Correction Français - Bac STMG 2017 Pondichéry

Correction Français - Bac STMG 2017 Pondichéry

Nous vous invitons à consulter le corrigé de Français du Bac STMG de Pondichéry 2017. Ce corrigé est valable pour toutes les séries technologiques (STL, ST2S, STI2D, STD2A...)
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Notre professeur a répondu aux deux questions de corpus, et a rédigé les 3 sujets de la seconde partie de l'épreuve, à savoir le commentaire composé, la dissertation et l'écriture d'invention. L'objet d'étude de cette épreuve était L'Homme dans les genres de l'argumentation du XVIème sicèle à nos jours.

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Correction Français - Bac STMG 2017 Pondichéry

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QUESTIONS

Question 1. Quelles qualités humaines sont valorisées dans ce corpus ?

Ce corpus, composé d'un poème de Victor Hugo, "Après la Bataille", du recueil La Légende des siècles (texte A), d'un extrait du roman Terre des hommes d'Antoine de Saint-Exupéry (texte B), et d'un extrait du roman L'écriture ou la vie de Jorge Semprun (texte C), comporte des textes mettant en scène un être humain, venant au secours d'un autre. Différentes qualités humaines, et proprement humaines, y sont valorisées.

La première d'entre elles est bien sûr l'empathie, la compassion. Chacun de ces textes met en scène un homme capable de ressentir la souffrance d'un autre, au point de l'aider : ainsi, le poème de Victor Hugo montre un soldat donnant du rhum à son ennemi ; Saint-Exupéry se souvient d'un Bédouin qui lui sauva la vie en lui donnant de l'eau, alors qu'il était sauvé dans le désert ; et Semprun se remémore les derniers instants de son ami Maurice Halbwachs, qui mourut dans ses bras en camp de concentration.

Une autre qualité humaine valorisée dans ce corpus est la capacité à surmonter les différences, les frontières entre les êtres, pour former l'humanité. Ainsi, le Bédouin du texte de Saint-Exupéry (texte B) donne à boire aux étrangers alors qu'il ne les connaît pas, et qu'il n'est pas de son peuple : ce faisant, il devient l'Homme, l'image de l'humanité : "Tu es l'Homme et tu m'apparais avec le visage de tous les hommes à la fois" (l. 30 – 31). De même, le père de Victor Hugo (texte A) franchit d'abord une frontière politique, lorsqu'il décide de donner à boire à son ennemi : "Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé" (v. 13), puis, après que le soldat ennemi ait tout de même essayé de le tuer, c'est la frontière du pardon qu'il doit franchir : "Donne-lui tout de même à boire" (v. 20). Quant à Jorge Semprun, la frontière qu'il doit franchir pour aider son ami est la plus grande qui existe entre les êtres : celle de la mort. Maurice est en train de mourir quand il lui vient en aide : il voit dans ses yeux "la lueur immortelle d'un regard qui constate l'approche de la mort, qui sait à quoi s'en tenir" (l. 10 – 11).

Enfin, le don, la capacité de donner ce qui est le plus précieux, ce qui manque au monde, ce qui pourrait nous manquer, est la dernière des qualités humaines mises en avant dans ce corpus. Car c'est la vie que chacun des personnages donne à l'autre qui souffre : le père de Hugo risque sa vie pour donner du rhum à son ennemi, l'alcool pouvant rendre un peu de vie à celui qui est déjà "mort plus qu'à moitié" (v. 9) ; l'Arabe du désert donne l'eau, le liquide de la vie, dans l'endroit au monde où elle manque le plus : "tu n'es pas nécessaire à la vie : tu es la vie" (l. 19) ; et Semprun donne à son ami, qui quitte le monde, la poésie : "Quand j'en arrive à... nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons, un mince frémissement s'esquisse sur les lèvres de Maurice Halbwachs." (l. 20 – 21).


Question 2. Quelles réactions ces textes cherchent-ils à susciter chez le lecteur ?

Les textes de ce corpus, mettant en scène des hommes venant en aide à d'autres hommes, cherchent à susciter des réactions d'humanité chez le lecteur.

