Correction Français - Bac STMG 2017

Correction Français - Bac STMG 2017

Voici le corrigé de Français du Bac STMG 2017. Ce corrigé est valable pour toutes les séries technologiques du Bac 2017.
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Pour rappel, l'objet d'étude était : Poésie et quête de sens. Vous deviez en premier lieu répondre aux questions de corpus puis choisir SOIT le commentaire du texte Trains d’éte d’Anna de Noailles, SOIT la dissertation "Le rôle du poème est-il seulement de faire rêver le lecteur ?" SOIT l'écriture d'invention.

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QUESTIONS DE CORPUS

Quelles sont les particularités des trains dans les textes du corpus ?

Ce corpus, composé de trois poèmes – "le Paysage dans le cadre des portières" de Paul Verlaine, 1870 (texte A) ; "Trains en été" d'Anna de Noailles, écrit en 1907 (texte B) ; et "En sortant de l'école" de Jacques Prévert, publié en 1946 (texte C) – emmène le lecteur en voyage à bord d'un train.

 

Quelles sont les particularités des trains évoqués dans ces poèmes ?

Tout d'abord, nous remarquons que ces trains sont qualifiés par leur vitesse : ainsi, Paul Verlaine décrit dans la première strophe le paysage qui fond et se courbe, déformé, dans l'oeil du voyageur, par la vitesse du train : il évoque ainsi "le tourbillon cruel / Où tombent les poteaux minces du télégraphe / Dont les fils ont l'allure étrange d'un paraphe" (v. 4 à 6). La poète Anna de Noailles s'exclame quant à elle, au vers 13 : "Ô trains noirs qui terrassez le temps" : le train file si vite qu'il semble vouloir fuir le temps, le dépasser. Enfin, le train de Jacques Prévert irait si vite qu'il aurait bien le temps de parcourir l'univers, comme en témoigne la répétition du vers "Tout autour de la terre", au long du poème.

 

Par ailleurs, ces trains incarnent la modernité. Ainsi, les trains "noirs" d'Anna de Noailles ne sentent-ils pas le charbon, comme celui de Verlaine, qui a "Une odeur de charbon qui brûle et d'eau qui bout" (v. 7) ? Cette odeur de charbon est indissociable de la modernité, modernité liée à la révolution industrielle. De même, le bruit des trains, évoqué dans ces deux poèmes, est à associer à la modernité : bruit métallique pour Verlaine ("Tout le bruit que feraient mille chaînes au bout / Desquelles hurleraient mille géants qu'on fouette" v. 8 – 9) ; cri désespéré du train qui siffle dans "Trains en été" ("J'entends le cri montant et dur des trains qui passent..." v. 4). Quant à Jacques Prévert, son train est si moderne qu'il prend de l'avance sur le futur : il emmène ses petits passagers tout juste sortis de l'école vers des ailleurs exotiques, ils peuvent les transporter partout dans le monde, et même vaincre des défis techniques, puisqu'ils vont "au-dessus de la mer" (v. 15).

 

Enfin, ces trains emmènent leurs passagers vers un ailleurs magnifique, qui pourrait être celui des vacances : ainsi, les trois poèmes évoquent l'été. Les écoliers de Prévert "sort[ent] de l'école" (v. 1), ce qui pourrait signifier qu'ils sont en vacances ; le titre du poème d'Anna de Noailles évoque l'été, ainsi que le premier vers de son poème ("Pendant ce soir inerte et tendre de l'été" v. 1) ; et le texte de Verlaine semble dévoiler un temps clair, avec du "ciel" et des "blés", digne de la période estivale. De même, ces trains semblent transporter leurs passagers vers un ailleurs magnifique, celui du monde entier dans le poème de Prévert, celui qu'on ne connaît pas mais qu'on rêve, dans le poème d'Anna de Noailles : "Quel est donc l'émouvant bonheur qui vous attend ?" s'interroge-t-elle au vers 14.

 

Ces voyages vous paraissent-ils réels ou rêvés ?

