La décolonisation de l'Algérie

La décolonisation de l'Algérie

Cette fiche de révision digiSchool vous est proposée par l'un de nos professeurs d'histoire-géographie et est consacrée au cas de l'Algérie pendant la décolonisation. Ce chapitre est au programme de la terminale STMG et doit donc être maîtriser pour l'épreuve du Bac !

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Quiz de Histoire Géo :

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I - La conquête de l'Algérie

L'Algérie est progressivement conquise de 1830 à 1900. La première expédition est lancée par le roi Charles X en 1830. Les différents régimes politiques qui se succèdent en France agrandissent les possessions françaises qui se limitent au départ aux villes côtières (Oran, Alger, Bougie). Cette conquête rencontre des oppositions notamment celle de l'émir Abdel Kader qui prend la tête d'un mouvement insurrectionnel contre la présence française. Le pays sera définitivement pacifié qu'à la fin des années 1890.
La conquête de l'Algérie.

II - L'Algérie : une colonie de peuplement

L'Algérie attire de nombreux européens. On retrouve des français, des espagnols, des suisses, des italiens etc. ... . Cette population augmente et représente une part importante de la population locale avec 1 million de personnes en 1936 pour 8 millions de musulmans. Le peuplement européen se fait avec des confiscations de terres qui sont redistribuées aux colons européens. Les colons européens sont présents essentiellement sur le littoral et dans les villes. Cette forte présence de colons fait de l'Algérie une possession française singulière.

III - L'Algérie : un prolongement de la métropole au-delà de la méditerranée

L'Algérie n'est pas une colonie. C'est une partie du territoire français qui se prolonge en Afrique. Le pays est organisé en quatre départements : le département d'Alger, d'Oran, de Constantine et celui des territoires du Sud (Sahara).
Le décret Crémieux de 1870 accorde la nationalité française aux juifs d'Algérie ainsi qu'aux musulmans qui le demandent. Mais peu d'autochtones la demande car cela les conduirait à renoncer à certaines de leurs pratiques traditionnelles (Polygamie, pratiques traditionnelles musulmanes ...). Les habitants d'Algérie auront tous la citoyenneté française en 1947 mais celle-ci n'est que formelle. Cette citoyenneté même formelle affirme la spécificité du statut de l'Algérie.
Le peuplement européen en Algérie française.

IV - La répression des manifestations de Sétif et Guelma (1945)

Le 8 Mai 1945, alors que des réjouissances populaires sont organisées de partout dans le pays pour célébrer la victoire des alliés sur le nazisme, des manifestants brandissent des drapeaux algériens à Sétif et Guelma. La répression française est très dure et la France montre fermement qu'elle n'accepte pas d'évolution pour le territoire. Cet évènement marque la première grosse contestation de la présence française en Algérie.

V - La guerre d'indépendance (1954-1962)

1 - Du début de la guerre à la fin de la quatrième République (1954-1958)

En 1949, un évènement a priori banal a lieu : il s'agit du braquage de la poste d'Oran. Mais l'argent de ce braquage permet de financer l'achat d'armes pour les indépendantistes algériens. Ceux-ci organisent une multitude d'attentats le 1 er Novembre 1954 : c'est le début de la guerre d'Algérie. Les autorités françaises croient avoir affaire à de simples révoltes mais se rendent rapidement compte que c'est le début d'une rébellion généralisée. Cette guerre que l'on appelle « les évènements d'Algérie » du côté français devient une guerre meurtrière qui met en difficulté la France, qui engage le contingent (les conscrits) à partir de 1956. Malgré la présence de centaines de milliers d'hommes, la France peine à maintenir l'ordre et les forces rebelles gagnent de l'influence dans la population musulmane qui se joint progressivement au FLN (Front de Libération Nationale) par conviction ou par crainte de représailles des rebelles. La torture est utilisée des deux côtés et la haine entre les deux camps est forte.
Mais la guerre tourne mal sur le plan militaire pour le FLN dont les forces armées sont très inférieures aux forces françaises. Labataille d'Alger en 1957permet aux forces françaises d'éradiquer les cellules du FLN qui faisaient régner la terreur avec des attentats à la bombe à Alger. Les pouvoirs de police sont remis entre les mains de l'armée(en l'occurrence les parachutistes)qui utilisent tous les moyens pour démanteler les réseaux de poseurs de bombes et d'activistes rebelles. La torture est employée, ce qui donne lieu à des débats sur son utilisation : faut-il torturer un coupable pour lui faire avouer où se cachent les bombes et ainsi sauver plusieurs innocents ? Ou respecter l'interdiction de la torture et ne pas torturer un coupable et laisser mourir des innocents ? Ces questions agitent encore les consciences aujourd'hui.
Malgré le fait que le conflit tourne à l'avantage de la France qui élimine peu à peu les rebelles sur le plan militaire, sur le plan politique les choses ne sont pas aussi positives. En effet, les partisans d'une solution politique à l'Algérie se font chaque jour plus nombreux en métropole. C'est dans ce contexte qu'arrive à la tête de la présidence du conseil un homme politique réputé favorable à une autonomie politique pour l'Algérie.
Le 13 Mai 1958, un putsch militaire a lieu en Algérie. Les forces armées d'Algérie s'y rallient en masse et prennent le contrôle de l'Algérie entière. Les militaires d'Algérie n'acceptent pas que l'Algérie, terre française puisse être abandonnée, ce qui mettrait la population française « de souche » et les musulmans favorables à la France en danger de mort à l'indépendance.
Après s'être emparées de l'Algérie, les forces rebelles françaises s'emparent de la Corse. Les putschistes prévoient de larguer des parachutistes sur Paris pour s'emparer de la ville et prendre le pouvoir. A Paris, c'est la panique au gouvernement et au Parlement. Face à la menace de combats dans Paris même, le gouvernement essaye de négocier avec les putschistes mais sans succès.

