La question de l'Homme dans les genres de l'argumentation du XVIème siècle à nos jours - Français - Première STMG

La question de l'Homme dans les genres de l'argumentation du XVIème siècle à nos jours - Français - Première STMG

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Vous retrouverez les genres de l'argumentation directe ainsi que les genres de l'argumentation indirecte.

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La question de l'Homme dans les genres de l'argumentation du XVIème siècle à nos jours - Français - Première STMG

Le contenu du document

 

La littérature offre aux lecteurs la possibilité de réfléchir à ce qu'on appelle la condition humaine : Qu'est-ce qui caractérise l’homme ? Qu'est-ce qui fait la particularité du genre humain ?

De la Renaissance à aujourd’hui, le contact entre les civilisations a conduit l’être humain à se redéfinir et à essayer de mieux comprendre sa place dans le monde. De nombreux textes de genres très variés témoignent de ce questionnement.

Voyons quelles formes prennent ces différents textes et quels questionnements ils proposent.

Distinguons tout d'abord la manière dont ces textes cherchent à faire réfléchir le lecteur.

Lorsque l'auteur présente ses idées (sa thèse, ses arguments) sans recourir à un récit de fiction, on parle d'argumentation directe.

Lorsque des idées, un enseignement, une leçon sont présentés sous la forme d’une fiction, on parle d'argumentation indirecte. C’est le cas dans les genres comme la fable, le conte, l’utopie, mais aussi le roman, le théâtre. Dans ces genres de l'argumentation indirecte le lecteur doit  davantage deviner ce sur quoi veut le faire réfléchir l'auteur.

 

LES GENRES DE L’ARGUMENTATION DIRECTE

L’ESSAI

L’essai  est un texte en prose : l'auteur y témoigne de sa réflexion  personnelle. C'est pourquoi on trouve la plupart du temps des termes évoquant sa présence (pronoms personnels de première personne, questions au lecteur). L'auteur présente aussi l'état de  sa réflexion sur une question donnée à un moment donné.

Par exemple, Montaigne, qui est le premier à avoir inauguré ce genre au XVIème siècle,  compare ses semblables aux «  sauvages » dont  la découverte de l'Amérique a  révélé l'existence. Il en profite pour s'interroger sur la cruauté de la société européenne. « Des cannibales », chapitre 31,  Les Essais,  Montaigne. 1595

Deux siècles plus tard dans L'encyclopédie rédigée par les philosophes des Lumières certains auteurs porteront un regard critique sur la guerre sous la forme d’un article intitulé «  Paix », dont voici un extrait :

PAIX. La guerre est un fruit de la dépravation des hommes : c'est une maladie convulsive et violente du corps politique, il n'est en santé, c'est-à-dire dans son état naturel que lorsqu'il jouit de la paix ; c'est ce qui donne de la vigueur aux empires ; elle maintient l'ordre parmi les citoyens ; elle laisse aux lois la force qui leur est nécessaire ; elle favorise la population, l'agriculture et le commerce : en un mot elle procure aux peuples le bonheur qui est le but de toute société. La guerre au contraire dépeuple les états ; elle y fait le désordre ; les lois sont forcées de se taire à la vue de la licence qu'elle introduit ; elle rend incertaines la liberté et la propriété des citoyens ; elle trouble et fait négliger le commerce ; les terres deviennent incultes et abandonnées.

 

Article «Paix», Encyclopédie, (1750 – 1772). ( extrait)

 

L'essai  peut prendre des formes variées : article de presse, de dictionnaire ou d’encyclopédie, dissertation, lettre ouverte souvent publiée dans la presse, pamphlet (court écrit satirique)...

 

LA SATIRE

La satire est un genre qui permet de  critiquer, en vers ou en prose,  les vices et les ridicules d'une époque, d'une personne, d'une société, d'une institution. Son origine remonte à l'Antiquité, latine notamment, mais elle se développa particulièrement au XVIIème siècle, avec un auteur comme Boileau. La satire se caractérise souvent par des termes péjoratifs, caricaturaux, violents. L'auteur y utilise des antiphrases ainsi que des exagérations,  son but étant avant tout de dénoncer pour corriger des vices.

