Combattre pour la République : Jean Moulin - Histoire Géographie - Première STMG

Combattre pour la République : Jean Moulin - Histoire Géographie - Première STMG

Nous vous proposons un cours d'Histoire Géographie issu du programme de 1ère STMG, rédigé par notre professeur, intitulé "Guerre et Paix, combattre pour la République : Jean Moulin".

Ce sujet d'Histoire Géographie pose la problématique suivante : En quoi l'engagement exemplaire de Jean Moulin et des résistants est-il un combat pour la République et ses valeurs ?

Combattre pour la République : Jean Moulin - Histoire Géographie - Première STMG

Le contenu du document

C'est la fin de la IIIème République et le début de l'Etat français (régime de Vichy) : régime totalitaire qui met fin aux valeurs de la République en supprimant l'essentiel des libertés et en facilitant la déportation des juifs. À l'image du Général de Gaulle et de Jean Moulin, de nombreux français refusent cette situation et entrent en résistance à l'intérieur de la France ou à l'étranger pour rétablir la souveraineté française et les valeurs de la République.

Téléchargez gratuitement ce cours d'Histoire Géographie sur Jean Moulin ci-dessous !



INTRODUCTION

La France est battue et envahie par les Allemands dès mai 1940. Pour mettre fin à la déroute de l’armée française, elle capitule. Le Maréchal Pétain obtient les pleins pouvoirs, met en place un nouveau régime et rentre dans un processus de collaboration avec Adolf Hitler.

C’est la fin de la IIIème république et le début de l’Etat français (régime de Vichy) : régime totalitaire qui met fin aux valeurs de la république en supprimant l’essentiel des libertés et en facilitant la déportation des juifs.

A l’image du Général de Gaulle et de Jean Moulin de nombreux français refusent cette situation et entrent en résistance à l’intérieur de la France ou à l’étranger pour rétablir la souveraineté française et les valeurs de la république.

Problématique :

- En quoi l’engagement exemplaire de Jean Moulin et des résistants est-il un combat pour la république et ses valeurs ?


LE REFUS DES VALEURS DE L’ETAT FRANÇAIS

Les français se retrouvent face à la réalité de la collaboration : rationnement de la nourriture, pillage des richesses françaises, répression, violences…

Très vite, les difficultés quotidiennes créent une vague d’opposition qui mènera beaucoup de français à prendre le maquis. 

C’est la voie que Jean Moulin va choisir suite à son éviction du poste de préfet d’Eure et Loir. En effet, après diverses actions républicaines et surtout après son refus de signer un texte accusant à tort les troupes des tirailleurs sénégalais d’atrocités, il est torturé, tente de se suicider et est révoqué par Pétain le 2 novembre 1940. Il se rapproche alors de la résistance et entre progressivement dans la clandestinité sous le nom de Mercier Joseph.


L’ACTION DE JEAN MOULIN DANS LA RESISTANCE

Il rejoint Londres en Septembre 1941 et rencontre le général de Gaulle un mois après. En octobre 1942 il est parachuté en France pour organiser les moyens techniques des réseaux  (radio, liaisons avec l’extérieur…), unifier et structurer les mouvements de résistance. En effet, à cette époque, les groupes de résistants ne sont pas coordonnés et œuvrent chacun de leur côté. 

C’est le 27 mai 1943 qu’il présidera la réunion à Paris du premier bureau de « Conseil National de la Résistance ». Ce conseil sera composé de 8 mouvements de résistance (Combat, Libération-Sud et Franc-tireur pour la zone sud et Libération-Nord, Organisation civile et militaire (OCM), Front national (aucun lien avec le parti politique actuel), CDLL (Ceux de la Libération), CDLR (Ceux de la Résistance) pour la zone sud). A ces mouvements il faut ajouter 6 partis politiques (Parti Communiste, Parti socialiste, Parti radical, Démocrates populaires, Alliance démocratique et Fédération républicaine) et 2 syndicats (CGT et CFTC).

En lisant cette liste, on se rend bien compte de la difficulté pour Jean Moulin de créer une unité entre tous ces groupes aux idées parfois complètement opposées ! Il écrit au général de Gaulles le 4 juin 1943 : « Ce n’est pas sans difficulté que je suis parvenu à constituer et à réunir le Conseil de la Résistance : difficultés de principe, difficultés de personnes, difficultés matérielles… »

Mais les instructions du général sont claires : rassembler tous les résistants, toutes les formations politiques et tous les syndicats autour de principes suivants :

- Contre les allemands et leurs complices.

- Contre toutes les dictatures.

- Pour la Liberté.

- Pour libérer le territoire et redonner la parole au peuple français.

Quelques semaines après cette première réunion, le 21 juin, Max, alias Jean Moulin, est arrêté à Caluire avec d’autres chefs de la résistance. Il est enfermé à la prison du Fort Monluc à Lyon et mourra lors de son transfert vers Berlin des suites de tortures. Il préféra mourir que de dénoncer ses compagnons d’armes.


DE LA PRISON AU PANTHEON

Après le deuil des premières années (1945-1947), chacun essaye de reprendre une vie et d’enfouir ses souvenirs de la seconde guerre mondiale. De moins en moins d’ouvrages sont publiés sur le sujet et les commémorations du 8 mai n’intéressent plus personne.

