L'autobiographie - Français - Première STMG

L'autobiographie - Français - Première STMG

Digischool Bac STMG vous propose un cours de français sur l'autobiographie rédigé par notre professeur de niveau première STMG.

A travers ce chapitre, vous étudierez l'histoire de l'autobiographie et explorerez "Les confessions" de Jean Jacques Rousseau. Notre professeur vous expliquera ensuite ce qu'est l'écriture autobiographique et ses différentes formes : les mémoires, l'autoportrait, le journal intime et le roman autobiographique. Enfin, vous aborderez le pacte autobiographique ainsi que l'engagement de l'auteur et les différentes façons d'analyser une autobiographie.

Téléchargez gratuitement ci-dessous ce cours de français sur l'autobiographie de 1ère STMG.

L'autobiographie - Français - Première STMG

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L’autobiographie

Présentation : Le terme « autobiographie » est récent puisqu’il date du XIXème siècle. En le décortiquant on obtient auto (soi-même), bio (vie) et graphie (du mot grec « graphein » qui signifie « écrire »). Ainsi l’autobiographie est l’acte d’écrire sa propre vie. Un genre littéraire qui interroge sur des notions complexes comme le souvenir, la véracité des propos, la sincérité, la double identité ou encore la connaissance de soi…

I. L’Histoire de l’autobiographie

Si le terme date du XIXème siècle, la volonté de raconter son existence, elle, n’est pas récente. Ainsi Saint Augustin (354-430) dans son ouvrage Confessions ressent, déjà, le besoin de relater les grandes étapes de sa vie. D’autres exemples suivront. On retiendra Montaigne (1533 -1592) et ses Essais. Certes l’ouvrage n’est pas chronologique et sa conception n’est pas à proprement dit une autobiographie mais l’auteur mêle à ses réflexions philosophiques des souvenirs personnels. Rappelons qu’au XVIème siècle, apparaît la notion d’humanisme, ce n’est donc pas un hasard si les écrivains mettent en avant leur individualité. Au XVIIème siècle, c’est l’époque des moralistes dont on retiendra les Mémoires du Cardinal de Retz ou encore celles de Saint-Simon. Mais l’autobiographie, en qualité de genre littéraire, prend naissance au XVIIIème siècle avec Jean-Jacques Rousseau et son ouvrage Les confessions. Au XIXème siècle, le romantisme fait son entrée et prône « le moi ». On comprendra donc que l’écriture autobiographique soit particulièrement prisée. Ainsi de nombreux auteurs se lance dans l’exercice (Stendhal, Musset, Sand…). Châteaubriand et ses Mémoires d’outre-tombe reste l’exemple le plus célèbre. Au XXème siècle, on retiendra Les mots de Jean-Paul Sartre, Enfance de Nathalie Sarraute, Antimémoires d’André Malraux, Si c’est un homme de Primo Lévi, Mémoires d’une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir ou encore W ou le souvenir d’enfance de Georges Perec. Des autobiographies teintées de psychanalyse depuis que Freud a inventé la discipline à la fin du XIXème siècle et début du XXème. Une chose est sûre, au XXème siècle, écrire son autobiographie semble être un passage imposé pour tout auteur connu.

II. Petit zoom sur Les confessions de Jean-Jacques Rousseau

On estime, comme nous l’avons dit, que l’autobiographie est née avec Les confessions de Jean-Jacques Rousseau. Il est donc primordial de connaître cette œuvre qui fut publiée à titre posthume en 1782.

On peut envisager que le titre de l’ouvrage a été choisi par l’auteur en référence au livre Confessions de Saint Augustin. En effet, si le livre de Rousseau n’est pas à connotation religieuse comme peut l’être celui de Saint Augustin, l’auteur revient longuement sur la notion de péchés et de confession. Dans son ouvrage, Rousseau se veut sincère et humble mais on voit très vite qu’il veut « arrondir les angles » et se montrer d’une façon la plus valorisante. Reprenant son positionnement philosophique « l’homme est naturellement bon », Rousseau se montre comme une victime de la société et de ses perversions. Ce livre est à lire pour ses qualités littéraires, philosophiques mais également parce qu’il annonce la psychanalyse et, bien sûr, pose les fondements de l’écriture autobiographiques. 

