Sujet de Français - Bac STMG Pondichéry 2016

Sujet de Français - Bac STMG Pondichéry 2016

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Dans cette épreuve écrite de Français du Bac STMG 2016 de Pondichery, sur l'objet d'étude "Le texte théâtral et sa représentation, du XVIIe siècle à nos jours", les lycéens, après avoir répondu aux questions sur le corpus de texte, ont du choisir entre trois sujets : une dissertation "Dans quelle mesure le theâtre est-il propice à une réflexion sur les problèmes de société ?", un commentaire sur le texte de Marivaux, et une écriture d'invention.

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Sujet de Français - Bac STMG Pondichéry 2016

Le contenu du document

 

Objet d’étude :
Le texte théâtral et sa représentation, du XVIIe siècle à nos jours.

Le sujet comprend :

 

Texte A : Molière, Monsieur de Pourceaugnac, acte I, scène 1, 1669

Texte B : Marivaux, Le Père prudent et équitable, scène 1, 1712

Texte C : Alfred de Musset, La Nuit vénitienne, scène 1, 1830

 

Texte A – Molière, Monsieur de Pourceaugnac, acte I, scène 1, 1669.

ACTE I

Julie, Éraste, Nérine

JULIE.- Mon Dieu ! Éraste, gardons d’être surpris1; je tremble qu’on ne nous voie ensemble, et tout serait perdu, après la défense que l’on m’a faite.

ÉRASTE.- Je regarde de tous côtés, et je n’aperçois rien.

JULIE, à Nérine.- Aie aussi l’œil au guet, Nérine, et prends bien garde qu’il ne vienne

personne.

NÉRINE, se retirant dans le fond du théâtre.- Reposez-vous sur moi, et dites

hardiment2 ce que vous avez à vous dire.

JULIE.- Avez-vous imaginé pour notre affaire quelque chose de favorable ? et croyez-

vous, Éraste, pouvoir venir à bout de détourner ce fâcheux mariage que mon père s’est mis en tête ?

ÉRASTE.- Au moins y travaillons-nous fortement ; et déjà nous avons préparé un bon nombre de batteries3 pour renverser ce dessein4 ridicule.

NÉRINE, accourant à Julie.- Par ma foi ! voilà votre père.

JULIE.- Ah ! séparons-nous vite.

NÉRINE.- Non, non, non, ne bougez : je m’étais trompée.

JULIE.- Mon Dieu, Nérine, que tu es sotte de nous donner de ces frayeurs !

ÉRASTE.- Oui, belle Julie, nous avons dressé pour cela quantité de machines5, et nous ne feignons point de6 mettre tout en usage, sur la permission que vous m’avez donnée. Ne nous demandez point tous les ressorts que nous ferons jouer : vous en

aurez le divertissement ; et, comme aux comédies, il est bon de vous laisser le plaisir de la surprise, et de ne vous avertir point de tout ce qu’on vous fera voir. C’est assez de vous dire que nous avons en main divers stratagèmes tout prêts à produire dans l’occasion, et que l’ingénieuse Nérine et l’adroit Sbrigani entreprennent l’affaire.

NÉRINE.- Assurément. Votre père se moque-t-il de vouloir vous anger de7 son avocat de Limoges, Monsieur de Pourceaugnac, qu’il n’a vu de sa vie, et qui vient par le coche

vous enlever à notre barbe ? (...)

    _________________

1. Gardons d’être surpris : faisons attention à ne pas être surpris. 

2. Hardiment : courageusement.

3. Batteries : machinations.

4. Dessein : projet.

5. Machines : ruses.

6. Nous ne feignons point de : nous n’hésitons pas à. 

7. Anger de : marier à.

 

Texte B – Marivaux, Le Père prudent et équitable, scène première, 1712. Démocrite, Philine, Toinette

DÉMOCRITE

Je veux être obéi ; votre jeune cervelle

Pour l’utile1, aujourd’hui, choisit la bagatelle. Cléandre, ce mignon, à vos yeux est charmant : Mais il faut l’oublier, je vous le dis tout franc.

Vous rechignez2, je crois, petite créature !

Ces morveuses, à peine ont-elles pris figure Qu’elles sentent déjà ce que c’est que l’amour. Eh bien donc ! vous serez mariée en ce jour ! Il s’offre trois partis : un homme de finance,

Un jeune Chevalier, le plus noble de France,

Et Ariste qui doit arriver aujourd’hui.

Je le souhaiterais que vous fussiez à lui.

Il a de très grands biens, il est près du village ;

Il est vrai que l’on dit qu’il n’est pas de votre âge :

Mais qu’importe après tout ? La jeune3 de Faubon En est-elle moins bien pour avoir un barbon4 ? Non. Sans aller plus loin, voyez votre cousine ; Avec son vieil époux sans cesse elle badine5 ; Elle saute, elle rit, elle danse toujours.