D'abord, le lecteur est mis en attente : au début de chacun des textes, un personnage en détresse nous est présenté. La frontière qui sépare ce personnage dans le besoin d'un autre personnage qui pourrait l'aider suscite l'expectative du lecteur, qui se demande alors si l'on pourra secourir, ou non, cette personne dans le besoin. Dans le texte A, le lecteur est particulièrement confronté à l'attente, dans la mesure où le revirement de situation – l'homme secouru qui attaque son sauveur – le place face à une seconde attente : le sauveur viendra-t-il au secours de celui qui est devenu son assaillant ?

Puis, le lecteur ressent une émotion face au don qui est fait, qui se retrouve dans l'usage des registres. Ainsi, le texte B fait usage du registre lyrique, avec des exclamations, une exclamation qui pourrait être une apostrophe ("L'eau !" l. 17), des anaphores mettant en valeur le lien entre l'eau et les hommes (anaphores en "tu" puis en "on"). Le texte C en appelle au pathétique, avec le lexique de la vie et de la mort.

Enfin, ces textes appellent le lecteur à comprendre que l'humanité est unie, unique. Qu'elle dépasse les frontières politiques, dans le cas du texte A, géographiques, dans le cas du texte B, et même métaphysiques, dans le cas du texte C.


TRAVAUX D'ECRITURE

COMMENTAIRE

Vous ferez le commentaire du texte de Saint-Exupéry (texte B) en vous aidant du parcours de lecture suivant :

1. Vous montrerez que le portrait du Bédouin fait de celui-ci un personnage mystérieux...

2. ... et que le texte célèbre la vie humaine sur le mode poétique.


Antoine de Saint-Exupéry, aviateur et écrivain, a recueilli dans de nombreuses oeuvres d'inspiration autobiographique ses souvenirs. Dans l'extrait de Terre des hommes (1939) que nous allons commenter, l'aviateur et son mécanicien tentent de survivre après s'être écrasés dans le désert. Un Bédouin arrive alors, qui les sauve en leur donnant de l'eau. Ce texte aurait pu relater un événement terre à terre, prosaïque : l'histoire d'un homme qui en sauve un autre ; mais l'auteur sublime dans son récit l'humanité manifeste de l'événement.

En quoi peut-on dire que ce texte de Saint-Exupéry est une célébration de l'humanité ?

Après avoir étudié le mystérieux personnage du Bédouin, nous verrons que le texte célèbre la vie humaine sur un mode poétique.


Si le personnage du Bédouin, qui sauve l'auteur et son mécanicien en leur donnant de l'eau, est mystérieux, c'est qu'il est une représentation de l'humanité. Tout d'abord, le Bédouin représente un homme parmi d'autres : c'est ainsi qu'il apparaît dans le premier paragraphe du texte, désigné par la périphrase "un autre Arabe" (l. 1), qui suggère que d'autres hommes n'ont pas apporté leur aide à l'auteur, puis par le descriptif "ce Bédouin" (l. 3), qui, là encore, rappelle qu'il s'agit d'un individu dans une multitude. De plus, ce personnage n'est jamais nommé, et ne pourra plus être retrouvé : "Je ne me souviendrai jamais de ton visage" (l. 30).

Le Bédouin n'est pas nommé car il est un homme parmi tant d'autres, mais aussi car il est une image divine. Ainsi, dès le début du texte apparaît le lexique métaphysique : "le ciel" (l. 2), "la mort" (l. 6), "la vie" (l. 8), "un miracle" (l. 9) ... Le Bédouin est ensuite l'objet d'une comparaison à un dieu, en référence au miracle de Jésus-Christ marchant sur l'eau : "Il marche vers nous sur le sable, comme un dieu sur la mer" (l. 9 et 10) ; puis d'une métaphore : "ce nomade pauvre qui a posé sur nos épaules des mains d'archange" (l. 14). Le Bédouin donne une "grâce" (l. 22), un "bonheur" (l. 28) : il apparaît véritablement comme un sauveur : "toi qui nous sauves" (l. 29). Mais si l'auteur souligne la divinité du personnage du Bédouin, ce n'est pas qu'il le croit réellement prophète, c'est surtout qu'il incarne pour lui l'Humanité.

Le Bédouin, homme parmi les hommes, est effectivement le représentant de tous les hommes. Il est à la fois pauvre ("pauvre nomade" l. 13) et "grand seigneur" (l. 34). Il est "l'Homme" (l. 30), terme dont la majuscule souligne non seulement la majesté, mais surtout l'universalité : il est "tous les hommes à la fois" (l. 31). Le Bédouin incarne donc l'humanité.


