Corrigé entraînement Bac de Français : Le texte théâtral et sa représentation, du XVIIIe siècle à nos jours - Français - Première STMG

Corrigé entraînement Bac de Français : Le texte théâtral et sa représentation, du XVIIIe siècle à nos jours - Français - Première STMG

Corrigé entraînement Bac de Français : Le texte théâtral et sa représentation, du XVIIIe siècle à nos jours - Français - Première STMG

Le contenu du document

Cette fiche présente la correction du sujet blanc #1 proposé par notre professeur de français, sur le thème « Le texte théâtral et sa représentation, du XVIIIe siècle à nos jours ».

CORRIGÉ

Durée de l’épreuve : 4 heures

Objet d’étude : Le texte théâtrale et sa représentation, du XVIIIe siècle à nos jours

Le sujet comprend :

TEXTE A : Roméo et Juliette, II, 2, William Shakespeare, 1597.

TEXTE B : Dom Juan, IV, 6, Molière, 1665.

TEXTE C : Cyrano de Bergerac, III, 1, Edmond Rostand, 1897.

ÉCRITURE

I. Vous répondrez d’abord à la question suivante (4 points) :

Vous étudierez dans ces trois extraits la nature de la relation entre l’homme et la femme.

II. Vous traiterez ensuite, au choix, l’un des sujets suivants (16 points) :

1. Commentaire 

Vous ferez le commentaire du texte B.

2. Dissertation 

Eugène Ionesco disait : « Tout est langage au théâtre, les mots, les gestes, les objets. Il n’y a pas que la parole. »

Vous discuterez cette assertion et direz en quoi l’on peut dire que le théâtre ne se résume pas seulement à un texte.

3. Invention

Vous êtes metteur en scène et vous écrivez une note d’intention pour la mise en scène de l’extrait de Shakespeare.

I. Vous répondrez d’abord à la question suivante (4 points) :

Vous étudierez dans ces trois extraits la nature de la relation entre l’homme et la femme.

Les trois extraits du corpus partagent un genre, celui du théâtre, un thème, celui de l’amour, mais ils diffèrent par leurs époques respectives et par la façon dont l’amour y est traité. 

Shakespeare, au début de la Renaissance, en 1597, met en scène dans Roméo et Juliette, deux héros éponymes dans une scène consacrée, celle du balcon ; il s’apparente ce faisant à Edmond Rostand, qui, en 1897, dans Cyrano de Bergerac crée une scène du balcon dont les codes sont proches de ceux du dramaturge victorien. 

Molière, quant à lui, livre au spectateur avec Dom Juan en 1665 une étonnante scène amoureuse où Elvire vient faire d’étranges adieux à l’homme qu’elle aime. Ainsi verrons-nous que ces trois extraits ne traitent pas de la relation amoureuse sur le même mode.

La situation physique des personnages de ces trois extraits induit la nature de leur relation ; en effet, Juliette est en hauteur « Sous les fenêtres de l’appartement de Juliette ». 

De la même façon, Roxane est perchée sur son balcon, inaccessible précieuse courtisée par Cyrano qui est « d’abord caché sous le balcon ». Cela place d’emblée la femme dans une situation de supériorité traduite sur scène par cette hauteur ; par ailleurs, l’idéal du chevalier courtois se retrouve tant chez Shakespeare que chez Rostand. 

Ainsi Roméo clame-t-il « il y a plus de péril pour moi dans ton regard que dans vingt de leurs épées » signifiant que la mort ni le combat ne l’effraient mais que le fait de ne pas être aimé de Juliette le tuerait. 

Cyrano quant à lui affirme « Ah ! que pour ton bonheur je donnerais le mien,/Quand même tu devrais n’en savoir jamais rien » affirmant qu’il est prêt à s’oublier pour le bonheur de la jeune femme. Enfin, Roméo comme Cyrano détiennent la parole et ils se montrent prolixes, s’exprimant plus que la femme aimée. Cela nous montre l’intensité et la nature courtoise de l’amour que portent Roméo et Cyrano à leurs aimées.

Il en va tout autrement chez Molière. Tout d’abord, pas de Balcon. La jeune femme arrive et repart rapidement : « laissez-moi vite aller ». Elle est dénuée des atouts de la séduction, le spectateur sent d’emblée que cette scène amoureuse ne sera pas commune. Par ailleurs, Dom Juan ne parle pas ou presque quand Done Elvire ne cesse de monopoliser le verbe. 