Bien qu'ils aient un ancrage dans le réel, les voyages en train dans lequel nous emmènent ces poèmes sont marqués par l'onirisme : ne seraient-ils pas de simples rêves ?

 

Les poèmes du corpus sont marqués par un ancrage dans le réel ; c'est particulièrement le cas du poème de Verlaine, qui se construit sur un champ lexical du langage technique : "portières" au vers 1, "télégraphe" au vers 5, "charbon" au vers 7, "chaînes" au vers 8, etc. Le voyage est bien réel, s'il est décrit dans le détail. En revanche, dans les poèmes d'Anna de Noailles et de Prévert, l'ancrage dans la réalité (texte B : "ville" au vers 2 ; texte C : "école" au vers 1) n'est qu'une base, pour partir dans un voyage onirique.

 

Effectivement, s'ils s'ancrent dans la réalité, ces voyages sont avant tout rêvés : chacun de ces trois textes est marqué par l'onirisme. Ainsi, le sommeil est suggéré : dans le poème de Verlaine, la vision se déforme, au point de ressembler à un "tourbillon" (v. 4), de s'effacer dans une "blanche vision" (v. 12) ; enfin la vision s'efface, comme si le poète s'endormait, et seule la voix demeure, comme nous le remarquons grâce au champ lexical du son ("voix", "murmure", "sonore", "rythme", etc). Anna de Noailles, qui demeure en ville, ne peut que rêver à la destination des trains : le sommeil de la poète est suggéré par le thème du "soir" (v. 1), la couleur "bleu[e]" (v. 2), la "volupté" (v. 2), l'adjectif "dormants" au vers 6, etc.

 

Enfin, l'onirisme des poèmes se construit par l'évocation d'images rêvées, comme le sont les légendes et images enfantines évoquées : les "géants" de Verlaine rejoignent ainsi "les trois mousquetaires des cinq doigts de la main" de Prévert. Les visions d'un ailleurs idyllique participent au rêve : Anna de Noailles rêve "les bois dormants, l'étang (...) des roses trémières" (v. 6 – 7) ; quant à Prévert, il emmène ses lecteurs au fond de la mer, à la rencontre de "sous-marins", "d'oursins", de "saumons fumés", et de tout un bestiaire hétéroclite, marqué par le merveilleux.

 

TRAVAUX D'ECRITURE

DISSERTATION : LE ROLE DU POEME EST-IL SEULEMENT DE FAIRE REVER LE LECTEUR ?

La poésie est souvent associée au rêve : les poèmes seraient les textes du songe et de l'illusion, de la rêverie ou du cauchemar, mais en tout cas des espaces marqués par l'onirisme, par le rêve. Leur fonction première serait donc de transporter le lecteur vers le lieu du rêve, un lieu idéal, cotonneux, magique. Pourtant, il peut sembler réducteur de réduire le rôle du poème à celui de simple déclencheur de rêves ; après tout, de nombreux poèmes sont très ancrés dans notre réalité quotidienne, historique, sociale.

En quoi le poème, s'il fait rêver son lecteur, lui permet-il de rêver une autre réalité ?

S'il est vrai que le poème fait rêver le lecteur, il lui rappelle également la réalité qui l'entoure. Finalement, le poème est aussi le moyen, par le rêve qu'il permet, de créer un monde meilleur.

 

I . Le poème, déclencheur de rêves

A. Une porte ouverte vers le rêve

Le poème est le lieu de réalisation de tous les désirs : ex. Désir de partir en voyage, "Trains d'été", Anna de Noailles

Le poème, lieu de la licence poétique, est aussi le lieu de toutes les évocations possibles : ex. Accumulation d'images merveilleuses, "En sortant de l'école"

 

B. Un moyen de transfigurer la réalité

Puisqu'il est le milieu du rêve, le poème permet de rêver la réalité. Il transfigure la réalité par le langage du rêve : ex. "Le paysage dans le cadre des portières" de Paul Verlaine, le paysage devient rêvé car l'espace du poème permet de penser la métamorphose du paysage

 

II. Le poème, ancrage dans la réalité

Mais bien loin du rêve, le poème est aussi parfois le lieu de description de la réalité

 

A. Décrire la réalité telle qu'elle est

Certains poèmes décrivent la réalité telle qu'elle est, sans chercher à l'embellir en la voyant à travers le filtre du rêve.

