Corrigé Français - Bac STMG Pondichéry 2016

Corrigé Français - Bac STMG Pondichéry 2016

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Notre professeur de français répond aux questions du corpus de texte composé de 3 textes en lien avec le thème "Le texte théâtral et sa représentation, du XVIIème siècle à nos jours", et a rédigé pour vous le commentaire de texte de Marivaux, la dissertation "Dans quelle mesure le théâtre est-il propice à une réflexion sur les probèmes de société ?" ainsi  que l'écriture d'invention.

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Corrigé Français - Bac STMG Pondichéry 2016

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QUESTIONS DE CORPUS

Quelle vision de la condition féminine est ici proposée ?

Les trois textes du corpus à des époques différentes ont pour thème le mariage forcé. Molière, dans l’extrait de sa comédie Monsieur de Pourceaugnac, aborde l’épineux sujet du mariage arrangé « pouvoir venir à bout de détourner ce fâcheux mariage que mon père s’est mis en tête » (l. 10). C’est un sujet que le dramaturge du XVIIe siècle déclinera dans de nombreuses comédies. Marivaux, en plein siècle des Lumières met en scène dès le début de sa pièce Le Père prudent et équitable, un père Democrite qui va présenter trois prétendants à sa fille Philine mais en aucune façon la jeune fille ne pourra épouser l’homme qu’elle aime.

Cette vision de la condition féminine est traditionnelle pour l’époque. Les parents (ici le père) choisissent l’époux de leur fille sans que celle-ci ait droit à la parole. On opte pour les mariages sécurisants et fortunés. Que l’époux soit plus âgé (et pas aimé de la jeune femme) est chose courante, ce qui peut expliquer le nombre d’amants et la vie libertine... En outre, ils meurent la plupart du temps assez vite et la jeune veuve se retrouve libre et relativement bien lotie.

Même au XIXe siècle le « moderne » Musset continue à réfléchir sur la façon dont les jeunes filles sont traitées : l’exposition de sa comédie La Nuit Vénitienne met en scène deux amants qui ne peuvent se marier puisque le tuteur de Laurette l’oblige à épouser « le prince d’Eysenach ».

Ces extraits sont intéressants car ils permettent au spectateur sous couvert du registre comique de réfléchir à une thématique de la condition féminine qui à traverser les siècles. La position de la jeune fille au sein de la famille et de la société.

Ces trois auteurs et peut-être plus encore Molière et Marivaux se montrent ici particulièrement novateur : réfléchir ou s’opposer sur un tel acte transgressif est inimaginable ! Mais espéré sans doute par toutes ces femmes qui, depuis des siècles et pendant bien longtemps encore, subiront l’oppression masculine.

 

Comment ces trois scènes d’exposition peuvent-elles susciter l’intérêt du spectateur ?

Le corpus présente trois scènes d’exposition de comédie à trois époques différentes. La scène d’exposition tout comme le théâtre est très codifiée. Aristote au IVe siècle av J.C. puis Boileau au XVIIe imposaient deux grands fonctions à la scène d’exposition : informer et séduire. Il fallait que le spectateur comprenne rapidement l’enjeu de la pièce (lieu, époque, personnage, intrigue) mais qu’il ait aussi envie de connaître la suite.

Molière en dramaturge du grand siècle classique offre avec Monsieur de Pourceaugnac une comédie-ballet dont la scène d’exposition respecte les deux fonctions :

La situation du mariage forcé et le personnage principal (Monsieur de Pourceaugnac) sont présentés par Julie et Eraste ainsi par "l'ingénieuse" Nérine. Tout le ressort dramatique de la pièce va s'articuler sur les façons d'expulser l'intrus (Pourceaugnac). De plus la mise en jeu de l'espace (le dehors et le dedans), le temps (faire vite), la psychologie (jouer de tous les artificespour se débarrasser de l'importun), description de l’étrangeté, du corps étranger qu'il faut expulser et du milieu qu'il est venu perturber nous donne envie de connaître la suite.

L’extrait de la pièce de Marivaux présente les caractéristiques du genre : la situation est annoncée, les personnages et l‘enjeu également : que vont décider Philine et Cléandre ? La présence de Toinette (qui intervient à la scène suivante) laisse supposer que, comme toute soubrette du temps, elle interviendra en faveur de sa maîtresse. Il en est de même pour Crispin, valet de Cléandre. Cette première pièce de Marivaux annonce les suivantes. Ainsi, l’intérêt du spectateur est retenu : que va faire la jeune fille ? Épousera-t-elle son barbon ou bien parviendra-t-elle à vivre avec celui que son « coeur » réclame ? Réussira-t-elle à dépasser les barrières sociales et à gagner sa liberté ?

Musset quant à lui, fidèle au théâtre « modernisé » par la bataille «d’ Hernani » qui eut lieu la même année que la création de sa comédie La nuit vénitienne, innove quelques peu en mettant en scène dès le début de sa pièce les deux amants qui se déchirent au moment du départ de Laurette. La fonction d’information est remplie : un mariage non voulu (Laurette avec le prince d’Eysenach), la jeune fille soumise à sa destinée et un amant qui veut la retenir. La présence de « l’orgueilleux tuteur » nous permet de comprendre que Laurette est certainement orpheline. L’intérêt du spectateur est évidemment retenu, qui n’aimerait pas connaître le sort de ces deux pauvres infortunés.