Cela révèle qu’à l’inverse de Juliette ou de Roxane, non seulement elle est l’instigatrice de ce dialogue mais encore elle en est la meneuse. Elvire se montre même demandeuse : « Sauvez-vous, je vous prie, ou pour l'amour de vous, ou pour l'amour de moi. » 

Ce disant, ne tente-t-elle pas d’obtenir une confession amoureuse qui ne vient pas ? Dom Juan ne pense qu’à reprendre la jeune femme sans y mettre d’ailleurs les formes : « Madame, vous me ferez plaisir de demeurer, je vous assure. », se montrant cynique.

Nous avons vu que si Roméo et Cyrano étaient des amants courtois qui plaçaient la femme sur un piédestal, ce n’était pas le cas de Dom Juan où la femme prend le rôle demandeur devant un homme méprisant.

II. Vous traiterez ensuite, au choix, l’un des sujets suivants (16 points) :

1. Commentaire 

Vous ferez le commentaire du texte B.

Nous vous donnons ici le plan détaillé du commentaire. À vous de le rédiger.

RAPPEL. Une introduction se compose :

-> D’une phrase d’accroche

-> D’une contextualisation autour de l’œuvre, de l’auteur et du mouvement concerné

-> D’une problématique

-> D’une annonce de plan

REMARQUE. On dit qu’elle part du général pour arriver au particulier, donc, qu’elle est construite en entonnoir.

A.    Une rupture étrange et un double langage.

  • Une femme désespérée. Champ littéraire du désespoir et de l’amour perdu : « folles pensées ; je vous ai aimé ; tendresse extrême (hyperbole qui insiste sur l’intensité de cet amour) ; pour l’amour de moi ». Nous soulignons le fait que ces expressions soient au passé composé qui évoque un passé, certes mais un passé très proche dont on devine que Done Elvire souhaite qu’il ne se soit pas terminé. De plus, nous repérons une prière : « je vous le demande avec larmes », qui fait de Done Elvire une madone de l’amour sacrifiée par un Dom Juan « cœur de tigre ».
  • Une attente déçue. Multitude de questions déguisées : « qu'une personne que j'ai chérie tendrement » ou « une personne que vous avez aimée ». Nous voyons que Done Elvire cherche à obtenir de Dom Juan un aveu d’amour qui ne vient pas ; l’amour se déguise sous le voile de la religion : « c’est ce parfait et pur amour qui me conduit ici pour votre bien » ; prétexte pour Done Elvire qui espère voir changer Dom Juan et se pose en exemple : « pour moi ma retraite est résolue » mais son discours est contradictoire. On opposera son désir « d’expier » sa « passion condamnable » et le fait qu’elle assure « je ne tiens plus à vous » au fait qu’elle annonce « mais j'aurais une douleur extrême qu'une personne que j'ai chérie tendrement, devînt un exemple funeste de la justice du Ciel ».

B.    Une prophétie ignorée.

  • La thématique religieuse. Champ lexical de la religion : « de grâce ; salut ; le Ciel ; miséricorde ; expier la faute ; austère pénitence ; le pardon » annonce une punition divine « vous n'avez pas encore un jour à vous pour vous pouvoir soustraire au plus grand de tous les malheurs », hyperbole qui montre que Dom Juan vit sous le coup d’une menace terrible, celle de la mort ; la promesse d’une fin funeste : Ici Done Elvire se fait messagère du destin : « vous dire de sa part que vos offenses ont épuisé sa miséricorde, que sa colère redoutable est prête de tomber sur vous ». Présence du fatum qui atteste du registre tragique de la pièce et plus précisément de l’extrait. Par ailleurs, relevons l’exhortation « Sauvez-vous », redoublée par la prière « je vous en conjure » qui soulignent l’intensité dramatique du moment.
  • Une absence de DJ et ses remarques finales. Dom Juan parle peu. Ses rares interventions sont ironiques : « tu pleures, je pense », réplique ambigüe qui rappelle « je pense donc je suis » de Descartes, faisant du séducteur un personnage résolument cartésien qui refuse de céder devant la peur. Dom Juan par ailleurs, cherche à récupérer Done Elvire : « vous me ferez plaisir de demeurer », soulignant le cynisme du personnage, cynisme renforcé par les répliques de Sganarelle : « pauvre femme » (registre pathétique) et « cœur de tigre ». Enfin, Dom Juan reste fidèle à lui-même et ignore le discours de la jeune femme qui ne reçoit aucun écho.