Or, la vie humaine est le thème d'importance du texte : elle y est célébrée sur le mode poétique. Cette vie humaine s'incarne non seulement dans le personnage du Bédouin, mais aussi à travers la métaphore de l'eau. L'eau n'apparaît plus comme un moyen de la vie humaine, mais bien comme la vie en soi, ce qui constitue une métaphore : "tu n'es pas nécessaire à la vie, tu es la vie" (l. 19). L'eau n'est pas un simple besoin physique, mais bien un besoin humain, comme nous le remarquons par le renversement de la métaphore, aux lignes 21 et 22 : "sources taries de notre cœur". Puisque l'eau est la vie, elle n'est pas un simple élément mais bien un mystère, au même titre que l'homme : "on ne peut te définir" (l. 18) ; on ne peut même la caractériser : "tu n'as ni goût, ni couleur, ni arôme" (l. 18).

Et la vie humaine, à travers l'eau, est célébrée par un registre poétique : l'auteur multiplie les figures de style, les exclamations, participant au registre lyrique, deviennent parfois des apostrophes, à l'instar de "L'eau !" (l. 17), terme isolé sur une ligne, comme pour en souligner l'importance. Les répétitions ("ni... ni... ni...") célèbrent la gloire, l'exception qu'est l'eau et la vie, alors que les répétitions anaphoriques du pronom personnel "tu", désignant l'eau, et du pronom personnel "on", rappellent le lien d'identité entre l'eau et la vie humaine. L'oxymore "ombrageuse divinité" (l. 27) est un autre élément poétique, qui annonce aussi la dimension universelle de l'eau comme de la vie.

En effet, si la vie est célébrée sur le mode poétique, c'est aussi car son universalité est rappelée, à travers le langage poétique du romancier. Notons ainsi l'usage des superlatifs ("tu es la plus grande richesse...") mais aussi du lexique universel ("tu es la plus grande richesse qui soit au monde" l. 23) La personnification de l'eau, qui est évoquée comme une personne ("tu n'acceptes point de mélange, tu ne supportes point d'altération (...)" l. 27) permet à l'auteur d'user à son égard de la métaphore "ombrageuse divinité". L'eau, comme le Bédouin, deviennent des métaphores, des représentations de la vie humaine, et avec elle, de l'ensemble de l'humanité, comme nous le remarquons par l'usage de "tous", totalisants, et de l'antithèse entre amis et ennemis : "Tous mes amis, tous mes ennemis" (l. 35). Enfin, cette vie humaine, célébrée, aboutit à un message de paix : "je n'ai plus un seul ennemi au monde" (l. 35).


Cet extrait de Terre des hommes d'Antoine de Saint-Exupéry, au-delà du récit d'un souvenir, d'une anecdote importante pour l'auteur, devient une célébration de la vie humaine, célébration qui s'établit sur le registre poétique, à travers les métaphores du Bédouin et de l'eau. Le romancier dépasse les clichés, qui voudraient qu'un homme ou qu'un peu d'eau nous apportent la vie, pour délivrer dans son texte une image de l'humanité dans son ensemble, et appeler à un message de paix universelle, au-delà des frontières et des différences.


DISSERTATION

Selon vous, la littérature rapproche-t-elle les hommes ?

Vous répondrez à cette question en vous appuyant sur les documents du corpus, les textes étudiés en classe et vos lectures personnelles.


Méthode. Dans ce sujet, il fallait éviter de choisir un plan dialectique (thèse, antithèse etc), car il est difficile d'argumenter que non, la littérature ne rapproche pas les hommes... Opter pour un plan thématique est donc l'option la plus sûre.

Nous laissons le plan apparent pour plus de facilité de compréhension, mais celui-ci doit disparaître à la rédaction.


L'image d'une femme ou d'un homme qui lit, dans le métro, ou sur un banc, peut être interrogée : cette personne est-elle en train de se couper des autres humains, autour d'elle, en bloquant, en cachant son visage d'un livre ? La question mérite d'être posée : la lecture est une activité solitaire, qui nous sépare, momentanément, de nos semblables. Pourtant, elle nous permet également, et essentiellement, de nous rapprocher d'eux.

