De la décolonisation à la mise en place de nouveaux Etats depuis 1945 - Histoire Géo - Terminale STMG

De la décolonisation à la mise en place de nouveaux Etats depuis 1945 - Histoire Géo - Terminale STMG

Cette fiche est consacrée à la question obligatoire du thème 2 du programme d’histoire. Le programme officiel précise que le professeur doit étudier les grandes étapes de la décolonisation, puis les défis, politiques, économiques et sociaux auxquels sont confrontés les nouveaux États indépendants, dans le contexte de la mondialisation.

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PRÉREQUIS

La décolonisation se réalise pour l’essentiel durant les années 1950-1970. Elle est étroitement liée au contexte international du lendemain de la Seconde Guerre mondiale puis à la guerre froide. Il convient donc de connaître les grandes phases de ces relations internationales (thème 1 du programme d’histoire). Les nouveaux États indépendants sont ensuite confrontés à plusieurs défis auxquels ils doivent faire face dans un contexte d’affirmation de la mondialisation, dont les caractéristiques sont abordées dans le thème 1 du programme de géographie.

OBJECTIFS

Après la lecture de cette fiche, vous devez connaître les notions suivantes : anticolonialisme, décolonisation, développement, impérialisme, non-alignement, Tiers-monde, pays du Sud.

Vous devez pouvoir identifier les grandes étapes de la décolonisation de l’Asie puis de l’Afrique, expliquer les diverses modalités d’accès à l’indépendance, puis caractériser les grands défis auxquels sont confrontés les nouveaux pays réunis aux lendemains de leur indépendance dans ce que l’on appela le « Tiers-monde ».

Introduction

En 1945, les puissances coloniales européennes dominent une large partie du monde. Les deux principaux empires sont ceux britanniques et français. L’Angleterre, la France, la Belgique, l’Italie, le Portugal et l’Espagne contrôlent une bonne partie du continent africain tandis qu’en Asie, les Britanniques détiennent encore les Indes. 

L’Indochine est une possession française, et les Hollandais sont présents dans les Indes néerlandaises (actuelle Indonésie). Au Moyen-Orient, la France exerce son mandat sur le Liban et la Syrie alors que les Britanniques exercent le leur sur la Palestine et la Transjordanie (actuelle Jordanie) auxquelles on peut ajouter de nombreux protectorats dans le Golfe Persique comme Oman, le Koweït, le Qatar, Bahreïn, les Émirats Arabes Unis et le Yémen.

On remarquera la diversité des statuts qui viennent régir ces diverses possessions : ainsi les protectorats (comme le Maroc, le Cambodge ou encore le Laos) laissent subsister les régimes locaux (monarchies) mais, dans la réalité, les puissances coloniales exercent la réalité du pouvoir. 

Contrairement aux protectorats, les colonies (Congo belge, Niger, Tchad, Tanzanie etc…) sont administrées directement par la métropole. Quant aux mandats (Irak, Liban, Syrie, Namibie etc…), ce sont des territoires dont la gestion a été confiée provisoirement à une puissance dite mandataire. Certains territoires possèdent un statut particulier comme l’Algérie qui est alors partie intégrante de la France et est organisée en départements.

Problématique

  • Comment les États colonisés accèdent-ils à l’indépendance ?
  • Quels sont les défis auxquels ils sont ensuite confrontés ?

Nous étudierons dans un premier temps comment se sont exprimées les revendications des peuples colonisés et comment les colonies ont obtenu leur indépendance.  Nous analyserons ensuite les multiples défis auxquels sont confrontés les nouveaux pays indépendants : construire un véritable État et une unité nationale, améliorer le niveau de développement et s’intégrer au jeu international des Nations.

I. LA DÉCOLONISATION PROGRESSIVE DE L’ASIE ET DE L’AFRIQUE

A. Comment la décolonisation est-elle rendue possible au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ?

Antérieure à la Première Guerre mondiale, la contestation anticoloniale prend de l'ampleur après la Grande Guerre et durant les années 1920-1930. La Seconde Guerre mondiale a ensuite un impact décisif, car elle bouleverse l’ordre mondial. 