 

COMMENTAIRE : EXTRAIT DE MARIVAUX

Marivaux, dramaturge célèbre du siècle des Lumières, s’est inscrit dans l’élan contestataire de son époque en écrivant des comédies dans lesquelles les protagonistes débattaient, sans en avoir l’air, des injustices sociales.

Sa première pièce écrite en 1712 Le Père prudent et équitable, une comédie d’intrigue en un acte et en vers ne fut jouée que devant un cercle d’amateurs. Il s’agit d’éconduire divers prétendants à la main de la jeune Philine pour la conserver à Cléandre qu’elle aime.

L’extrait à étudier met en scène un dialogue entre le père Démocrite et sa fille Philine dans la scène d’exposition. Texte qui s’ouvre sur une tirade autoritaire d’un père désirant marier sa fille.

 

I. Une scène d’exposition in media res

1. Le début d’une pièce

La pièce débute in media res laissant penser aux lecteurs ou aux spectateurs que l’action a déjà débuté. Toutefois cette scène d’exposition présente les caractéristiques du genre : la situation est annoncée, les personnages et l’enjeu également : un père veut absolument marier sa fille, sa fille est amoureuse d’un certaine Cléandre nommée au vers 25.

L’intrigue est lancée : que vont décider Philine et Cléandre ? La présence de Toinette laisse supposer que, comme toutes les servantes du temps, elle interviendra en faveur de sa maîtresse.

L’intérêt du spectateur est retenu : que va faire la jeune fille ? Epousera-t-elle son « barbon » ou bien parviendra-t-elle à vivre avec celui que son « coeur » réclame ?

 

2. Un semblant de dialogue

Cette scène offre un semblant de dialogue car la majorité du dialogue est occupée par une tirade du père Démocrite.

Philine n’intervient que très prestement une fois au vers 20 et encore son père lui coupe la parole.

 

3. Un père autoritaire

- Volonté toute-puissante du père sur la fille qui lui doit obéissance : « Je veux être obéi » (v. 1).

- Vocabulaire dépréciatif du père envers sa fille : « jeune cervelle » ; « petite créature » ; « morveuse ».

- Interrompue par son père dès qu’elle avance le mot « coeur ». Parole rédhibitoire : « Taisez-vous ; je veux qu’on m’obéisse ». Deux occurrences au vers 1 et au vers 30.

- Les phrases exclamatives.

 

II. Deux conceptions du mariage

1. La vision traditionnelle

Le père offre une vision traditionnelle du mariage pour l’époque. Les parents, ici le père, choisissent l’époux de leur fille sans que celle-ci ait droit à la parole.

On opte pour les mariages sécurisants et fortunés : le premier parti proposé par Democrite à sa fille est « un homme de finance », le GN est placé en fin du vers 9 ce qui a pour effet d’insister sur le rôle important de l’argent dans le mariage. Cet aspect contraste aussi avec le manque de fortune de Cléandre : « biens embrouillés dans de très grands procès » (v. 27).

 

2. La vision de Philine

Philine la fille a une vision radicalement opposée. Elle est amoureuse de Cléandre et a des rêves de jeunes filles contrecarrés par son père qui caractérise ses amours de « bagatelle, charmant, mignon » et de « colifichet » à propos de Cléandre.

 

3. Castigat ridendo mores

Marivaux, dès sa scène d’exposition, essaie de faire rire et de répondre à l’adage d’Horace « castigat ridendo mores » (châtiées les moeurs par le rire).

Démocrite est un personnage excessif et prend la parole longuement en se perdant dans un argumentaire autoritaire.

Sa fille ne doit pas se plaindre : trois partis s’offrent à elle, notamment Ariste, un « barbon » pour lequel le père à sa préférence (il est riche et habite à proximité !). Pour la circonvenir, il lui donne l’exemple de sa cousine qui « badine » avec son « vieil époux » et mène joyeuse vie.

Le comique de caractère est installé.

In fine, dès la scène d’exposition le spectateur comprend l’enjeu de la pièce : que vont décider Philine et Cléandre ? Philine réussira-t-elle à dépasser les barrières sociales et à gagner sa liberté en épousant l’homme qu’elle aime ? Cette première pièce dans l’oeuvre de Marivaux annonce évidemment la création de comédies qui essaieront de contester les injustices sociales tout en divertissant.

 

DISSERTATION

Introduction

Le théâtre est un genre particulier qui se caractérise par une double communication, du grec « théômai » (regarder), le théâtre est avant tout un spectacle dans lequel des acteurs donnent vie aux personnages. Chaque pièce s’inscrit dans l’histoire de l’époque, la comédie « sous-genre » au XVIIe siècle et mis au goût du jour par le célèbre dramaturge Molière s’inscrit dans un élan contestataire qui sera poursuivi au siècle suivant par Marivaux et Beaumarchais. Grâce au théâtre on critique les privilèges, on s’interroge sur des questions de société (la relation maîtres et valet ; la place de la femme).