2 - Du début de la cinquième République au cessez le feu (Octobre 1958- Mars 1962)

Le général de gaulle se dit prêt à revenir au pouvoir et René Coty, le président de la République, se décide à l'appeler au pouvoir le 1 er Juin 1958. De gaulle devient président de conseil et bénéfice des pleins pouvoirs pour mettre fin à la rébellion des putschistes et élaborer une nouvelle constitution.La cinquième République est proclamée le 4 Octobre 1958. En Algérie, le calme revient et beaucoup de musulmans se détournent du FLN et on assiste à des scènes de fraternité entre musulmans et français d'Algérie.
De gaulle semble être attaché au maintien de l'Algérie française dans le giron français maischange d'avis dès 1959 et commence à essayer de chercher une solution pour l'Algérie. Des négociations sont entamées secrètement avec le FLN, ce qui attise le mécontentement des pieds noirs (les français d'Algérie non musulmans). En 1960, ceux-ci se révoltent à Alger et organisent pendant une semaine des barricades. On a appelé cet épisode « la semaine des barricades ».
En Avril 1961, 4 généraux organisent un putsch en Algérie. Les putschistes exigent le maintien de l'Algérie française et l'arrêt des négociations avec les rebelles algériens. Le général de Gaulle dresse un tableau noir de la situation pour pouvoir utiliser l'article 16 de la constitution qui donne les pleins pouvoirs au Président de la République en temps de crise. Les putschistes sont en réalité peu suivis en Algérie par des conscrits qui ne se considèrent pas ou peu concernés par cette guerre. L'attitude dominante est l'attentisme. Mais après le discours de de gaulle qui condamne fermement les généraux putschistes, la situation tourne mal pour les putschistes. Ceux-ci décident de se rendre et le putsch échoue mais de Gaulle conservera les pleins pouvoirs jusqu'en Septembre 1961.
Les négociations se poursuivent et en Mars 1962, les accords d'Evian mettent fin à la guerre d'Algérie par un cessez le feu. En Avril, un référendum fut organisé en France métropolitaine pour l'approbation de ce cessez le feu, celui-ci fut approuvé à 91 %. On remarquera cependant que les départements d'Algérie furent exclus de ce vote.

3 - Du cessez le feu à l'indépendance (Mars 1962- Juillet 1962)

Le cessez le feu en Algérie marque en réalité l'apogée des massacres. L'OAS(Organisation de l'Armée Secrète) composée de pieds noirs prêts à tout pour défendre l'Algérie française et combattue par le gouvernement de de Gaulle, organise des fusillades dans le pays et ses attentats font de nombreux morts. Quant au FLN, il ne respecte pas ses engagements et multiplie les enlèvements de pieds noirs, massacre des musulmans favorables à la France et exécute des centaines de français. Les soldats français qui respectent le cessez le feu ont reçu l'ordre de rester dans leur caserne alors que de nombreux civils français se font massacrés en pleine rue. Cette période est donc celle non pas de la paix mais d'une recrudescence des violences du FLN et de l'OAS.

4 - Une indépendance précipitée et sanglante (Juillet 1962)

Un autre référendum fut organisé en Algérie le 1 er juillet 1962 sur son éventuelle indépendance. L'indépendance fut approuvée à plus de 99 % de la population. Elle fut accordée précipitamment, ce qui accentua le chaos sur place. Les européens d'Algérie quittent pour la plupart le pays. On a résumé cet exode par « la valise ou le cercueil ». Les européens quittent donc l'Algérie dans des conditions extrêmes en laissant toute leur vie derrière eux et en abandonnant tous ce que leurs ancêtres avaient construits en 132 ans d'histoire.
Quant aux auxiliaires des forces armées qui avaient servis la France pendant la Guerre, les harkis, ils furent abandonnés en Algérie par le général de Gaulle et pour la plupart massacrés par le FLN. L'indépendance est proclamée le 4 Juillet 1962. Une épuration est alors orchestrée par le FLN qui élimine les partisans réputés favorables à la France.

VI - Le maintien temporaire de la France en Algérie (1962-1967)

Les accords d'Evian comportent une clause qui permet à la France de conserver le Sahara pendant 5 ans afin de lui permettre de continuer ses essais nucléaires et ses expériences militaires. La région saharienne sert donc de lieu d'essai à la France qui s'affirme comme puissance nucléaire et rejoint ainsi le cercle fermé des grandes puissances qui disposent de l'arme nucléaire. En 1967, conformément aux accords d'Evian, le Sahara est remis entre les mains du gouvernement algérien. Cela marque définitivement la fin de la présence française en Algérie.
Fin de l'extrait

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