En effet, les puissances européennes, affaiblies par la Seconde Guerre mondiale et redevables aux peuples colonisés qui ont participé à la libération de leur territoire et qui ont refusé de céder aux propagandes allemande et japonaise qui leur promettaient l’indépendance en cas d’alliance, peinent à maintenir leur présence dans leurs possessions et doivent se résigner à accorder à ces territoires leur indépendance sous la pression de mouvements nationalistes, de l’ONU (Organisation des Nations-Unies) mais aussi des deux grandes superpuissances, à savoir l’URSS et les États-Unis.

Les États-Unis, en tant qu’ancienne colonie anglaise, se placent du côté des peuples soumis à la domination européenne. Dès 1941, Roosevelt signifie à Churchill qu’une fois la guerre terminée, l’Europe libérée de la domination nazie devra songer à l’émancipation des peuples d’Afrique et d’Asie.

L’URSS, quant à elle, condamne l’impérialisme occidental dans le cadre du conflit idéologique qui caractérise la guerre froide. Dans son discours de 1947, Jdanov accuse les puissances occidentales, qui reprochent à Staline d’imposer un système totalitaire qui opprime sa population, de nier le respect des libertés des peuples colonisés.

En 1945 est créée l’ONU. Les puissances colonisatrices font partie des 51 pays qui ont signé la charte des Nations Unies, qui proclame la nécessité de garantir « l’égalité des droits des peuples et leur droit à disposer d’eux-mêmes ».

B. Quelles sont les grandes étapes de la décolonisation ?

1. En Asie

La première vague des indépendances a lieu en Asie. En effet, de nombreuses possessions européennes ont été occupées par l’armée japonaise durant la guerre, et ceux-ci y ont encouragé les mouvements nationalistes afin de consolider leur présence et de rendre le retour au statu quo d’avant le conflit impossible pour les puissances européennes.

Ainsi en Indonésie, Sukarno proclame l’indépendance dès 1945, de même que le leader communiste Hô Chi Minh au Vietnam. En Inde, Gandhi et Nehru réclament l’indépendance depuis de nombreuses années et continuent de la revendiquer après la victoire des alliés.

Les États-Unis et l’URSS appuient ces volontés d’indépendance et les puissances européennes doivent finalement concéder l’indépendance de leurs possessions dans la région. Les Philippines, protectorat américain depuis 1898, sont reconnues indépendantes en 1946. 

En Inde, l’indépendance est accordée par les Anglais en 1947 mais un plan de partition est décidé et 2 États voient le jour : l’Inde et le Pakistan, respectivement de majorité hindoue et musulmane. L’indépendance s’accompagne de transferts de populations (les hindouistes vers l’Inde et les musulmans vers le Pakistan) et de massacres qui causent la mort de centaines de milliers de personnes. Ceylan (actuel Sri Lanka) obtient son indépendance en 1948, de même que la Birmanie (futur Myanmar).

Des guerres ont également lieu dans la région. La guerre d’Indochine oppose de 1946 à 1954 les Français et leurs alliés américains au Viet Minh, mouvement de « libération nationale » communiste soutenu par la Chine et l’URSS. 

La guerre se termine en 1954 par une défaite française et la partition du pays. De même, une guérilla communiste se développe en Malaisie et est écrasée par les Britanniques qui accordent alors l’indépendance au pays en 1957. En Indonésie, une guerre oppose les Hollandais qui essayent de reprendre le contrôle de leur possession à une guérilla menée par Sukarno. 

Sous la pression de l’URSS, des États-Unis et de l’ONU, les Pays-Bas se résignent à accorder l’indépendance au pays en 1949.

2.   Au Moyen-Orient

Le Moyen-Orient est également touché par la décolonisation dès 1945. Le Liban, la Syrie et la Jordanie sont indépendants en 1946 et la Palestine l’est à son tour en 1947 mais est partagée par l’ONU en deux États distincts : Israël et la Palestine, mais cette dernière ne sera jamais reconnue comme tel. Le Koweït obtient son indépendance en 1961, le Yémen en 1967, Oman en 1970 et Bahreïn, le Qatar et les Émirats Arabes Unis en 1971.

3.   En Afrique

En Afrique du Nord, après des troubles, le Maroc et la Tunisie obtiennent leur autonomie en 1954, puis leur indépendance en 1956. L’Algérie, territoire français où 20% de la population est de souche européenne, connaît une guerre de 1954 à 1962 qui se termine par une victoire militaire de la France sur le FLN (Front de Libération Nationale) mais se termine par une défaite politique car le général de Gaulle accorde finalement contre toute attente l’indépendance au territoire.