Il s’agira de se demander dans quelles limites le théâtre est propice à une réflexion sur les problèmes de société.

 

I. Le théâtre est un phénomène social, un art public et collectif qui se prête au débat d’idées

1. Le dialogue théâtral se prête au débat d’idées.

Le dialogue théâtral se prête particulièrement bien au débat d’idées car la forme est vivante comme dans un dialogue philosophique.

Les exemples pouvaient être pris dans les scènes du corpus ou encore dans des scènes argumentatives des pièces de Molière où chaque personnage défend sa thèse (Dom Juan par exemple).

 

2. La double énonciation théâtrale.

Les idées s'incarnent dans des personnages. Le texte théâtral est principalement constitué de dialogues, mais les personnages s’adressent autant, sinon davantage, au public qu’aux autres protagonistes. Le public est interpellé, sommé de juger les situations, les discours et les comportements.

Par exemple, à travers le personnage de Marceline dans Le Mariage de Figaro, Beaumarchais interpelle ses contemporains sur la condition féminine (exemple qui convenait parfaitement avec les thèmes abordés dans les extraits du corpus).

 

3. L’action théâtrale repose sur le conflit et la crise.

Les conflits et les crises mis en scène reflètent les conflits et les crises de la société.

Par exemple, le conflit entre le héros aristocrate et le pouvoir royal dans le théâtre de Corneille ; ou encore les conflits entre le maître et le valet de Molière à Hugo (Ruy Blas) sans oublier, naturellement, le théâtre de Marivaux.

 

II. Le théâtre est une tribune efficace mais risquée.

1. Le théâtre permet de dénoncer les injustices sociales.

Dès le siècle du classicisme, Molière a opté pour une argumentation indirecte afin de dénoncer les injustices sociales. Art de l’éloquence et du verbe repris par les dramaturges du XVIIIe siècle, qui feront de leur pièce des tribunes contestataires des injustices sociales :

Par exemple les relations maîtres valet dans la pièce de Marivaux «L’Ile aux Esclaves » ; ou encore Marceline et la question des femmes dans Le Mariage de Figaro ; ou le monologue de Figaro qui pose le problème des privilèges de la naissance.

 

2. Le théâtre permet de poser des problèmes politiques.

Le théâtre d’Aimé Césaire qui dénonce le colonialisme.

Les Mains sales de Sartre qui montre les contradictions du parti communiste.

Tartuffe de Molière qui dénonce le pouvoir de la compagnie du Saint Sacrement.

 

3. Le théâtre s’expose donc alors à la censure et au malentendu.

Si le théâtre se prête bien à une réflexion sur les problèmes de société, il s’expose aussi à la censure.

L’exemple le plus connu des élèves étant l’interdiction de jouer Tartuffe en 1664.

Interprétations diverses de l’Antigone d’Anouilh ; le dramaturge est-il pour Créon ou Antigone ? Ne commet-on pas des erreurs en faisant d’un seul personnage le porte-parole de son auteur ?

 

Conclusion

Le théâtre est un miroir de la société, un porte-parole des idées de l’auteur dont il est cependant difficile parfois de déceler les intentions. L’auteur s’exprime à travers plusieurs personnages, il pose des questions sans forcément y répondre. Peut-on penser que le théâtre, par les débats qu’il propose, est un art particulièrement propice à l’éveil d’une conscience citoyenne ?

 

INVENTION

Bon écoutez, les cocos, on va reprendre toute la scène de Razetta et Laurette, parce que ça ne va pas du tout. C’est lent, c’est braillard et surtout pas vivant pour deux sous. Si on ne veut pas que les spectateurs s’endorment, il faut absolument tout refaire.

D’abord, il faudrait éviter de marquer de faire une scène pleurnicharde d’adieu.

Même chose pour vos positions… Qui vous a donné l’idée de jucher Laurette sur la mezzanine, alors que Razetta a encore les pieds dans l’eau ? Il est vrai que nous devons garder un esprit de comédie mais de là à faire du ridicule.

Et puis alors, bravo pour l’éclairagiste ! La lumière rasante à l’horizontale, c’est vraiment une trouvaille. Qui t’a donné cette idée-là ? … Mais si, mais si, ça sera symbolique tout de même : beaucoup de lumière, ça veut dire qu’il n’y a pas de zone d’ombre où se dissimuler. Content ? Bon, alors va me rectifier tes projos ! Tout ça, ce sont des procédés, des artifices, que vous allez faire une scène vivante et émouvante.

Il y a d’abord une question de diction, élémentaire. Les deux comédiens, vous me jouez votre dialogue comme si c’était une conversation entre deux intellectuelles : c’est ennuyeux à mourir. Pas besoin de faire des silences de cinq minutes entre chaque réplique ! Que diable, ce n’est pas un combat d’idées abstraites, il n’y a pas de « thèse » là-dedans, ce sont deux amoureux qui ne veulent pas se quitter !

On va essayer de donner à tout ça un peu de rythme et de vraisemblance.

Fin de l'extrait

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