III. L’écriture autobiographique

Nous avons, ci-dessus, résumé l’avènement de l’autobiographie en tant que genre littéraire. Ainsi, comme nous l’avons dit, ce genre fut inventé par Jean-Jacques Rousseau et Les confessions. Mais il est important de comprendre que l’écriture autobiographique, elle, peut se présenter sous d’autres formes littéraires. On en liste quatre : les mémoires, l’autoportrait, le journal intime et le roman autobiographique.

1.  Les mémoires 

Ce genre littéraire est écrit par un mémorialiste. L’auteur, ici, n’a pas l’ambition de se mettre au centre du récit. En fait, il raconte ce dont il peut témoigner. Ainsi les Mémoires de Saint-Simon (1694-1696) ont un intérêt littéraire certes mais également historique. Grâce à lui nous avons un témoignage d’un contemporain du règne du roi soleil (Louis XIV).

2.  L’autoportrait 

Ce genre n’appartient pas qu’à la peinture ou à la sculpture et existe en littérature. Ici l’auteur se lance dans une analyse de sa propre personnalité mais il ne raconte pas à proprement dit son existence. Les Essais de Montaigne peuvent être rangés dans cette catégorie. On peut citer également l’autoportrait de Roland Barthes (1915-1980), Roland Barthes par Roland Barthes.

3.  Le journal intime 

Le diariste (c’est ainsi que se nomme l’auteur d’un journal intime) s’emploie à écrire ses impressions, ses sentiments au jour le jour. Il témoigne au quotidien de son vécu personnel. Evidemment on ne peut ne pas parler, pour illustrer ce genre littéraire, d’Anne Franck (1929-1945) et de son Journal.

4.  Le roman autobiographique 

Ici nous avons un personnage fictif qui raconte sa vie en employant « je ». Mais le récit en lui-même est très largement emprunté à l’auteur lui-même. Un exemple de roman autobiographie est A la recherche du temps perdu de Marcel Proust (1871-1922)

On le voit, l’écriture autobiographique peut être représentée et illustrée par de nombreux genres littéraires. Et parfois la frontière, entre eux, se montre floue. Mais, alors qu’est-ce qui caractérise précisément ce qui nous concerne ici : l’autobiographie ?

5.  Définition de l’autobiographie

On dira que l’autobiographie est « un récit rétrospectif en prose qu’une personne réelle fait de sa propre existence lorsqu’elle met l’accent sur sa vie individuelle, en particulier sur l’histoire de sa personnalité ». Cette définition est empruntée à Philippe Lejeune, issue de son livre Le Pacte autobiographique, Seuil, 1975).

Sur cette base, on déclinera :

 

  • Le récit est fait à la première personne du singulier

c’est-à-dire « je ». Ce qui implique que l’auteur (celui qui écrit), la narrateur (celui qui raconte) et le personnage principal décrit dans le récit sont une seule et même entité, un seul et indivisible individu.

 

 

  • Le récit parle du passé et de son évolution

 

 On le qualifie donc de rétrospectif. L’auteur évoque le passé, son passé.

 

 

  • L’autobiographie raconte l’élaboration d’un « moi ».

Comment, progressivement, un individu s’est construit.

 

  •  Enfin, on rectifiera une chose dans la définition de Philippe Lejeune : une autobiographie n’impose pas d’être écrite en prose. On prendra pour exemple Chêne et Chien de Queneau, une autobiographie rédigée en vers. 

Maintenant que nous avons vu l’écriture autobiographique en général et l’autobiographie en particulier, abordons maintenant ce qu’on appelle le pacte autobiographique. Cela nous permettra de mettre en avant certaines questions auxquelles vous serez certainement confronté durant vos examens.

