Correction Français Bac STMG 2017 Polynésie

Correction Français Bac STMG 2017 Polynésie

Retrouvez la correction du Bac de Français Première STMG de Polynésie 2017 !

L'objet d'étude est : Ecriture poétique et la quête de sens, du Moyen-âge à nos jours. Après avoir répondu à une série de questions, vous deviez choisir entre les 3 travaux d'écriture : le commentaire de texte de Valery Larbaud, « L’ancienne gare de Cahors », la dissertation : En quoi les éléments du quotidien peuvent-ils être une source d’inspiration intéressante pour les poètes ? OU l'écriture d'invention.

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Correction Français Bac STMG 2017 Polynésie

Le contenu du document

 

PRESENTATION

 

Le sujet précise clairement que l’étude portera sur l’écriture poétique et la quête de sens, du Moyen-âge à nos jours.

Il s’agira pour le corpus suivant de comprendre comment les poètes qu’ils soient dits classiques ou modernes ont fait pour donner une valeur poétique à des sujets considérés comme sans intérêt par l’Art.

C’est un corpus difficile car hétérogène du point de vue des formes poétiques et des sujets traités par les poètes. Toutefois, ce sont des auteurs et des poèmes très connus et donc très souvent étudiés en cours. Il faudra être capable de définir le mouvement poétique correspondant à chaque poète et la forme (versification, sonnet, prose…) pour chaque poème.

Le commentaire composé porte sur l’insistance du poète (Valéry Larbaud, dans « L’ancienne gare de Cahors ») sur l’opposition entre le passé et le présent. De ceci découlera une analyse de la célébration de la gare au-delà de la simple nostalgie.

Le sujet de dissertation interroge la notion du quotidien utilisé comme source d’inspiration par les poètes. 

Le sujet d’écriture appelle la créativité poétique autour d’un objet du quotidien en utilisant la prose pour décrire un élément qui ne serait plus banal mais susciterait la rêverie.

 

QUESTIONS

 

1. QUEL REGARD LES POETES POSENT-ILS SUR LES ELEMENTS DU QUOTIDIEN ?

 

Les éléments du quotidien sont réinventés, ré-enchantés par les 4 poètes du corpus.

Chacun à sa manière célèbre une banalité pour en faire le sujet poétique de leur œuvre grâce au travail d’écriture.

A travers le poème intitulé « La salade », datant de 1578, Ronsard, poète de La Pléiade, évoque l’intérêt médicinal des plantes puisque cela fait partie de la culture humaniste qu’il a acquise. On peut donc parler d’une ode à la nature liée à la métaphore de l’écriture poétique d’autant que par 2 fois il évoque des poètes, son ami « Amadis Jamin » et le célèbre « Ovide ». Il y a ici une forme de renaissance invoquée à travers un végétal qui n’est qu’un prétexte pour annoncer le « Printemps » et donc l’inspiration poétique.

Dans le sonnet « Le Buffet », écrit en 1870, Rimbaud transcende le réel grâce aux images et aux sonorités. Cet objet familier devient insolite voire surnaturel.

Dans le poème « L’ancienne gare de Cahors » tiré du recueil « Poésie d’A.O. Barnabooth » datant de 1913, Valery Larbaud décrit la gare de Cahors aujourd’hui désaffectée. La personnification de cette gare en fait une muse poétique.

Francis Ponge (1899-1988) est un poète du XXème siècle proche du surréalisme. Le poème en prose « Le cageot » est extrait du recueil Le Parti pris des choses (1942). Le cageot est une métaphore de la vie. Le poète, à travers son travail d’écriture ré-enchante l’objet banal. 

 

2. QUEL POEME DU CORPUS PARVIENT-IL LE MIEUX, SELON VOUS, A EMBELLIR LE BANAL ? VOUS VEILLEREZ A JUSTIFIER VOTRE REPONSE EN CONFRONTANT LES TEXTES.

 

La justification est un élément fondamental de la réponse.

 

« Le buffet » de Rimbaud semble être le poème parvenant le mieux à embellir le banal. En effet, on peut partir du principe que la salade et la gare ne sont pas des objets. De plus, le cageot est considéré comme un objet véritablement trivial auquel Francis Ponge donne une importance poétique qui toutefois est relativisée par la conclusion finale.

Le buffet, objet obsolète, imposant, oublié devient presque merveilleux. Il n’a pas besoin de références antiques comme dans le poème de Ronsard pour être investi d’une portée poétique. La personnification du buffet le rend vivant contrairement à la gare qui, elle, est en fin de vie. Le poète transcende l’objet et lui donne une vie propre, presque magique.