Les colonies d’Afrique noire française (Mali, Niger, Tchad, Côte d’Ivoire, Gabon etc…) obtiennent leur indépendance en 1960, tandis que les possessions britanniques et belges de la région le seront entre 1960 et 1965. 

On remarquera toutefois que la Côte de l’Or (actuel Ghana) dirigée par le leader Nkrumah obtient son indépendance de la Grande-Bretagne dès 1957 et que le leader nationaliste guinéen Sékou Touré refuse en 1958 le projet d’autonomie (puis d’indépendance) du général de Gaulle et préfère l’indépendance immédiate, ce qui entraîne le pays dans de très graves difficultés.

En Afrique australe, les colons blancs, minoritaires, tentent de conserver le pouvoir après l’indépendance au Nyassaland (actuel Malawi), et en Rhodésie du Nord (actuelle Zambie) mais doivent céder le pouvoir devant l’opposition de la majorité noire. 

En Rhodésie du Sud, les blancs, plus nombreux, proclament unilatéralement l’indépendance en 1965 et instaurent un régime d’Apartheid. Ian Smith, le président élu du pays, doit toutefois céder le pouvoir à la majorité noire en 1980 sous la pression internationale et interne. Par la suite, le pays sera ruiné et la minorité blanche poussée à l’exil ou assassinée sous le régime dictatorial de Robert Mugabe qui est toujours au pouvoir aujourd’hui.

La dernière vague des indépendances africaines a lieu à partir des années 1970. En effet, les Portugais refusent l’indépendance de leurs colonies et des guérillas s’y déclenchent à partir de la première moitié des années 1960. Ces guerres coloniales se termineront en 1974 avec la révolution des œillets au Portugal qui y renversera le régime autoritaire alors en place. 

La Guinée-Bissau obtient son indépendance en 1974, et les autres possessions portugaises (Angola, Mozambique, îles de Sao Tomé et îles du Cap-Vert) en 1975. Quant au Sahara occidental, il est cédé en 1975 par l’Espagne pour les 2/3 au Maroc et pour le tiers restant à la Mauritanie. 

Mais un mouvement indépendantiste, le Front Polisario mène une guérilla pour l’indépendance du pays. Le Sahara Occidental sera finalement annexé et progressivement « colonisé » par le Maroc et le conflit s’apaisera en 1991 tandis qu’un référendum doit toujours y être organisé afin de décider de l’avenir du pays. 

Enfin, les Comores (îles à proximité de Madagascar) obtiennent leur indépendance de la France en 1975 par référendum, sauf l’île de Mayotte dont les habitants souhaitent rester français ; cette dernière devient alors un territoire d’outre-mer. Djibouti obtient son indépendance de la France après référendum en 1977. Quant à la Namibie, elle deviendra indépendante de l’Afrique du Sud en 1990.

II. LES NOUVEAUX ÉTATS INDÉPENDANTS SONT CONFRONTÉS À DE NOMBREUX DÉFIS

A. Le défi de la reconstruction politique

1. La construction d’États-nations sur le modèle européen

À l’indépendance, des projets d’union panafricaine sont lancés par des leaders africains tels Patrice Lumumba ou Kwame Nkrumah mais n’aboutissent pas et débouchent en fait sur la création d’États-nations sur le modèle européen (hymne, drapeau, devise, fête nationale etc.). 

On retrouve le même phénomène au Moyen-Orient où le panarabisme échoue à son tour dans les années 1960. Les nouvelles élites au pouvoir, que ce soit en Asie ou en Afrique, gardent les frontières héritées de la colonisation, de peur de déclencher des conflits. 

On trouve néanmoins des exceptions comme la partition de l’Inde en 1947 ou encore celle de la Palestine à la même date. De plus, certains pays s’unissent comme la Somalie ex-britannique et la Somalie ex-italienne en 1960 ou encore le Tanganyika et le Zanzibar en 1964 qui forment dès lors la Tanzanie.

DÉFINITION : Panafricanisme. Doctrine qui fait la promotion de l’unité et de la solidarité des peuples africains.

DÉFINITION : Panarabisme. Doctrine qui fait la promotion de l’unité et de la solidarité des peuples de langue ou de civilisation arabe. 

