De la décolonisation à la mise en place de nouveaux Etats depuis 1945 - Histoire Géo - Terminale STMG

De la décolonisation à la mise en place de nouveaux Etats depuis 1945 - Histoire Géo - Terminale STMG

Découvrez ce cours gratuit d'Histoire niveau Terminale STMG, rédigé par un professeur, sur la décolonisation et la création de nouveaux Etats depuis 1945.

Ce cours complet et détaillé se compose de 5 parties. Vous verrez dans la première partie que le monde était dominé par les puissances européennes en 1945. Vous étudierez ensuite la décolonisation progressive de l'Asie et de l'Afrique, puis les difficiles lendemains de l'Indépendance. La quatrième partie porte sur l'affirmation politique des nouveaux Etats dans le contexte de la guerre froide. Enfin, vous aborderez les fortes inégalités Nord/Sud et Sud/Sud.

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UN MONDE DOMINE PAR LES PUISSANCES EUROPEENNES EN 1945

 

En 1945, les puissances coloniales européennes dominent une large partie du monde. L’Angleterre, la France, la Belgique, l’Italie, le Portugal et l’Espagne contrôlent une bonne partie du continent africain tandis qu’en Asie, les britanniques détiennent encore les Indes. L’Indochine est une possession française, et les Hollandais sont présents dans les Indes néerlandaises (actuelle Indonésie). Au Moyen-Orient, la France exerce son mandat sur le Liban et la Syrie alors que les Britanniques exercent le leur sur la Palestine et la Transjordanie (actuelle Jordanie) auxquelles on peut ajouter de nombreux protectorats dans le Golfe Persique comme Oman, le Koweït, le Qatar, Bahreïn, les Emirats Arabes Unis et le Yémen. 

peut ajouter de nombreux protectorats dans le Golfe Persique comme Oman, le Koweït, le Qatar, Bahreïn, les Emirats Arabes Unis et le Yémen. 

 

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Le monde de l’après-guerre en 1946.

Source : http://www.atlas-historique.net/accueil.html. 

 

On remarquera la diversité des statuts qui viennent régir ces diverses possessions : ainsi les protectorats (comme le Maroc, le Cambodge ou encore le Laos) laissent subsister les régimes locaux (monarchies) mais dans la réalité les puissances coloniales exercent la réalité du pouvoir. Contrairement aux protectorats, les colonies (Congo belge, Niger, Tchad, Tanzanie etc…) sont administrées directement par la métropole. Quant aux mandats (Irak, Liban, Syrie, Namibie etc…), ce sont des territoires dont la gestion a été confiée provisoirement à une puissance dite mandataire. Certains territoires possèdent un statut particulier comme l’Algérie qui est alors partie intégrante de la France et est organisée en départements.

 

LA DECOLONISATION PROGRESSIVE DE L’ASIE ET DE L’AFRIQUE

 

La seconde guerre mondiale vient bouleverser l’ordre mondial. En effet, les puissances européennes, affaiblies par la seconde guerre mondiale, peinent à maintenir leur présence dans leurs possessions et doivent se résigner à accorder à ces territoires leur indépendance sous la pression de mouvements nationalistes, de l’ONU (Organisation des Nations-Unies) mais aussi des deux grandes superpuissances, à savoir l’URSS et les Etats-Unis. 

 

EN ASIE

La première vague des indépendances a lieu en Asie. En effet, de nombreuses possessions européennes ont été occupées par l’armée japonaise durant la guerre, et ceux-ci y ont encouragé les mouvements nationalistes afin de consolider leur présence et de rendre le retour au statu quo d’avant le conflit impossible pour les puissances européennes. 

Ainsi en Indonésie, Sukarno proclame l’indépendance dès 1945, de même que le leader communiste Hô Chi Minh au Vietnam. En Inde, Gandhi et Nehru réclament l’indépendance depuis de nombreuses années et continuent de la revendiquer après la victoire des alliés. 