 

LA MAXIME

La maxime, très appréciée au XVIIème siècle, est une réflexion énoncée de manière très  brève portant sur les questions d'ordre politique, social et psychologique.

La clémence des princes n’est souvent qu’une politique pour gagner l’affection des peuples.

Si nous n’avions point d’orgueil, nous ne nous plaindrions pas de celui des autres.

L’amour-propre est le plus grand de tous les flatteurs.

Il est du véritable amour comme de l’apparition des esprits : tout le monde en parle, mais peu de gens en ont vu.

La Rochefoucauld, Maximes, 1678

 

* Les différents discours, dont

- l'oraison funèbre : discours prononcé à la mémoire d'une personne disparue,

- le sermon : discours religieux qui incite au respect de la parole divine et de la morale,

- la  plaidoirie : il faut entendre ici qu'il s'agit d'une défense argumentée en faveur d'une personne ou d'une idée,

- le réquisitoire : discours dans lequel on accumule les accusations contre quelqu'un, quelque chose.

 

Un exemple :

Le 1er février 1954, l'abbé Pierre lançait à la radio un appel en faveur des sans-abris.

« Mes amis, au secours… Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à trois heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l’avait expulsée… Chaque nuit, ils sont plus de 2 000 recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d’un presque nu. Devant l’horreur, les cités d’urgence, ce n’est même plus assez urgent ! Écoutez-moi : en trois heures, deux premiers centres de dépannage viennent de se créer : l’un sous la tente au pied du Panthéon, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève ; l’autre à Courbevoie. Ils regorgent déjà, il faut en ouvrir partout. Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s’accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait couvertures, paille, soupe, et où l’on lise sous ce titre Centre fraternel de dépannage, ces simples mots : « Toi qui souffres, qui que tu sois, entre, dors, mange, reprends espoir, ici on t'aime ».

Abbé Pierre, Appel de Radio Luxembourg (extrait) , 1954 .

 

LES GENRES DE L’ARGUMENTATION INDIRECTE

 

Dans ces différents genres,  l'expression des idées de l'auteur passe par le biais de la fiction, à travers  les situations représentées, le caractère des personnages, leurs propos, les descriptions proposées...

Dans le traitement des situations et des personnages, l'auteur invite le lecteur à partager certaines prises de position ou au contraire à les refuser. Ainsi le lecteur, dont l'attention est retenue par les actions, les situations  et les péripéties de la fiction, se voit proposer une réflexion sous un aspect plaisant.

De ce fait,

* Un grand nombre de  romans ou de pièces de théâtre peuvent être considérées comme un moyen pour leur auteurs de faire passer un message, de développer une argumentation de manière indirecte.

Ainsi dans la pièce de théâtre La guerre de Troie n'aura pas lieu (1935), Jean Giraudoux, fait dialoguer un père (Priam) et sa fille (Andromaque) à propos de la nécessité de la guerre chez les êtres  humains. Les deux points de vue s'opposent et le lecteur/spectateur est invité à réfléchir sur les arguments réciproques des personnages.

 

LA FABLE

Dans la fable, d’abord destinée à l’éducation des enfants (fables d’Esope et de Phèdre dans l’Antiquité) le récit, souvent  court, suggère une  réflexion qui a souvent pour thème le comportement humain et ses conséquences. Parfois ce que l'auteur veut faire comprendre au lecteur  reste  implicite ; à d'autres moments le récit s'accompagne d'une morale ( au début ou à la fin du texte) qui éclaire le lecteur sur l’enseignement à tirer du récit proposé.

Au XVIIème siècle  La Fontaine  en fait un genre poétique en vers. Une de ses fables Les animaux malades de la peste met en scène sous les traits d'animaux la condamnation d'un personnage faible par les Puissants  de la Cour, pour des fautes bien moindres que celles que ces puissants ont eux-mêmes commises. A travers ce récit dialogué, La Fontaine dénonce le système inégalitaire de la justice des hommes en son siècle.