 

TRAVAUX D’ECRITURE

 

COMMENTAIRE

Vous ferez le commentaire de Valery Larbaud, « L’ancienne gare de Cahors », en vous aidant du parcours de lecture suivant :

-montrez l’insistance du poète sur l’opposition entre le passé et le présent.

-analysez, comment, au-delà de la nostalgie, il parvient à célébrer la gare.

 

Nous proposerons ici un plan détaillé.

 

Problématique : En quoi l’écriture poétique réhabilite l’élément du quotidien ?

 

I. La nostalgie d’un temps révolu

a. Thème du temps : passé/ présent

- champ lexical du temps : « à présent », « autrefois »

- l’opposition entre le passé et le présent est mise en valeur par des hyperboles ayant une portée ironique : « tu étends au soleil des collines ton quai vide (ce quai qu’autrefois balayait la robe d’air tourbillonnant des grands express) »

- les 2 premiers vers sont antithétiques.

 

b. La vie/la mort

-Les allitérations évoquent la vie, le bruit et s’opposent au champ lexical du silence « silencieux, « tranquille »

-la métaphore de la vieillesse, de la mort intensifie la personnification de cette gare.

Cette gare est vue comme une vieille dame qui au temps de sa gloire était une séduisante spectatrice des « départs et des adieux », « l’ébranlement des trains ne te caresse plus »

 

c. La modernité devenue obsolète

-champ lexical de la modernité lié à celui de la nature qui reprend ses droits « ta paix bucolique »

 

Transition : La nostalgie exaltée, l’utilisation de l’hyperbole sont des marques de l’ode lyrique qui transcende le banal en insolite.

 

II. La célébration poétique de la gare

a. Le culte de la vie

L’interjection « ô » sert à apostropher, à invoquer et à marquer un sentiment exalté. Elle est répétée plusieurs fois dans le poème. La portée lyrique est évidente. Cette personnification donne l’image d’une femme aimée, voire sensuelle « caresse », « rose », « robe », « cœur ».

b. Le souvenir intemporel

La gare ne marque plus les esprits par son quai « tourbillonnant » mais par les souvenirs qu’elle incarne. L’objet cède place à l’évocation à travers cette accumulation « tant d’adieux, tant de départs et tant de retours »

c.   Le travail poétique qui transcende la mort

La comparaison avec la fin de vie « où quelque chose doit se trouver la joie de Dieu comme une chose inattendue », on observe également une métaphore du paradis « ô double porte ouverte »

 

Pour conclure, Valery Larbaud qui était un grand voyageur pendant la première moitié de sa vie décrit la gare de Cahors aujourd’hui désaffectée. Il parle de l’ambiance joyeuse qui régnait avant dans cette gare et de la tristesse qu’elle dégage à présent. Ce poème permet de s’interroger sur l’obsolescence des objets qui ont marqué la modernité mais leur persistance dans notre mémoire.

 

DISSERTATION

En quoi les éléments du quotidien peuvent-ils être une source d’inspiration intéressante pour les poètes ?

Vous répondrez à cette question en vous appuyant sur les textes du corpus ainsi que sur les œuvres littéraires que vous connaissez et avez étudiées.

 

 

Comprendre le sujet

Les mots « quotidien » et « inspiration » renvoient à une opposition fondamentale dans l’acte de création du poète, il s’agira donc d’étudier comment il réussit à la dépasser.

Le sujet ne propose pas d’alternative : la poésie doit prendre sa source dans le quotidien

Le mot « le quotidien » renvoie au monde réel qui nous entoure : objets, lieux, phénomènes de la nature, obligations, habitudes imposées par la société, activités de la vie…

« Source d’inspiration » suggère l’idée d’évasion ou de rêverie.

La formulation « en quoi… » laisse entendre une discussion possible autour d’un plan thématique et non dialectique

La problématique peut être reformulée ainsi : « Comment s’explique l’engouement des poètes pour le quotidien en tant que sujet de création ? »

 

Introduction

[Amorce] Les Muses sont neuf sœurs, toutes filles de Zeus et de Mnémosyne (Mémoire). Elles vivent dans l'Olympe comme les dieux, assistent aux réunions, aux festins, aux concerts ... Ce sont elles qui donnent l’inspiration aux artistes grecs et romains. [Problématique] Comment s’explique l’engouement des poètes pour le quotidien en tant que sujet de création ? [Annonce du plan] La poésie permet de dévoiler la réalité et d’en percer les mystères. [I] Toutefois, l’élément banal n’est parfois que le point de départ qui permet par la transcendance l’envolée poétique. [II] 

 

I. La réalité dévoilée par la poésie

Le poète en tant que « voyant » donne une approche extraordinaire du quotidien.