Les Etats-Unis et l’URSS appuient ces volontés d’indépendance et les puissances européennes doivent finalement concéder l’indépendance de leurs possessions dans la région. Les Philippines, protectorat américain depuis 1898 sont reconnues indépendantes en 1946. En Inde, l’indépendance est accordée par les Anglais en 1947 mais un plan de partition est décidé et 2 Etats voient le jour : l’Inde et le Pakistan, respectivement de majorité hindoue et musulmane. L’indépendance s’accompagne de transferts de populations (les hindouistes vers l’Inde et les musulmans vers le Pakistan) et de massacres qui causent la mort de centaines de milliers de personnes. Ceylan (actuel Sri Lanka) obtient son indépendance en 1948, de même que la Birmanie (futur Myanmar). 

Des guerres ont également lieu dans la région. La guerre d’Indochine oppose de 1946 à 1954 les Français et leurs alliés américains au Viet Minh, mouvement de « libération nationale » communiste soutenu par la Chine et l’URSS. La guerre se termine en 1954 par une défaite française et la partition du pays. De même, une guérilla communiste se développe en Malaisie et est écrasée par les Britanniques qui accordent alors l’indépendance au pays en 1957. En Indonésie, une guerre oppose les Hollandais qui essayent de reprendre le contrôle de leur possession à une guérilla menée par Sukarno. Sous la pression de l’URSS, des Etats-Unis et de l’ONU, les Pays-Bas se résignent à accorder l’indépendance au pays en 1949. 

 

AU MOYEN-ORIENT

Le Moyen-Orient est également touché par la décolonisation dès 1945. Le Liban, la Syrie et la Jordanie sont indépendants en 1946 et la Palestine l’est à son tour en 1947 mais est partagée par l’ONU en deux Etats distincts : Israël et la Palestine mais cette dernière ne sera jamais reconnue comme tel. Le Koweït obtient son indépendance en 1961, le Yémen en 1967, Oman en 1970 et Bahreïn, le Qatar et les Emirats Arabes Unis en 1971. 

 

EN AFRIQUE

En Afrique du Nord, après des troubles, le Maroc et la Tunisie obtiennent leur autonomie en 1954, puis leur indépendance en 1956. L’Algérie, territoire français où 20% de la population est de souche européenne, connaît une guerre de 1954 à 1962 qui se termine par une victoire militaire de la France sur le FLN (Front de Libération Nationale) mais se termine par une défaite politique car le général de Gaulle accorde finalement contre toute attente l’indépendance au territoire.

Les colonies d’Afrique noire française (Mali, Niger, Tchad, Côte d’Ivoire, Gabon etc…) obtiennent leur indépendance en 1960 tandis que les possessions britanniques et belges de la région le seront entre 1960 et 1965. On remarquera toutefois que la Côte de l’Or (actuel Ghana) dirigée par le leader Nkrumah obtient son indépendance de la Grande-Bretagne dès 1957 et que le leader nationaliste guinéen Sékou Touré refuse en 1958 le projet d’autonomie (puis d’indépendance) du général de Gaulle et préfère l’indépendance immédiate, ce qui entraîne le pays dans de très graves difficultés. 

En Afrique australe, les colons blancs, minoritaires, tentent de conserver le pouvoir après l’indépendance au Nyassaland (actuel Malawi), et en Rhodésie du Nord (actuelle Zambie) mais doivent céder le pouvoir devant l’opposition de la majorité noire. En Rhodésie du Sud, les blancs, plus nombreux, proclament unilatéralement l’indépendance en 1965 et instaurent un régime d’Apartheid. Ian Smith, le président élu du pays, doit toutefois céder le pouvoir à la majorité noire en 1980 sous la pression internationale et interne. Par la suite, le pays sera ruiné et la minorité blanche poussée à l’exil ou assassinée sous le régime dictatorial de Robert Mugabe qui est toujours au pouvoir aujourd’hui.