Exemple : "Les usines" d'Emile Verhaeven

 

B. Dénoncer la réalité telle qu'elle est

C'est d'ailleurs parce qu'ils sont ancrés dans la réalité, loin du rêve, que certains poèmes peuvent dénoncer une réalité sociale

ex. "Souvenir de la nuit du quatre", Victor Hugo : la mort d'un enfant

"Les effarés" ou "la Bohême", Arthur Rimbaud : la misère

 

III. Le poème, pour construire une réalité meilleure

C'est justement parce que la poésie, contrairement aux autres genres, a un pied dans la réalité, et un autre dans le rêve, qu'elle permet peut-être plus justement de rêver à un monde meilleur.

 

A. Agir contre un monde injuste

La poésie peut agir contre un monde injuste. Ainsi, pendant la Seconde Guerre Mondiale, les poètes ont joué un grand rôle dans la Résistance : le format de leurs poèmes leur permettait d'imprimer facilement leurs textes, de les distribuer sous le manteau, voire de les laisser tomber d'un avion. De plus, les poètes de la Résistance prenaient parti dans leurs textes : plus que dénoncer, ils incitaient, par la force de leurs morts, leurs lecteurs à la résistance contre l'envahisseur

ex. "Couplets de la rue Saint-Martin" de Robert Desnos

 

B. Rêver une réalité idéale

Puisque la dénonciation de la réalité se couple avec la vision rêvée, les poètes peuvent penser une réalité meilleure, utopique

"Liberté" de Paul Eluard

 

Le poème est probablement la forme littéraire qu'on associe le plus facilement au rêve : lieu de réalisation de tous les désirs, de toutes les visions, le poème a également le pouvoir de transfigurer la réalité. Pourtant, bien éloignés du rêve, certains poèmes décrivent une réalité plate, voire cauchemardesque. Cette double possibilité de la poésie, entre dénonciation du réel et rêve utopique, est ce qui lui permet de construire un monde meilleur.

 

COMMENTAIRE "TRAINS D'ÉTÉ" (TEXTE B)

Plus qu'un simple moyen de locomotion, le train est objet de rêverie : il permet le voyage, il autorise l'échappée belle, vers un ailleurs qui fait rêver. Dans "Trains d'été", poème extrait du recueil les Eblouissements (1907), Anna de Noailles, depuis la ville, rêve aux destinées merveilleuses et lointaines des trains – trains qui dépassent alors leur simple qualité de machine, et, comme les hommes, rêvent d'un autre espace, qui leur apporteraient le bonheur.

Comment les trains d'été, objets de la rêverie poétique d'Anna de Noailles, incarnent-ils le désir d'échappée belle de la poétesse ?

Les paysages traversés par les trains les amènent vers un espoir toujours plus grand ; un espoir qui est celui des trains, mais aussi – et surtout – celui de la poète.

 

I. Les paysages traversés : vers l'ailleurs

A. De la ville vers la campagne

Lexique de la ville au début du poème ; remplacé par un champ lexical du bucolique. Evocations de paysages de campagne, proches de l'hypotypose : "Les jardins (...) roses trémières" (v. 7 – 8).

Répétition "campagne" vers 16 et 20, + le poème s'achève sur des points de suspension, qui symbolisent la rêverie de la campagne

 

B. Du concret vers le rêve

Les paysages se modifient, allant du concret vers l'espace rêvé : la "ville" évoquée au vers 2 laisse place à un espace imaginaire, comme le suggère la suite de quatre questions rhétoriques aux vers 6, 9, 11, 13 ; mais aussi l'indécision sur l'espace qui attend : "Quelle (...) extase / Vous est promise au bout de la campagne rase", demande la poète.

