d’une médiatisation intensive. Les médias rapportent chaque propos ou petite phrase des candidats afin de se mettre en avant. De plus, ils tronquent ou réduisent les propos des candidats en ne relatant qu’une infime partie de ceux-ci suivant leurs convenances ou leur orientation politique. L’image qui est venue remplacer l’imprimé a aussi pour effet de mettre l’accent sur l’émotion plus que sur le raisonnement, diminuant ainsi la pertinence et la richesse du débat démocratique. La rapidité du temps médiatique fait également que lorsqu’une élection est terminée, les médias enchaînent déjà avec la prochaine élection.

Certains dénoncent également une « dictature des sondages ». En effet, ceux-ci jouent un rôle de plus en plus important dans la guerre d’images par médias interposés que se livrent les candidats. Ces derniers leur consacrent alors beaucoup d’importance, les mettant en avant quand ils leur sont favorables et les dénigrant quand ils ne le sont pas.

 

election-presidentielle-france-histoire-geo-stmg

 

L’évolution du nombre de sondages durant les élections présidentielles depuis 1981.

Source : http://www.lemonde.fr/societe/infographie/2007/04/12/le-nombre-de-sondages-en-hausse_895313_3224.html. 

Si les sondages permettent de mesurer l’opinion sur un thème donné à un moment donné,  ils bénéficient d’une importance démesurée depuis quelques années. De plus, ils ne sont pas infaillibles et peuvent selon la manière dont ils sont faits, déformer la réalité et induire les candidats à l’erreur. Pour illustrer cette trop grande crédibilité accordée aux sondages, on remarquera qu’à l’élection présidentielle de 1995, le premier ministre de l’époque, Edouard Balladur était donné gagnant et que finalement il a été battu par son rival, Jacques Chirac.

Fin de l'extrait

Vous devez être connecté pour pouvoir lire la suite

Télécharger ce document gratuitement

Donne ton avis !

Rédige ton avis

Votre commentaire est en attente de validation. Il s'affichera dès qu'un membre de Bac STMG le validera.
Attention, les commentaires doivent avoir un minimum de 50 caractères !
Vous devez donner une note pour valider votre avis.

Chaque semaine recevez des conseils de révisions de la part de votre
coach bac !

Recevoir

Nos infos récentes du Bac STMG

Communauté au top !

Révise ton BAC
Contenus en illimité

Inscription gratuite

Accès gratuit à bacstmg.net pour préparer le bac !

Vous devez être membre de digiSchool bac STMG

Pas encore inscrit ?

Ou identifiez-vous :

Mot de passe oublié ?