Ma fille, les voilà les plus charmants amours.

Nous verrons aujourd’hui ce que c’est que cet homme. Pour les autres, je sais aussi comme on les nomme : Ils doivent, sur le soir, me parler tous les deux.

Ma fille, en voilà trois ; choisissez l’un d’entre eux,

Je le veux bien encor ; mais oubliez Cléandre ;

C’est un colifichet6 qui voudrait nous surprendre,

Dont les biens, embrouillés dans de très grands procès, Peut-être ne viendront qu’après votre décès.

PHILINE

Si mon cœur...

DÉMOCRITE 

Taisez-vous, je veux qu’on m’obéisse.

Vous suivez sottement votre amoureux caprice ;

C’est faire votre bien que de vous résister, Et je ne prétends point ici vous consulter. Adieu.

 

1 Pour l’utile : au lieu de l’utile.

2 Vous rechignez : vous montrez de la mauvaise volonté. 3 La jeune : la jeune épouse

4 Barbon : homme âgé.

5 Elle badine : elle plaisante.

6 Colifichet : petit objet sans grande valeur.

 

 

Texte C – Alfred de Musset, La Nuit vénitienne, scène 1, 1830.

SCÈNE I

Une rue ; il est nuit. RAZETTA descend d’une gondole, LAURETTE paraît à un balcon.

RAZETTA1. Partez-vous, Laurette ? Est-il vrai que vous partiez ? LAURETTE. Je n’ai pu faire autrement.

RAZETTA. Vous quittez Venise ?

LAURETTE. Demain matin.

RAZETTA. Ainsi cette funeste nouvelle qui courait la ville aujourd’hui n’est que trop vraie. On vous vend au prince d’Eysenach. Quelle fête ! Votre orgueilleux tuteur n’en mourra-t-il pas de joie ? Lâche et vil courtisan !

LAURETTE. Je vous en supplie, Razetta, n’élevez pas la voix ; ma gouvernante est dans la salle voisine ; on m’attend ; je ne puis que vous dire adieu.

RAZETTA. Adieu pour toujours ?

LAURETTE. Pour toujours !

RAZETTA. Je suis assez riche pour vous suivre en Allemagne.

LAURETTE. Vous ne devez pas le faire. Ne nous opposons pas, mon ami, à la volonté du ciel.

RAZETTA. La volonté du ciel écoutera celle de l’homme. Bien que j’aie perdu au jeu la moitié de mon bien, je vous répète que j’en ai assez pour vous suivre, et que j’y suis déterminé.

LAURETTE. Vous nous perdrez tous deux par cette action.

RAZETTA. La générosité n’est plus de mode sur cette terre. 

LAURETTE. Je le vois ; vous êtes au désespoir.

RAZETTA. Oui ; et l’on a agi prudemment en ne m’invitant pas à votre noce. LAURETTE. Écoutez, Razetta ; vous savez que je vous ai beaucoup aimé. Si mon tuteur y avait consenti, je serais à vous depuis longtemps. Une fille ne dépend pas d’elle ici-bas. Voyez dans quelles mains est ma destinée ; vous-même ne pouvez-vous

pas me perdre par le moindre éclat ? Je me suis soumise à mon sort. Je sais qu’il peut vous paraître brillant, heureux... Adieu ! adieu ! je ne puis en dire davantage... Tenez ! voici ma croix d’or que je vous prie de garder.

RAZETTA. Jette-la dans la mer ; j’irai la rejoindre. (...)

 

 

Questions

Après avoir lu attentivement les documents du corpus, vous répondrez aux questions suivantes, de façon organisée et synthétique (6 points).

Question 1 :

Quelle vision de la condition féminine est ici proposée ? (3 points)

Question 2 :

Comment ces trois scènes d’exposition peuvent-elles susciter l’intérêt du spectateur ? (3 points)

 

Travaux d'écriture

Vous traiterez ensuite, au choix, l’un des trois sujets d’écriture suivants (14 points).

Commentaire :

Vous commenterez le texte de Marivaux (texte B), en vous aidant du parcours de lecture suivant :

Vous étudierez le comportement du père à l’égard de sa fille.

Vous montrerez que s’opposent, dans le texte, deux conceptions différentes du mariage.

Dissertation :

Dans quelle mesure le théâtre est-il propice à une réflexion sur les problèmes de société ?

Vous répondrez à cette question en vous fondant sur les textes du corpus ainsi que sur les textes, œuvres et spectacles que vous connaissez.

Invention :

Un metteur en scène réunit ses comédiens et les techniciens de son équipe. Il expose, en les justifiant, les choix de mise en scène qu’il envisage pour La Nuit vénitienne de Musset (texte C).

Fin de l'extrait

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