Ce déplacement, de l'espace concret vers l'espace rêvé, se ressent également par la gradation dans la taille des espaces évoqués : "petites" v. 7 est en antithèse avec "immense" v. 9

Enfin, la chaleur, qui s'incarne dans le champ lexical qui parcourt le texte ("été", "juillet", "brûlant soleil", "soleil", etc) laisse penser que les paysages sont ceux d'une saison estivale, saison de départs en vacances.

 

Ces trains ne se dirigent pas vers ces espaces rêvés par hasard : sous le regard d'Anna de Noailles, ils ne sont plus de simples machines, mais bien des êtres personnifiés.

 

II. Des trains personnifiés, incarnations du désir d'ailleurs

A. Des machines humaines...

Les trains sont en effet personnifiés, c'est-à-dire qu'une métaphore filée les laisse percevoir comme des êtres humains :

– le sifflement du train, de la machine, devient un cri humain : répétition de "cri", depuis le singulier "le cri" v. 4 jusqu'au descriptif "ce grand cri" v. 20

– Puisque ces cris ne sont pas mécaniques, ils expriment également les émotions humaines des trains : ainsi, le cri est associé au désespoir ("désespérés") au vers 4, mais ensuite au désir au vers 20

– Les trains sont donc capables d'émotions contradictoires, comme le suggère l'oxymore "effroyable amour" au vers 18

 

B. ... porteuses de l'espoir de la poétesse

C'est en se déplaçant que le train passe du désespoir au désir : aussi le train se meut-il pour échapper à un certain état d'esprit.

Ainsi la poète, en s'adressant au train, imagine que de nombreux bonheurs les attendent : notons la gradation entre "bonheur" au vers 24 et "extase" au vers 25, gradation qui se ressent également à travers l'emploi des adjectifs épithètes : seul un adjectif qualifie le bonheur ("émouvant bonheur"), alors que deux adjectifs, qui suggèrent encore une gradation, accompagnent l'extase : "inimaginable et bienfaisante extase".

L'usage de l'hyperbole suggère la hauteur de l'espérance supposée de ces trains... qui est en réalité celui de la poétesse ! Ainsi, les deux derniers vers rappellent la "brûlure" au "coeur" qu'Anna de Noailles ressent en écoutant les trains, tandis que l'usage du verbe "accompagner" montre l'identité partagée entre la poète et le train.

 

Les paysages traversés par les trains semblent devoir les amener vers un ailleurs merveilleux, plein d'espérance. Cette espérance, que leurs rouages sont alors capables de ressentir, c'est celle d'Anna de Noailles, celle qu'Anna de Noailles projette dans ces humains de fer. Ainsi, à travers le cri d'amour des trains, promis à un futur extatique, nous devinons, en creux, la nostalgie de la poète, qui ne peut que rester en ville, au bord du chemin de fer.

 

SUJET D'INVENTION

Ce sujet d'invention demandait au candidat de se glisser dans la peau d'un train, un train pensant, un train personnifié – comme l'était celui du poème d'Anna de Noailles. Le candidat devait alors décrire les pensées du train, ses émotions lors de son voyage.

Même si ce sujet semblait sympathique, il est plus difficile qu'il n'en a l'air ! Effectivement, il requiert de la part du candidat un certain vocabulaire pour décrire les paysages et les émotions qui le touchent en parcourant ces paysages, de même qu'une certaine imagination, afin d'éviter la redondance.

Fin de l'extrait

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Les avis sur ce document

Lea95160
5 5 0
20/20

Grâce à cette correction très bien rédigée j'ai pu voir où sont mes erreurs et ce que j'aurais du mettre

par - le 18/06/2017
hamad59
5 5 0
20/20

corrigé bien rédigé qui fait comprendre les textes et nous aident à corriger nos fautes

par - le 16/06/2017

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