La langue officielle de ces nouveaux États décolonisés est le plus souvent celle héritée des puissances coloniales, ce qui permet de rassembler les différentes ethnies qui parlent de nombreux dialectes. Cela permet également de bénéficier d’une langue qui porte à l’international. 

Toutefois, de nombreux États africains valorisent les traditions locales et certains changent même de nom afin de rompre avec les noms « coloniaux » tels le Dahomey qui devient le Bénin en 1975, ou encore le Sud-Ouest africain qui devient la Namibie en 1990. 

Les noms de ville peuvent également changer à l’image de Léopoldville en République Démocratique du Congo qui devient Kinshasa en 1966, ou encore Fort-Lamy qui devient N’Djamena en 1973.

2. Des régimes instables et menacés de l’intérieur

Dès leur indépendance, de nombreux États africains, qui n’ont pour la plupart jamais connu d’existence précoloniale, éprouvent de la difficulté à préserver l’ordre et l’unité nationale. Ainsi, des mouvements séparatistes invoquant des considérations ethniques, religieuses, culturelles ou historiques tentent de remettre en cause les frontières de certains États africains. 

C’est le cas par exemple au Soudan où le gouvernement de Khartoum affronte une rébellion armée au sud dans un contexte d’opposition entre un nord majoritairement musulman et un sud majoritairement chrétien et animiste. Le conflit aboutira en 2011 à la sécession du Sud du pays qui formera la République du Sud Soudan. 

L’Érythrée accèdera également à l’indépendance en 1993 après une longue guerre qui oppose l’Éthiopie et des mouvements armés éthiopiens. Mais, le plus souvent, les mouvements séparatistes échouent comme au Nigéria durant la guerre du Biafra (1967-1970) ou encore au Congo-Léopoldville où l’insurrection du Katanga (1960-1963) est matée avec l’aide de l’ONU.

En Asie, les nouveaux États sont plus solides en raison de l’existence (le plus souvent) d’une forme d’État avant même l’arrivée des Européens comme le royaume du Cambodge ou encore l’Empire d’Annam (Vietnam actuel). 

Mais cela n’empêche pas les conflits internes comme la guerre civile au Vietnam ou encore le conflit au Timor Oriental ; ce dernier aboutit d’ailleurs à l’indépendance de cette ancienne colonie portugaise en 2002. On notera également l’indépendance du Bangladesh vis-à-vis du Pakistan en 1971.

3. L’autoritarisme comme moyen de consolidation des nouveaux États

Afin de remédier à cette instabilité, de nombreux leaders de pays nouvellement indépendants choisissent d’instaurer un pouvoir autoritaire et/ou personnel. C’est le cas par exemple au Vietnam où Hô Chi Minh établit un régime communiste, en Indonésie où Sukarno établit un régime autoritaire, en Côte d’Ivoire où Félix Houphouët-Boigny dirige le pays de 1960 à 1993 ou encore au Gabon où Omar Bongo y établit son pouvoir personnel. 

Ce type de régime permet de maintenir l’unité de pays confrontés à une pluralité d’ethnies et à une importante pauvreté. Des dirigeants parviennent ainsi à élever le niveau de vie de leur population comme Mouammar Kadhafi en Libye, Nasser en Égypte, Omar Bongo au Gabon ou encore Félix Houphouët-Boigny en Côte d’Ivoire. Néanmoins, des pays comme l’Inde ou les Philippines s’engagent malgré tout sur une voie démocratique après l’indépendance.

Toutefois de nombreux coups d’État ont lieu, en grande partie en Afrique, permettant ainsi à des militaires comme Kadhafi en Libye ou encore Mobutu au Congo-Léopoldville (ou Congo-Kinshasa) de s’emparer du pouvoir et d’instaurer un régime progressiste.

B. Le défi de l’affirmation diplomatique dans le contexte de la guerre froide

La décolonisation amène au pouvoir des dirigeants qui sont soumis à des pressions extérieures dans le cadre de l’affrontement entre les deux blocs. Pourtant, de nombreux États décolonisés revendiquent une position de non-alignement en refusant de s’engager dans un bloc et tentent de donner une assise politique à un nouveau bloc appelé « Tiers-monde ».