La dernière vague des indépendances africaines a lieu à partir des années 1970. En effet, les Portugais refusent l’indépendance de leurs colonies et des guérillas s’y déclenchent à partir de la première moitié des années 1960. Ces guerres coloniales se termineront en 1974 avec la révolution des œillets au Portugal qui y renversera le régime autoritaire alors en place. La Guinée-Bissau obtient son indépendance en 1974, et les autres possessions portugaises (Angola, Mozambique, îles de Sao Tomé et îles du Cap-Vert) en 1975. Quant au Sahara occidental, il est cédé en 1975 par l’Espagne pour les 2/3 au Maroc et pour le tiers restant à la Mauritanie. Mais un mouvement indépendantiste, le Front Polisario mène une guérilla pour l’indépendance du pays. Le Sahara Occidental sera finalement annexé et progressivement « colonisé » par le Maroc et le conflit s’apaisera en 1991 tandis qu’un référendum doit toujours y être organisé afin de décider de l’avenir du pays. Enfin les Comores (îles à proximité de Madagascar) obtiennent leur indépendance de la France en 1975 par référendum sauf l’île de Mayotte dont les habitants souhaitent rester français ; cette dernière devient alors un territoire d’outre-mer. Djibouti obtient son indépendance de la France après référendum en 1977. Quant à la Namibie, elle deviendra indépendante de l’Afrique du Sud en 1990. 

 

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Le processus de décolonisation

Source : http://www.atlas-historique.net/accueil.html.

 

LES DIFFICILES LENDEMAINS DE L’INDEPENDANCE

A CONSTRUCTION D’ETATS-NATIONS SUR LE MODELE EUROPEEN

A l’indépendance, des projets d’union panafricaine sont lancées par des leaders africains tels Patrice Lumumba ou Kwame Nkrumah mais n’aboutissent pas et débouchent en fait sur la création d’Etats-nations sur le modèle européen (hymne, drapeau, devise, fête nationale etc…). On retrouve le même phénomène au Moyen-Orient où le panarabisme échoue à son tour dans les années 1960. Les nouvelles élites au pouvoir que ce soit en Asie ou en Afrique gardent les frontières héritées de la colonisation, de peur de déclencher des conflits. On trouve néanmoins des exceptions comme la partition de l’Inde en 1947 ou encore celle de la Palestine à la même date. De plus, certains pays s’unissent comme la Somalie ex-britannique et la Somalie ex-italienne en 1960 ou encore le Tanganyika et le Zanzibar en 1964 qui forment dès lors la Tanzanie. 

La langue officielle de ces nouveaux Etats décolonisés est le plus souvent celle héritée des puissances coloniales, ce qui permet de rassembler les différentes ethnies qui parlent de nombreux dialectes. Cela permet également de bénéficier d’une langue qui porte à l’international. Toutefois de nombreux Etats africains valorisent les traditions locales et certains changent même de nom afin de rompre avec les noms « coloniaux » tels le Dahomey qui devient le Bénin en 1975 ou encore le Sud-Ouest africain qui devient la Namibie en 1990. Les noms de ville peuvent également changer à l’image de Léopoldville en République Démocratique du Congo qui devient Kinshasa en 1966 ou encore Fort-Lamy qui devient N’Djamena en 1973. 

 

DES REGIMES INSTABLES ET MENACES DE L’INTERIEUR

Dès leur indépendance, de nombreux Etats africains qui n’ont pour la plupart jamais connu d’existence précoloniale éprouvent de la difficulté à préserver l’ordre et l’unité nationale. Ainsi des mouvements séparatistes invoquant des considérations ethniques, religieuses, culturelles ou historiques tentent de remettre en cause les frontières de certains Etats africains. C’est le cas par exemple au Soudan où le gouvernement de Khartoum affronte une rébellion armée au Sud dans un contexte d’opposition entre un nord majoritairement musulman et un sud majoritairement chrétien et animiste. Le conflit aboutira en 2011 à la sécession du Sud du pays qui formera la République du Sud Soudan. L’Erythrée accèdera également à l’indépendance en 1993 après une longue guerre qui oppose l’Ethiopie et des mouvements armées éthiopiens. Mais le plus souvent les mouvements séparatistes échouent comme au Nigéria durant la guerre du Biafra (1967-1970) ou encore au Congo-Léopoldville où l’insurrection du Katanga (1960-1963) est matée avec l’aide de l’ONU. 