1. Intérêt de la poésie attentive à la vie quotidienne

C’est une manière de redécouvrir l’ordinaire qui se répète chaque jour et pourtant que l’on ne voit plus. L’infra ordinaire de G. Perec

 

2. La poésie dénonce une réalité sociopolitique

La poésie est engagée : elle cherche à agir sur le réel, à modifier la société. Le poème « Liberté » de Paul Eluard

 

3. L’écriture poétique redonne une réalité aux mots

Il y a une forme de redécouverte des objets grâce aux mots. Le poète donne une forme de conscience aux choses et aux objets qui donne une forme de clairvoyance au lecteur (Ponge, Le Parti pris des choses).

 

Transition : Mais le poète peut aussi s’éloigner du quotidien grâce à la puissance des mots.

 

II. Le quotidien transcendé

Le quotidien est un point de départ qui préfigure une gradation hyperbolique et parfois des envolées lyriques.

1. L’acte créateur de l’écriture transforme et met au rang d’œuvre d’art le sujet choisit par le poète

Le poète plus sensible que les autres voit la réalité différemment.

Le poète est une sorte d’alchimiste qui aurait le pouvoir de créer de la beauté.

Baudelaire utilise la métaphore suivante : « Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or ».

 

2. La célébration détournée 

Les thèmes récurrents, attendus qui sont le quotidien du poète sont célébrés mais en étant détournés comme la nature et l’amitié dans le poème « La salade » de Ronsard.

 

3. Une nouvelle muse : la réalité dans sa banalité pour une renaissance créatrice

Ce n’est pas une simple peinture du réel mais une matière que le poète rend insolite et non plus quotidienne. Aragon dans « Le Paysan de Paris » utilise des objets du quotidien pour entrer dans l’extraordinaire. L’esprit peut, ainsi, saisir l’importance du hasard, de l’illusion, du fantastique, du rêve.

 

Conclusion

La poésie du quotidien deviendrait la poésie de l’imaginaire. En effet, l’imaginaire relève du quotidien du poète qui le détourne en rêvant. La réalité par sa banalité serait une forme de renaissance, une ouverture à un mode d’écriture novateur : un exercice de style. [Ouverture] « Si votre quotidien vous paraît pauvre ne l’accusez-pas. Accusez-vous vous-même de ne pas être assez poète pour appeler à vous ses richesses. » Rainer Maria Rilke (écrivain autrichien, 1875-1926).

 

INVENTION

A la manière des auteurs du corpus mais sans pour autant faire de vers, vous choisirez de décrire un objet du quotidien ou une chose habituellement considérée comme banale. Votre description aura pour but de lui donner une dimension poétique. Vous insisterez sur ses caractéristiques capables de susciter la rêverie.

 

Vous veillerez, si vous choisissez un lieu, à ne pas en permettre l’identification précise. Vous veillerez également à ce que votre texte ait une longueur suffisante.

 

Objet de convoitise, de plaisir mais parfois aussi de frustration ou voire de torture, les chaussures sont un écrin pour nos pieds de citadins.

Dans certains pays, elles sont inutiles, parfois minimalistes et dans des contrées plus hostiles, elles sont indispensables. Elles sont tout simplement utiles mais même quand elles le sont, elles nous ravissent par leurs couleurs, leurs matières, leurs formes, moins souvent pour leur confort.

Elles peuvent être un signe distinctif de catégorie sociale par les marques ou les designs.

Elles font aussi rêver lorsqu’elles sont portées par des sportifs remarquables par leurs exploits ou par des vedettes de cinéma qui foulent le tapis rouge de Cannes.

Une fois notre objet de désir acquis, notre dévolu se porte sur une autre paire qui nous fait rêver encore plus.

Mais au-delà des marques, le luxe n’est-il pas davantage dans les lieux où nos pas peuvent nous conduire ? Quelle paire de chaussures me permettra d’escalader l’Everest, de conquérir l’Himalaya, de faire le tour des Etats-Unis ou de courir le marathon de New-York ?

Je choisirai avec soin les souliers ou les escarpins que je porterai à mon mariage car ils me feront valser, je conserverai les premiers chaussons de mes enfants car ils me rappelleront leurs premiers pas.

J’ai conscience de ma futilité devant mon placard à chaussures pourtant une vitrine colorée, scintillante, exubérante, chatoyante fait pétiller mes yeux, chavirer mon cœur et conduisent mes pieds tout droit se faire chausser et essayer leur nouvelle parure. Une insolence matérialiste qui rassure par sa désinvolture.

Fin de l'extrait

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