 

LE CONTE PHILOSOPHIQUE

Le conte philosophique (crée par Voltaire avec Zadig, 1748), comme le conte traditionnel, présente la quête  d’un héros et son évolution. Mais son but est aussi de susciter chez le lecteur une réflexion critique sur des thèmes chers aux philosophes des Lumières : la recherche du bonheur, la question de la liberté, le souci de la connaissance, la quête de l'égalité entre les hommes. Très souvent pour plaire au lecteur, le distraire, le conte comporte des éléments merveilleux et exotiques. Mais l'auteur  utilise l’arme de l’ironie pour dénoncer les préjugés et les abus de l’époque.

Ainsi, dans un des chapitres de Candide écrit par Voltaire en 1759,  la rencontre que fait le héros avec un pauvre homme mutilé par son maître au cœur de la forêt amazonienne est aussi le moyen de dénoncer violemment les horreurs de l’esclavage et du commerce triangulaire.

En approchant de la ville, ils rencontrèrent un nègre étendu par terre, n'ayant plus que la moitié de son habit, c'est- à-dire d'un caleçon de toile bleue; il manquait à ce pauvre homme la jambe gauche et la main droite. « Eh ! Mon Dieu! lui dit Candide en hollandais, que fais-tu là mon ami, dans l'état horrible où je te vois? - J'attends mon maître, monsieur Vanderdendur , le fameux négo-ciant, répondit le nègre. - Est-ce monsieur Vanderdendur, dit Candide, qui t'a traité ainsi? - Oui, Monsieur, dit le nègre, c'est l'usage. On nous donne un caleçon de toile pour tout vêtement deux fois l'année. Quand nous travaillons aux sucreries, et que la meule nous attrape le doigt, on nous coupe la main; quand nous voulons nous enfuir, on nous coupe la jambe : je me suis trouvé dans les deux cas. C'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe.

Voltaire, Candide, chapitre XIX, 1759.

 

On regroupe souvent sous le terme d'apologue ces différents genres que sont la fable, le conte philosophique. Dans la mesure où se sont, la plupart du temps, de courts récits en prose ou en vers, dont on tire une morale.

 

* L’utopie (« lieu qui n’existe pas » ), inventée par Thomas More dans Utopie ( 1516) décrit une cité dans laquelle les hommes sont parvenus à créer un système politique idéal,  où n'existent plus les défauts et les injustices du monde réel dans lequel vit le lecteur.

Un grand nombre d'auteurs de science-fiction se sont inspirés de ce genre d’argumentation indirecte pour dénoncer les défauts de la société dans laquelle ils vivaient ou encore les dangers à venir de certains comportements humains. La société décrite dans leurs récits semble «  idéale », mais elle est en fait un univers inégalitaire, privant les êtres de leurs droits ou de leur humanité. On parle alors de « dystopie ».

On peut citer en exemple le roman de G. Orwell, 1984. Plus récemment, dans la catégorie des romans pour adolescents,  la trilogie de Suzanne Collins,  Hunger Games

 

* Autres exemples de genre de l’argumentation indirecte, certains textes prennent la forme, souvent brève, de  portraits.  Très apprécié au XVII siècle, ces textes proposent la représentation caricaturale d’un personnage incarnant un défaut humain, un vice, un abus. Ainsi, La Bruyère, dans son célèbre recueil de portraits, Les caractères,  évoque-t-il dans le portrait de Gnathon un défaut courant dans la société des hommes : l’égocentrisme.

Gnathon ne vit que pour soi, et tous les hommes ensemble sont à son égard comme s’ils n’étaient point. Non content de remplir à une table la première place, il occupe lui seul celle de deux autres ; il oublie que le repas est pour lui et pour toute la compagnie ; il se rend maître du plat, et fait son propre de chaque service : il ne s’attache à aucun des mets, qu’il n’ait achevé d’essayer de tous ; il voudrait pouvoir les savourer tous tout à la fois.

La Bruyère, Les Caractères,  «  De l’homme » (extrait),1688.

Fin de l'extrait

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