En Asie, les nouveaux Etats sont plus solides en raison de l’existence (le plus souvent) d’une forme d’Etat avant même l’arrivée des européens comme le royaume du Cambodge ou encore l’Empire d’Annam (Vietnam actuel). Mais cela n’empêche pas les conflits internes comme la guerre civile au Vietnam ou encore le conflit au Timor Oriental ; ce dernier aboutit d’ailleurs à l’indépendance de cette ancienne colonie portugaise en 2002. On notera également l’indépendance du Bangladesh vis-à-vis du Pakistan en 1971. 

 

L’AUTORITARISME COMME MOYEN DE CONSOLIDATION DES NOUVEAUX ETATS

Afin de remédier à cette instabilité, de nombreux leaders de pays nouvellement indépendants choisissent d’instaurer un pouvoir autoritaire et/ou personnel. C’est le cas par exemple au Vietnam où Hô Chi Minh établit un régime communiste, en Indonésie où Sukarno établit un régime autoritaire, en Côte d’Ivoire où Félix Houphouët-Boigny dirige le pays de 1960 à 1993 ou encore au Gabon où Omar Bongo y établit son pouvoir personnel. Ce type de régime permet de maintenir l’unité de pays confrontés à une pluralité d’ethnies et à une importante pauvreté. Des dirigeants parviennent ainsi à élever le niveau de vie de leur population comme Mouammar Kadhafi en Libye, Nasser en Egypte, Omar Bongo au Gabon ou encore Félix Houphouët-Boigny en Côte d’Ivoire. Néanmoins, des pays comme l’Inde ou les Philippines s’engagent malgré tout sur une voie démocratique après l’indépendance.

Toutefois de nombreux coups d’Etat ont lieu, en grande partie en Afrique, permettant ainsi à des militaires comme Kadhafi en Libye ou encore Mobutu au Congo-Léopoldville (ou Congo-Kinshasa) de s’emparer du pouvoir et d’instaurer un régime progressiste.

 

L’AFFIRMATION POLITIQUE DES NOUVEAUX ETATS DANS LE CONTEXTE DE LA GUERRE FROIDE. 

 

La décolonisation amène au pouvoir des dirigeants qui sont soumis à des pressions extérieures dans le cadre de l’affrontement entre les deux blocs. Pourtant de nombreux Etats décolonisés revendiquent une position de non-alignement en refusant de s’engager dans un bloc et tentent de donner une assise politique à un nouveau bloc appelé « Tiers-monde ». La conférence de Bandung en 1955 réunit en Indonésie 23 pays d’Asie et 6 pays d’Afrique dont les leaders Nasser, Nehru, Sukarno et Nkrumah. Ceux-ci réclament l’indépendance des territoires encore colonisés et se revendiquent comme appartenant à une troisième voie qui échapperait à la logique de l’affrontement bipolaire mondial. D’autres conférences ont également lieu dans les années suivantes pour affirmer l’existence de ce mouvement non aligné mais très vite il apparaît que de nombreux Etats se rallient au bloc socialiste (Algérie, Egypte, Guinée-Conakry, Congo-Brazzaville etc…) tandis que quelques-uns choisissent le bloc occidental comme le Maroc, le Pakistan ou encore le Congo-Kinshasa. 

 

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Source : http://www.lesbonsprofs.com/ressources/1-Le_monde_de_la_guerre-froide.png. 