IV. Le pacte autobiographique ou l’engagement de l’auteur

Toujours selon Philippe Lejeune, il existe entre l’auteur d’une autobiographie et le lecteur ce qu’il appelle « le pacte autobiographique ». Ça serait une sorte d’engagement où l’auteur s’engage à être sincère, honnête, vrai, à tout dire, même ce qui peut paraître peu valorisant et le lecteur lui, prêt à croire les propos de ce dernier. La fusion des trois entités que nous avons évoquée plus haut (l’auteur, le narrateur et le protagoniste ne font qu’un) est la colonne vertébrale de ce pacte. Philippe Lejeune stipule que seule une défaillance de la mémoire peut, involontairement, trahir l’auteur.

Mais ce pacte est-il réaliste ? Une chose est sûre, il pose de nombreuses questions :

Au-delà de la mémoire et des souvenirs limités, qu’en est-il de la préoccupation de séduire le lecteur. Une séduction pour offrir une œuvre plus divertissante, plus dynamique, une séduction d’ordre esthétique pour tenter d’écrire un chef d’œuvre et donc, en définitive, une séduction qui peut tronquer la réalité.

Autre aspect. A ton le même souvenir d’un évènement à 10, 40, 60 ans ? Bien sûr que non. Alors, comment peut-on parler d’objectivité ? Et si l’auteur qui rédige son autobiographie à 60 ans l’avait fait à 80 ans, aurait-il créer le même récit ? Aurait-il eu la même vision de sa propre existence et justifié ses actes de la même manière ?

Et l’inconscient ? Que dicte-t-il à l’auteur ? N’a-t-il pas des souvenirs refoulés ? Et la pudeur ? Et les conventions sociales qui marquent une époque sans que nous nous en rendions compte ?

Vient ensuite le problème de l’introspection. Peut-on s’analyser, se comprendre soi-même ? Quand on est l’observateur et en même temps l’entité observée, n’y a-t-il pas un paradoxe ?

Aussi l’auteur d’une autobiographie doit-il se contenter de ses souvenirs sans aller chercher des visons extérieurs, des souvenirs d’autrui, si du moins il vaut approcher une certaine vérité ?

Voilà de nombreuses questions qui méritent d’être posées. Des questions auxquelles ont été confrontés certains lycéens quand ils ont dû, répondre lors de l’examen, à ces sujets :

« Suffit-il de se souvenir pour écrire un récit autobiographique ? » ou encore « Peut-on dire qu’écire son autobiographie consiste seulement à aller à la recherche de soi-même ? »…

V. Comment analyser une autobiographie ?

1.  S’attarder sur la narration

Il conviendra de s’interroger sur le triptyque auteur-narrateur-protagoniste qui est présent dans le « je » employé par l’auteur. Il faudra s’intéresser au rapport que ce dernier a avec lui-même à travers le texte, voir la distance qu’il est capable d’établir avec sa propre construction individuelle. Comment raconte-t-il, par exemple, sa naissance, les évènements dont il ne peut avoir de souvenirs ? Quel jugement, avis, analyse émit-il sur sa propre personne ?...

2.  Etre attentif au temps

On l’a vu, il y a le temps qui est relaté dans le récit et le temps concernant le moment où l’auteur raconte l’évènement. Il faut aller parler des pièges de la mémoire, de l’enchevêtrement involontaire des évènements dont on est souvent victime. Comment l’auteur semble exposer sa vérité, comment parvient-il à donner une cohérence à son « moi » qui ne cesse de se succéder durant les années de son existence ?

3.  Les objectifs du récit

Que tente de faire l’auteur à travers son texte. Quelles finalités expose-t-il ou laisse-t-il paraître. Tente-t-il de se justifier auprès des lecteurs comme le fait Rousseau à travers Les confessions ? Est-il dans une démarche plutôt psychanalytique pour aller vers la connaissance de lui-même ? S’interroge-t-il sur sa capacité à être objectif comme le remarque Nathalie Sarraute dans Enfance ? Relate-t-il les faits historiques en tant que témoin à la manière de Saint-Simon ? Ou comme Chateaubriand mais en se mettant particulièrement en avant dans les Mémoires d’Outre-tombe ?

Avec ses trois approches, vous parviendrez à avoir regard critique et constructif sur l’auteur et sa tentative de raconter sa propre existence.

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