Pourquoi peut-on dire que la littérature rapproche les êtres humains ?

Après avoir considéré toutes les frontières que la littérature nous permet de traverser pour nous rapprocher de nos semblables, nous verrons que la littérature est aussi le meilleur moyen de connaître l'autre, puisqu'elle permet de dire l'humain.


I. La littérature rapproche les humains car elle dépasse diverses frontières

A. La littérature dépasse les frontières géographiques

La littérature dépasse les frontières géographiques : elle nous permet de connaître le quotidien d'hommes et de femmes vivant au bout du monde. ex. Romans contemporains traduits, par exemple ceux du japonais Haruki Murakami. Et la littérature transmet le récit de voyageurs et de voyageuses qui témoignent d'un autre pays, et nous permettent de penser à cet autre pays. Ex. Supplément au voyage de Bougainville de Diderot ; les écrits de voyage comme ceux de Nicolas Bouvier


B. La littérature dépasse les frontières historiques

La littérature dépasse les frontières historiques, et nous permet de rencontrer des hommes et des femmes vivant à des époques que nous n'avons pas connues. Ex. L'Allée du roi de Françoise Chandernagor ; les Chouans de Balzac ; Marie-Antoinette de Stefan Zweig...


C. La littérature dépasse les frontières sociales

La littérature nous rapproche de ceux qui vivent au-delà d'une certaine frontière sociale. C'était le projet romanesque de Zola, qui avec la fresque des Rougon-Macquart, rapproche les hommes en décrivant les manières de vivre dans différentes strates sociales : Germinal décrit le milieu de la mine, Nana le milieu de la prostitution bourgeoise, etc.


II. La littérature rapproche les humains car elle dit ce qu'est l'humain, elle dit l'humanité

A. La littérature est la seule capable de dire l'horreur, la déshumanisation

Ainsi, les mots, plus que les images, nous permettent de nous rendre compte de l'horreur, de la déshumanisation. Ex. Les récits de camps de concentration, Si c'est un homme de Primo Levi, ou alors L'Ecriture ou la vie de Jorge Semprun (texte C)


B. Mais la littérature dit aussi la capacité de donner...

... Donner la vie, donner ce qui est important. Cette dimension de l'humanité dans la littérature s'illustre dans l'extrait de Terre des hommes de Saint-Exupéry (texte B) : en donnant de l'eau, le Bédouin donne la vie, et il donne aussi ce qu'il y a de plus précieux dans le désert, car c'est ce qu'il y a de plus rare.


C. La littérature dit l'amour

Enfin, la littérature dit l'humanité car elle dit les sentiments humains. Elle dit l'amour pour son prochain, pour l'ami qui peut devenir un frère. Ainsi, dans l'extrait de l'Ecriture ou la vie de Jorge Semprun, pour aider son ami Maurice qui se meurt, qui a été déshumanisé par d'autres hommes, le narrateur choisit de lui réciter un poème de Baudelaire : Maurice part apaisé.


Oui, la littérature rapproche bel et bien les hommes entre eux : elle dépasse les frontières géographiques, historiques et sociales, pour donner un message d'humanité, décrire la vie malgré l'horreur, dire la capacité de donner, dire l'amour entre les hommes. Il n'existe pas de littérature haineuse : l'intolérance et la colère ne peuvent être le message fondamental du seul moyen d'expression qui soit proprement humain. Dans un monde où le sexisme, le racisme et le fascisme nous séparent encore de nos semblables, ne ferions-nous pas mieux de lire plus, pour plus de compréhension d'autrui, vers un monde en paix ?


INVENTION

Dans le poème de Victor Hugo, le housard ne comprend pas la décision de son officier (v. 20) Les deux personnages s'engagent dans un dialogue pour s'expliquer.

Vous rédigerez ce dialogue, en vers ou en prose. Votre texte comportera au moins trente lignes.


Pour réussir ce sujet, vous deviez :

– Respecter les caractéristiques du dialogue (tirets, guillemets...) et varier le vocabulaire de la prise de parole

– Faire vivre une altercation en utilisant la ponctuation : points d'exclamation, d'interrogation, de suspension...

– Mettre en place un argumentaire : le housard devait prendre position contre son officier, en expliquant pourquoi il ne faut pas, selon lui, donner à boire au soldat blessé.

Fin de l'extrait

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