Les raisons de ces choix tiennent autant à l’aide militaire ou aux aides économiques apportées par les grandes puissances qu’à la volonté de rompre avec les anciennes puissances coloniales. C’est pourquoi certains pays préfèrent maintenir des relations privilégiées avec leur ancienne métropole comme les pays du Commonwealth ou encore ceux qui prennent place dans le système dit de la « Françafrique ». Les anciennes métropoles qui disposent encore souvent d’une influence considérable sont ainsi parfois amenées à intervenir dans leurs anciennes possessions pour y maintenir l’ordre (Gabon en 1964, République Centrafricaine en 2013) ou pour éviter l’installation de groupes terroristes, principalement islamistes (Somalie en 1992-1993, Mali en 2013). Des accords bilatéraux viennent souvent donner un cadre juridique à ces interventions.

 

Le développement comme principal défi pour les pays du Tiers monde. 

Héritages de la colonisation, les économies des pays nouvellement indépendants sont le plus souvent tournées vers les cultures d’exportations telles que le cacao, le riz ou encore le caoutchouc. La scolarisation est encore très faible, empêchant une modernisation de ces sociétés. Les infrastructures et les grandes villes sont le plus souvent concentrées sur la côte ou les grands fleuves, créant un contraste et des inégalités de développement entre ces zones et un arrière-pays mal desservi. 

2 modèles de développement s’offrent alors aux élites issues des indépendances. Le premier modèle est tourné vers les exportations, c’est le modèle capitaliste. Les produits exportés sont principalement des produits agricoles issus de cultures commerciales. Ce modèle parvient à assurer le développement de pays tel que la Côte d’Ivoire qui connaît une croissance moyenne de 7 % de son PIB entre 1960 et 1975 grâce à l’exportation de son cacao et de son café. D’autres pays tombent dans le piège dit de « la malédiction des ressources naturelles » et utilisent leurs ressources minérales (cuivre, or, diamants, houille, uranium …) ou leurs ressources en hydrocarbures pour instaurer une économie de rente qui ne cherche pas à assurer le développement et l’avenir mais qui sert à combler des besoins immédiats. Le résultat est désastreux quand le pays a épuisé ses ressources car il ne possède alors aucune industrie pouvant assurer son développement par la suite. Le Congo-Brazzaville et le Nigéria sont dans ce cas avec une forte dépendance envers le pétrole. Mais d’autres réussissent à utiliser leurs ressources naturelles pour augmenter leur niveau de vie (Libye, monarchies du Golfe). Le modèle de développement orienté vers l’exportation est également très dépendant des cours mondiaux, que le plus souvent les pays occidentaux contrôlent. Cela provoque fréquemment des crises économiques dans ces Etats qui peuvent être encore accentuées par des crises alimentaires si les cultures vivrières ne parviennent pas à nourrir la population locale. 

Le second modèle est dit socialiste. Il ne consiste pas comme le précédent en l’instauration d’une économie de marché mais consiste en la propriété collective des moyens de production et le dirigisme économique de l’Etat. Ce modèle de développement a moins bien marché au cours de l’histoire mais possède l’avantage de moderniser le pays de manière rapide avec plus ou moins de succès. On retrouve ce type de développement en Algérie qui privilégie l’industrie lourde, en Tanzanie qui encourage l’agriculture ou encore en Inde et en Tunisie qui encouragent une politique de développement fondée sur une main d’œuvre bon marché. 

Nonobstant ces différentes politiques de développement, on observe des difficultés communes à de nombreux pays du Tiers monde comme le surendettement, des calamités naturelles qui désorganisent la production (Inde en 1965-1966, Afrique noire dans les années 1970 ou encore sécheresses dans la corne de l’Afrique depuis les années 1990). La corruption est également le principal maux des pays en développement et principalement africains avec des élites qui détournent la richesse nationale à leur profit. Ainsi on estimait la fortune personnelle de Mobutu (ex-président du Congo-Kinshasa) à sa mort en 1997 à 7 milliards de dollars. Les maladies (sida, choléra, paludisme) font également des ravages, surtout en Afrique subsaharienne et en Afrique centrale.