2. Dissertation 

Eugène Ionesco disait : « Tout est langage au théâtre, les mots, les gestes, les objets. Il n’y a pas que la parole. »

Vous discuterez cette assertion et direz en quoi l’on peut dire que le théâtre ne se résume pas seulement à un texte.

La commedia dell’arte était une forme théâtrale qui s’appuyait sur un canevas autour duquel devaient improviser les comédiens : un mari jaloux, une femme adultère ou un fils disparu mais pas de texte. 

Tout passait par l’oralité. Puis le théâtre quitte les foires et les places publiques et n’est plus seulement un art de la rue ; il devient aussi un lieu et, s’institutionnalisant, il s’écrit. Du XVIIème siècle à nos jours, le théâtre devient livresque et s’imprime, laissant à la postérité des pièces multiples mais faisant parfois oublier que le théâtre n’est pas d’abord un texte. 

Ainsi pouvons-nous nous demander en quoi le théâtre ne se résume pas à un texte mais pourquoi tout au théâtre est signifiant, les mots, les gestes ou encore les objets. Tout d’abord, le théâtre passe par un travail de mise en scène, travail qui consiste à lire et à interpréter un texte d’une certaine manière. 

Ensuite, force est de constater que sans décors, sans costumes, sans gestes, le texte ne se suffit pas : que serait le texte comique sans comique de gestes ?

Chaque metteur en scène propose sa vision personnelle d’une œuvre : de Bluwal à Mesguich, Dom Juan se traduit par deux lectures différentes. Lire un texte, qu’il soit théâtral ou d’un autre genre, suppose un récepteur. 

Ce récepteur a une sensibilité propre qui dépend de facteurs aussi divers que son âge, son sexe, son époque ou sa culture. Pour autant, le texte échappe à son auteur sitôt qu’il a été écrit et s’il est sédimenté, fixé par l’écriture, force est de constater qu’il n’est pas lu de la même manière par tous. 

Ainsi peut-on voir les différences de lecture entre Marcel Bluwal en 1962 et Daniel Mesguich en 2002. La scène d’exposition en est un exemple intéressant en ce sens que chez Bluwal, elle dure cinq minutes alors que chez Mesguich, la même scène dure dix minutes. 

Une telle distorsion temporelle laisse entendre les différences de lecture et d’interprétation entre les deux hommes. Nous pouvons donc poser que le texte théâtral n’est pas un monument inaliénable et qu’il peut se traduire différemment selon ceux qui le prennent en charge.

Par ailleurs, lire le théâtre et le voir sont deux démarches totalement différentes. En effet, le théâtre se pose d’abord comme un spectacle de rue, un spectacle visuel avant d’être un texte. 

L’étude du théâtre se fait par le texte et des générations d’élèves ont oublié qu’il est d’abord un spectacle visuel avant d’être un texte. Pour ne pas dire que le texte doit être oublié par le spectateur. Subjugué par le jeu d’un comédien, le spectateur ne pense pas au texte, à ses didascalies, au travail du metteur en scène. 

D’ailleurs, ce metteur en scène reste le grand oublié du spectacle théâtral en ce sens qu’il n’apparait jamais sur scène, n’est jamais salué et que personne ne sait même à quoi il ressemble. 

Voilà pourquoi l’on peut dire que lire le théâtre et le voir sont deux démarches totalement différentes. Le lecteur analyse un texte, le spectateur jouit d’un spectacle. Cependant, une pièce de théâtre ne se résumant pas à un texte, nous pouvons nous demander ce qui prolonge le texte théâtral.

Le théâtre ne se résume pas à un texte. Interpréter un texte suppose de l’incarner ; pour ce faire, le comédien suit les indications des didascalies, le metteur en scène guide le comédien et voir une pièce de théâtre permet souvent de mieux comprendre une partie du texte. 

Lorsqu’Edmond Rostand écrit son Cyrano de Bergerac en 1897, il le fait pour un comédien précis, Coquelin et il imagine des décors, des costumes, des déplacements qui vont servir son intrigue. 

De même, les pièces de Georges Feydeau comportent de longues didascalies qui permettent aux comédiens d’illustrer le texte, de le prolonger voire de le grandir. Le jeu donne à voir ce que le texte ne montre pas de façon évidente. 

Voilà pourquoi nous pouvons affirmer que le texte théâtral doit être complété par ce qui ne peut s’écrire : le charisme d’un comédien, la beauté d’un espace scénique, la tonalité d’une réplique que tel saura rendre et tel autre non.