Malraux, ancien résistant et compagnon de la Libération, alors ministre en charge de la culture, reprend une idée lancée par l’Union des résistants de l'Hérault pour célébrer le 20ème anniversaire de la libération : Transférer les cendres de Jean Moulin du cimetière du Père Lachaise au Panthéon. Ce transfère séduit le Général de Gaulle (alors chef d’état) car c’est sous sa tutelle que Jean Moulin a pu unir la résistance. De plus, Jean Moulin fait l’unanimité politique. Mort avant la libération, il n’a pas connu les querelles et les luttes de pouvoir entre les différents groupes de résistants.

Le transfère se déroule le 18 et 19 décembre 1964. Après son exhumation le 18 et la traversée de Paris la nuit, les cendres arrivent au Panthéon le 19 décembre. A midi, Malraux prononce son célèbre éloge funèbre : « Entre ici Jean Moulin avec ton terrible cortège de ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé comme toi (…) ».

En faisant de Jean Moulin le symbole de la résistance de Gaulle créé le mythe d’une France résistante unie autour de lui. Grâce à Jean Moulin les résistants deviennent la Résistance.


CONCLUSION

Jean Moulin est devenu un symbole du combat pour la république grâce à de Gaulle, mais surtout grâce à son action personnelle.

En effet, il a choisi, plutôt que sa carrière de préfet aux ordres des allemands, d’entrer en résistance.

Il n’a jamais cédé face à l’injustice, la barbarie et le totalitarisme. Pour affirmer et rétablir les valeurs de la république, la liberté, l’égalité et la fraternité, il n’a pas hésité à mettre sa vie en danger. Jusqu’à son dernier souffle, sous la torture, il est resté attaché à celles-ci.


CHRONOLOGIE

- 20 juin 1899 : Naissance de Jean Moulin à Bézier.

- 1922 : Début de la carrière préfectorale de Jean Moulin.

- 1932 : Chef adjoint du cabinet ministériel des affaires étrangères.

- 1936 : Chef de cabinet du ministre de l’Air dans le gouvernement de gauche de Léon Blum (Livraisons clandestines d’armes aux républicains sur son initiative).

- 1939 : Préfet de l’Eure et Loir à Chartres.

- 1 septembre 1939 : Début de la 2ème guerre mondiale.

- Juin 1940 : Refus de signer des documents accusant les tirailleurs sénégalais d’actes de barbarie. Tentative de suicide.

- 22 juin 1940 : Capitulation de la France/Mise en place de l’Etat français.

- Novembre 1940 : Pétain le relève de ses fonctions de préfet.

- Septembre 1941 : Il rejoint la France libre à Londres.

- 27 mai 1943 : Il préside la réunion à Paris du premier bureau du « Conseil National de la Résistance ».

- 21 juin 1943 : Il est arrêté avec d’autres chefs de la résistance à Caluire (à côté de Lyon).

- 8 juillet 1943 : Il meurt alors qu’il est transféré de Paris à Berlin en gare de Metz.

- 8 mai 1945 : Capitulation de l’Allemagne.

- 19 septembre 1964 : Entrée de ces cendres (présumées) au Panthéon.


GLOSSAIRE

Maréchal Pétain : 1856-1951 Héros de la guerre 14-18, il est le chef d’état qui va négocier l’armistice en 1940 et collaborer avec les allemands et commettre les pires atrocités.

Etat français : Régime politique totalitaire mis en place par Pétain entre 10 juillet 1940 et 20 aout 1944 (aussi appelé « régime de Vichy » : Vichy étant le lieu où résidé le gouvernement).

Général de Gaulle : 1890-1970 Refusant l’armistice de 1940, il fuit à Londres et lance le 18 juin un appel à la résistance. Il incarne le libérateur et le chef de la France libre. Il fut président de la France de 1959 à 1969. C’est aussi lui qui est le fondateur de la 5ème république.

Collaboration : Coopération du régime de Vichy avec l’Allemagne dans les domaines politiques, économiques et militaires.

Prendre le maquis : Rejoindre la résistance. Les résistants se cachant principalement dans les zones rurales peu accessibles et notamment le maquis méditerranéen.

André Malraux : 1901-1976 Ecrivain (La condition humaine), résistant et homme politique. C’est lui qui, en tant que ministre de la culture, a fait un discours pour l’entrée des cendres de Jean Moulin au Panthéon.

Panthéon : Le Panthéon est un monument situé à Paris. A partir de la fin du 18ème siècle, on y dépose les restes de ceux qui ont illustré la patrie. On y retrouve aussi bien des hommes politiques (Jean Jaurès), que des scientifiques (Marie Curie) ou des écrivains (Victor Hugo).

Fin de l'extrait

Vous devez être connecté pour pouvoir lire la suite

Télécharger ce document gratuitement

Donne ton avis !

Rédige ton avis

Votre commentaire est en attente de validation. Il s'affichera dès qu'un membre de Bac STMG le validera.
Attention, les commentaires doivent avoir un minimum de 50 caractères !
Vous devez donner une note pour valider votre avis.

Nos infos récentes du Bac STMG

Communauté au top !

Vous devez être membre de digiSchool bac STMG

Pas encore inscrit ?

Ou identifiez-vous :

Mot de passe oublié ?