DÉFINITION : Tiers-monde. Mouvement qui se développe durant la guerre froide et qui lutte contre l’influence des grandes puissances, en particulier des États-Unis et de l’URSS, sur les nouveaux pays indépendants, nés de la décolonisation. Ce mouvement fait la promotion de la création d’un Tiers-monde face aux deux blocs Est et Ouest.       

La conférence de Bandung en 1955 réunit en Indonésie 23 pays d’Asie et 6 pays d’Afrique dont les leaders Nasser, Nehru, Sukarno et Nkrumah. Ceux-ci réclament l’indépendance des territoires encore colonisés et se revendiquent comme appartenant à une troisième voie qui échapperait à la logique de l’affrontement bipolaire mondial. 

D’autres conférences ont également lieu dans les années suivantes pour affirmer l’existence de ce mouvement non aligné, mais très vite il apparaît que de nombreux États se rallient au bloc socialiste (Algérie, Égypte, Guinée-Conakry, Congo-Brazzaville etc.) tandis que quelques-uns choisissent le bloc occidental comme le Maroc, le Pakistan ou encore le Congo-Kinshasa.

Les raisons de ces choix tiennent autant à l’aide militaire ou aux aides économiques apportées par les grandes puissances qu’à la volonté de rompre avec les anciennes puissances coloniales. C’est pourquoi certains pays préfèrent maintenir des relations privilégiées avec leur ancienne métropole comme les pays du Commonwealth ou encore ceux qui prennent place dans le système dit de la « Françafrique ». 

Les anciennes métropoles qui disposent encore souvent d’une influence considérable sont ainsi parfois amenées à intervenir dans leurs anciennes possessions pour y maintenir l’ordre (Gabon en 1964, République Centrafricaine en 2013) ou pour éviter l’installation de groupes terroristes, principalement islamistes (Somalie en 1992-1993, Mali en 2013). Des accords bilatéraux viennent souvent donner un cadre juridique à ces interventions.

DÉFINITION : Commonwealth. Organisation intergouvernementale créée dans les années 1920, qui réunit aujourd’hui une cinquantaine de pays, dont la plupart sont d’anciennes colonies britanniques, qui partagent la même langue, le respect de la démocratie et des droits de l’homme et multiplient les échanges culturels ou commerciaux. 

DÉFINITION : Françafrique. Expression utilisée pour désigner le tissu relationnel établie après la décolonisation entre la France et ses anciennes colonies. La connotation souvent péjorative fait référence à la relation de domination établie entre la France et ses partenaires africains. 

C. Le défi du développement

1. Les nouveaux États naissent avec un lourd retard de développement

Dans les années 1960-1970, le niveau de développement des nouveaux États indépendants est très faible. L’espérance de vie à la naissance en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud est à peine supérieure à 40 ans. Le niveau d’alphabétisation des adultes, lié à la scolarisation des enfants, est très faible (aux environs de 30% de la population totale des pays concernés). 

Héritages de la colonisation, les économies des pays nouvellement indépendants sont le plus souvent tournées vers les cultures d’exportations telles que le cacao, le riz ou encore le caoutchouc. Les infrastructures et les grandes villes sont le plus souvent concentrées sur la côte ou les grands fleuves, créant un contraste et des inégalités de développement entre ces zones et un arrière-pays mal desservi.

2. Deux modèles de développement sont adoptés

Le premier modèle est tourné vers les exportations, c’est le modèle capitaliste. Les produits exportés sont principalement des produits agricoles issus de cultures commerciales. Ce modèle parvient à assurer le développement de pays tel que la Côte d’Ivoire qui connaît une croissance moyenne de 7 % de son PIB entre 1960 et 1975 grâce à l’exportation de son cacao et de son café. 

D’autres pays tombent dans le piège dit de « la malédiction des ressources naturelles » et utilisent leurs ressources minérales (cuivre, or, diamants, houille, uranium …) ou leurs ressources en hydrocarbures pour instaurer une économie de rente qui ne cherche pas à assurer le développement et l’avenir mais qui sert à combler des besoins immédiats. 

Le résultat est désastreux quand le pays a épuisé ses ressources car il ne possède alors aucune industrie pouvant assurer son développement par la suite. Le Congo-Brazzaville et le Nigéria sont dans ce cas avec une forte dépendance envers le pétrole. 