Enfin, la pièce de théâtre est le fruit de la convergence de plusieurs métiers et de plusieurs actions conjuguées : dramaturge, metteur en scène, comédien, costumiers, régisseurs, éclairagistes sont autant de forces et de talents qui soutiennent le texte et le prolongent et sans lesquels ce texte théâtral ne peut devenir une pièce de théâtre. 

Ainsi, on lit un texte mais on regarde une pièce de théâtre. Daniel Mesguich le souligne dans sa mise en scène de Dom Juan en 2002 dès la première scène de l’acte 1 en ce sens qu’il fait évoluer dans l’espace scénique Sganarelle, Guzman et des régisseurs, des ouvriers qui mettent le décor en place, pendant que jouent les comédiens. 

Cela souligne le fait que le théâtre est un spectacle vivant et qui ne se réduit pas à un texte. Le texte préexiste mais il est soutenu et se prolonge dans tout ce qui permet de le mettre en lumière.

Nous nous demandions en quoi le texte théâtral ne se résumait pas à un seul texte. Nous avons d’abord vu qu’il suppose une interprétation et que la dimension personnelle de cette interprétation fait que le texte n’est pas inamovible. 

Puis nous avons évoqué l’incarnation de ce texte par des comédiens, des costumes, des espaces scéniques et compris que ces derniers dépassent le texte et le subliment. Voilà pourquoi nous pouvons affirmer que le théâtre ne se résume pas à un texte et que la pièce échappe même en partie à ce texte. 

Au demeurant, nous pourrions nous demander dans quelle mesure une interprétation court le risque de trahir la lettre et l’esprit d’un texte et d’un dramaturge.

3. Invention

Vous êtes metteur en scène et vous écrivez une note d’intention pour la mise en scène de l’extrait de Shakespeare.

ATTENTION ! 

-> Ne signez jamais une copie de ce type le jour du baccalauréat. Cela pourrait être considéré comme une tentative de fraude.

-> Une note d’intention traduit ce que veut dire le metteur en scène. Vous devez donc réfléchir à la nature même du travail de metteur en scène.

Tout le monde connaît Roméo et Juliette. Mais tout le monde ne l’a pas lu ; ni vu. De Shakespeare au théâtre, à Baz Lhurmann au cinéma, de Prokofiev en opéra à Enki Bilal en bande dessinée, ces deux héros véronais habitent l’art sous toutes ses formes et l’on peut parier sans grand risque que la pièce du dramaturge anglais est l’une des plus jouées au monde.

S’y attaquer est terrifiant. Alors j’ai commencé par ne pas relire Roméo et Juliette mais j’ai cherché dans ma mémoire l’impression qu’y avait fait ce texte lorsque je l’ai découvert, la première fois, à 18 ans. 

Et je me suis souvenu : c’est la dimension tragique de cet amour raté qui m’a frappé et ému aux larmes la première fois ; ces deux familles qui se haïssent, ces deux enfants qui se marient en cachette, la lettre du père Laurence que rate Roméo et jusqu’à cet instant affreux où Juliette s’éveille trop tard de cette fausse mort si réaliste que Roméo s’y laisse prendre et se suicide une seconde avant que la belle ne s’éveille. 

Voilà : il fallait si peu pour que cet amour dure et qu’ils vivent heureux : une seconde. Juliette a le sommeil trop lourd ou Roméo arrive trop tôt. Ils se ratent pour si peu que le spectateur espère un instant – mais un instant seulement car il sait que c’est une tragédie et qu’une tragédie finit mal – qu’ils vont se retrouver et avoir beaucoup d’enfants.

Mais Shakespeare en a décidé autrement et c’est cette suite de petites tragédies qui en font une grande que j’ai souhaité montrer. Parce qu’une tragédie, c’est d’abord une suite de combinaisons de malchances. Et ensuite, parce qu’une tragédie, c’est un acharnement sur l’innocence.

Voilà pourquoi j’ai choisi deux comédiens juvéniles. Roméo et Juliette jeunes et sans expérience émeuvent ; voilà pourquoi j’ai évacué tout ce qui ne souligne pas le squelette de la tragédie ; voilà pourquoi j’ai souhaité en montrer les rouages comme ces montres dont l’arrière est transparent et laisse voir le mouvement interne.

J’espère que c’est ce mouvement qui frappera le spectateur, comme une catharsis.

Fin de l'extrait

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