 

DE FORTES INEGALITES NORD/SUD ET SUD/SUD

 

LES REVENDICATIONS DES PAYS DU SUD POUR UNE REDUCTION DES INEGALITES NORD/SUD

A l’indépendance, les élites des pays nouvellement indépendants prennent conscience de leur état d’infériorité et de dépendance vis-à-vis des pays industrialisés du Nord. L’ONU, au sein de laquelle les pays en développement sont de plus en plus nombreux au gré des indépendances devient la tribune des volontés de développement de ceux-ci. Les pays du Sud souhaitent s’organiser collectivement pour lutter contre la pauvreté et avoir les moyens de faire vivre décemment leur population. En 1964 a lieu la première CNUCED (Conférence des Nations-Unis pour le Commerce Et le Développement) qui défend les intérêts économiques de ces pays. L’ONU, de même que les Etats développés du Nord, accordent alors des aides au développement importantes afin de les aider. Les ONG (Organisations Non Gouvernementales) font alors de même et soutiennent le développement de l’économie et de la société civile dans ces territoires qui sont souvent marginalisés. 

La montée en puissance des pays du Sud passe également par le rééquilibrage des termes de l’échange qui peuvent être définis comme le rapport entre les prix moyens à l’exportation et les prix moyens à l’importation. En effet, au milieu des années 1970, les prix des produits agricoles exportés par ces pays tendent à baisser tandis que les prix des produits manufacturés importés du Nord ne cessent d’augmenter. Cette situation pèse sur les pays en développement qui réclament plus de stabilité dans les cours mondiaux. La CEE (Communauté Economique Européenne) signe alors en 1975 la convention de Lomé qui permet de stabiliser quelque peu les prix des produits agricoles et des ressources minérales. 

 

DES INEGALITES DE DEVELOPPEMENT SUD/SUD

Les inégalités de développement Nord/Sud sont également doublées d’inégalités au sein des pays du Sud. En effet, si certains pays parviennent grâce à leur économie puissante ou à leurs ressources à se développer et à ainsi élever leur niveau de vie, d’autres restent très pauvres. Les pays d’Afrique du Nord sont par exemple plus développés que les pays d’Afrique sub-sahariennes : l’IDH (Indice de Développement Humain) de la Libye était de 0,769 en 2012 contre 0,304 pour le Niger. Des inégalités existent également en Asie où des pays aux IDH très élevés comme Singapour à 0,895 ou Bahreïn à 0,796 côtoient des pays aux IDH peu élevés comme l’Afghanistan à 0,374 ou encore le Yémen à 0,458. 

 

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Source :

http://www.larousse.fr/encyclopedie/data/cartes/1309307-Indicateur_de_développement_humain.HD.jpg

Si un nombre important de pays du Sud s’en sortent plutôt bien (Maroc, Egypte, Liban, Malaisie), d’autres ne parviennent pas à émerger. Ainsi le nombre de PMA (Pays les Moins Avancés) comme le Niger, le Tchad, le Laos, le Népal etc… était de 25 en 1971 contre 48 en 2011.

Pour aller plus loin voir :

- Une carte animée expliquant bien les difficultés de l’indépendance de l’Inde en 1947 : http://www.histoirealacarte.com/demos/tome11/04_independance_inde_pakistan.php. 

- Pour plus de cartes : http://www.atlas-historique.net/accueil.html. 

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Les avis sur ce document

Ray92
2 5 0
8/20

Réellement trop long et pas assez synthétique. Certaine parties sont inutiles, les retirées permettrait de se concentrer sur l'essentiel de ce cours.

par - le 15/06/2017

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