Mais d’autres réussissent à utiliser leurs ressources naturelles pour augmenter leur niveau de vie (Libye, monarchies du Golfe). Le modèle de développement orienté vers l’exportation est également très dépendant des cours mondiaux, que le plus souvent les pays occidentaux contrôlent. Cela provoque fréquemment des crises économiques dans ces États qui peuvent être encore accentuées par des crises alimentaires si les cultures vivrières ne parviennent pas à nourrir la population locale.

Le second modèle est dit socialiste. Il consiste en la propriété collective des moyens de production et le dirigisme économique de l’État. On retrouve ce type de développement en Algérie qui privilégie l’industrie lourde, en Tanzanie qui encourage l’agriculture ou encore en Inde et en Tunisie qui encouragent une politique de développement fondée sur une main d’œuvre bon marché.

Nonobstant ces différentes politiques de développement, on observe des difficultés communes à de nombreux pays du Tiers monde comme le surendettement, des calamités naturelles qui désorganisent la production (Inde en 1965-1966, Afrique noire dans les années 1970 ou encore sécheresses dans la corne de l’Afrique depuis les années 1990). La corruption est également le principal mal des pays en développement et principalement africains avec des élites qui détournent la richesse nationale à leur profit. Ainsi, on estimait la fortune personnelle de Mobutu (ex-président du Congo-Kinshasa) à sa mort en 1997 à 7 milliards de dollars. Les maladies (sida, choléra, paludisme) font également des ravages, surtout en Afrique subsaharienne et en Afrique centrale.

3. Des inégalités importantes persistent

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DÉFINITION : IDH (Indice de Développement Humain). Indicateur de développement, qui permet de comparer le niveau de développement des pays. L’IDH est défini à partir de trois indicateurs : le niveau de richesses produites dans le pays, l’alphabétisation des adultes (corollaire de la scolarisation des enfants) et l’espérance de vie à la naissance (liée aux conditions sanitaires, à l’accès à l’eau potable, aux problèmes de sous-nutrition et de malnutrition, à l’accès aux soins).  

Les années 1970-1990 sont marquées par des progrès de développement : la scolarisation des enfants et l’alphabétisation des adultes progressent, l’espérance de vie à la naissance augmente, les progrès réalisés dans l’agriculture permettent de faire reculer l’insécurité alimentaire.

Cependant, ces progrès sont fortement dépendants des aides publiques au développement versées par les pays les plus riches. La dette des pays en développement augmente, et est donc élevée. Par ailleurs, ces progrès ne sont pas réalisés au même rythme ni avec la même ampleur. 

Si plusieurs pays d’Asie ont un IDH désormais moyen ou élevé et se sont affirmés comme des pays émergents, plusieurs pays d’Afrique subsaharienne constituent le groupe des PMA (Pays les Moins Avancés, qui ont un IDH faible).

Conclusion

Seuls certains des nouveaux pays indépendants ont donc réussi leur intégration à la mondialisation. De nombreux autres constituent des marges soumis à la puissance des grands centres d’impulsion. 

Ces pays sont encore particulièrement soumis à l’insécurité alimentaire, aux problèmes d’approvisionnement en eau potable, au déficit de moyens médicaux pour faire face aux grandes épidémies, ils sont plus fragiles face aux aléas naturels. Les conflits politiques persistent dans nombre d’entre eux.

LE PETIT + DANS TA COPIE

  • Utiliser un vocabulaire précis.
  • Connaître les grandes étapes de la décolonisation depuis 1945 : 1947 (Inde), 1950-1970, Bandung 1955, guerre d’Indochine 1946-1954, guerre d’Algérie 1954-1962.
  • Situer les principaux États nés suite à la décolonisation.
  • Savoir faire le lien avec les chapitres sur les relations internationales, en particulier la guerre froide, et sur la mondialisation.

POUR ALLER PLUS LOIN …

  • Un numéro de La Documentation photographique, propose de nombreux exemples précis et illustrés :
    • Bernard Droz, La décolonisation, Documentation Photographique n°8062, 2008.

     

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Les avis sur ce document

Ray92
2 5 0
8/20

Réellement trop long et pas assez synthétique. Certaine parties sont inutiles, les retirées permettrait de se concentrer sur l'essentiel de ce cours.

par - le 15/06/2017

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